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Full text of "Bassin houiller de Valenciennes: partie comprise dans le département du Nord"

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CHAPITRE PREMIER. 7 

A l'ouest de Maf chiennes, le calcaire carbonifère s'avance dans le ter- 
rain houiller, sous la forme d'une sorte de promontoire dont l'existence est 
démontrée par ce fait, que le sondage de Vred, de la compagnie parisienne 
(1839), a successivement rencontré, à partir du niveau de 134 mètres, des 
argiles schisteuses formant la base du terrain houiller, quelques bancs de 
phtanite, et enfin le calcaire carbonifère. La limite nord du bassin se trouve 
ainsi rejetée vers le clocher de Vred. De là, elle remonte dans la direction du 
nord-ouest, qu'elle conserve jusqu'à la limite occidentale de la concession 
de l'Escarpelle. Il est facile de la tracer assez exactement, en remarquant 
que le sondage de Flines-lès-Raches a traversé, à partir du niveau de 
164 mètres, des bancs de calcaire et de schistes intercalés ; que le sondage 
de Mon té couvé (1856), de la compagnie douaisienne, situé près de la route 
de Douai à Lille, a atteint à 155 mètres le terrain houiller sans houille ; 
qu'enfin le sondage de Moncheaux (1855), de la compagnie de l'Escarpelle, 
est entré à la profondeur de 186 mètres dans le calcaire carbonifère. 

Il est encore plus facile de tracer la limite méridionale du bassin que sa Tracé 

limite nord, car c'est vers le sud que se trouve la zone renfermant les char- UUmite méridionale. 
bons les plus gazeux, et c'est surtout de ce côté que se sont portés les efforts 
de compagnies de recherches. 

Dans l'angle de la concession de Grespin situé au nord du chemin de 
fer de Valenciennes à Mons, plusieurs sondages sont tombés sur le calcaire 
et doivent naturellement être regardés comme situés en dehors du bassin; 
il convient toutefois de ne pas faire remonter sa limite jusqu'au clocher 
de Grespin, car un sondage exécuté en Belgique en 1875 et 1876, sur 
le territoire d'Hensies, à l'est dudit clocher, a trouvé le terrain houiller à 
la profondeur de 294 mètres. De Grespin, la limite du bassin se dirige vers 
le clocher d'Onnaing; le sondage de la gare d'Onnaing, situé sur cette com- 
mune, un peu au nord du chemin de fèr, a atteint le terrain houiller sous 
2 mètres de calcaire; d'autre part, la fosse d'Onnaing, située à peu de dis* 
tance de la route de Valenciennes à Mons, a pénétré dans le calcaire à 
173 mètres, mais un forage exécuté au fond de cette fosse a trouvé le ter- 
rain houiller à 422 mètres; c'est donc un peu au nord de cette fosse et du 



s 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES 



PARTIE COMPRISE DANS LE DÉPARTEMENT DU NORD 



MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS 



ÉTUDES 



DES 



GITES MINÉRAUX 



DE LA FRANCE 



Publiées sous les auspices de M. le Ministre des Travaux publics 
par le Service des Topographies souterraines 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES 

PARTIE COMPRISE DANS LE DÉPARTEMENT DU NORD 



PAR 



A. ÛLRY 

iNoéaiiDR 1/ cqir on mais 



TEXTE 



PARIS 

IMPRIMERIE QUANTIN 

7, RUE SAINT-BENOIT 

1886 



AVANT-PROPOS. 



La topographie souterraine du bassin houiller de Yalenciennes a été» 
en 1867, l'objet d'un important mémoire de M. Dormoy, ingénieur en chef 
des mines. 

A cette époque, la lumière n'était pas encore complètement faite sur 
la nature des accidents qui ont donné au bassin sa forme actuelle ; de 
grandes étendues n'avaient pas été explorées ; le faisceau demi-gras d'An- 
zin n'était pas reconnu entre Saint-Waast et Abscon ; les travaux des com- 
pagnies d'Aniche et de l'Escar pelle, aux environs et à l'ouest de Douai, com- 
mençaient à peine, et les concessions récemment instituées dans le Pas-de- 
Calais ne donnaient qu'une extraction insignifiante. Maintenant, la situation 
est complètement changée ; la production a doublé dans les mines du dépar- 
tement du Nord et dépasse ordinairement 3,500,000 tonnes; les exploi- 
tations du Pas-de-Calais ont pris un développement prodigieux et donnent 
plus de 6 millions de tonnes; c'est donc 10 millions de tonnes environ, 
c'est-à-dire presque la moitié de la production houillère de la France, que 
fournissent les mines de la région du Nord. Dans ces conditions, M* l'ins- 
pecteur général Jacquot, directeur du service des topographies souter- 
raines, a jugé qu'il était indispensable de reprendre, en la complétant, 
l'étude précédemment faite par M. Dormoy, et de présenter un nouveau tra- 
vail topographique en rapport avec l'état d'avancement des travaux souter- 
rains. 

Nous avons été chargé de cette mission pour la partie du bassin située 

1 



2ft BASSIN H0U1LLER DE VÀLENCIENNRS. 

250 mètres traversés entre la veine Louise et le calcaire, on n'a recoupé que 
trois ou quatre passées charbonneuses, dont la plus grande, que Ton a nom- 
mée veine Adolphe, n'a que m ,20 à œ ,30 d'ouverture. A la fosse Saint- 
Auguste, de la même compagnie, la bowette du midi de l'étage de 210 mètres 
a traversé 448 mètres de terrain houiller, au delà de la veine Louise, avant 
d'atteindre le calcaire, et dans cet intervalle, elle n'a recoupé qu'une seule 
passée de quelques centimètres en escaillage. Les mêmes faits se repro- 
duisent, avec plus de netteté encore, quand on s'éloigne davantage dans la 
direction de l'est. C'est ainsi que la bowette sud de l'étage de 125 mèlres de 
la fosse Désirée, concession de Douchy, a été arrêtée à 800 mètres environ 
du puits, après n'avoir traversé que du terrain houiller stérile. La zone 
inexploitable présente à cet endroit une largeur d'autant plus grande, que la 
fosse Désirée se trouve elle-même située, à l'étage de 125 mètres, au midi 
du faisceau de Douchy. A la fosse de Douchy (n° 8), on a exploré, au midi de 
la veine Louise, dernière veine connue, une bande de 178 mètres de terrain 
houiller, où l'on n'a pas trouvé de houille. Dans la concession d'Anzin, on a 
constaté l'existence d'un puissant massif de terrain houiller stérile au sud 
de la fosse Sentinelle. Enfin, la bowette méridionale de la fosse Petit, 
concession de Marly, creusée au niveau de £37 mètres, n'a pas rencontré 
de veine de houille. A 140 mètres du puits, elle a pénétré, d'après M. Lo- 
rieux, dans un terrain noir, écailleux, ne présentant plus d'apparence de 
stratification; on l'y a poursuivie jusqu'à 200 mèlres environ du puits. La 
bowette nord du même niveau a recoupé la première veine de houille à 
une distance de 480 mètres ; il existe donc, au midi de celle-ci, une zone 
stérile de plus de 680 mètres de puissance. Dans plusieurs publications 
relatives à la concession de Marly, on affirme que la galerie en travers bancs 
de l'étage de 137 mètres est entrée, à 356 mètres au sud du puits, dans des 
schistes bariolés appartenant au terrain dévonien inférieur (gédinnien). 
Nous croyons qu'il y a là une erreur; cette rencontre de la limite sud du 
bassin n'est constatée nulle part dans les archives du bureau minéralogique 
de Valenciennes, et, d'un autre côté, nous avons eu récemment l'occasion 
d'apprendre de M. Boisseau, ingénieur des travaux, aujourd'hui décédé, 



AVANT-PROPOS. à 

et des plissements qu'on observe presque partout dans la formation Houil- 
lère. Ce mode de représentation, le seul admissible pour un bassin où on 
exploite un grand nombre de veines minces, rapprochées les unes des 
autres, a en outre l'avantage de ne laisser que très peu de place à l'hypo- 
thèse. Celle-ci n'intervient que pour le tracé de quelques grands acci- 
dents, et pour celui des limites du bassin, qui ne sont encore qu'impar- 
faitement connues; à cela près, tous les contours dessinés sont réels, et il 
sera facile de les compléter et de les mettre à jour, au fur et à mesure de 
l'avancement des travaux. Dès à présent, la surface occupée par les exploi- 
tations souterraines est considérable; il faut remarquer en effet que, dans 
les dix-huit dernières années, on a extrait des mines du département du 
Nord autant de charbon qu'avant 1867. Toutefois, il existe encore des ré- 
gions assez étendues qui sont restées vierges; c'est une réserve dans laquelle 
viendront puiser nos successeurs. 

Au lieu de diviser, comme on le fait ordinairement, la superficie 
houillère en carrés ou en rectangles contigus les uns aux autres, et 
correspondant à un nombre égal de feuilles, nous avons préféré repré- 
senter, sans liaison apparente, les principaux groupes de travaux : ce 
système permet d'envisager d'un seul coup d'oeil l'ensemble d'une région 
exploitée et dispense d'en chercher les fragments dans des planches 
différentes. La carte au ^ indique d'ailleurs les parties qui sont com- 
prises dans les feuilles au l7 ^. Sur celles-ci, nous avons reporté les son- 
dages compris dans leur cadre, en donnant pour chacun d'eux les rensei- 
gnements les plus utiles à connaître. Les profondeurs indiquées, soit pour 
les puits, soit pour les sondages, ont toujours été données à partir du niveau 
du sol, ainsi qu'on le fait dans les mines; nous avions eu, d'abord la pensée 
de compter les profondeurs à partir d'un plan horizontal situé au niveau de 
la mer, mais les cotes ainsi obtenues pour les divers étages auraient été 
assez différentes de celles qui figurent sur les pians des compagnies. Cette 
circonstance était de nature à amener des confusions et à rendre plus labo- 
rieuse la lecture du texte ; nous avons donc préféré conserver les cotes à 
partir du sol ; mais, toutes les fois que nous l'avons pu, nous avons indiqué 



ft ÀVÀNT-PROPOS. 

les altitudes des puits et sondages, en les comptant : pour les sondages, à 
partir du niveau du sol, et pour les puits, à partir de la recelte inférieure ou 
recette à eau, ce qui permettra, au besoin, de faire les corrections corres- 
pondantes. 

Il convient d'ajouter que, dans un pays plat comme le Nord, il est 
moins nécessaire qu'ailleurs d'avoir recours à un plan de comparaison 
unique. 

La planche X renferme une série de coupes verticales, indiquant la 
succession des accidents qui ont donné au bassin la structure que l'on 
observe au voisinage de la frontière belge. 

Dans la planche XI, nous avons représenté, avec de grands détails, le 
contact du terrain houiller et du terrain permien que l'on a rencontré aux 
fosses de Roucourt et Saint-René. 

Enfin, la planche XII fait connaître, par un certain nombre de coupes, 
la nature et l'épaisseur des bancs qui composent le terrain houiller, dans 
les principaux faisceaux exploités. 

Nous avons été amené, dans la rédaction du mémoire qui va suivre, 
à renvoyer fréquemment le lecteur aux diverses planches de l'atlas. 



CHAPITRE PREMIER. 

LIMITES Et STRUCTURE GÉNÉRALE DU BASSIN HOUILLER 

DE VALENCIENNES. 



Le bassin houiller de Valenciennes est an des anneaux de la grande situation du burin 
chaîne carbonifère qui s'étend depuis la Westphalie jusque dans le Pas-de- vaiendcnnea. 
Calais, en passant par Liège, Namur, Charleroi, Mons, Valenciennes. Douai 
et Lens. 

Dans ce chapitre, nous nous proposons de définir les limites et retendue 
superficielle de la partie de cette bande houillère située dans le dépar- 
tement du Nord; nous entrerons, en outre, dans des considérations géné- 
rales sur l'ensemble des phénomènes géologiques qui lui ont donné, sa 
structure actuelle ; pour cela, nous serons amené à tenir compte, non seu- 
lement des faits observés dans la portion du bassin que nous étudions 
spécialement, mais encore de ceux qui ont été constatés sur ses prolon- 
gements dans le Pas-de-Calais et en Belgique. 



1. — LIMITES DU TERRAIN HOUILLER. 

Le terrain houiller n'affleure, dans le département du Nord, que sur Recouvrement 

du terrain houiller 

un espace de très faible étendue, situé dans la forêt de Bonsecours. à par 

250 mètres environ de la frontière belge. Partout ailleurs, il est recouvert lei morti - terrftini - 
par des formations d'âge beaucoup plus récent, auxquelles on a donné le 
nom général de morts-terrains. 

Les morts-terrains, en dissimulant l'existence du bassin houiller du 
nord de la France, ont eu pour effet de retarder de plusieurs siècles sa 



Trartux 
do recherche 

exécutés 
en Belgique. 



28 



BASSIN HODILLER DE VALENCIENNES. 



affleurement, et avec lui le bassin de Dour tout entier, se relie an bassin 
principal. Pour cela, il importe de se rendre compte de la nature et de l'âge 
des terrains anciens qui séparent les deux bassins. 



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T 

1 



t* k CfcAMlf. 



y) 



BASSI N DE OOUR 

Echelle de 8ô!ôbo 

c 



B»u«su 








Dans le ravin du ruisseau du Hanneton (fig. 5), au sud de Boussu 
(Belgique), et dans les tranchées voisines du chemin de fer, on voit affleu- 
rer une masse rocheuse, constituée par des schistes, du poudingue et du 
calcaire bleu qui a été exploité comme pierre à bâtir et comme pierre à 
chaux ; ces roches paraissent appartenir à l'étage dévonien. 

A 400 mètres à Test de l'affleurement du ravin du Hanneton, le puits 
de la Sentinelle (fig. 6) a successivement traversé 21 mètres de terrains 
quaternaire et crétacé, et 15 mètres de calcaire bleu incliné au nord, avant 
dé pénétrer 'dans le terrain hou Hier. Une bowette, dirigée vers le nord au 
niveau de A 57 mètres, s'est avancée jusqu'à une distance de 760 mètres, 
sans rencontrer le calcaire bleu; cette roche n'a pas non plus été atteinte 
par un sondage de 50 mètres de hauteur, pratiqué, à l'extrémité de cette 
galerie, dans des bancs houillers plongeant de 32° vers le nord. Il résulte 



CHAPITRE PREMIER. 



29 



de là que la surface de séparation du calcaire et du terrain houiller pré 
sente, à la fosse de la Sentinelle, une faible inclinaison. 



F. de la Sentinelle 



Rg.6 




A la fosse Vedette, située à l'ouest de la précédente, les choses se sont 

passées d'une toute autre manière. Le puits a pénétré directement dans le 

terrain houiller (fig. 7), 

Pi g .7 



Coupe verticale N. S. passant par la fcaaeVedatto. 



Fi VAge 



mais une bowette, dirigée 
vers le nord au niveau de 
436 mètres, a atteint, à la 
distance de 660 mètres, un 
banc de calcaire compact, 
très résistant, à texture gra- 
nitoïde, traversé de nom- 
breuses veines blanches 
cristallines souvent accom- 
pagnées de pyrite. L'incli- 
naison de la surface de 
contact de ce calcaire avec le terrain houiller était de 22° vers le nord, et 
on remarquait, entre les deux terrains, une passée charbonneuse et un 
banc de m ,15 à m ,20 de calcaire peu résistant, plus ou moins schistoïde. 




30 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

A 450 mètres au nord-est de la fosse Vedette, le puits d' Avant-garde a 
trouvé successivement, en dessous du terrain crétacé : 37 mètres d'un 
schiste bleu ardoisé, satiné, divisible en feuillets imparfaits; 17 mètres de 
poudingue, avec bancs de psammites intercalés, formé de galets de quartz,, 
de quartziteset de grès gris, souvent volumineux, agglomérés par un ciment 
siliceux; 17 mètres de schiste gris un peu pailleté, souvent calcareux, 
avec bancs minces et noyaux de calcaire; enfin, 27 mètres de calcaire bleu, 
présentant quelques bancs de calscbiste. Un sondage de reconnaissance, 
creusé au fond de ce puits, a été arrêté dans le même calcaire, à la profon- 
deur de 170 mètres. 

Un puits domestique ouvert en 1876, à 200 mètres environ au nord du 
puits d 1 Avant-garde, a rencontré, sous les terrains quaternaire et crétacé, des 
bancs de calcaire schisteux et de calschiste, correspondant au schiste gris 
indiqué ci-dessus, et renfermant de nombreux fossiles, parmi lesquels il faut 
citer le Spirifer Verneuilli et VAtrypa boloniensis ; seulement, ces bancs étaient 
inclinés au sud sous un angle de 25°, tandis que l'inclinaison des couches 
au puits d' Avant-garde était dirigée vers le nord. 

Ces renseignements ont été complétés par ceux recueillis au puits du 
Saint-Homme, situé à une assez grande distance à l'ouest des précédents, 
et dont les travaux ont été attentivement suivis par le célèbre géologue 
belge Dumont. Les terrains traversés au Saint-Homme ont été les suivants: 
34 mètres de terrains tertiaire et crétacé; 78 mètres de schistes noirs 
bleuâtres, légèrement pailletés, divisibles en feuillets imparfaits, avec bancs 
subordonnés de psammites; 34 m ,50 de poudingue formé de galets inégaux 
de quartz, de quartzites, de grès gris ou de schistes noirs, agglomérés par 
un ciment siliceux ou psammitique; 25 mètres de schistes gris et psammites, 
avec noyaux et couches minces de calcaire ; 11 mètres de calcaire gris 
bleuâtre foncé, compact, avec veines de calcaire blanc et de sidérose, et 
lits intercalés de schiste et de calschiste gris bleuâtre foncé. Les schistes 
noirs en contact avec le terrain crétacé étaient en stratification discordante 
avec le poudingue, les schistes gris et le calcaire situés au-dessous; ces 
schistes noirs plongeaient de 55° vers le sud, tandis que les bancs inférieurs 



CHAPITRE PREMIER. 31 

étaient uniformément inclinés de 4° vers le nord. La surface de séparation 
était sensiblement parallèle à la stratification des schistes noirs. Il est facile 
d'ailleurs de reconnaître que les coupes des deux puits d'Àvant-garde et du 
Saint-Homme présentent une certaine analogie. 

MM. Cornet et Briart rapportent au terrain silurien les schistes sati- 
nés que ces deux puits ont recoupés immédiatement sous les morts-terrains. 
Us classent dans le dévonien supérieur le poudingue et le calcaire sur les- 
quels ils reposent, ainsi que les schistes intercalés. De son côté, M. Gosselet 
rattache le poudingue à l'étage givetien (dévonien moyen), et le calcaire à 
l'étage frasnien (base du dévonien supérieur). 

Dans tous les cas, il résulte de l'exposé qui précède que le massif 
intercalé entre le bassin de Dour et le bassin principal se compose de ter- 
rains anciens disposés en assises renversées. On voit de plus que le terrain 
houiller de Dour plonge sous ce massif, dont il est séparé par une surface 
d'inclinaison assez faible vers le nord. Comme ce bassin est borné au midi 
par la grande faille qui le recouvre sous un angle variant de 25° à 40°, on 
voit qu'il présente la forme d'un coin renversé, et que la largeur de la 
bande houillère, comptée horizontalement du nord au sud, augmente avec 
la profondeur à laquelle on la mesure. 

Pour expliquer la disposition des terrains anciens renversés qui se Accidents 

qui 

trouvent au nord du bassin de Dour, M. Gosselet admet que, lors des plis- ont séparé le bassin 
sements de l'ancien sol primaire et de la formation de la grande faille du 'du" 

midi, un lambeau détaché du bord méridional du bassin de Namur a été baMin P pînci P aK 
poussé vers le nord sur le terrain houiller, et s'est renversé à sa surface en 
faisant une rotation complète. 

M. Ârnould fait une hypothèse un peu différente de celle-là. 11 croit 
qu'une forte poussée, venant du sud-ouest après le renversement des 
couches dévoniennes sur le carbonifère, a opéré un plissement de la forme 
d'un S retourné, les roches se trouvant dès lors disposées en bassin dans 
une position renversée; qu'ensuite, la poussée continuant à s'exercer éner- 
giquement, une fracture s'est produite vers le bas de TS, tandis qu'une autre 
fracture prenait naissance, au nord» dans le terrain houiller; qu'enfin, la 



32 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

masse comprise entre ces deux fractures s'est avancée en refoulant le ter- 
rain houiller, et en amenant vers le centre du bassin les terrains anciens 
en allure renversée. 

De leur côté, MM. Cornet et Briart considèrent l'accident de Boussu 
comme étant la conséquence d'un ensemble de phénomènes géologiques 
qui se sont produits antérieurement à la grande faille du midi. D'après 
eux, les couches du bassin de Namur ont d'abord été refoulées en masse 
vers le nord, et ont formé une immense selle renversée, avec incli- 
naison générale au sud (pi. X) ; puis les terrains se sont rompus suivant 
une faille dite faille de Boussu, qui a coupé obliquement la selle. Cette 
faille constitue actuellement la surface limitative du groupe houiller de 
Dour, du côté du nord; on lui a trouvé au puits Vedette, ainsi que nous 
l'avons vu, une inclinaison de 22° vers le nord. Toute la partie septen- 
trionale du bassin de Namur s'est renfoncée le long de cette faille, et dans 
ce renfoncement, ses diverses assises ont formé un pli synclinal qui explique 
comment les couches dévoniennes superposées au terrain houiller plongent 
d'un côté vers le nord, de l'autre côté vers le sud, affectant ainsi l'allure 
d'un véritable bassin ; c'est ainsi, par exemple, qu'au puits d'Avant-garde, ces 
couches ont été trouvées avec pendage au nord, tandis qu'au puits domes- 
tique situé à une distance de 200 mètres vers le nord, elles plongeaient vers 
le sud. Ensuite, les mouvements du sol ont donné naissance à une seconde 
faille, située au nord de celle de Boussu, mais avec inclinaison dans le sens 
opposé. MM. Cornet et Briart pensent que cette seconde faille pourrait bien 
être le prolongement du grand accident connu à Anzin sous le nom de 
cran de retour, et dont nous parlerons plus loin. Elle a eu pour effet de rele- 
ver d'une quantité considérable le versant septentrional du bassin, après 
quoi s'est produit le refoulement qui a donné naissance à la grande faille 
du midi, laquelle a amené les assises inférieures du bassin de Dinant en 
contact avec le terrain houiller du bassin de Namur, par un simple glisse- 
ment opéré sans renversement des couches. 

L'ingénieuse théorie de MM. Cornet et Briart explique les faits qui ont 
été observés aux environs de Quièvrechain, des deux côtés de la frontière. 



CHAPITRE PREMIER. 33 

On en déduit que le groupe houiller de Dour doit bien avoir la forme d'un 
coin renversé, borné au nord par la faille de Boussu, et au sud parla grande 
faille du midi, les veines de houille se trouvant, au contact de cette der- 
nière, en allure renversée. A l'ouest du méridien de Dour, les lignes de 
contact de ces deux failles avec les morts-terrains se rapprochent de plus 
en plus, et elles viennent se rencontrer à peu de distance au couchant de 
Quiévrechain ; elles délimitent, en France, le petit massif isolé de terrain 
houiller doqt nous avons précédemment signalé l'existence. En affleure- 
ment sous la formation crétacée, ce massif présente une forme triangu- 
laire; il a été atteint directement, à la profondeur de 167 mètres, par le 
sondage du Moulin de Quiévrechain; le sondage du Bureau, situé au 
midi de la grande faille, n'y a pénétré qu'à 285 mètres du sol, après avoir 
traversé les schistes, psammites et quartzites du terrain dévonien inférieur 
du bassin de Dinanl ; enfin, le sondage de la Chapelle de Quiévrechain, 
placé au nord de la faille de Boussu, ne Ta rencontré qu'après avoir tra- 
versé successivement le dévonien inférieur, et les calcaires gris bleu du 
dévonien supérieur qui constituent Tune des salbandes de la faille de 
Boussu. A ce dernier sondage (fig. 8), la faille de Boussu ne se prolonge 
plus jusqu'aux morts- terrains; elle s'arrête à la 
grande faille. Quant au terrain houiller, il n'a plus 
d'affleurement, et il est limité à une arête supérieure 
qui n'est autre chose que l'intersection des deux 
failles, et qui s'enfonce de plus en plus, mais avec 
une faible pente, au fur et à mesure qu'on s'éloigne 
vers l'ouest. 

Si on prolonge, dans la direction du couchant, 
l'affleurement de la grande faille du midi sous les 
morts-terrains, tel qu'il est connu aux environs de 
Dour, il va passer à peu de distance d'un sondage entrepris en 1875 et 
1876, par la compagnie de Marly, dans l'angle non concédé formé par 
les limites des concessions de Crespin et de Marly. Ce sondage a pénétré, à 
la profondeur de 155 mètres, dans le terrain dévonien constitué par des 



Fi* 8 



3. 4s 1* Oupetle 
rree£a£n. 





/ 



V 



$k BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 

schistes rouges, des quarlzîtes verts et des psammites qui appartiennent à 

la base de l'assise gédinnienne ; à celle de 176 métrés, il est entré dans un 

calcaire gris, puis noir, que M. Gosselet croit être du calcaire carbonifère. 

Il est probable que ce terrain est eu place, et appar- 

'£ tient à la bande qui limite au sud le bassin houiller 

"■Kpîr . complet (fig. 9) . 11 est recouvert par la grande faille, 

qui n'affecte pas le terrain houiller, situé plus au 
nord. La fosse d'Onnaing parait avoir recoupé le 
même calcaire carbonifère, avec stratiGcation in- 
clinée de 87" vers le sud, et avoir atteint en dessous, 
à la profondeur de 422 mètres, les schistes noirs 
qui constituent la base du terrain houiller. Le son- 
dage de la gare d'Onnaing a lui-même atteint les 
bancs houillers en dressant, au niveau de 207 mètres, sous 2 mètres seu- 
lement de calcaire. 

Au nord de l'affleurement de la faille du midi, les sondages pratiqués 
dans la concession de Crespin ont presque tous rencontré le calcaire; au 
midi de cet affleurement, ils n'ont atteint que les schistes, psammites et 
quartzîtes du dévonien inférieur. 
Ancitin iwiiet Les grands mouvements géologiques qui, au moment de l'époque pri- 

" influence*' ma i r e> ont donné au bassin houiller du nord de la France sa constitution 
de* erMioni. actuelle, ont eu pour effet de produire des plissements qui ont considéra- 
blement modifié le relief du sol. De plus, les failles occasionnées par le 
refoulement du plateau de l'Ardenne sur celui du Brabant, dont l'effet a 
été d'amener les assises inférieures du terrain dévonien au niveau du 
terrain houiller, ont déterminé, au-dessus de la crête du Condros, une sur- 
élévation colossale. Malgré cela, on trouveaujourd'hui la surface des terrains 
primaires au même niveau, des deux côtés des failles qui les sillonnent ; les 
parties relevées paraissent avoir été enlevées, et il semble que le sol primaire 
se soit égalisé par la disparition de toutes les masses qui faisaient saillie 
au-dessus d'une surface sensiblement horizontale. On voit, par exemple, des 
veines de houille repliées sur elles-mêmes, dont certaines parties man- 




CHAPITRE PREMIER. 35 

quent par suite de l'enlèvement des terrains encaissants (fig. 10). On ne 
peut évidemment attribuer cette action destructive qu'aux agents atmosphé- 
riques. Les phénomènes d'érosion qui 
ont eu lieu après l'époque primaire Pi g 10 

ont dû avoir une influence d'autant 
plus intense, que la plupart des roches 
constituant les terrains silurien, dévo- 
nien et houiller, étaient à l'origine 
d'une nature peu résistante. Ils ont 
suffi à faire disparaître des montagnes 

qui, d'après MM. Cornet et Briart, devaient présenter des reliefs de 5,000 à 
6,000 mètres, c'est-à-dire dépasser la hauteur des Alpes actuelles. Le sol 
primaire a pris alors l'aspect d'une vaste plaine qui, après avoir été long- 
temps exondée, a été recouverte par la mer à l'époque crétacée. 

Les matières enlevées par les eaux ont été entraînées dans les lacs 
et les mers, et ont à leur tour formé des sédiments. On ne retrouve que 
peu de traces, dans le pays, des débris des roches primaires qui ont été 
charriés par les eaux. Cependant, il convient de citer le conglomérat qui a 
été rencontré sous le terrain crétacé à la fosse de Roucourt, de la concession 
d'Aniche, et qui est formé de fragments de calcaire compact et de dolomie 
carbonifère, mélangés de psammites, le tout empâté dans une masse argi- 
leuse rouge ou grise. La formation de ce conglomérat date, soit de l'époque 
permienne, soit de l'époque triasique. 

La surélévation principale s'étant produite par suite du glissement du 
bassin de Dinant sur la grande faille du midi, il est clair que les érosions 
ont dû beaucoup plus affecter les assises de ce bassin que celles du bassin 
de Namur. Aussi, tandis que le terrain houiller déposé dans ce dernier a 
subsisté en grande partie, celui du bassin de Dinant a été presque complè- 
tement enlevé. En Belgique, on n'en voit plus que quelques témoins dans 
les replis du calcaire carbonifère; tels sont les petits bassins de Florenne, 
d'Anhée, d'Assessç, de Bois, de Bende, de Modave, de Linchet et de Juslen- 
ville. En France, on a reconnu l'existence de deux petits bassins de ce genre 



36 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

& Aulnoye et à Taisnières; il y en a peut-être encore quelques-uns qui nous 
sont cachés par les morts-terrains. Dans les uns comme dans les autres, il 
n'a jamais été possible d'établir une exploitation régulière. Quant à la 
correspondance des terrains houillers qu'ils renferment avec ceux des 
divers étages reconnus dans le bassin principal, on n'a pu jusqu'à présent 
la déterminer exactement. M. Cornet pense, toutefois, que les taches houil- 
lères de Taisnières et d'Aulnoye sont contemporaines des formations les 
plus récentes du Pas-de-Calais. Cette hypothèse ne présente aucune singu- 
larité, à priori, car les raisons qui expliquent le dépôt des couches les plus 
récentes sur le calcaire carbonifère, dans le Pas-de-Calais, sont applicables 
aussi bien partout ailleurs. 
Relief actuel Pour étudier l'allure de la surface du sol primaire au-dessous des 

du toi primaire. 

morts-terrains, il ne suffit pas d'observer la profondeur à laquelle elle a été 
rencontrée dans les divers puits et sondages ; il faut encore tenir compte 
du relief que présente le sol superficiel; en d'autres termes, il convient de 
rapporter les points où les terrains primaires ont été atteints à un plan de 
comparaison horizontal. C'est en opérant de cette manière que M. Potier a 
tracé sur la feuille de Douai, de la carte géologique détaillée de la France, 
les lignes de niveau indiquant les points où les terrains anciens seraient 
rencontrés au niveau de la mer, ou à 50, 100, 150 et 200 mètres au-dessous. 
À son entrée en France, le bassin houiller présente à sa surface une 
large vallée, qui forme le prolongement de la dépression constatée dans le 
bassin de Mons, depuis Haine-Saint-Pierre jusqu'à la frontière. Cette vallée 
se termine à Valenciennes ; à partir des environs de la fosfce Bois-du-Roi, 
concession de Vieux-Condé, sa crête se dirige successivement vers Condé, 
Fresnes, Escaupont et Bruai, en se tenant à peu de distance du cours de 
l'Escaut, dans la direction du N.-E. au S.-O. ; elle décrit ensuite un arc de 
cercle, pour prendre une direction sensiblement O.-E., traverse Saint- 
Saulve et passe à distance à peu près égale d'Onnaing et de Rombies; enfin, 
elle rejoint de nouveau la frontière vers Morchipont. Sa ligne de thalweg 
se confond sensiblement avec une ligne droite tirée du clocher de Saint- 
Saulve à celui de Vicq. Sa pente est assez rapide sur tout son pourtour; 



CHAPITRE PREMIER. 37 

ainsi, aux environs de Condé, on trouve le terrain houiller à 27 mètres du 
sol à la fosse de Vieux-Condé, tandis que sa profondeur est de 99 mètres au 
sondage Désaubois, situé à Test de Condé, de 138 mètres à la fosse Pureur, 
de 171 mètres à la fosse Saint-Pierre, et de 207 mètres au sondage du Marais, 
placé un peu au midi de cette fosse. Dans toute cette région, le sol est à peu 
près horizontal ; son altitude est d'environ 20 mètres. En regard de Fresnes, 
le terrain houiller est à 44 mètres du sol à la fosse Bonne-Part, à 98 mèlres 
à la fosse Soult; à peu de distance de cette dernière, au sondage des Trois- 
Peupliers, situé vers l'angle sud-ouest de la concession d'Escaupont, il se 
trouve à 157 mètres. A proximité d'Onnaing, où l'altitude du sol est d'une 
trentaine de mètres, on trouve les cotes suivantes : 155 mètres au sondage 
d'Onnaing, de la compagnie de Marly; 173 mètres & la fosse d'Onnaing; 
205 mètres au sondage de la gare; il ne faut pas s'éloigner bien loin au sud 
pour trouver des profondeurs inférieures à 100 mètres. Enfin, près de la 
frontière, du côté de Quiévrechain, il existe une série de sondages et de 
fosses, qui permet de se rendre exactement compte de l'allure de la vallée 
souterraine. Plusieurs de ses lignes de niveau remontent dans cette région 
vers Crespin, et redescendent ensuite sur Quiévrechain, en contournant le 
massif de calcaire situé au nord de la grande faille. 

La vallée dont nous venons de parler affecte, non seulement le terrain 
houiller, mais encore les terrains anciens situés sur sa limite méridionale; 
elle doit s'enfoncer, aux environs de Vicq, à plus de 200 mètres au-dessous 
du niveau de la mer; les sondages pratiqués de ce côté n'ont jamais tra- 
versé la formation crétacée; mais, en Belgique, il y en a plusieurs qui ont 
atteint les terrains primaires à une profondeur voisine de 300 mètres: 
nous citerons en particulier le sondage d'Hensies, qui, à 1,300 mètres envi- 
ron à l'est du clocher de Crespin, n'est arrivé au terrain houiller qu'à 
294 mètres du sol. 

En dehors de la vallée de Vicq, la surface du bassin houiller présente 
une pente générale très douce, dans le sens de l'est vers l'ouest. Cette pente 
est d'une grande régularité au nord du bassin. Ainsi, les puits et sondages 
pratiqués dans l'étendue des concessions de Château-l 1 Abbaye et de Bruille, 



as BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

où l'altitude moyenne est de 20 mètres, accusent une profondeur d'une 
quarantaine de mètres. A Vicoigne et à Hasnon, cette profondeur est d'en- 
viron 100 mètres; elle est de 130 mètres à Marchiennes, et de plus de 
150 mètres à Raches, l'altitude du sol étant toujours sensiblement la même. 
La différence, d'une extrémité du département à l'autre, est de 120 mètres, 
ce qui correspond à une pente générale de ^. La même loi se vérifie égale- 
ment dans le sud du bassin, quoique d'une façon un peu moins régulière. 
Dans les fosses du groupe d'Anzin, où l'altitude est en général de 50 à 
60 mètres, on trouve des profondeurs de 60, 70 et 80 mètres; il en est de 
même aux fosses des groupes de Denain et de Lourches, mais, comme à ces 
dernières, l'altitude est en général inférieure à 40 mètres, il en résulte que 
la pente du terrain houiller vers l'ouest se continue à peu près parallè- 
lement à celle du sol. Aux environs d'Aniche et dans la concession 
d'Azincourt, le terrain houiller se trouve aux profondeurs de 130, 140, 
150 mètres et plus, l'altitude étant la même qu'à Denain ; à la fosse Sainte- 
Marie, où l'altitude n'est que de 29 mètres, il est situé à 232 mètres du sol; 
il y a, à cet endroit, un abaissement considérable, mais tout à fait local, de 
la surface du bassin. Une circonstance analogue se présente à la fosse de 
Roucourt, qui, à une profondeur de plus de 200 mètres, se trouve encore 
dans le conglomérat triasique ou permien. situé au-dessous du terrain cré- 
tacé, et au midi de la fosse Saint-René, dont la bowetle sud de l'étage de 
257 mètres a rencontré le même conglomérat. Plus loin, dans la direction 
de l'ouest, le terrain houiller se relève un peu ; aux fosses Gayanl et Ber- 
nicourt, il n'est plus qu'à 153 mètres du sol, ou à 125 mètres au-dessous du 
niveau de la mer; mais, à l'entrée de la concession de l'Escarpelle, il subit 
un nouveau renfoncement qui parait correspondre à une vallée, dont le 
thalweg serait dirigé suivant une droite joignant le clocher de Férin à la 
fosse n° 3 de l'Escarpelle; sa profondeur à cette fosse est de 213 mètres, 
avec une altitude de 20 mètres; elle est de 232 mètres à la fosse n° A, où 
l'altitude est de 26 mètres. La vallée en question est d'ailleurs étroite, 
car, à une faible distance, aux environs de Fiers par exemple, le terrain 
houiller est revenu à son niveau normal. 



CHAPITRE PREMIER. 39 

On voit, en définitive, que sur la limite sud du bassin, on observe la même 
pente générale vers l'ouest que du côté du nord. Seulement, la variation de 
profondeur du terrain houiller ne se produit plus d'une manière aussi 
régulière, et on remarque, notamment, trois renfoncements, dont deux à 
l'intérieur de la concession d'Aniche, aux fosses de Roucourt et Sainte- 
Marie, le troisième aux environs de Dorignies, dans la concession de l'Escar- 
pelle; les deux premiers paraissent être des accidents locaux, mais le troi- 
sième provient de l'existence d'une étroite vallée, ayant son axe dirigé du 
nord au sud, et qui se continue en dehors du bassin houiller jusqu'au delà 
du village de Férin. 



I1L — RÉSUMÉ. 



On peut résumer en peu de mots l'ensemble des faits exposés dans ce Résumé, 
chapitre. Le bassin houiller du Nord s'étend, de la frontière belge à la 
limite du département du Pas-de-Calais, sur une largeur moyenne de 
12 kilomètres et une longueur de 45 kilomètres, correspondant à une super- 
ficie totale de 52,653 hectares. Sa direction générale est d'abord du N.-E. 
au S.-O.; puis, à l'intérieur de la concession d'Aniche, elle remonte vers le 
N.-O. ; il est recouvert partout par les morts-terrains, sous lesquels il s'en- 
fonce avec une pente moyenne de ^ vers l'ouest ; il a la forme d'une selle 
renversée, ayant ses deux versants inclinés vers le sud; cette forme pro- 
vient de la poussée qui a rapproché le plateau de l'Ardenne de celui du 
Brabant, en donnant naissance à la grande faille du midi; mais cette faille ne 
parait pas affecter le terrain houiller dans le département du Nord, au 
moins dans la partie comprise entre Monchecourt et Valenciennes. Là, le 
bassin est complet, et présente au sud une large bande de terrain houiller 
stérile. Du côté de l'ouest, vers le Pas-de-Calais, on n'a rencontré de faille, 
au midi du bassin, qu'à la fosse de Courcelles; eùcore cet accident ne parai t-il 
pas être la grande faille, qui doit se trouver à une plus grande distance au 
sud. Du côté de l'est, vers la Belgique, il est très douteux que l'on ait 



kO BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNKS. 

atteint cette grande faille au midi de la fosse Petit, et on ne la voit apparaître 
qu'aux environs du clocher d'Onnaing, d'où elle se dirige vers Quiévrechain, 
pour former la limite méridionale du groupe houiller connu en Belgique 
sous le nom de bassin de Dour ; c'est dans cette région que se trouve le 
grand accident géologique de Boussu-Onnaing, dont nous avons donné une 
longue description, et qui a eu pour effet de renverser sur le bassin houiller 
un paquet de terrains anciens. 

Dans les chapitres suivants, nous allons donner une description som- 
maire des morts-terrains qui recouvrent le bassin, ainsi que du terrain 
houiller lui-même, et des terrains de transition qui l'environnent; puis, nous 
entrerons dans quelques détails sur la constitution du bassin houiller, sur 
la nature et la répartition des veines de houille qu'il renferme, et sur les 
principaux accidents qu'il présente. 



CHAPITRE IL 



MORTS-TERRAINS, TERRAIN HOUILLER 
ET TERRAINS ANCIENS. 



I. — • MORTS-TERRAINS 



On appelle morts-terrains, dans le bassin houiller de Valenciennes, l'en- 
semble des formations plus récenles par lesquelles ce bassin est recouvert* 
Leur caractère commun est de présenter des couches sensiblement horizon- 
tales, tandis que les terrains primaires sur lesquels ils reposent sont corn* 
posés de couches inclinées et souvent repliées sur elles-mêmes. 

Dans le fond des vallées, on trouve généralement, au-dessous du sol. Aillions modernes. 
des alluvions modernes d'eau douce, formées d'argiles et de sables très 
fins, avec couches de tourbe intercalées ; on y remarque de nombreux fos- 
siles fluviatiles et lacustres. Les sables sont souvent mouvants et difficiles 
à maintenir ; les mineurs leur donnent alors le nom de sables boulants. 

Plus bas, on rencontre parfois une argile sableuse ou limon, que Ton 
exploite pour briques, et qui, en certains points, est superposée à une 
couche sableuse ou caillouteuse constituant un véritable gravier. 

En dehors des vallées, les plaines sont ordinairement recouvertes par 



42 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Terrain tertiaire. 



Terrain crétacé. 



Premier groupe. 



des formations meubles, d'âge plus ancien ; on y distingue des sables et 
graviers ne renfermant pas de débris organiques, et une argile sableuse ou 
limon, de nuance généralement jaunâtre. 

Le terrain tertiaire n'est guère représenté que par son étage inférieur 
(landénien de Dumont). 11 comprend des argiles plastiques, des grès à 
ciment siliceux, des sables blancs ou diversement colorés, et des marnes 
grises, souvent chargées de grains de silicate de fer. Ces marnes sont quel- 
quefois d'une grande dureté ; aussi les mineurs leur donnent-ils le nom de 
durs bancs ; on les connaît encore sous le nom de tuf ou de turc. Le banc 
qui se trouve immédiatement au-dessus du terrain crétacé est appelé ciel 
de marne. 

Dans le terrain crétacé du Nord, on peut, dit M. Du Souich, distinguer 
deux grandes divisions: à la partie supérieure, on rencontre des calcaires 
et des marnes plus ou moins argileuses; puis, en dessous, viennent des 
roches argileuses et arénacées. 

Le premier groupe correspond en grande partie au système sénonien 
de Dumont. A la partie supérieure, il est constitué par une craie tendre, 
pure et blanche, appelée dans le pays marne ; on l'exploite comme pierre 
h chaux, et on s'en sert aussi pour produire l'acide carbonique nécessaire 
à la fabrication du sucre. Cette craie renferme peu de silex, elle est très 
fendillée ; la tête des bancs, connue sous le nom de marnettes, est souvent 
délitée et sujette à des affouillements. Au-dessous de la marne, on trouve 
parfois un banc de craie mélangée d'argile verdâtre, un peu plus consis- 
tant, quoique encore perméable aux eaux, c'est le gris des mineurs; on 
rencontre également, en certains points, un banc à cassure grossière qu'on 
appelle vert, parce qu'il contient des grains verts de silicate de fer. Ce 
banc sert de passage à une couche de craie sableuse chargée de grains de 
glauconie, et renfermant aussi des petits rognons de phosphate de chaux. 
Elle fournit des pierres tendres, faciles à débiter, peu altérables à l'air, et 
qui, à cause de ces qualités, sont très employées dans les constructions : 
on l'appelle pour ce motif bonne pierre. Elle repose immédiatement sur une 
couche de craie blanche, tendre et pure, contenant de nombreux rognons 



CHAPITRE II. 



W 



de silex appelés cornus. Ces silex sont généralement répartis par zones 
horizontales; quelquefois, ils sont si abondants qu'ils forment des bancs 
presque continus. 

Dans les puits des environs de Valenciennes, ces diverses assises pré- 
sentent les épaisseurs moyennes suivantes : 



Marne 6 mètres 

Gris 3 — 

Vert \ — 

Bonne pierre 3 — 

Cornus 45à*0 — . 



D'après M. Gosselet, les quatre premières couches correspondent à la 
craie à micraster cor-anguinum et à micraster cor-testudinarium ; la cinquième 
à la craie à micraster breviporus, qui fait déjà partie du turonien. 

Le second groupe de M. Du Souich comprend toutes les autres assises Deuxième groupe. 
du terrain crétacé. 

11 faut d'abord citer la craie marneuse (turonien), dont l'épaisseur est craie marneue. 
de 16 à 18 mètres dans les puits des environs de Valenciennes, et qui est 
caractérisée par l'abondance de la Terebratulina gracilis. Elle ne renferme 
pas de silex, et elle est formée de couches alternatives de marne bleuâtre 
et de craie blanche argileuse. Les bancs de marne ont reçu le nom général 
de bleus, et ceux de craie argileuse celui de petits bancs. Le premier banc 
de marne s'appelle premier bleu, et le premier banc de craie argileuse 
forte toise, à cause de son épaisseur (2 m ,60), qui est à peu près uni- 
forme . 

Au voisinage de la frontière belge, on trouve, à la base de la craie 
marneuse, des concrétions siliceuses, parfois disséminées dans la masse, 
parfois formant des lits d'une certaine épaisseur ; ces concrétions, aux- 
quelles on donne le nom de rabots, alternent, soit avec des marnes 
grises glauconifères, soit avec de la craie sableuse également glauco- 
nifère . 



44 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Dièves. 



Tourtia. 



Après la craie marneuse viennent des argiles marneuses généralement 
bleuâtres : ce sont les dièves des mineurs; elles constituent la base du turo- 
nien, et renferment en abondance ï/noceramus labiatus. Aux environs de 
Yalenciennes, les dièves ont une épaisseur de 15 à 20 mètres; mais parfois 
leur puissance est beaucoup plus considérable; à Quarouble, elle est de 
30 mètres; elle est de 45 mètres à Quiévrechain, de 65 mètres à Onnaing; 
elle atteint 100 mètres à Dorignies, etc. A leur partie inférieure, les dièves 
deviennent généralement plus calcaires, et prennent une teinte rougeâtre; 
on les appelle alors rouges-dièves. 

Les couches supérieures aux dièves sont toujours plus ou moins per- 
méables aux eaux; au contraire, les dièves sont absolument imperméables; 
les eaux s'arrêtent donc à leur surface, qui constitue le fond d'une sorte de 
lac souterrain. Les travaux des mines sont ainsi garantis contre l'invasion 
des eaux supérieures qui, sans cela, ne manqueraient pas d'y pénétrer, soit 
par les affleurements des grès houillers fissurés, soit par les cassures résul- 
tant de l'exploitation elle-même. C'est à cause de la présence des dièves 
qu'un grand nombre de mines du Nord et du Pas-de-Calais sont complète- 
ment sèches, et qu'il est inutile d'y installer des machines d'épuisement, 
ou d'y réserver des massifs de garantie au contact des morts-terrains. 
Il n'y a lieu de prendre cette précaution que dans les cas spéciaux où il 
existe au-dessous des dièves des couches aquifères, ainsi que nous allons 
le voir. 

Le plus ordinairement, on ne rencontre dans le département du Nord, 
entre les dièves et le terrain houiller, qu'un poudingue à ciment argilo-cal- 
caire, d'un gris plus ou moins foncé, très glauconieux, et renfermant des 
cailloux roulés de phtanite, de calcaire, de grès houiller et dévonien. On a 
donné à cette assise le nom de tour lia. Elle correspond à la partie supérieure 
du cénomanien, et n'a en général qu'un ou deux mètres d'épaisseur. On y 
trouve souvent, en fait de fossiles, le Belemnites plenus, le Pecten asperge Nau- 
tiluselegans, Y Ammonites rolhomagensis , YOstreacolumba, le Cardium hillanum, etc. 
Entre le tourtia et les terrains primaires, on rencontre parfois une couche 
d'argile noire pyriteuse, très chargée de lignites et de débris végétaux. 



CHAPITRE II. 45 

Cette couche peut être regardée comme représentant l'ancien sol (Gos- 
selet). 

Dans la région voisine de la Belgique, on remarque, en certains points, 
des bancs de calcaire dur coloré en jaune, et contenant des grains de quartz, 
de limonite et de glauconie, ainsi que des galets de roches primaires. Ce 
calcaire, auquel on a donné le nom de tourlia de Tournai ou de Montigny-sur- 
Roc, renferme de nombreux fossiles; on en a reconnu la présence à Macoii, 
près de Condé. 

En dessous du tourtia, on trouve parfois, notamment dans la vallée Meule 

ou grès vert. 

houillère de Vicq, un grès glauconifère appelé meule, souvent calcarifère, et 
renfermant de la silice so lubie; ce terrain est analogue à la gaize; il a par- 
fois une puissance considérable, qui atteint jusqu'à 180 mètres. On le 
connaît encore sous le nom de grès vert; il constitue ce qu'on appelle 
le torrent de Vicq. Il est très aquifère, et l'eau qu'il renferme est douce et 
possède souvent une pression considérable. Il est donc prudent, dans les 
travaux souterrains, de se garantir contre l'invasion des eaux du grès vert, 
en laissant intact contre lui un fort massif de terrain houiller. La meule 
appartient encore à l'étage cénomanien; elle renferme de nombreux fos- 
siles ; on y trouve parfois des sables et des marnes argileuses ou glauco- 
nieuses d'une épaisseur notable. 

Le terrain houiller est presque partout recouvert, dans le département 
du Nord, par le tourtia ou le grès vert; aussi les mineurs ont-ils longtemps 
regardé la rencontre du tourtia comme un indice du voisinage du terrain 
houiller. On cite des sondages qui ont été arrêtés dans le tourtia, parce qu'on 
se croyait certain de la présence du terrain houiller au-dessous de lui : on 
commettait ainsi une erreur grossière, car il n'existe aucune relation entre 
les formations primaires et le tourtia, qui appartient à une époque géolo- 
gique d'âge beaucoup plus récent. 

Le gault (albien) n'existe qu'en quelques points sous le tourtia; il G aait. 

présente des couches argileuses noirâtres, pyriteuses; il convient de lui rap- 
porter les argiles bleues à reflets rougeâtres qu'on a rencontrées dans le 
sondage de la place Verte, à Valenciennes, et qu'on a longtemps prises pour 



46 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

du terrain dévonien. Le gault a également été atteint au sondage de Férin, 
et aux puits de Rou court, de la concession d* A niche; là, il a une épaisseur 
d'une quinzaine de mètres. On a encore signalé sa présence à Dorignies, et 
au sondage de Monchecourt, placé à 1,000 mètres au sud de la fosse Saint- 
Roch, concession d'Azincourt. 
Torrent d'Aniin. Enfin, on rencontre parfois, au-dessus du terrain houiller, un autre 

dépôt, d'âge plus ancien que les précédents ; il est formé de sables et de 
graviers à gros grains de quartz, mélangés d'argiles de diverses nuances, 
renfermant des paillettes de mica et remarquables par l'absence complète 
de glauconie. Ce terrain renferme des débris de bois transformés en 
lignite et parfois incrustés de marcassite, des cônes de pins et de sapins, 
et de nombreux fossiles végétaux. Il a reçu de Dumont le nom d'aachénien, 
parce qu'il le regardait comme contemporain des sables inférieurs d'Aix- 
la-Chapelle; il est extrêmement aquifère, mouvant sous l'eau, et il a 
occasionné pendant longtemps, de grandes difficultés au creusement des 
puits de mines. 

Dans le département du Nord, ce terrain existe entre Anzin et Denain : 
il est connu sous le nom de torrent d' Anzin. Son affleurement sous le tour- 
tia est délimité (fig. il) par une courbe ovale passant à peu de distance 
des clochers de Saint-Waast, Aubry, Oisy, Haulchin et Prouvy. 11 a été ren- 
contré aux fosses Dutemple, Réussite, Sentinelle, Bon-Air, Joseph Périer, 
Ernestine, etc., de la compagnie d'Anzin. Au contraire, les fosses Baya rd, 
Mathilde, Turenne, Villars, Jean-Bart, l'Enclos, Saint-Charles, Lomprez et 
Tinchon, se trouvent en dehors de son périmètre. Son étendue superficielle 
est d'environ 2,450 hectares. Pour garantir les travaux souterrains contre 
l'invasion des eaux du torrent, on a longtemps réservé contre lui des mas- 
sifs de terrain houiller, dont la hauteur verticale était d'une quarantaine de 
mètres; c'est ainsi qu'on a procédé à l'est de la fosse l'Enclos dans deux 
veines, à la fosse Joseph Périer dans quatre veines, et au groupe des fosses 
de Saint-Waast dans cinq veines. 

Il y a un assez grand nombre d'années, la compagnie d'Anzin s'était pro- 
posé d'épuiser les eaux du torrent à l'aide de machines; on était alors moins 



N . 



♦ Aubrv 




F. du Boit 

• GroM«-Fo»«« 

• F. du Mambour 

«. S*. Waa*t 

S F. Tinchon 

• F. S* Pt«rr« 

• F. S* Cristoph* 
%F. N«nri 

t F. Lomprai 
• F. S* Ch*rl«s • F.tf* la CltadalU 



bxtp. Lemervirr et C*. 



CHAPITRE II. 47 

bien outillé qu'aujourd'hui pour le creusement des puits; le mode de fon- 
çage à niveau plein n'était pas encore connu, et la nappe du torrent con- 
stituait un sérieux obstacle à la traversée des morts-terrains, entre Anzin et 
Denain. Trois fosses furent spécialement affectées à ce travail : Bon-Air, 
Vedette et Gbabaud La Tour. En outre, les fosses d'Hérin, Ernestine, Joseph 
Périer, l'Enclos, Lomprez et Dutemple, contribuèrent à cet assèchement, 
parce que les eaux du torrent pénétraient dans leurs travaux, malgré les 
massifs de protection réservés à l'affleurement du terrain houiller. Pen- 
dant une vingtaine d'années, de 1817 à 1867, on a ainsi tiré annuelle- 
ment environ 800,000 mètres cubes d'eau ; depuis 1867, cette quantité 
n'a été que de 300,000 mètres cubes, parce que les fosses Bon-Air, Vedette 
et Ghabaud La Tour ont été mises en chômage, et que l'épuisement ne 
s'est plus continué que d'une manière indirecte par les fosses encore en 
exploitation. 

En 1867, la zone occupée par les eaux était réduite à une superficie de 
1,850 hectares; son étendue actuelle n'est plus que de 1,300 hectares, et le 
lac souterrain est compris tout entier entre les fosses d'Hérin et Ernestine, 
qui lui sont extérieures. 

Dans la région asséchée, on a pu exploiter, après coup, les mas- 
sifs de terrain houiller que l'on avait réservés : cela s'est fait aux fosses 
Tinchon, Demézières et Sentinelle, et on aurait généralisé cette mesure 
si le charbon avait été de meilleure qualité à l'affleurement des veines. 
A Demézières et à Sentinelle, on a poussé l'exploitation dans Grande et 
Moyenne veine jusqu'aux sables du torrent, qu'on a trouvés parfaite- 
ment secs. 

L'épaisseur du torrent d'Anzin est en moyenne de 8 à 9 mètres; le point 
où il présente la plus grande puissance est situé à peu de distance au sud- 
est du clocher de Wavrechain; on peut évaluer la quantité d'eau que ce 
terrain renferme à environ 40 0/0 de son volume. 

Cette eau est saline, ce qui est exceptionnel dans les terrains superposés 
à la formation houillère; M. Carnot en a analysé, au laboratoire de l'École 
des mines, deux échantillons recueillis derrière le cuvelage de la fosse Joseph 



48 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Périer, le premier à la profondeur de 69 mètres, le second à celle de 
75 mètres. Ces analyses ont donné les résultats ci-dessous : 



CORPS DOSÉS. 



Acide chlorhydrique. 
Acide sulfurique. . 
Silice 



Protoxyde de fer - 

Peroxyde de fer • • 

Alumine 



Chaux 

Magnésie 

Potasse , 

Soude 

Matières organiques. 



Ensemble. 
Résidu fixe par litre. 



POIDS PAR LITRE. 



M 1. 



4r,3960 

3,4879 

0,0700 

,2874 

0,4564 

Traces. 

0,6160 

0,3027 

0,0633 

4,4691 

0,0020 



14*,1508 
13*,0800 



N«2. 



4*,3436 

2,6434 

0,0650 

Traces. 

Traces. 

Traces. 

0/7392 

0,3315 

0,0614 

4,3684 

Traces. 



121,5525 
1 If, 4900 



D'après ces résultats, M. Carnot a attribué à ces échantillons la com- 
position hypothétique suivante : 



SELS ET MATIERES CONTENUS DANS L'EAU. 

Sulfate de protoxyde de fer (FeO, SO*) 

Sulfate de peroxyde de fer (Fe'O*, 3 SO*) 

Sulfate d'alumine 

Sulfate de chaux 

Sulfate de magnésie 

Sulfate de soude 

Chlorure de sodium 

Chlorure de potassium 

Matières organiques 

Silice 

Ensemble 



POIDS PAR LITRE. 



No 1. 



0*,6067 

1 ,1410 

Traces. 

1,4960 

0,9081 

1 ,7725 

0,9686 

0,1006 

0,0020 

0,0700 



13',0655 



N° 2. 



Traces. 

Traces. 

Traces. 

lf,7952 

0,9945 

1,6408 

6 ,8870 

0,0976 

Traces. 

0,0650 



U*,4801 






11 n'y a aucune relation entre les limites de la zone occupée par le 
torrent d'Anzin et le relief actuel du bassin houiller; le torrent se trouve 



CHAPITRE II. 49 

en effet dans une région où les morts-terrains ne présentent pas une 
grande épaisseur. Son caractère essentiel est de constituer un lac souter- 
rain qui n'est pas, ou presque pas alimenté, et qui pourra être asséché à la 
longue. Il est garanti contre les infiltrations superficielles par les dièves 
qui se trouvent au-dessus de lui- Les eaux salées qu'il contient, et qui pro- 
viennent peut-être de certaines fissures du terrain houiller, sont un vestige 
de l'ancienne mer, et il parait résulter de leurs analyses qu'après l'époque 
houillère, la mer avait une composition analogue à celle qu'elle a aujour- 
d'hui. Les différences constatées proviennent, soit de l'action prolongée des 
eaux fossiles sur les terrains qu'elles ont imbibés, soit de leur mélange 
avec des eaux douces superficielles, par suite de l'existence de fissures dans 
les couches compactes supérieures. 

Jusque dans ces derniers temps, on n'avait trouvé nulle part le terrain Terrain jurassique, 

trias, 

jurassique, le trias ni le permien, entre la formation crétacée et le terrain terrain permien. 
houiller du département du Nord. On a toutefois rencontré récemment, à la 
fosse de Roucourt, sous le terrain crétacé, un conglomérat formé surtout 
de débris de calcaire compact, de dolomie carbonifère et de psammites du 
Condros. Ce conglomérat présente une grande dureté; on en a trouvé verli- 
calement une hauteur d'une centaine de mètres, et on y a ouvert, dans la 
direction du N.-O., une galerie d'exploitation. L'étendue recouverte par ce 
dépôt parait assez considérable, car c'est encore lui qu'on a atteint par la 
bowette sud de l'étage de 257 mètres de la fosse Saint-René. Il remplit 
vraisemblablement, à la surface du terrain houiller, une dépression dont la 
profondeur n'est pas encore connue; mais il parait hors de doule que, dans 
l'avenir, on retrouvera le terrain houiller au-dessous de lui. Les blocs qui 
le composent sont d'un assez fort volume ; ils présentent des arêtes sail- 
lantes, qui montrent que les eaux ne les ont pas charriés à de grandes dis- 
tances; il est probable qu'ils ont été détachés des terrains anciens formant 
le bord méridional du bassin, à l'époque triasique ou à l'époque permienne. 



50 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES, 



IL — TERRAIN HOD1LLEB. 



Le terrain houiller du nord de la France correspond à l'étage houiller 
moyen de AL Grand'Eury. 
Temin A sa base, il présente, dans le département du Nord et en Belgique, une 

houiller inférieur. 

zone stérile à laquelle Du mont a donné le nom de terrain houiller inférieur. 
Elle est de formation marine, et on Ta parfois rattachée au calcaire carbo- 
nifère. M. Gosselet l'a appelée zone à productus carbonarius; elle parait assi- 
milable au Penney-stone des Anglais. Elle est formée, en général, de schistes 
noirs très siliceux, dans lesquels on trouve les premiers vestiges de plantes 
houillères. Ces schistes sont quelquefois imprégnés de silice, au point d'être 
transformés en ph ta ni tes dont l'espèce est schistoide, ce qui les distingue 
de ceux qu'on trouve dans les calcaires. Parfois aussi, ces schistes sont 
chargés de pyrites et de matières sablonneuses ; on les appelle alors ampé- 
lites, et on s'en sert pour fabriquer de l'alun. 

Au nord du bassin, on a souvent rencontré le terrain houiller inférieur, 
notamment au delà des exploitations de Vieux-Condé, dans les concessions 
de Braille et de Château-f Abbaye, ainsi que dans le bassin de Mon s. Dans 
celte région, on y trouve quelques fossiles, parmi lesquels des coquilles 
assez nombreuses du genre Posidonomya. Quand on se rapproche du calcaire 
carbonifère, cette assise passe au grès, et présente des bancs de ph ta ni tes 
noirs dont la rencontre exclut toute probabilité d'atteindre la houille, et 
annonce le voisinage du calcaire. 

Sur la limite septentrionale du bassin de Mons, on a remarqué la pré- 
sence, dans les couches inférieures du terrain houiller, d'un grès à grains 
de phtanite noir ayant l'aspect d'un poudingue; ce poudingue se retrouve 
sur la limite septentrionale du bassin belge, jusqu'à Liège. 

Enfin, il importe de signaler, dans le terrain houiller inférieur du nord 



CHAPITRE II. f 6i 

du bassin, des bancs de calcaire à crinoïdes, accompagnés de schistes pyri- 
teux ou fossilifères, qui paraissent présenter une certaine continuité; on y 
rencontre les Productus carbonarius, semireticulalus, Cora, le Spirifer crassus, etc. 
A Auchy-au-Bois et à Car vin, les premières veines de houille existent au 
voisinage de ces couches riches en fossiles. 

Au midi du bassin, le terrain houiller inférieur est représenté par la 
large bande stérile dont nous avons fait remarquer la présence entre 
Monchecourt et Onnaing; on y trouve également des bancs de calcaire. Il 
convient peut-être de lui rattacher les calcaires et schistes calcareux noirs 
verdâtres, rencontrés au midi de la concession d'Azincourt, ainsi que les 
grès et schistes calcareux gris ou bleus, qu'un grand nombre de sondages 
exécutés dans le Pas-de-Calais ont trouvés au-dessus du terrain houiller 
riche en houille. Ces assises peuvent appartenir au terrain houiller infé- 
rieur, ou à la partie la plus élevée du calcaire carbonifère. 

Sur la limite septentrionale du bassin, le terrain houiller inférieur a 
été exploré depuis la frontière belge jusqu'à la concession d'Aniche, en pas- 
sant par les concessions de Château -l'Abbaye, Braille, Vicoigne et Hasnon. 
C'est également sur lui qu'ont été exécutés, vers Tannée 1838, les travaux 
de recherche de Marchiennes, et, en 1876, ceux des environs de Raches et 
d'Anhiers. Nous avons donné assez de détails sur le développement qu'il 
présente au sud du bassin, pour qu'il soit inutile d'insister davantage sur 
ce point; il importe toutefois d'observer qu'il n'existe pas de continuité 
reconnue dans le terrain houiller inférieur des deux bords du bassin. On 
ne voit pas affleurer au sud les bancs qui existent au nord, et il semble 
qu'il existe, dans cet étage, la même dissymétrie que dans les couches 
houillères qui lui sont superposées. 

Au-dessus du terrain houiller inférieur de Dumont, on trouve le terrain Terrain nouiiier 
houiller proprement dit, qui se compose de veines de houille, séparées 
par des bancs plus ou moins puissants de schistes argileux nommés rocs 
par les mineurs, et de grès ou de psammites connus sous lé nom de que- 
relles. Ces schistes et grès alternent sans relation nettement déterminée, 
soit entre eux, soit avec les couches de houille qu'ils encaissent. Les uns 



52 BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 

et les autres proviennent naturellement de la désagrégation des roches 

anciennes. 
schistet. Les schistes houillers (rocs des mineurs) sont quelquefois compacts, 

mais, généralement, ils sont plus ou moins feuilletés; leur cassure est 
terne et d'un aspect terreux; ils sont assez tendres et se laissent d'ordi- 
naire rayer par l'ongle. Leur pâte est souvent parsemée de paillettes très 
fines de mica; ils sont d'un grain fin et doux au toucher; leur couleur est 
tantôt grise, tantôt brunâtre, tantôt nettement noire; leur teinte se fonce 
habituellement dans le voisinage des couches de houille. Parfois, il est assez 
difficile de distinguer les schistes houillers de certains schistes dévoniens 
qui présentent les mêmes caractères. A cet égard, M. Du Souich recom- 
mande d'examiner attentivement la teinta de l'échantillon, qui est celle de 
l'encre de Chine quand il s'agit d'un schiste houiller, et de l'encre ordinaire 
quand on a affaire à un schiste dévonien. 
Grèf. Les grès houillers (querelles des mineurs) sont souvent psammitiques ; 

ils sont gris, et formés de grains fins de quartz blanc, gris ou noir, et de 
paillettes de mica blanc ou jaune, agglomérés par un ciment argileux. 
Parfois, ils sont grossiers et contiennent des galets qui les font passer au 
poudingue. Le quartz est toujours l'élément le plus abondant, surtout dans 
la partie la plus inférieure du bassin, où parfois les grès passent au quartz 
grenu. En Angleterre, certains grès houillers à gros grains servent à faire 
des meules de moulins : d'où leur nom de millestone grit. Ces grès se ren- 
contrent généralement à la base de la formation. 

On trouve toutes les roches intermédiaires entre les schistes et les grès, 

et on passe parfois des uns aux autres d'une manière insensible, les schistes 

se chargeant peu à peu de quartz et de mica, ou les grès se dépouillant de 

ces deux substances. 

Ép&isseur comparative La proportion de schistes et de grès varie peu d'une région à l'autre 

des schistes , « 

et des grès. <*U bassin. 

Aux environs de Mons, M. Arnould évalue l'épaisseur des schistes 
à 70 0/0 de l'épaisseur de la masse totale, et celle des grès à 27,77 0/0; 
il reste 2,23 0/0 pour la houille. 



CHAPITRE II. 53 



Dans les exploitations de la compagnie d'Anzin, on observe des pro- 
portions à peu près analogues. Le faisceau des charbons gras exploité aux 
fosses de Denain comprend 67 0/0 de schistes et 33 0/0 de grès. Dans le 
faisceau des charbons demi-gras de la fosse Thiers, ces proportions sont de 
76 0/0 pour les schistes et de 24 0/0 pour les grès; mais, dans le faisceau des 
charbons maigres de la fosse Bonne-Part, on retombe à peu près sur les 
résultats du groupe de Denain. 

Enfin , si on se transporte aux environs de Douai, et si on étudie les coupes 
de la compagnie d'Aniche , on reconnaît que les schistes y forment 68 0/0 
environ de la masse totale, et les grès 32 0/0. 

Il existe donc une uniformité à peu près complète dans les épaisseurs 
relatives des grès et des schistes; il semble seulement que les grès tendent 
à se développer en profondeur, et que leur grain devient de plus en plus fin, 
à mesure qu'on s'avance vers le nord. 

Les observations faites permettent de croire que la dureté des grès variation 

de dureté 

hou il 1er s augmente avec la profondeur; toutefois, la différence est peu sen- des grès houiiiers. 
sible. Ce point est assez difficile à constater, car les niveaux d'exploitation 
ayant une assez longue durée, qu'on peut évaluer en moyenne à une dizaine 
d'années, un même banc ne se trouve recoupé, dans un même plan vertical, 
qu'à des époques assez éloignées, ce qui rend les comparaisons incertaines; 
cependant, on pense généralement que l'effet utile des mines au rocher est 
moindre aujourd'hui qu'autrefois; pourtant, l'ouvrier est mieux outillé et se 
sert de poudres plus énergiques, l'enlèvement des déblais se fait mieux, etc.; 
il est vrai que, d'un autre côté, l'ouvrier semble avoir perdu un peu en habi- 
leté, et que la durée de ses postes est moindre; malgré cela, il y a lieu de 
penser que la dureté des bancs houiiiers augmente avec la profondeur. 

Soumis aux agents atmosphériques, les grès et schistes houiiiers se désa- 
grègent rapidement; il n'y a que certains grès qui résistent; on pourrait les 
utiliser, à la rigueur, pour la confection de petits pavés. 

On appelle toit d'une veine de houille la couche qui la recouvre natu- Toit et mur 
rellement, et mur celle sur laquelle elle repose; les grès se rencontrent fré- 
quemment à peu de distance au-dessus des veines; aussi considère- t-on 



54 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

leur rencontre dans les sondages comme un indice favorable du voisinage 
de la bouille; parfois ils constiluent le toit des couches; ce n'est que dans 
des cas plus rares qu'ils en forment le mur. 

On rencontre, dans les grès et schistes houillers, des empreintes végétales 
qui reproduisent souvent, dans leurs plus minutieux détails, les parties des 
plantes auxquelles elles correspondent, ce qui montre qu'à l'origine, les 
matériaux constitutifs du bassin bouiller avaient la consistance boueuse ou 
pâteuse. Dans certains cas, ces plantes ont été converties en houille; parfois 
elles ont été remplacées par d'autres substances. Cette flore est une végé- 
tation d'eau douce, car on tue les prèles, les lycopodes, les fougères actuelles, 
en les arrosant d'eau de mer. 

Les empreintes sont d'autant plus nombreuses qu'on est plus voisin de 
la houille, bien que certaines veines en soient complètement dépourvues; on 
en trouve beaucoup moins dans les grès que dans les schistes; il n'y a même 
guère que dans les grès à grains Ans qu'on en observe : ce sont alors, le 
plus ordinairement, des tiges et des troncs dépourvus de feuilles. Les em- 
preintes de feuilles sont particulièrement abondantes dans les bancs de 
schiste situés au voisinage du toit des veines; elles sont en quelque sorte 
étalées entre ces bancs. On voit également, dans le toit, des tiges et des 
troncs aplatis parallèlement à la stratification; dans quelques cas cependant, 



les troncs occupent une position normale aux strates, la tête en haut; 
quand il en est ainsi, ils ont encore leur forme cylindrique. Dans certaines 
assises schisteuses superposées à des couches de grès, on observe autant 
d'empreintes que dans les toits de houille. 
caractères du toit Le toit et le mur des veines offrent des caractères particuliers de struc- 

ture, qui permettent de les distinguer facilement. Le toit présente une roche 
feuilletée, noirâtre, micacée, renfermant des empreintes végétales bien 
entières et souvent parfaitement nettes; il se débite par tranches, et il est- 
de moins en moins noir à mesure qu'on s'écarte de la veine; le mur, au 
contraire, possède une structure tout à fait irrégulière, et se brise par mor- 
ceaux; il est plus pâle, plus compact, plus dur à travailler que le toit; on 
n'y trouve qu'accidentellement des empreintes bien conservées; sa masse 



CHAPITRE IL 55 

est simplement mélangée de radicelles» de racines de stigmaria et de débris 
de tiges disposés dans tous les sens. Il en est ainsi sur une épaisseur qui 
est souvent de m ,80 à 1 mètre, et quelquefois plus; ce caractère s'ap- 
plique aussi bien aux veinules minces qu'aux couches puissantes. La régu- 
larité du mur est d'ailleurs aussi grande, plus grande même, que celle de la 
couche de houille qui lui est superposée : il arrive quelquefois que celle-ci 
disparaît tandis que son mur subsiste, en sorte que les mineurs suivent 
toujours le banc de mur pour retrouver une veine qu'ils ont perdue, 

A peu de distance du mur d'une veine, on trouve souvent un mince Ut 
charbonneux qu'on appelle voisin. 

Les différences d'aspect du toit et du mur permettent, le plus souvent, 
de reconnaître sans hésitation si les veines sont disposées en allure normale, 
c'est-à-dire dans une position peu différente de celle qu'elles occupaient à 
l'origine, ou si, au contraire, elles ont été affectées par des accidents géolo- 
giques, au point d'avoir été renversées au delà de la verticale. Dans ce der- 
nier cas, on trouve au-dessus d'elles des roches présentant les caractères 
du mur, et inversement; quand il en est ainsi, on dit que les veines sont en 
droit ou en dressant ; elles sont en plat ou en plateure, quand elles sont en 
allure normale. Toutefois, ces caractères peuvent être en défaut quand on 
a affaire à une couche en allure irrégulière, ou quand deux couches se 
succédant à peu de distance, le mur de l'une constitue le toit de l'autre. 

Les schistes voisins des bancs de grès présentent parfois les caractères 
du toit et du mur, en sorte qu'on peut répartir les schistes en trois catégo- 
ries : ceux qui ressemblent au toit auxquels les mineurs donnent le nom 
de toit, ceux qui ressemblent au mur, qui sont appelés mur, et enfin 
ceux qui n'offrent pas les caractères spéciaux des deux classes précédentes ; 
c'est à cette dernière catégorie que les mineurs attribuent plus spécialement 
le nom de roc. 

Dans le tome IV de l'Explication de la carte géologique de la France, Hauteur 

M. Zeiller a recherché à quelle hauteur il convient de placer le terrain hou il- 
1er du Nord dans la série houillère. Il fait remarquer que, si l'on considère daM lâ ,érie iï**™ 1 * 

^ ^ houillère. 

les deux bassins les plus importants de la France, Ceux, du Nord et de la , 



du terrain houiller 
du Nord 



56 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Loire, et que Ton dresse le tableau des plantes appartenant à la flore de 
chacun d'eux, on forme deux séries qui, à côté d'un nombre assez considé- 
rable d'espèces propres à chacune d'elles, offrent un certain nombre de 
termes communs. Parmi les espèces communes à ces deux bassins, la 
plupart sont très répandues dans l'un, et ne se montrent qu'accidentellement 
dans l'autre. Celles qui sont les plus abondantes dans le Nord ne se montrent 
guère, dans la Loire, que dans les couches de Rive-de-Gier, ou les parties 
les plus profondes du système de Saint-Etienne ; inversement, les espèces 
les plus communes dans la Loire ne se trouvent que dans les couches 
les plus élevées du bassin du Nord. Cette observation des faits conduit à 
assimiler, ou tout au moins à relier d'une manière étroite la zone supé- 
rieure du bassin du Nord à la zone inférieure du bassin de la Loire; 
celle-ci est contemporaine de la précédente, ou du moins lui succède 
presque immédiatement dans l'ordre chronologique. Se plaçant dans cet 
ordre d'idées, et partageant à cet égard l'opinion de M. Grand' Bu ry, 
M. Zeiller n'hésite pas à affirmer que le terrain houiller du Nord est situé à la 
base du terrain houiller proprement dit. D'autre part, dans certains bassins 
de l'Europe, notamment en Bohême et en Silésie, la flore houillère apparaît 
comme la suite directe de celle du terrain an thracifère ; on est donc amené 
à rattacher ce dernier au terrain houiller, et à le considérer comme étant 
son étage inférieur; le bassin du Nord se trouve alors placé au milieu de la 
série et constitue le terrain houiller moyen, le terrain anthracifère formant 
l'étage inférieur, et le bassin de la Loire se rapportant à l'étage supérieur. 
Flore houillère. L'étude de la flore fossile du bassin du Nord est à peine assez avancée 

pour pouvoir servir de base à la détermination de subdivisions dans sa 
masse. L'ensemble du bassin parait présenter une grande homogénéité, et il 
faut y regarder de près pour observer des différences sensibles dans la com- 
position de la flore à ses divers niveaux. 

Tout d'abord, un fait frappe l'observateur : c'est la constance de certains 
genres et de certaines espèces qui se retrouvent à toutes les hauteurs : il en 
est ainsi des calamités, notamment du Calamités Suckowii, qui existe partout 
en grande abondance. 



CHAPITRE II. 57 

Parmi les espèces qui se trouvent dans le même cas, M. l'abbé Boulay 
cite les suivantes : Annularta radia ta, Sphenopteris rotundifolia , JVevropteris 
orbicularis, Odontopteris britannica, Pecopteris nervosa, Lepidodendron Stem- 
bergiij Lepidodendron aculeatum, Sigillaria Sillimanij Sigillaria tessellata, 
Stigmaria ficoides, Corda ites borassifolius . 

A côté de ces espèces uniformément répandues dans tout le bassin, il y 
en a d'autres qui sont spéciales à certains niveaux, ou qui paraissent y être 
particulièrement abondantes. 

Dans la zone des charbons maigres, la moins riche en empreintes 
végétales, on trouve diverses espèces qui semblent presque spéciales à 
cette zone, et qui pourraient être regardées comme la caractérisant, si on 
les y trouvait en plus grande quantité, savoir : Pecopteris pennœformis, 
Lepidodendron Rhodeanum, Lepidodendron pustulatum, Sigillaria conferta 9 Sigilla- 
ria Candollii. 

D'autres variétés, relativement abondantes dans cette zone, sont beau- 
coup moins répandues dans les autres, et peuvent encore être regardées 
comme plus particulières aux charbons maigres, notamment : Sphe- 
nophyllum saxifragœfolium, Nevropteris heterophylla , Alethopteris lonchilica, 
Pecopteris Loshii, Lepidophloios laricinus 9 Ulodendron punctatum, Rhytidodendron 
minutifolium, Lycopodium Gutbieri, Sigillaria Volzii. 

La flore des charbons demi-gras est plus riche que celle des charbons 
maigres; elle présente, toutefois, une grande analogie avec cette dernière; 
on y rencontre peu d'espèces vraiment caractéristiques. Celles qui paraissent 
les plus spéciales à cette zone sont les suivantes : Sphenopteris convexiloba, 
Sphenopteris Hœninghausi, Sphenopteris trichomanoides 9 Sphenopteris furcata, 
Sphenopteris Schillingsii, Alethopteris Dournaisii, Lonchopteris Rœhlii 9 Lonchopteris 
rugosa 9 Halonia tortuosa, Sigillaria tnamillaris, Sigillaria elegans f Sigillaria 
piriformis, Sigillaria elliptica 3 Sigillaria scutellata, Sigillaria Grœseri, Sigillaria 
lœvigata, Sigillaria rugosa. 

Indépendamment de ces espèces, dont plusieurs passent dans la zone 

des charbons gras, on peut en citer quelques autres qui, très rares, il est 

vrai, n'ont guère été rencontrées que dans les charbons demi-gras, où 

8 



58 BASSIN H0U1LLER DE VÀLENCIENNES. 

elles constitueraient une flore caractéristique, si on en trouvait de plus 
nombreux échantillons. Nous citerons : Sigillaria alveolaris, Sigillaria Po/- 
lerianaj Calamocladus binervis. 

La zone des charbons gras présente une très grande richesse en em- 
preintes végétales. On y voit se continuer presque toutes les plantes qui 
constituaient la végétation des niveaux inférieurs; de plus, on y remarque 
des types nouveaux, très variés et abondants, parmi lesquels il faut 
citer : Annularia sphenophylloides, Sphenophyllum emarginatum, Sphenophyllum 
Schlotheimii, Sphenopteris nummularia, Sphenopteris macilenta, Sphenopteris 
chœrophylloides, Sphenopteris tridactylites, Sphenopteris artemisiœfolia* Sphe- 
nopteris acutiloba 3 Sphenopteris formosa, Sphenopteris herbacea, Sphenopteris 
imegularis, Nevropteris gigantea, Nevropteris attenuata, Dictyopteris Brongniarti, 
Alethopteris valida* Alethopteris Serlii, Alethopteris Grandini, Sigillaria nudi- 
cauliSj, Sigillaria polyphca, Sigillaria rimosa, Sigillaria latecostata, Trigonocarpus 
Nœggerathi. 

On voit, d'après cet exposé, que s'il est difficile, en l'état actuel des con- 
naissances paléontologiques, d'établir des divisions nettes dans le terrain 
houiller du Nord d'après l'étude des végétaux fossiles, ce terrain présente 
néanmoins des caractères qui diffèrent, suivant le niveau auquel on l'envi- 
sage. Il ne faut pas compter que l'on puisse jamais distinguer d'une manière 
certaine les veines de houille par l'aspect de leur flore, et trouver dans 
l'examen des empreintes le moyen de les suivre à de grandes distances, et de 
les relier individuellement les unes aux autres en des points éloignés; mais 
on peut se proposer de déterminer, dans une localité donnée, à quelle hau- 
teur se trouve un gisement exploité dans la série houillère, et d'établir si 
ce gisement appartient à la base de la formation, à sa partie moyenne, ou 
à sa partie supérieure. C'est ainsi que, dans le bassin de la Grand-Combe, 

* 

M. Zeiller a pu, à l'aide de considérations paléontologiques, indiquer l'Age 
relatif des faisceaux de Trescol et de Sainte-Barbe, et faire retrouver ce 
dernier par un sondage, au mur du précédent, sous une grande épaisseur 
de terrains stériles. Il parait de même certain, maintenant, que les houilles 
grasses qui se sont déposées à l'extrémité occidentale du bassin du Pas-de- 



CHAPITRE II. 59 

Calais sur le calcaire carbonifère, correspondent aux termes les plus élevés 
de la série du département du Nord et de la Belgique; cette remarque, qui 
résulte de l'observation de faits matériels, vient à l'appui de la théorie de 
la transgressivité, dont nous avons parlé précédemment, théorie qui, 
lorsqu'on la généralise, permet d'expliquer de la manière la plus simple, 
et sans recourir à d'autres hypothèses, comment le bassin houiller a pu 
rester complet dans une partie du département du Nord, sans présenter de 
symétrie sur ses deux versants. 

On peut encore tirer, des considérations qui précèdent, une autre con- 
clusion, c'est que, d'une façon générale, on est autorisé à prendre pour 
ordre de superposition des faisceaux houillers, celui qui résulte de la 
proportion de matières volatiles de la houille qu'ils renferment. Cette 
variation dans la teneur en matières volatiles tient-elle à la chaleur cen- 
trale, à la nature des végétaux constitutifs de la houille, ou aux écarts 
de température de l'atmosphère pendant sa formation? On n'est pas d'ac- 
cord à cet égard. Mais, ici encore, il faut se garder d'attribuer à la théorie 
une précision exagérée. On sait, en effet, qu'une veine de houille ne fournit 
pas toujours la même quanti té de matières volatiles; les différences constatées 
à quelques kilomètres de distance se sont élevées parfois à 4 ou 5 0/0; d'autre 
part, si, dans une fosse d'extraction, on considère les veines exploitées au 
même niveau et suivant un même méridien, il peut arriver qu'elles ne se 
succèdent pas les unes aux autres d'après la quantité de matières volatiles de 
leurs charbons; en d'autres termes, une veine peut se trouver placée entre 
deux autres, toutes deux plus ou moins volatiles qu'elle, sans que toutefois 
les écarts soient considérables. Il en est de cela comme de la flore, qui 
varie parfois d'un point à un autre dans la même veine, ou d'une veine 
aune autre très voisine. Mais, de même que, malgré ces circonstances 
locales, l'étude de la flore permet de fixer la zone du bassin dans laquelle 
on se trouve, de même, la connaissance de la proportion de matières vola- 
tiles donne la certitude qu'on se trouve, soit à la base, soit au milieu, 
soit au sommet de la formation houillère. Cela résulte de ce que les diffé- 
rentes zones en lesquelles l'examen des empreintes végétales permet de 



60 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

répartir le terrain houiller du Nord, correspondent précisément à des char- 
bons d'une volatilité différente, en sorte qu'on peut aussi bien déterminer la 
hauteur à laquelle on se trouve dans le bassin par les caractères delà flore, 
que par ceux qui résultent de la volatilité plus ou moins grande des char- 
bons, puisque ces caractères se correspondent d'une manière complète. 

Sur la distribution des empreintes végétales dans les couches de houille, 
il est bon de présenter quelques observations. 

Quelquefois, il arrive qu'une veine, d'abord riche en empreintes, s'ap- 
pauvrit progressivement et n'en renferme presque plus; ordinairement, 
cette raréfaction s'accuse de plus en plus, à mesure que les travaux 
deviennent plus profonds; autrement dit, les parties des veines les plus 
voisines de leurs affleurements sous le tourtia paraissent les plus riches. 

Les calamités se rencontrent plus particulièrement dans les schistes 
bitumineux auxquels les ouvriers donnent le nom d'escaillage, et qui 
accompagnent les veines de houille. On trouve aussi, dans ces conditions, 
de nombreuses empreintes de sigillaria et de lepidodendron; celles qui pro- 
viennent du mur sont généralement mal conservées et indéterminables. 

Les fougères ne se voient guère que dans le toit, où elles existent par- 
fois à l'état d'empreintes d'une grande étendue, et parfaitement conservées. 

Les stigmaria peuplent, au contraire, le mur de presque toutes les 
couches. L'axe de la plante est, d'ordinaire, perpendiculaire à la stratifica- 
tion, tandis que les racines s'étendent dans tous les sens. 

Enfin, M. l'abbé Boulay croit qu'il convient d'admettre l'existence de 
dorures locales, c'est-à-dire que, d'après lui, certaines plantes se seraient 
fixées de préférence en des points déterminés du bassin, où elles se seraient 
conservées pendant la formation d'une série plus ou moins considérable 
de veines, tandis que d'autres espèces se seraient développées ailleurs dans 
les mêmes conditions. D'après cela, il faudrait diviser le bassin en parties 
ayant chacune une flore différente, et il deviendrait alors plus facile, en 
se limitant à Tune d'elles, de reconnaître la continuité d'une veine par la 
constance de sa flore. Les exemples cités à l'appui de cette thèse ne sont 
pas assez nombreux, ni assez frappants, pour qu'on puisse l'admettre sans 



CHAPITRE II. 61 

vérification. Néanmoins, il y a là une indication à retenir, que des études 
ultérieures pourront peut-être confirmer. 

Il existe très peu d'insectes dans le terrain houiller du Nord; en coquilles houillères. 
revanche, on y trouve un certain nombre de coquilles. Nous avons déjà 
signalé la présence de coquilles marines dans le terrain houiller stérile qui 
constitue les assises inférieures du bassin. On en rencontre également 
dans le terrain à houille. Elles sont surtout abondantes dans la zone des 
charbons maigres, comme à Garvin et à Annœulin, où on remarque le Pro- 
ductif semireliculatusj le Produclus Cora, le Productus co&tatus, le Spirifer cras- 
sus, etc. On en voit aussi dans la zone des charbons gras; on y a surtout 
signalé le genre Pileopsis. 

A côté de ces espèces, on peut encore citer les Anthracosia, mollusques 
semblables aux Unio, qui indiquent des terrains d'eau douce. 

La présence de fossiles marins dans les bancs houillers peut s'expli- 
quer de plusieurs manières. On peut admettre que ces fossiles proviennent 
des terrains de sédiment d'origine marine d'âge plus ancien, qu'ils en ont 
été détachés, et qu'ils ont ensuite été amenés dans les eaux douces où se 
développait la formation houillère. Cette-hypothèse est combattue par l'état 
de conservation des coquilles, dont les ornements sont souvent restés 
intacts, ce qui ne cadre guère a,vec un transport à distance. On peut encore 
supposer que, de temps à autre, la mer est venue envahir la région où se 
déposait la houille. Ce qui semble indiquer qu'il en a été ainsi, c'est 
que, bien qu'on ne trouve pas d'eaux salées dans les terrains carbonifères 

r ## Eaux salées 

ou dévoniens, on en rencontre fréquemment dans le terrain houiller. du terrain houiiier. 

M. Roger Laloy en a analysé un grand nombre d'échantillons, qui lui ont 

donné de 3 à 5 grammes de chlore par litre. La rencontre d'eaux de 

cette nature au voisinage de la nappe salée du torrent d'Anzin pourrait, à 

la rigueur, se justifier par l'existence de crevasses mettant le terrain houiller 

en relation avec cette nappe; mais, en d'autres points, où le torrent n'existe 

pas, on ne peut guère expliquer la présence d'eaux salées qu'en admettant 

qu'elles ont été enfermées dans le terrain houiller lui-même, absolument 

comme les eaux douces ou saumàtres qu'on y trouve en d'autres points. 



62 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

M. Laloy pense que les eaux salées houillères ont été emmagasinées, à 
l'origine, dans les détritus organiques spongieux qui ont donné naissance 
à la houille, et que la pression des terrains supérieurs les a ensuite lancées 
dans les crevasses et les cavités qui se trouvaient dans leur voisinage. 11 
admet également que les eaux du torrent d'Anzin sont venues du terrain 
houiller par des fissures créées postérieurement à sa formation. Il fait 
remarquer, à l'appui de cette opinion, qu'il y a toujours une relation 
étroite entre la proportion de chlore de l'eau du torrent et celle de l'eau du 
terrain houiller qui se trouve au-dessous de lui. 
Eaux sulfureuses Au nord du bassin, et notamment dans les fosses et sondages des con- 

ch&udcs 

cessions de Vicoigne, de Bruille et de Chàteau-l'Abbaye, on a souvent ren- 
contré des eaux sulfureuses tièdes jaillissantes; elles proviennent, sans aucun 
doute, du calcaire carbonifère, ou tout au moins du terrain houiller inférieur 
qui lui est immédiatement superposé. Ces eaux se répandent à une plus ou 
moins grande distance vers le sud, en cheminant dans les fissures du ter- 
rain houiller. Elles semblent, en outre, former une sorte de nappe au 
contact des morts- terrains, et là, elles s'enrichissent peut-être en principes 
minéraux qu'elles empruntent aux pyrites et aux lignites pyriteux dont le 
tourtia est chargé. Enfin, elles arrivent jaillissantes jusqu'à la surface du 
sol, toutes les fois qu'elles parviennent à se frayer un passage au travers 
des morts-terrains, comme c'est le cas à rétablissement thermal de Saint- 
Amand, ou qu'on leur crée artificiellement une issue en allant les chercher 
par un trou de sonde. On voit, d'après cela, que ces eaux sulfureuses peuvent 
être rencontrées, soit à l'intérieur du terrain houiller, soit à sa surface. 
Dans les exploitations de Vicoigne, certaines galeries ont dû être arrêtées et 
serrementées, parce qu'elles avaient recoupé des crevasses qui en débitaient 
de grandes quantités. A la traversée des morts-terrains, ces eaux, en se 
mélangeant à la nappe douce et froide de la craie, s'appauvrissent en sels 
minéraux, en même temps que leur température s'abaisse à leurs points 
d'émergence. Cette température dépasse rarement 25°. Il existe encore de 
vieux sondages qui, ayant été mal bouchés, constituent de véritables sources 
thermales. 



CHAPITRE II. 63 

Signalons encore dans le terrain houiller des traces blanchâtres assez Substances minérale» 

rencontrées 

nombreuses, visibles dans certaines fissures et qui sont dues à des dépôts dans 

de chaux carbonatée. On les remarque surtout dans les terrains irrégu- 
liers et bouleversés. Parfois même, la chaux carbonatée y est cristallisée 
et constitue de véritables géodes; dans certains cas, on trouve des cristaux 
de cette substance jusque dans les veines de houille. On voit également, 
dans les fissures que présentent les terrains irréguliers, des enduits de 
pholérite, facilement reconnaissables parce qu'ils donnent au toucher l'im- 
pression du talc. 

Le sulfate de baryte ne se remarque à J'état de cristaux, dans le terrain 
houiller, que dans des cas tout à fait exceptionnels. 

Les veines de houille ne sont généralement pas formées d'un lit unique de Veine8 dc houille - 
charbon; elles sont, le plus souvent, divisées en plusieurs sillons par des lits 
de schiste ou d'argile tendre et pulvérulente, que l'on appelle houage ou havrit. 

On voit aussi, dans un grand nombre de cas, au toit ou au mur des 
veines, ou dans leur masse même, un schiste bitumineux appelé escaillage 
ou noireux. Ce schiste est noir, luisant, à feuillets parallèles; il s'écrase 
parfois, sous la pression des doigts, en fragments écailleux. A première vue, 
on pourrait le prendre pour du charbon, mais quand on le broie, il donne 
une poussière grise, facile à distinguer de la poussière noire de la houille. 
L'escaillage fourni par les houilles grasses se brûle facilement : on l'emploie 
couramment comme charbon d'ouvriers. On ne voit jamais de sables ni de 
grès intercalés entre les sillons des couches de houille. 

Enfin, on trouve souvent, au toit et au mur des veines, des bancs de 
schiste tendre plus ou moins charbonneux, avec ou sans lits minces de 
charbon intercalés, qui se détachent avec la veine dans le travail de l'aba- 
tage. On les connaît sous les noms de faux-toit et de faux-mur. 

La substance étrangère la plus nuisible à la qualité des houilles du pyrite de fer. 
Nord est la pyrite de fer; quelquefois, le combustible en est véritablement 
imprégné; elle est appliquée entre ses feuillets sous forme d'enduits bril- 
lants ou de lames très minces; ailleurs, cette substance se trouve en rognons 
d'un volume plus ou moins considérable. 



64 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

Fer earbonatë. On remarque encore, dans le toit et le mur des veines de houille, et 

aussi dans les lits de charbon, des rognons de sidérose on fer carbonate lithotde, 
présentant une texture grenue et compacte, un aspect mat, et une couleur 
d'un gris noirâtre ou rougeâtre. Au feu, la matière rougit et devient atti- 
rable à l'aimant. Ces rognons sont disposés dans la houille et dans les 
terrains qui l'encaissent en couches ou bancs parfois continus. Ceux qu'on 
trouve dans les lits de charbon ou dans le toit des veines sont aplatis 
parallèlement à la stratification ; ceux du mur sont de forme à peu près 
sphérique. Il y a des veines qui sont riches en rognons de fer carbonate, 
mais leur richesse varie beaucoup d'un point à un autre; d'autres en sont 
presque complètement dépourvues. 

Ces rognons, auxquels les mineurs donnent le nom de clayas, ont été 
exploités, à une époque assez éloignée, comme minerai de fer; on les 
extrayait en même temps que la houille; mais, bientôt, on a renoncé à en 
tirer parti, parce que leur extraction n'était pas rémunératrice, et les 
demandes en concession qui avaient été formées, à l'effet de joindre 
l'exploitation du minerai de fer à celle de la houille, sont restées sans suite. 

Les dépôts de fer carbonate lithoïde ont dû s'opérer assez rapidement, 
car on voit, en certains cas, une même plante traverser entièrement une 
couche de cette substance, ou se replier sur les deux faces d'un même 
rognon. Le carbonate de fera d'ailleurs favorisé la bonne conservation des 
végétaux fossiles en agissant comme agent antiseptique; de plus, sa préci- 
pitation à l'état de particules de très faible volume a fourni des moulages de 
plantes d'une grande perfection. 
Épaisseur moyenne Dans le bassin du Nord, les veines de houille sont nombreuses; 

changement. en revanche, leur épaisseur est faible. Rarement elle dépasse 1 mètre, et 
<uns leur «iinre. j amais e ij e ne g^iève beaucoup au delà de cette limite; on va jusqu'à 

exploiter des veines de 0",35 : c'est le cas de Grande veine et de Petite veine 
du midi, dans certains travaux des environs de Saint-Waast. La moyenne 
d'ouverture est de m ,60. Dans les exploitations de la Compagnie d'Anan, 
cette moyenne est plus forte dans les charbons maigres que dans les demi- 
gras, et elle est plus élevée dans les demi-gras que dans les gras. On constate. 



CHAPITRE II. 65 

en outre, une augmentation notable d'épaisseur moyenne quand on se 
transporte de Test vers l'ouest; dans le Pas-de-Calais, il n'est pas rare de 
trouver des veines dont l'épaisseur dépasse l m ,50, 2 mètres, et même 2 m , 50. 

Cette circonstance, défavorable à l'exploitation, est souvent compensée 
par l'allure régulière des veines. Elles présentent une ouverture à peu près 
uniforme sur de grandes étendues, et conservent une épaisseur constante, 
même quand elles se replient presque complètement sur elles-mêmes, ce 
qui indique qu'elles ont pris naissance dans une période de calme. 

On les suit parfois sur plusieurs kilomètres, sans qu'elles soient altérées 
dans leur allure par des accidents ou des rejets. En même temps, les veines 
ou nerfs de schiste qui les divisent en plusieurs sillons gardent, comme ces 
sillons eux-mêmes, une constance d'épaisseur et d'allure qui est très favo- 
rable à l'abatage et au triage de la houille, et permet d'obtenir des charbons 
relativement propres. 

Cependant, il ne faudrait pas croire que partout les gisements houillers 
du Nord se montrent sous un aspect aussi avantageux. Le caractère de 
régularité dont nous venons de parler n'a rien d'absolu, et comporte de 
nombreuses exceptions ; alors, les veines subissent des rejets plus ou moins 
considérables, par suite de cassures ou de failles qui affectent l'allure du ter- 
rain dans lequel elles se trouvent ; ou bien elles se renflent, puis se rétré- 
cissent, de manière à présenter des zones alternativement exploitables et 
improductives. Ces circonstances s'observent particulièrement au midi du 
bassin; il semble que, de ce côté, la poussée venant du sud ait eu pour con- 
séquence de produire dans le terrain houiller une sorte d'écrasement géné- 
ral qui a occasionné cette allure irrégulière des veines, en même temps qu'elle 
a rendu plus friable le charbon qu'elles renferment. Un des exemples les 
plus remarquables à citer à ce sujet est celui du gisement d'Azincourt. Le 
groupe des fosses Saint-Edouard, Saint-Auguste et Sainte-Marie, paraît, 
comme nous le verrons plus loin, très riche en houille, mais le combustible 
y est réparti d'une façon inégale, et sous forme de lambeaux déveines abso- 
lument inexploitables. A la fosse Saint-Roch, qui se trouve dans des condi- 
tions meilleures, les veines sont assez bien réglées, mais elles fournissent un 

9 



66 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Modifications 
dans la naturo 

ot l'épaisseur 

des terrains 

encaissants. 



charbon menu et friable ; elles subissent en outre, à chaque instant, des rétré- 
cissements qui obligent à en abandonner momentanément l'exploitation. 
Les mêmes faits se remarquent au gisement deCourcelles-lès-Lens,qui vient 
buter sur le calcaire par lequel il est recouvert, et ils seraient probablement 
tout à fait généraux, dans le département du Nord, si les exploitations les 
plus méridionales n'avaient pas été garanties, jusqu'à un certain point, contre 
les effets de la poussée venant du sud, par la bande épaisse de terrain 
houiller stérile dont nous avons signalé l'existence au nord de la grande 
faille- Cette bande, dont la puissance est considérable au midi des conces- 
sions de Douchy, de Denain et d'Anzin, a vraisemblablement protégé les 
groupes hou il lers qui lui sont contigus. 

Du reste, même dans les veines les plus régulières, on remarque tou- 
jours quelques changements qui affectent, soit leur ouverture totale, soit 
l'épaisseur relative des sillons de charbon et des bancs schisteux intercalés; 
seulement, ces modifications, au lieu de se produire d'une manière brusque, 
se font graduellement et sans secousse, en sorte que les différences dans 
la composition des veines, insignifiantes en des points rapprochés, ne 
deviennent appréciables qu'à de grandes distances. 11 arrive même parfois 
que des veines qui ont été à certaines fosses l'objet d'importants travaux 
se rétrécissent ou se modifient peu à peu, de manière à devenir trop minces 
ou trop pauvres à d'autres puits, pour y être encore exploitables. On dit 
alors qu'elles se sont transformées en passées, ce mot désignant d'une façon 
générale les veines inexploitables, celles qu'on est obligé de passer sans y 
entreprendre de travaux d'exploitation, soit parce qu'elles sont trop 
minces ou trop irrégulières, soit parce qu'elles donnent du charbon de 
mauvaise qualité. On remarque aussi, dans certains faisceaux exploités en 
des points éloignés, et qui se raccordent par leurs veines les plus carac- 
téristiques, des veines qui n'existent que localement et disparaissent à cer- 
taines fosses, tandis que d'autres y prennent naissance. 

Les chaùgements dont nous venons de parler s'appliquent, non seule- 
ment aux veines de houille, mais encore aux bancs de grès et de schiste 
qui les séparent. La puissance de ces bancs n'a rien de fixe; elle se modifie 



CHÀPiTHE II. 67 

rapidement d'un point à un autre dans les terrains irréguliers, plus lente- 
ment dans ceux qui sont bien réglés. Les proportions relatives de grès et de 
schistes que nous avons indiquées ne doivent donc être considérées que 
comme des moyennes, qui ont été calculées d'après les coupes obtenues 
dans les parties où les faisceaux présentent la plus grande régularité 
d'allure. 

Par suite de cette circonstance, les intervalles des veines sont loin 
d'être constants : elles se rapprochent ou s'éloignent les unes des autres, 
d'après les changements qui se produisent dans l'épaisseur des bancs 
qui les séparent. Il y a des cas où deux veines, d'abord assez éloignées, 
se rapprochent peu à peu, de manière à se réunir en une seule, ou tout au 
moins à pouvoir être exploitées en même temps, comme une veine unique. 
C'est le cas des veines Voisine et Carachaux, dans le faisceau de Saint-Waast, 
de la compagnie d'Anzin. A plusieurs fosses, ces veines ne sont séparées que 
par un lit schisteux de quelques centimètres d'épaisseur, tandis qu'àd'autres, 
leur intervalle est de plus d'un mètre, ce qui oblige à exploiter Voisine 
seule, et à négliger Carachaux qui est individuellement inexploitable. A la 
fosse l'Enclos, l'intervalle de ces deux veines est de plusieurs mètres. La 
même circonstance se présente, à Denain, sur la veine Edouard ; à peu de 
distance au-dessus d'elle se trouve une autre veine appelée Petit Edouard, 
qui n'en est parfois séparée que par une faible épaisseur de schiste, en sorte 
qu'on peut les abattre toutes deux simultanément ; mais, plus généralement, 
l'intervalle d'Edouard et de Petit Edouard est relativement considérable, et 
on doit se borner à exploiter la première. Nous citerons encore les veines 
Sorel et Hocquart, du faisceau d'Abscon, qui peuvent être exploitées en- 
semble du côté de l'est, parce que dans cette région, elles ne sont séparées 
que par un mince filet de schiste, tandis que vers l'ouest, le lit schisteux se 
développe jusqu'à atteindre l m ,50 à 2 mètres d'épaisseur. La veine Jumelles, 
dans la concession de Douchy, est dans le même cas; entre les deux sillons 
de charbon qui la composent se trouve un banc schisteux dont l'épaisseur 
est extrêmement variable. Ces exemples pourraient être multipliés. 
M. Potier y voit un exemple de transgressivité des assises houillères les 



68 BASSIN HOUILLES* DE VALENCIENNES. 

unes par rapport aux autres, tandis que M. l'abbé Boulay y trouve une 
preuve de la mobilité du sol, pendant l'époque houillère. 

Les houilles du Nord sont luisantes et ont l'aspect schisteux; elles sont 

rarement ternes et compactes. Elles ont une assez grande friabilité, ce qui 

est un inconvénient pour leur transport à de grandes distances; quand on 

les manipule fréquemment, ou quand on les laisse exposées à l'air, elles se 

transforment en poussier. 

clarification Au point de vue de leurs propriétés chimiques et industrielles, on a 

chatte l'habitude de les répartir en trois classes, savoir : 

* a d&\ de ™ e *° ^ es charbons maigres, qui, par la calcination, donnent de 6 à 

12 0/0 de matières volatiles, et de 94 à 88 0/0 de carbone fixe, abstraction 
faite des cendres et de l'eau. Ces charbons sont difficiles à allumer et brû- 
lent presque sans flamme, sans aucune agglutination; ils sont excellents 
pour la cuisson de la brique et de la chaux ; on s'en sert aussi avec avan- 
tage pour le chauffage domestique. On les appelle parfois charbons quart- 
gras, quand ils renferment plus de 10 0/0 de matières volatiles. 

Comme les emplois de ces charbons sont assez limités, on les mélange 
souvent en proportions variables avec d'autres de nature différente. La com- 
pagnie d'Anzin, la plus riche en charbons maigres, a cherché la première 
à répandre ces mélanges dans l'industrie. 

Les charbons maigres servent aussi à la fabrication des agglomérés : 
on les associe, pour cela, à des qualités plus riches en matières volatiles. 

2° Les charbons demi-gras, qui, abstraction faite des cendres et de l'eau, 
fournissent à la calcination de 12 à 20 0/0 de matières volatiles, et de 88 à 
80 0/0 de résidu fixe. Ces charbons s'allument encore difficilement; ils 
s'agglutinent déjà à la calcination, brûlent assez lentement, et donnent une 
chaleur très forte et assez uniforme, sans produire beaucoup de fumée. Ils 
conviennent pour le chauffage des chaudières à vapeur et des locomotives ; 
ils sont aussi recherchés pour le chauffage domestique. Ce sont les meil- 
leurs dont on puisse se servir pour la fabrication des agglomérés. 

3° Les charbons gras, qui donnent à la calcination de 20 à 34 ou 35 0/0 
de matières volatiles, et de 80 à 66 ou 65 0/0 de carbone fixe, abstraction 



CHAPITRE II. 69 

faite des cendres et de l'eau. Ils s'allument facilement et brûlent assez vite» 
en donnant une chaleur vive et soutenue. Les propriétés et les usages de ces 
charbons varient avec la proportion et la nature des matières volatiles 
qu'ils renferment. 

Ceux qui se rapprochent le plus des charbons demi-gras donnent une 
flamme courte et fuligineuse ; ils gonflent sous l'action du feu, et s'agglo- 
mèrent en une espèce de masse pâteuse qui forme voûte. Cette propriété a 
pour effet de concentrer la chaleur produite, et fait rechercher cette variété 
pour la forge. Elle est également propre à la fabrication du coke et 
donne un coke dur et pesant, très estimé par la métallurgie. Les charbons 
gras les plus volatils brûlent en s'agglutinant avec une longue flamme. 
On les emploie dans les verreries, les brasseries et distilleries ; ils donnent 
un coke un peu léger, quoique encore d'un usage industriel, mais il est 
plus avantageux de les employer à la fabrication du gaz d'éclairage. 

On conçoit, d'ailleurs, que des différences de 14 çt 15 0/0 entre les 
termes extrêmes de cette classe se traduisent par des dissemblances notables 
dans les propriétés des charbons; malgré cela, il est d'usage d'appeler du 
nom commun de charbons gras tous ceux qui renferment plus de 20 0/0 de 
matières volatiles : cela tient à ce que les charbons à gaz, qui forment le 
point le plus élevé de la série, sont assez rares dans le Nord ; on ne les ren- 
contre que dans certaines fosses du groupe de Denain, où on les exploite 
dans les veines supérieures du faisceau, qui seront bientôt épuisées. Ailleurs, 
on ne trouve guère que des charbons renfermant moins de 28 0/0 de ma- 
tières volatiles. Dans le Pas-de-Calais, au contraire, où les charbons à gaz 
sont très répandus, ils forment une classe spéciale connue sous le nom de 
charbons flénus ou charbons à gaz. 

Mais, si on se limite au département du Nord, il convient de s'en tenir 
aux trois classes que nous venons de décrire, qui sont les seules connues du 
public ; elles correspondent approximativement aux catégories I, II et IV 
de la classification adoptée par le ministère des travaux publics, pour la 
statistique de l'exploitation des combustibles minéraux. 

Les houilles du Nord ont un pouvoir calorifique élevé, surtout les 



70 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

demi-grasses et les maigres. Leur densité varie de 1,25 à 1,40; les 
maigres sont les plus lourdes. Les qualités les plus volatiles ont une nature 
bitumineuse qui tient à leur teneur relativement faible en oxygène. 
aîn«et Les veines de houille sont divisées par des joints ou clivages, appelés 

de la houille. r D ' rr 

limés par les mineurs, qui font que le charbon se divise à Tabatage en 
fragments généralement prismatiques, d'un volume variable. Dans certaines 
régions du bassin, notamment dans les exploitations de la compagnie d'An- 
zin, on n'a observé aucune loi précise dans l'orientation de ces clivages. 
On leur trouve des directions différentes dans la même couche en des 
points très voisins, et du rapprochement des résultats trouvés sur un long 
chassage, on ne saurait déduire une moyenne ayant quelque signification. 
On a été quelquefois tenté, à Anzin, d'exploiter par tailles montantes, ou 
même par tailles obliques, afin d'avoir des fronts d'abatage parallèles aux 
clivages, et toujours on a dû, à cause du peu de continuité de leur direction, 
en revenir aux tailles chassantes, en recommandant toutefois aux ouvriers 
de diriger les fronts dans ces tailles, parallèlement aux joints du charbon. 
Dans la concession d'Aniche, on constate la même irrégularité dans l'orien- 
tation des clivages ; cependant, on y distingue des directions préférées : 
ainsi, dans les exploitations du groupe d'Aniche, les principaux clivages ont 
la direction même des veines; c'est pour ce motif que, d'une façon géné- 
rale, on a adopté, à ces fosses, le mode d'exploitation par tailles montantes, 
qui est plus favorable à l'utilisation des clivages dans le travail de l'aba- 
tage; dans les fosses du groupe de Douai, les plans de clivage se dirigent plus 
particulièrement de l'est à l'ouest. Cependant, dans certaines veines, comme 
De Chatenay, Dejardin, n° 7 de Notre-Dame, n° 3 de Dechy, l'orientation la 
plus ordinaire est celle du nord au sud. Aux fosses de Douchy, on trouve 
plus d'uniformité dans la disposition des clivages; la direction S.-0. 17° N.-E. 
a été fréquemment observée; en même temps, on a remarqué qu'ils font 
presque toujours un angle d'environ 30° avec le mur géologique de la veine. 
Partout ailleurs, les observations faites n'ont fourni aucun résultat d'en- 
semble présentant quelque intérêt. 

Il résulte, en tout cas, de ce qui précède, que c'est seulement dans des 



CHAPITRE IL 



71 



cas exceptionnels, comme à Aniche, que la disposition des clivages joue 
un rôle dans le choix des méthodes d'exploitation. 

En revanche, il y a lieu d'en fenir grand compte pour déterminer la 
façon dont une veine doit être travaillée. Sous ce rapport, l'expérience est 
le meilleur guide, et les ouvriers n'ont pas besoin de recevoir des instruc- 
tions de leurs chefs, pour savoir bientôt comment il faut s'y prendre pour 
tirer le meilleur parti possible des clivages. 

Si l'orientation des clivages varie d'une veine à une autre, ou même 
dans une veine donnée, on remarque toutefois que, dans chaque région, ils 
sont parallèles les uns aux autres; parfois, on observe dans une couche plu- 
sieurs systèmes de clivages ayant des directions et des inclinaisons diffé- 
rentes; il arrive aussi, dans certains cas, que dessillons d'une même veine 
sont affectés par des clivages différents. Quoi qu'il en soit, il est clair 
que la distance mutuelle des plans de clivage doit exercer une grande 
influence sur le volume moyen des fragments de charbon fournis par l'aba- 
tage. Quand ces plans sont éloignés, la veine se débite en blocs d'un gros 
volume, et fournit du charbon gailleteux; quand, au contraire, ils sont rap- 
prochés, on n'obtient que des charbons menus. Sous ce rapport, on observe 
une grande variété de cas; tantôt, les joints du charbon sont très voisins, 
et distants de quelques centimètres seulement; tantôt, leur distance s'élève 
à m ,30, B ,50, 1 mètre, et même plus. Dans les parties où les veines ont été 
ployées, comprimées fortement, ou influencées par des accidents, toute trace 
de clivage disparaît, et on n'obtient plus qu'un charbon menu et friable. 

Au point de vue des grosseurs, on répartit les charbons du Nord en 
plusieurs catégories, savoir : 

Gros. — On appelle ainsi des blocs qu'on enlève à la main, ou qui sont 
retenus par des grilles formées de barreaux parallèles, espacés d'une ving- 
taine de centimètres. 

Grosses gailleteries. — Ce sont les fragments qui, après enlèvement du 
gros, restent sur des grilles dont les barreaux sont distants de m ,06 à m ,08. 

Petites gailleteries. — Cette variété n'est guère connue qu'à la compa- 
gnie d'Anzin; on l'obtient en faisant passer le résidu de la préparation des 



Classification 

des 

charbons 

au point de nie 

physique. 



72 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNE S. 

grosses gailleteries sur des grilles ayant des barreaux espacés de 0",02 
à 0-,03. 

Tout-venants ou moyens. — On appelle ainsi les charbons tels qu'ils sor- 
tent de la fosse, le gros seul ayant été enlevé. Dans certaines mines, où les 
gailleteries existent en faible proportion, on enrichit les tout-venants en y 
ajoutant des gailleteries obtenues à part. 

Criblés. — Ce sont les charbons que l'on obtient en éliminant des tout- 
venants tout ce qui peut passer au travers de grilles présentant des vides 
de dimensions variables, mais inférieures à quelques centimètres. 

Fines. — Les fines servent surtout à la fabrication des cokes et des 
agglomérés. C'est la partie qui traverse les grilles servant à la préparation 
des criblés, ou même des gailleteries; dans ce* dernier cas, elles renfer- 
ment encore des fragments d'une certaine grosseur, et elles constituent une 
qualité qui trouve un emploi avantageux dans le chauffage des chaudières 
à vapeur. 

Depuis quelques années, les compagnies d'Ànzin, d'Aniche, de l'Es- 

carpelle et d'Azincourt, ont installé des appareils de classement et des 

lavoirs à feldspath, du système Luhrig et Goppée. Elles obtiennent ainsi un 

plus grand nombre de qualités de charbons, caractérisées par la grosseur 

des fragments qui les composent. On leur donne, suivant la grosseur, 

les noms de - petits gailletins, têtes de moineaux, noisettes, br disettes, grains 
lavis, etc. 

Quantités de ceodiw. Les charbons du Nord ne laissent rien à désirer sous le rapport de la 

propreté. Leurs cendres sont composées de silice, de chaux, d'alumine et 
d'oxyde de fer; elles renferment parfois de l'acide phosphorique, de l'acide 
sulfurique, de la potasse, de la soude, de la magnésie. Les analyses faites 
sur des échantillons de houille choisis en dehors des lits schisteux qui divi- 
sent les veines, donnent généralement une proportion de 1 à & 0/0 de cen- 
dres. Rarement on arrive à 6 et 7 0/0. Cependant, il y a des cas où cette 
proportion atteint 12 et 15 0/0, mais alors, il s'agit de veines dont on 
ne tire que du charbon destiné au chauffage, des ouvriers, ou à celui des 
chaudières à vapeur des mines elles-mêmes. Les veines de cette nature sont 



CHAPITRE II. 73 

assez rares pour que le combustible qu'elles fournissent puisse être affecté 
exclusivement à des usages de ce genre. 

11 faut remarquer cependant que les tout-venants du Nord ne présen- 
tent pas une propreté aussi remarquable que lés chiffres ci-dessus indiqués 
pourraient le Taire croire. Gela tient à ce que ces charbons renferment, non 
seulement les cendres qui sont intimement combinées au carbone dans la 
constitution même de la houille, mais encore celles qui proviennent des 
lits schisteux intercalés, et en général de toutes les impuretés dont la houille 
se charge avant d'arriver aux foyers sur lesquels on la brûle. On peut éva- 
luer de 7 à 10 0/0 la proportion de cendres que Ton trouve habituellement 
dans les charbons du Nord de qualité ordinaire. Il faut s'estimer satisfait 
quand cette proportion descend au-dessous de 6 à 7 0/0 : on a alors affaire 
à des houilles exceptionnellement propres. 

Quand on soumet ces mêmes tout-venants au lavage, on enlève une 
grande partie de leurs impuretés, et il n'y reste guère que les substances 
étrangères qui entrent dans la constitution intime du combustible. De 
cette façon, on obtient des charbons lavés à 3 ou & 0/0 de cendres. Avec les 
appareils du système Luhrig et Coppée, on arrive à garantir des teneurs 
en cendres qui descendent jusqu'à 3 0/0. 

Le grisou existe dans un assez grand nombre d'exploitations. Le fais- Grisou. 

ceau déveines dans lequel il est le plus abondant est celui qui est exploité, 
aux environs de Saint-Waast, par les fosses Dutemple et Réussite, et 
qui va ensuite passer à la fosse d'Hérin, pour se diriger, du côté de l'ouest, 
vers les exploitations du midi de Denain. La fosse d'Hérin est regardée 
comme la plus dangereuse sous ce rapport. En dehors du faisceau dont nous 
venons de parler et de celui de Denain-Douchy, le grisou ne se manifeste 
que dans des cas accidentels, sauf aux fosses n 0- 1 et 2 de l'Escarpe lie : on 
n'en voit pas dans la zone des charbons maigres, ni dans celle des char* 
bons gras et demi-gras d'Aniche. A Azincourt, on n'a observé sa présence 
que dans un petit nombre de circonstances, et presque toujours en faible 
quantité. Dans tous les cas, on n'a constaté nulle part de ces dégagements 
instantanés qui opt occasionné tant de catastrophes dans les mines grisou- 

10 



lk BASSIN H0U1LLER DE V ALENCIENNES. 

leuses de Belgique, d'Angleterre et d'Allemagne. L'accident le plus impor- 
tant de ce genre est celui qui s'est produit, le 9 février 1865, à la fosse 
Turenne, et qui a occasionné la mort de trente-neuf ouvriers. 

Relativement à la répartition du grisou, on ne peut énoncer aucune 
règle précise. Ainsi, il existe en assez grande abondance, à la fosse Turenne, 
dans un faisceau de veines qui, à la fosse Renard, n'en renferme pas. Nous 
avons dit que dans le département du Nord, il n'y en a pas dans les charbons 
maigres ; le contraire arrive dans le Pas-de-Calais. La seule loi générale que 
l'on puisse regarder comme indiscutable est celle d'après laquelle la pro- 
portion de grisou augmente, sur une même verticale, avec la profondeur ; 
dans presque toutes les fosses, on a pu commencer l'exploitation en se ser- 
vant de lampes ordinaires ; puis il a fallu adopter l'usage des lampes de 
sûreté ; il faut s'attendre à voir disparaître les lampes à feu nu, partout où 
on peut actuellement encore les employer sans danger. Il est à présumer 
que, durant la longue période pendant laquelle le terrain houiller a été à 
découvert, le grisou appartenant à la partie du bassin la plus voisine du sol 
a pu se dégager, quelle que fût la nature des charbons qu'elle renfermait» 
de sorte que ce sont maintenant les régions les plus profondes qui sont les 
plus riches en grisou. Il semble aussi que ce gaz se trouve en plus grande 
quantité dans les terrains bouleversés que dans ceux où l'allure des 
couches est régulière : cela tient, peut-être, à ce que les cassures du terrain 
rendent plus facile l'évacuation du gaz accumulé dans les niveaux inférieurs. 
Lits calcaires En dehors des bancs de grès et de schistes qui séparent les veines de 

intercalés charbon, on ne remarque que très rarement des couches d'une autre 
le terrain houiller. nature# Nous avons déjà parlé de quelques lits de calcaire que Ton trouve 

dans le terrain houiller, notamment dans la zone qui forme sa base. 
Ils proviennent sans doute d'un retour accidentel de la mer dans la région 
houillère, car on y trouve souvent en abondance des coquilles marines. A la 
fosse l'Enclos, la bowette sud de l'étage de 170 mètres a rencontré, à 542 
mètres du puits, deux petits bancs de calcaire de m ,70 d'épaisseur chacun. 
La même particularité s'est présentée dans la région d'Abscon : on y a 
découvert, entre les veines Sorel-Hocquart et Scipion, un banc de calcaire 



CHAPITRE II. 75 

qui suit la stratification des terrains, et que Ton a trouvé successivement 
aux fosses la Pensée, Saint-Mark et Jennings, sur un développement d'en- 
viron 2,000 mètres. Ce lit calcaire a une épaisseur moyenne de m ,15> et les 
mineurs le connaissent sous le nom de dur banc. 11 est formé d'un calcaire 
gris bleuâtre, veiné de blanc, faisant feu sous l'outil, et il ne paraît pas assi- 
milable aux deux bancs de l'Enclos. 

Des bancs calcaires ont été également rencontrés aux fosses de la 
compagnie d'Azincourt, et aux fosses n os 3 et 4 de l'Escarpelle. . 

Enfin, nous rappellerons qu'au niveau de 180 mètres de la fosse de 
Rœulx, la bowette nord a rencontré, à 300 mètres du puits, une couche 

m 

irrégulière, en chapelet, composée d'un charbon sec au toucher, léger et 
brillant, qu'on a reconnu être du cannel-coaL Cette couche n'était pas exploi- 
table, à cause de son irrégularité. 



Couche 
de cannel-coal. 



III. — TERRAINS ANCIENS. 



Le terrain silurien n'existe qu'à de grandes distances du bassin houiller Terrain silurien. 
de Yalenciennes ; exceptionnellement, on en trouve un fragment détaché de 
la crête du Condros, qui est venu se renverser au centre de la formation 
houillère, à l'ouest de Mons et à 1 est de la frontière belge, et appartient au 
massif de terrains anciens, intercalé entre le bassin de Dour et le bassin 
principal. Il consiste en des schistes satinés, noirs, bleuâtres, légèrement 
pailletés, avec bancs subordonnés de psammites. Les assises dévoniennes 
avec lesquelles il est en contact sont en stratification discordante avec lui, 
sans interposition de faille. 

Au midi du bassin, la poussée qui s'est produite vers le nord a fait 
remonter sur la grande faille des schistes et grès dévoniens appartenant à 
la partie la plus profonde du bassin de Dinant. Ces grès et schistes ont 
été rencontrés à de nombreux sondages, dans le département du Nord et 
dans celui du Pas-de-Calais. On y trouve déjà quelques restes végétaux. 
Les grès sont ordinairement micacés et divisibles en feuillets plus ou moins 



Terrain dÔTonien 
inférieur. 



76 BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 

épais. Les schistes ont également une structure feuilletée suivant la strati- 
fication ; parfois, ils ont plusieurs directions de clivages, et se divisent en 
fragments ayant des formes géométriques régulières; ils sont souvent pail- 
letés de mica et se délitent à l'air, à cause de leur nature argileuse. Cer- 
tains grès de cet étage ont une nature schisteuse qui en fait une sorte de 
grauwacke ; enfin, on trouve des blocs que des injections siliceuses ont 
transformés en quartzites. 

M. Gosselet rattache les terrains situés au-dessus de la grande faille à 
la partie supérieure de l'étage gédinnien, et les appelle schistes et psammites 
de Fooz ; ils sont remarquables par leur bariolage, et présentent les teintes 
les plus variées, parmi lesquelles il semble que le rouge domine ; on n'a 
encore observé aucune loi dans la succession des nuances des divers bancs. 
Les fossiles y sont à peu près inconnus, ce qui tient sans doute à la nature 
ferrugineuse des eaux dans lesquelles ils se sont déposés. 

Des nodules calcaires se remarquent quelquefois dans les schistes, 
accompagnés de matière argileuse. 
Terrain dévonien Les couches qui forment le remplissage du bassin de Namur consti- 

tuent une série dont le terme inférieur est un poudingue ordinairement 
rouge, et rappelant, par son aspect, le poudingue de Burnot. 11 est composé 
de petits galets de quartz et de quartzites, agglomérés par un ciment sili- 
ceux ou schisteux, et n'est pas fossilifère ; on ne le trouve pas en couche 
continue et uniforme. Il manque à certaines places et présente, aux endroits 
où il existe, une épaisseur variable ; il ne s'est donc déposé que dans les 
parties les plus basses du sol silurien. On le connaît sous le nom de pou- 
dingue d'Horrues ou de Pairy-Bony, et M. Gosselet le classe dans l'étage give- 
tien (dévonien moyen), parce qu'on trouve au-dessus de lui, en certains 
points, un calcaire bleu foncé, dit calcaire d'Alvaux, dans lequel on a re- 
marqué la présence du strigocephalus Burtini. 

Le poudingue d'Horrues a été rencontré en Belgique, en allure ren- 
versée, immédiatement au-dessous des schistes siluriens, aux puits d'Avant- 
Garde et du Saint-Homme, situés au nord du bassin de Dour. Dans cette 
région, il est accompagné de schistes siliceux ou calcareux à spirifer Ver- 



moyen. 



CHAPITRE II. 



77 



neuili que l'on peut rapporter, soit au givetien, soit au frasnien. Au midi 
du bassin de Valenciennes, le poudingue d'Horrues est recouvert par les ter- 
rains amenés par la grande faille du midi. 

Au-dessus de lui se sont déposées les couches frasniennes (dévonien 
supérieur), qui sont le plus généralement formées par un calcaire bleu ou 
gris clair, avec des parties blanches et verdâtres. Ce calcaire est souvent 
parsemé de coquilles cristallisées qui se détachent en blanc dans sa masse; il 
est dur et compact, et fournit des marbres. On le connaît sous le nom de 
calcaire d'Huy. On le trouve renversé sur le terrain houiller au nord du 
bassin de Dour, et là, on l'exploite comme pierre à bâtir et comme pierre à 
chaux. 

Le calcaire frasnien est surtout connu sur le rivage du Condros. Sur 
celui du Brabant, il est remplacé par des schistes, accompagnés de bancs 
de poudingue, de grès gris et de calcaire plus ou moins dolomitique. U 
faut rapporter à ce niveau géologique le grès de Mazy, les schistes et la dolomie 
de Bovesse, et le calcaire de Ferqaes. 

Enfin, la zone la plus élevée du dévonien supérieur est représentée, dans 
le bassin de Namur, par les schistes et psammites famenniens ou du Condros. Les 
schistes sont, d'habitude, gris bleuâtres ou violets, et contiennent des 
couches de fer oligiste qu'on exploite comme minerai de fer. Les psammites, 
qui sont souvent employés à faire des pavés, forment des bancs épais rou- 
geâtres ou bigarrés. Dans le conglomérat de Rou court, on remarque de 
nombreux fragments de psammites du Condros, avec spirifer Verneuili. 

Le calcaire carbonifère du bassin de Namur est parfois grenu et chargé de 
magnésie; en d'autres cas, il est constitué par des petites lamelles cristal- 
lines provenant de débris d'encrines; sa couleur est généralement bleue, 
et il est quelquefois veiné de blanc; toutefois, certaines variétés que l'on 
emploie comme marbres sont homogènes, compactes, et de teintes allant 
du blanc au noir, en passant par les gris de diverses nuances. 

Ce calcaire renferme des bancs de dolomie, reconnaissables à leur tou- 
cher rude et à leur aspect grenu. 11 contient aussi des concrétions siliceuses, 
blondes ou noires, que l'on appelle phtanite. 



Terrain dévoDien 
supérieur. 



Calcaire 
carbonifère. 



78 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

On trouve fréquemment, subordonnés aux assises calcaires, des lits de 
grès bleus ou gris, de schistes verdâtres, gris, bleus ou noirs, et de calschis tes. 
Les schistes sont presque toujours attaquables par les acides. Ce sont des 
schistes de cette nature que Ton a rencontrés à la fosse Saint-Auguste, 
d'Azincourt, et à un grand nombre de sondages du Pas-de-Calais. Peut-Are 
convient-il déjà de les rattacher à la zone à productifs carbonarius de M. Gos- 
selet, c'est-à-dire à la région la plus inférieure du terrain houiller. 

Il y a lieu de croire qu'au nord du bassin, le calcaire carbonifère 
renferme des bancs de schistes pyriteux; on peut ainsi expliquer, d'une 
manière très simple, l'existence de certaines sources sulfureuses chaudes, 
notamment de celles de l'établissement de Saint-Amand. Là, la nappe sul- 
fureuse communique avec le sol superficiel par un réseau assez compliqué 
de fissures traversant la craie, en sorte qu'indépendamment des sources 
principales, on voit les eaux thermales arriver au jour sons la forme de 
suintements ou de bouillonnements, sur une assez grande surface. Les cases 
dans lesquelles on se place sont creusées jusqu'aux sables au travers des- 
quels bouillonnent les filets sulfureux. On les remplit de terres argileuses 
qu'on prend dans le voisinage et qui, détrempées par l'eau sulfureuse, con- 
stituent les boues servant au traitement des malades. 

D'une façon générale, le calcaire carbonifère est assez fissuré, et ses cre- 
vasses sont remplies d'eau. Elle jaillit quelquefois an-dessus du sol quand 
on l'atteint par des trous de sonde, et s'écoule à haute pression lorsqu'on 
la rencontre dans les travaux souterrains. Plusieurs puits ont été inondés 
et perdus par suite de l'invasion des eaux du calcaire ; il est donc prudent 
de s'approcher de ce terrain avec les plus grandes précautions. En d'autres 
points, il présente des vides considérables ; certains sondages y ont ren- 
contré des cavités que les eaux de la craie ont mis plusieurs jours à remplir. 

On trouve, dans le calcaire carbonifère, quelques lits minces de houille 
anthraciteuse d'une nature plus ou moins terreuse; il en existe également 
dans certaines assises du terrain dé vonien. 



CHAPITRE III. 



CONSTITUTION DU BASSIN HOUILLER. 
FAISCEAUX DE VEINES QU'IL RENFERME- 
ACCIDENTS DONT IL EST AFFECTÉ. 



Le bassin houiller du département du Nord est divisé en deux régions Cr&n de retour, 
distinctes, entre Yalenciennes et Somain, par un accident considérable qui 
est universellement connu sous le nom de cran de retour. Il consiste en une 
grande faille qu'on a traversée en plusieurs points, depuis la fosse du 
Marais, concession de Raismes, à Test, jusqu'à la concession d'Aniche, 
à l'ouest, et qui, d'une façon générale, plonge vers le sud avec une pente 
assez raide. Son effet a été de produire un abaissement relatif de la partie 
méridionale du bassin par rapport à sa partie septentrionale; ce mouve- 
ment a eu pour conséquence de mettre en contact, suivant la faille, des « 
terrains qui correspondent, dans l'ordre de superposition naturelle, à des 
niveaux différents. Les veines supérieures étant les plus volatiles, il arrive 
que, dans un même plan horizontal, on passe sans transition, quand on 
traverse le cran de retour du nord au sud, de charbons d'une certaine 
nature à d'autres beaucoup plus gazeux, et on conçoit que l'on puisse se 
rendre compte, par l'écart des proportions de matières volatiles observées 
de part et d'autre de l'accident, de l'importance de l'affaissement des ter- 
rains du sud, par rapport à ceux du nord, ou, ce qui revient au môme, de 
l'exhaussement de ceux-ci, relativement aux premiers. Ce caractère, basé 
sur la relation qui existe entre la teneur d'une veine en matières volatiles 



80 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

et la place qu'elle occupe dans l'échelle de la stratification houillère, ne 
présente, bien entendu, que le degré de probabilité qu'il convient d'atta- 
cher à l'exactitude de cette relation même. Les conséquences qu'on peut en 
déduire sont les suivantes : dans le méridien de Denain* on constate une 
différence d'environ 15 0/0 entre les proportions de matières volatiles des 
charbons du nord du cran de retour et de ceux du sud, à la condition de 
s'éloigner suffisamment vers le midi, au delà d'une autre faille appelée 
faille d'Abscon, dont nous parlerons tout à l'heure. Cet écart n'est plus que 
d'environ 10 0/0 à la fosse Du temple; il se réduit encore vers la fosse Thiers, 
où il n'est plus guère que de 4 à 5 0/0. Il y a également décroissance du 
côté de la concession d'Aniche. D'après cela, l'affaissement occasionné par 
le cran de retour et la faille d'Abscon serait variable ; son maximum se 
trouverait vers Denain, où il atteindrait plus de 2,000 mètres; il se rédui- 
rait à 1,200 mètres vers Dutemple, et s'atténuerait encore davantage à une 
plus grande distance à Test, ainsi qu'à l'ouest. Il est possible que cet acci- 
dent arrive à disparaître des deux côtés, par suite de cette diminution 
graduelle du rejet auquel il correspond; il peut se faire aussi qu'au 
delà des fosses du groupe oriental de la concession d'Aniche, il aille se 
prolonger jusqu'à la limite méridionale du bassin, et que, dans la direc- 
tion opposée, il se dirige vers l'accident de Quiévrechain, dans lequel il 
aurait joué un certain rôle. A cet égard, il règne encore une incerti- 
tude que des travaux de recherche ultérieurs pourront seuls dissiper 
pour le moment, on ne peut guère tracer le cran de retour, avec quelque 
exactitude, que depuis la fosse du Marais, à l'est, jusqu'à la concession 
d'Aniche, à l'ouest. Nous allons le suivre dans tout ce parcours, en faisant 
connaître sommairement l'allure qu'il présente aux divers points où on a 
pu l'examiner. 

On l'a rencontré aux fosses du Marais, du Ghaufour, Saint-Jean, con- 
cession de Raismes, Grosse-Fosse, Dutemple, Hveluy, Saint-Mark, la Pen- 
sée et Casimir Périer, concession d'Anzin, et probablement aussi à la fosse 
Belle-Vue, de la même concession. 

A la fosse du Marais, il consiste en une cassure très nette, située en 



CHAPITRE III. 81 

affleurement à 280 mètres au nord du puits, et présente une inclinaison 
d'environ 60° vers le sud. 

A la fosse du Chaufour, il a été parfaitement reconnu à plusieurs 
niveaux; là encore, il a l'aspect d'une cassure unique passant au tourtia à 
environ 550 mètres au nord du puits, et inclinée de 60° au sud; son ouver- 
ture est de 5 à 6 centimètres, et dans cet intervalle, on trouve des terrains 
broyés et des dièves remaniées. 

On ne sait rien de précis sur l'allure qu'il présente à la fosse Saint* 
Jean, mais on a pu l'observer très bien à Grosse-Fosse, où il passe à envi- 
ron 380 mètres au nord du puits; il y consiste en une faille unique aussi 
bien marquée qu'au Chaufour, et ayant à peu près la même inclinaison, 
mais un peu plus ouverte; les deux lèvres de la cassure sont, à cet endroit, 
séparées par un intervalle de 15 à 20 centimètres, rempli de schistes 
broyés et de dièves. 

A partir de la fosse Dutemple, le cran de retour a un aspect plus confus. 
Au lieu de consister en une seule faille, il présente un ensemble de fissures 
à peu près parallèles, parmi lesquelles il est difficile de distinguer celle 
qui a produit l'effet principal. Cette irrégularité, ou, pour parler plus 
exactement, cette confusion, ne fait que s'augmenter dans la direction de 
l'ouest ; en même temps, on constate, au midi, l'existence d'un autre accident 
qui lui est contemporain ou postérieur, et que nous désignerons sous le 
nom de faille d'Abscon. Dans le méridien même de la fosse Dutemple, le 
cran de retour, c'est-à-dire la principale fissure qui lui correspond, passe à 
environ 500 mètres au nord du puits, et a une inclinaison de 50° au sud; il 
est plus plat qu'aux fosses de l'est;- on y trouve encore des dièves et des 
schistes broyés dont l'épaisseur est parfois de m ,30. 

Si on continue à se diriger vers l'ouest, il faut aller jusqu'à la fosse 
d'Haveluy pour trouver un autre point de rencontre du cran de retour; là 
encore, il est accompagné de cassures parallèles qui nuisent à sa netteté; 
il passe à 300 mètres au sud de la fosse, et ne plonge plus que de &0° vers 
le sud. L'aplatissement déjà constaté à la fosse Dutemple continue à s'ac- 
centuer. 

11 



82 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

Vers le méridien des fosses Belle* Vue et Lambrecht, il règne une cer- 
taine incertitude sur le passage de cet accident. On ne Ta pas signalé au 
niveau de 120 mètres de la fosse Belle-Vue, mais il est à remarquer que 
les passées qui ont été rencontrées au nord du puits, et jusqu'à la dis- 
tance de 250 mètres, avaient une inclinaison à peu près uniforme d'une 
cinquantaine 'de degrés vers le sud, tandis que les terrains traversés par 
la bowette à une plus grande distance, jusqu'à son extrémité située à 
320 mètres du puits, ne plongeaient plus que de 20° dans la même direc- 
tion. Cette différence de pente parait devoir être rattachée au passage du 
cran de retour qui, dans cette hypothèse, se trouverait, dans la bowette, à 
environ 270 mètres du puits; l'irrégularité des terrains traversés aurait 
empêché de s'apercevoir de sa rencontre. 

A la fosse Saint-Mark, le cran de retour passe, en affleurement, à en- 
viron 250 mètres au nord du puits, et plonge de &0° au sud, comme à 
Haveluy. Cette inclinaison se modifie un peu à la fosse la Pensée, où elle 
atteint 45°, et où l'accident passe à 260 mètres au nord du puits. Enfin, à la 
fosse Casimir Périer, sa trace au tourtia est située à 280 mètres environ au 
sud du puits, et son inclinaison est à peu près la même qu'à la Pensée ; là, 
le cran de retour est très brouille, et correspond plutôt à une zone de ter- 
rains bouleversés qu'à une cassure bien déterminée; c'est ainsi que le 
faisceau demi-gras de la fosse Casimir Périer, dont l'allure générale est 
extrêmement régulière, devient inexploitable à une certaine distance du 
cran. Les veines présentent des ondulations qui, tantôt les rapprochent, 
tantôt les éloignent de l'accident : celles qui en sont les plus voisines sont 
exploitables dans les régions où leurs tracés les ramènent à une dis- 
tance suffisante au nord, mais elles cessent de l'être dès qu'elles se 
trouvent infléchies au sud, par suite de leurs changements de direction. 

Si on réunit par un trait continu les divers points que nous venons de 
définir, on trouve que le cran de retour dessine à son affleurement au 
tourtia, depuis la fosse du Marais jusqu'à la concession d'Aniche, une 
ligne presque rectiligne, présentant toutefois une légère concavité vers le 
nord, et dirigée à peu près O. 15° S. Son plongement, qui est de 60° vers le 



CHAPITRE III. 83 

midi aux fosses voisines d'Anzin et de Saint- Waast, diminue peu à peu quand 
on s'avance vers l'ouest ; il est de 50° à la fosse Dutemple, de 40° à Haveluy 
et à Saint-Mark ? puis il revient à 45* au voisinage de la limite d'Aniche. Du 
reste v ces chiffres ne doivent être regardés que comme des moyennes, car, 
en réalité, on remarque parfois des variations très sensibles dans l'incli- 
naison, en des points rapprochés. Cela tient à ce que la rupture des terrains 
s'est faite d'une manière différente dans les couches tendres et dans les 
couches plus dures. Généralement, le cran de retour ne traverse pas les 
bancs de querelles sous le même angle que les bancs de schiste ; plus les 
terrains sont durs, plus les lignes de rupture ont de tendance à se placer 
perpendiculairement à la stratification ; il en résulte, pour les cassures que 
l'on voit dans le terrain hou i lier, une sorte d'allure ondulée qui se remarque 
particulièrement dans le cran de retour. 

Au midi de cet accident, il existe, à l'ouest de la fosse Dutemple, une Faille d'Abscon. 
bande de terrain qui est intéressante, en ce que la nature de ses charbons se 
distingue, non seulement de celle des charbons du nord, mais encore de 
celle des veines plus méridionales. Cette zone est délimitée au nord par 
le cran de retour, et au sud par un autre accident, moins important, mais 
qui tient cependant une grande place dans l'étude du bassin houiller de 
Valenciennes : c'est la faille d'Abscon. 11 consiste en une grande ligne de 
rupture presque verticale, et plongeant de 80° environ au sud, que l'on 
connaît depuis la fosse Dutemple, à l'est, jusqu'à la fosse Saint-Mark, à 
l'ouest. Cet accident ne consiste pas, d'ordinaire, en une seule cassure, 
mais en plusieurs, et son passage est surtout accusé, de même que celui 
du cran de retour, par la différence de nature des charbons que l'on 
trouve sur chacun de ses côtés. 

La faille d'Abscon paraît se détacher du cran de retour un peu à l'est 
de Dutemple ; on l'a traversée à cette fosse, où elle passe en affleurement 
à 300 mètres au sud de l'autre accident. A Haveluy, les bowettes des 
niveaux de 220 et de 304 mètres ont été poursuivies, au delà du cran de 
retour, sur une longueur de 600 mètres environ, dans des terrains bou- 
leversés où on a trouvé des fragments de charbon gras et beaucoup de 



84 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

grisou ; il y a lieu de croire que le passage de la faille d'Abscon se fait dans 
cette zone irrégulière. Enfin, au midi de la fosse Saint-Mark, une longue 
bowelle qui a été poussée au niveau de 248 mètres, jusqu'à plus de 
1,000 mètres du puits, a également traversé, à son extrémité, des terrains 
broyés qui correspondent peut-être aussi au passage de la faille d'Abscon. 
On voit, d'après ce qui précède, que cet accident n'est encore que 
vaguement connu ; son tracé ne peut pas être indiqué exactement, même 
aux fosses d'Haveluy et Saint-Mark, où on croit l'avoir rencontré, et si on 
est certain de son existence, c'est qu'on en a la preuve, comme on l'a 
indiqué plus haut, par la différence de nature des charbons situés dans 
les deux zones qu'il sépare. Au nord, dans les veines qui s'étendent depuis 
Grand et Petit Ferdinand jusqu'à Casimir, la proportion de matières vola- 
tiles n'est que d'environ 24 0/0, tandis qu'elle atteint 36 0/0 dans les 
exploitations supérieures du groupe de Denain. 11 semble résulter de là 
que, dans l'ordre géologique, les veines de la zone comprise entre le cran 
de retour et la faille d'Abscon, zone que nous appellerons à l'avenir région 
(fAbscon, occupent une position inférieure à celle des veines que l'on 
exploite un peu plus au sud. Cette circonstance peut tenir, soit à ce que, 
dans l'affaissement relatif du midi du bassin par rapport au nord, le long 
du cran de retour, un bloc de terrain houiller se sera détaché de la partie 
méridionale, et sera resté en retard daus le mouvement général de descente 

(fig. 12), soit à ce que, postérieurement à 
Kg. 12 la formation du cran de retour, il se sera 

produit, au midi de cet accident, et presque 
parallèlement à lui, une nouvelle faille 
ayant occasionné un second mouvement de 
descente du bord méridional du bassin 

■ 

(fig. 13;. Dans cette seconde hypothèse, il 

y aurait eu deux affaissements successifs: 

le premier, produit par le cran de retour, 

aurait amené les veines de la région d'Abscon, à 24 0/0 de matières 

volatiles, en contact avec les veines moins gazeuses exploitées, au nord de 




CHAPITRE III. 



85 




cet accident, à Saint-Mark et à Casimir Périer ; le second aurait été la con- 
séquence de la production de la seconde faille qui, laissant en place la ré- 
gion d'Abscon, aurait affecté les terrains 
situés au sud, en brisant le cran de retour, 
ainsi que l'indique la figure 43. 

En résumé, le cran de retour et ses pro- 
longements éventuels vers Test et l'ouest 
divisent le terrain houiller du Nord en deux 

m 

grandes régions comprenant entre elles la 
bande relativement étroite, appelée région 
d* Àbscon. Les considérations qui précédent 
démontrent d'ailleurs que l'épaisseur ver- 
ticale du bassin houiller est plus forte au 
sud qu'au nord de ce grand accident. 

Lorsqu'on part du bord septentrional 
du bassin pour se rapprocher de son centre, 

on rencontre en affleurement des veines dont la volatilité augmente gra- 
duellement; les premières ne renferment que 6 à 7 0/0 de matières vola- 
tiles, mais, peu à peu, on passe aux charbons demi-gras, puis aux charbons 
gras. Cette progression ne se fait pas d'une manière absolument régulière, 
et on trouve assez fréquemment des veines intercalées entre d'autres, 
d'une volatilité un peu différente en plus ou en moins. On remarque aussi 
quelquefois des écarts sensibles entre deux sillons d'une même veine, ou 
.entre deux fragments prélevés dans un même bloc. Mais la loi ci-dessus 
énoncée se vérifie nettement quand on observe les veines par groupes, au 
lieu de les cousidérer isolément. 

On a été amené par la force des choses à répartir les veines situées au 
nord du cran de retour en un certain nombre de faisceaux. Les charbons 
maigres en constituent deux, qui sont connus sous les noms de faisceaux de 
Vieuœ-Condé et de Fresnes-midi. Le premier est celui des fosses de Vieux- 
Condé, Fresnes et Vicoigne; il n'est séparé de la limite du bassin que par 
quelques veines, qui ont été reconnues dans les concessions de Château- 



Division 
du terrain houiller 

du Nord 
en deux grandes 



Répartition dea veines 
en faisceaux. 



86 BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 

l'Abbaye, Bruille et Hasnon. Le second est exploité dans la concession d'Es- 
caupont. Ensuite vient le faisceau demi-gras d'Anzin qui» partant de la fosse 
Thiers, longe le cran de retour jusqu'à l'intérieur de la concession (TAniche. 
Il décrit une sorte de courbe ayant sa convexité vers le sud. A la fosse 
Thiers, il est complet, et assez éloigné du cran de retour, mais bientôt il 
s'en rapproche et vient le côtoyer* À mesure qu'on s'avance vers l'ouest, on 
voit ses veines les plus méridionales s'interrompre à cet accident; il cesse 
alors d'être complet, et il n'en existe plus que les veines inférieures. Vers 
la fosse Thiers, l'intervalle compris entre le faisceau demi-gras et le cran 
de retour est, au contraire, occupé par un faisceau gras qui disparaît com- 
plètement du côté de l'ouest, parce qu'il vient buter contre la faille. Ce qui 
se passe dans la concession de Saint-Saulve parait se reproduire à l'ouest, 
dans celle d'Aniche; on y exploite, aux environs de Douai, un faisceau de 
veines grasses qui semble s'interrompre, à l'est, contre le cran de retour, 
en sorte qu'en se rapprochant de Somain, on ne trouve plus au nord de 
cet accident que les veines demi-grasses. 

On voit, d'après cet exposé, que la région septentrionale du bassin 
houiller renferme plusieurs groupes de veines superposées, maigres à la 
base, demi-grasses au milieu, grasses à la partie supérieure. Tout cet 
ensemble dessine en affleurement une série de courbes concaves vers le 



fi*.» 




TMtrt 



Valimmmme« 



nord, que le cran de retour vient entamer (fig. 14). Cet accident fait ainsi 
complètement disparaître, entre les méridiens de Yalenciennes et de Masny, 
la totalité du faisceau gras, et il supprime également, sur une partie de leur 
développement, les veines les plus méridionales du faisceau demi-gras. 



CHAPITRE III. 



87 



Au sud du bassin, on ne trouve que des charbons gras dont la teneur en 
matières volatiles varie de 22 à 35 0/0; les veines les plus gazeuses sont 
situées au nord, et il faut descendre jusqu'à la limite méridionale pour trou- 
ver les charbons à 22 0/0. Ce sont toujours les veines les moins grasses qui 
existent vers les bords du bassin houiller; à mesure qu'on s'avance vers le 
centre, en partant, soit de la limite nord, soit de la limite sud, on voit 
la proportion de matières volatiles augmenter; le raccord devrait se faire 
quelque part vers le centre du bassin : c'est le cran de retour qui l'empêche 
de se produire. , 

Quant à la région d'Abscon, elle ne renferme que quelques veines 
grasses renversées, ayant une teneur en matières volatiles d'envi ron2ft 0/0. 
Comme allure, elles diffèrent beaucoup des veines du nord qui forment des 
plateures ; comme nature, elles se distinguent plutôt des veines très 
gazeuses du sud. L'opinion la plus accréditée et la plus vraisemblable 
est que les couches exploitées au nord de la faille d'Abscon sont identiques 
à celles qui ont été recoupées en affleurement, au sud du bassin, par les 
fosses de Saint-Waast et de Lourches ; elles ont à peu près la même teneur 
en matières volatiles, et présentent avec elles certains caractères de ressem- 
blance. 

En dehors du cran de retour et de la faille d'Abscon, on connaît, dans 
le terrain houiller du Nord, un assez grand nombre d'accidents ou crans. Les 
uns consistent en failles ou cassures qui interrompent la continuité des fais- 
ceaux; nous en donnerons la description lorsque nous nous occuperons de 
£étude des divers gisements. Tantôt les terrains situés au-dessus d'une cas- 
sure ont subi^ en glissant sur elle, un mouvement de descente, tantôt ils 
ont été soumis à un effort de refoulement qui les a remontés par rapport à 
ceux du dessous ; les failles de ce dernier type sont désignées dans le pays 
sous le nom de failles à t envers. Les autres accidents sont des brouillages 
d'une certaine épaisseur, qui correspondent à des froissements et à des déchi- 
rures produites dans la masse houillère. Ces déchirures sont quelquefois 
locales, et n'affectent qu'un petit nombre de veines ou une seule; ou bien 
elles s'étendent davantage, et leur influence se manifeste sur Ta totalité d'un 



Accidents 

qui existent 

dans 

le terrain houiller. 



\ 



88 



BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 



faisceau; il arrive, en certains cas, qu'elles présentent des contours capri- 
cieux, et que leurs traces sur des plans horizontaux ou verticaux donnent 
des courbes sinueuses. La compagnie d'Àniche a représenté sur un plan en 
relief quelques-uns de ces brouillages, observés dans la région de Douai ; 
il y en a qui, par leurs changements d'allure d'un point à un autre, rappel- 
lent assez les plissements des veines de houille; non seulement leur direc- 
tion se modifie» mais, après avoir présenté une inclinaison dans un sens, 
ils se redressent et prennent le plongement inverse, absolument comme les 
couches de charbon qui passent de l'allure normale à l'allure renversée. 
Cette étude, entreprise par la compagnie d'Aniche, a le grand avantage de 
montrer aux yeux le régime qu'affectent fréquemment les accidents ren- 
contrés dans le terrain houiller, où les cassures nettes et les failles recti- 
lignes et continues sont en définitive assez rares, probablement à cause de 
la nature pâteuse que ce terrain avait autrefois. 

Les veines ayant été sujettes à se déchirer comme le ferait une étoffe, 
on s'explique facilement l'aspect de certains plans de mines, où des voies de 
niveau continues, tracées dans une veine, en comprennent d'autres qui sont 

interrompues par un ao 



cident (fig. 15). Les pre- 
mières ont été tracées 
hors de la déchirure, tan- 
dis que les autres en ont 
rencontré les bords, et 
ont dû traverser entre 
eux une zone de terrains 
brouillés. Parfois, les deux 
bords de la déchirure sont 
ramenés l'un sur l'autre; 
la veine se trouve alors 

superposée à elle-même et son épaisseur est doublée. Quand il en est ainsi, 

on dit qu'elle forme un recoutelage. 

Les cassures qu'on remarque dans le terrain houiller ont des orien- 




CHAPITRE III. 



89 



Ultions très différentes. Parmi celles qui se trouvent h l'est du méridien de 
Somain, un assez grand nombre sont dirigées de TE.-S.-E. à l'O.-N.-O.; 
c'est le cas des crans d'Amaury, de Vicoigne, de Bleuse-Borne, d'Haveluy, 
de la faille de Rœulx, etc. La faille de Rœulx fait un angle aigu avec le cran 
de retour, et délimite peut-être la région d'Abscon, du côté de l'ouest- Dans 
la partie orientale de la concession d'Aniche et dans celle de l'Escarpelle, 
les accidents sont le plus généra- 



R g 



16 




lement orientés perpendiculaire- 
ment, ou à peu près, à la direction 
des veines. 

Au nord du cran de retour, 
les terrains sont en allure nor- 
male, et ont une inclinaison gé- 
nérale vers le sud, qui varie ordi- 
nairement de 25* à 65\ Toutefois, ils présentent un certain nombre de 
plis qui les divisent en plusieurs branches, réunies par d'autres plus 
petites et plongeant d'habitude vers le nord (fig. 16). 

Il arrive, dans certains cas, que ces dernières sont presque verticales, 

ou même en allure renver- 
B*17 



«•■»•" 




sée (fig. 17). Elles consti- 
tuent alors de véritables 
dressants. 

Dans les charbons gras 
situés au sud du cran de 
retour et de la faille d'Abs- 
con, on observe une allure 
tout autre. Les pressions auxquelles le bassin a été soumis du côté du midi 
ont replié les veines en zigzag, et les ont divisées en branches alternati- 
vement en allure normale et en allure renversée (fig. 18). Les premières 
sont les plats ou plateures, les autres les droits ou dressants. Chacune de ces 
branches est séparée de celle qui la précède et de celle qui la suit par une 
ligne de plissement que Ton nomme crochon ou ligne d'ennoyage. 

12 



Allure générale 

des terrains 

sa nord 

et sa sud 

du cran de retour. 



90 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



ÉpanchemenU 

de charbon 

aux lignes 

de plissement. 




Les pressions qui ont donné naissance aux lignes de. plissement ont en 
souvent pour effet de produire, par refoulement, un véritable déplace- 
ment du charbon des vei- 
Rç !• nés; ce sont généralement 

les droits qui se sont ap- 
pauvris de cette manière; 
leur toit et leur mur, en se 
rapprochant, ontlaminé en 
quelque sorte la houille, 
qui est venue s'accumuler 
aux ennoyages, et y for- 
mer des amas auxquels on 
donne le nom de crêtes ou 
de queues, suivant que les angles auxquels ils correspondent ont leurs som- 
mets tournés vers le haut ou vers le bas (fig. 19). Habituellement, la lon- 
gueur de ces crêtes ou queues ne dépasse pas quelques 
mètres, mais parfois elle est beaucoup plus considé- 
rable. Dans la concession de Douchy, la veine Sophie 
présente, à la fosse de Douchy, une crête constituant 
un amas de 47 mètres de puissance. 

Les crêtes et les queues s'étendent & des distances 
des lignes d'ennoyage, qui 'se modifient d'un point & 
un autre; autrement dit, elles sont limitées par des 
arêtes sinueuses. En général, elles sont situées dans le 
prolongement des dressants, rarement dans celui des plats; il y en a qui 
présentent une allure ondulée, provenant de ce qu'elles ont des inclinai- 
sons variables. 

Il résulte de ces sortes d'épanchements charbonneux que les plisse- 
ments des veines, au lieu de se faire toujours suivant une courbure conti- 
nue, présentent parfois des angles aigus bien prononcés. Cette particularité 
a souvent occasionné des erreurs graves. Il peut arriver, en effet, qu'une 
voie de fond creusée dans un droit d'une veine aille s'égarer dans la crête 




CHAPITRE III. 



91 



ou la queue située à son extrémité, au lieu de s'infléchir pour revenir dans 
le plat. On croit alors avoir perdu la veine quand on a fini de traverser la 
crête ; il est facile de se tromper de cette manière, lorsque les terrains sont 
irréguliers, et que les plissements coïncident avec des cassures ou des 
brouillages. 

Les compressions subies par le terrain houiller ont eu aussi pour effet 
de déplacer le charbon de certaines veines, primitivement d'épaisseur con- 
stante, de manière à leur donner une allure en chapelet qui rend leur exploi- 
tation plus difficile et moins avantageuse. 11 y a lieu, également, de leur 
attribuer l'existence des amas de charbon friable qu'on rencontre assez 
souvent dans les terrains irréguliers. 

Les déformations subies par les bancs houillers donnent une preuve 
certaine de la plasticité qu'ils avaient à l'ori- 
gine. Cependant, on trouve assez souvent aux 
ennoyages, particulièrement dans les grès, des 
cassures provenant de ce que les terrains 
étaient trop durs pour se plier facilement. Au 
nord du cran de retour, où les veines sont 
relevées vers leur aval-pendage par de petits 
plissements, ces cassures forment parfois le 
prolongement des dressants ; il semble alors 
qu'il existe une faille dirigée suivant le dres- 
sant même; le toit et le mur se sont déplacés en glissant l'un sur l'autre, et 
; en écrasant entre eux le charbon de la veine (fig. 20); 

on dit, dans ce cas, qu'on a affaire à un droit brisé. 
Au sud du cran de retour, quand un crochon 
.présente une cassure dirigée suivant l'une des bran- 
ches qui y aboutit, suivant le plat par exemple, il 
peut se faire que ce plat paraisse terminé par une 
crête, en raison du déplacement du droit, ainsi que l'indique la figure 21. 
Les accidents qui rejettent les veines présentent aussi des caractères 
différents, suivant le degré de plasticité des terrains encaissants. Dans 




Fur. 21 




92 



BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 



PviU BttureU. 



les terrains durs, ils ont l'apparence de cassures nettes; dans les autres, ils 
consistent plutôt en plis qui affectent les veines et les bancs entre lesquels 
elles sont comprises. 

On connaît, dans le bassin du Nord, quelques puits naturels. Ce sont dé 
véritables puits de grandes dimensions, qui traversent obliquement ou nor- 
malement les stratifications houillères. Leur remplissage est formé de char- 
bon, de grès et de schistes houillers, et aussi de débris provenant des morts- 
terrains : marne, dièves, tour lia, etc. ; on y trouve en outre de la pyrite de 
fer, du carbonate de. chaux cristallisé et des eaux salées. 

Il existe également des débris de terrain crétacé, notamment des 
dièves, dans certaines failles du terrain houille r, par exemple dans le cran 
de retour et la faille d'Hergnies. 



CHAPITRE IV 



CONCESSIONS DE BRUILLE ET DE CHATEAU-L* ABBAYE. 



Ces deux concessions (pi. III), qui appartiennent maintenant à la com- 
pagnie de Vicoigne, sont depuis longtemps inexploitées. Elles sont situées 
dans le promontoire de terrain houiller qui s'avance à une assez grande dis- 
tance vers le nord, entre Sain t-Âmand et Péruwelz. On y a exécuté autrefois 
de nombreux travaux, fosses et sondages, qui ont démontré jusqu'à l'évi- 
dence la stérilité presque complète de cette partie du bassin. 

. On n'y a découvert que quelques veines de charbon anthraciteux, situées 
au nord du faisceau maigre de Vieux-Condé, à l'allure duquel elles parti- 
cipent. 

Dans la concession de Bruille, les travaux les plus importants ont été concession de Brunie. 
entrepris vers 1833, par la compagnie de ce nom, dans l'angle formé par 
la rivière de l'Escaut et la limite de la concession d'Odomez. Trois fosses, 
auxquelles on a attribué les n" i, 2 et 3, ont été successivement creusées 
dans cette région. La première (n° 1), commencée en 1833, a atteint le ter- fosm n» i. 
rain houiller à la profondeur de 36 mètres, et a été continuée jusqu'à celle 
de 75 mètres; on y a trouvé une veine de charbon de 0",50 d'ouverture, 
qu'on a exploitée aux niveaux de 56 et de 72 mètres. Au couchant du 
puits, elle était orientée à peu près de l'ouest à l'est; mais, au levant, sa 
direction s'est rapidement infléchie vers le nord, pour revenir ensuite vers 
l'est à une certaine distance; elle a présenté partout un plongement d'en- 
viron 20 # . 



9ft 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Fosse n* 2. 



Fosae n° 3. 



Position des travaux 

de Braille 

par rapport 

an faisceau 
de Vieux- Condé. 



La fosse n° 2, établie en 1834, à 230 mètres environ au sud de la précé- 
dente, est entrée dans le terrain houiller au niveau de 37 mètres, et a été 
poursuivie jusqu'à celui de 92 mètres ; on y a exploité, à 72 et à 82 mètres, 
une veine de houille de O 01 ^, qui a présenté à peu près la même allure que 
celle de la fosse n° 1. 

Quant à la fosse n° 3, ouverte en 1836, à 320 mètres au nord-ouest de la 
fosse n° 1, elle est entrée dans le terrain houiller à la profondeur de 
27 mètres, et y est restée jusqu'à celle de 112 mètres, sans rencontrer de 
charbon; un sondage exécuté au fond de cette fosse, de 112 à 162 mètres, 
n'a également donné aucun résultat. 

En résumé, les trois fosses de Bruille n'ont manifesté l'existence que 
de deux petites veines de houille. La qualité du charbon extrait laissait à 
désirer ; il était anthraciteux et sulfureux ; enfin, le gisement était irrégulier, 
et son exploitation, qui avait à supporter des frais d'épuisement considé- 
rables, ne pouvait être que ruineuse. Toutes ces considérations ont bientôt 
décidé la compagnie de Bruille à reporter ses efforts sur la concession de 
Château l'Abbaye. 

Il est facile de se rendre compte de la position qu'occupent les travaux 
de Bruille, par rapport à ceux du faisceau exploité à Vieux-Condé et à Her- 
gnies. La veine la plus septentrionale de ce faisceau est la veine Saint- 
Pierre, dont l'affleurement au tourtia passe à 550 mètres environ au nord- 
ouest de la fosse Sophie. Pour reconnaître les terrains situés au delà de 
cette veine, la compagnie d'Anzin a exécuté, en 1858 et 1859, trois son- 
dages situés, le premier à 560 mètres, le second à 760 mètres, le troisième 




à 1,110 mètres de ladite fosse (ûg. 22). Leurs profondeurs ont été calculées 
de manière à ce que, eu égard à l'inclinaison des terrains, l'exploration nç . 



CHAPITRE IV. 95 

présentât, en quelque sorte, aucune lacune de l'un à l'autre. C'est ainsi que 
le sondage le plus rapproché de l'affleurement de la veine Saint-Pierre, a 
exploré une épaisseur de 41 mètres de terrains inférieurs à cette veine, 
comptée normalement à la stratification, pour une profondeur de 73 mètres ; 
le sondage suivant, de 90 mètres de profondeur, a traversé une nouvelle 
bande da 50 mètres de puissance; enfin, le troisième a atteint le niveau de 
116 mètres, et exploré 87 mètres de terrain houiller. La reconnaissance a 
donc porté sur un massif d'une épaisseur totale de 178 mètres, situé tout 
entier au mur de Saint-Pierre. Dans cet intervalle, on n'a recoupé, en 
dehors de quelques passées insignifiantes, que deux veines, savoir : l'une 
de 1 mètre en charbon et escaillage, située à 41 mètres au-dessous de 
Saint-Pierre, l'autre de l m ,03 en charbon et escaillage, située à 137 mètres 
au-dessous de la précédente. Cette dernière doit venir affleurer à 340 mètres 
environ au nord-ouest du dernier sondage, c'est-à-dire à 900 mètres de 
l'affleurement de la dernière veine du faisceau de Vieux-Condé, ce qui cor- 
respond à peu près au passage du prolongement de la .veine exploitée à la 
fosse n° 2 de Bruille. D'après cela, il y aurait peut-être lieu d'établir une 
assimilation entre cette dernière veine et celle du troisième sondage au 
nord-ouest de la fosse Sophie. 

Un peu à l'est de sa fosse n° 2, la compagnie de Bruille a exécuté, en sondage* exécuté* 

... ««■ m i /tt\ • i ■■ •-■ .«■ . dans la concession 

1840 et 1841, un sondage (U) , qui est entre dans le terrain houiller au niveau de BruiUe 
de 33 mètres, et a été poursuivi jusqu'à 170 mètres; il a trouvé, aux pro- «t aux environ». 
fondeurs de 76, 94 et 152 mètres, des veines et veinules de charbon qui 
paraissent situées sur le prolongement du gisement des fosses n" 1 et 2. 

Dans la partie méridionale de la même concession, trois autres sondages 
(C. D. E.) ont trouvé le terrain houiller à 55, 52 et 46 mètres du sol ; ils y 
sont restés jusqu'à 72, 108 et 50 mètres, et n'ont recoupé qu'un petit filet 
de charbon de m ,02 ; le second a donné de l'eau jaillissante à la profondeur 
de 87 mètres ; le troisième a pareillement donné un peu d'eau jaillissante. 

Si, dans cette région, on sort du périmètre de la concession de Bruille 
pour se tenir dans le massif de terrain houiller non concédé, borné par les 
limites des concessions d'Odomez, Fresnes, Raismes et Vicoigne, on remarque 



96 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



divers sondages, dont trois (H. P. M.), exécutés en 1857 et 1838 par la com- 
pagnie de Braille, ont atteint le terrain houiller, mais non la bouille. Us 
sont presque contigus à la concession d'Odomez; sortis des morts-terrains 
aux profondeurs de 51 , 51 et 50 mètres, ils ont été poursuivis jusqu'à celles 
de 66, 66 et 55 mètres. Le dernier a traversé des bancs assez chargés de 
quartz. Le premier a trouvé, au niveau de 66 mètres, de l'eau jaillissante 
très sulfureuse, qui avait la température de 24° Rëaumur, et pouvait s'éle- 
ver jusqu'à 3 mètres au-dessus du sol, au moyen d'un ajutage. Les mêmes 
circonstances se sont reproduites au sondage P. Citons encore un autre son- 
dage de la compagnie du Braille (F) (1837), situé à proximité de l'angle mé- 
ridional de la concession, lequel a exploré, de A3 à 57 mètres, un terrain qui 
a donné de l'eau jaillissante, avec odeur d'hydrogène sulfuré. La compagnie 
de Braille a atteint des sables qu'elle n'a pu traverser, à un autre son- 
dage (N), situé au sud-est de Nivelles, tout près de la limite du bassin houil- 
ler (1837-1838); il est regrettable que ce sondage n'ait pu être poursuivi 
jusqu'à la base des morts-terrains, car il aurait fourni des renseignements 
précieux sur le tracé que suit, dans cette région, la surface de contact du 
terrain houiller avec le calcaire carbonifère. 

Tout près de La Fontaine-Bouillon, la compagnie de Vicoigne a ouvert, en 
1847, un sondage dit de la Drève de Raismes (n°l), qui a été poursuivi, dans 
le terrain houiller, de la profondeur de 62 mètres à celle de 85 mètres. Il 
n'a pas rencontré de charbon ; mais, au niveau de 76 mètres, il a donné une 
venue d'eau de 529 hectolitres à l'heure ; sa température était de 12° Réau- 
mur, et au moyen d'un ajutage, on pouvait la faire monter jusqu'à 6 mètres 
du sol. 

Dans l'angle des concessions de Vicoigne et de Raismes, on remarque 
trois autres sondages, qui viennent encore démontrer le peu de richesse du 
terrain houiller dans cette partie du bassin. L'un d'eux (Q), commencé en 
1838 par la compagnie de Braille, et continué en 1847 par celle de Vicoigne, 
a atteint le terrain houiller à 93 mètres, et l'a exploré jusqu'à 145 mètres ; 
on y a trouvé, à 113 et à 123 mètres, des traces de charbon, et à 144 mètres 
une veine de m ,50 d'ouverture, qui est peut-être le prolongement d'une de 



CHAPITRE IV. 97 

celles des fosses de Braille. Les deux autres sondages (n°* 9 et 8), entrepris 
par la compagnie de Vicoigne, de 1858 à 1860, au sud-ouest du précédent, 
ont donné des résultats encore plus médiocres : ils sont entrés dans le terrain 
houiller aux profondeurs respectives de 67 et 71 mètres ; le premier a été 
approfondi jusqu'à 181 mètres, et n'a recoupé qu'un petit filet de charbon; 
le second a été arrêté à 147 mètres, sans avoir trouvé la moindre trace de 
houille. 

Enfin, avant de quitter la zone dans laquelle nous nous trouvons, nous 
rappellerons que le sondage du Mont des Bruyères (n° 6), entrepris en 
1838 par la compagnie de Vervins, à proximité de la bifurcation des 
lignes de Saint-Amand à Yalenciennes et à Fresnes, est tombé sur le terrain 
houiller à 89 mètres, et Fa exploré jusqu'à 114 mètres; il a recoupé des 
filets de charbon à 102 et à 106 mètres. Ce forage est important, parce 
qu'il donne l'un des points où le terrain houiller a été rencontré le plus au 
nord, aux environs de Saint-Amand. Non loin de là, un peu au sud-ouest 
de cette ville, le sondage de la Bruyère, exécuté en 1838 par la compagnie 
d'Hasnon, a trouvé le calcaire siliceux à la profondeur de 85 mètres. 
La limite septentrionale du bassin passe donc entre ce sondage et celui 
du Mont des Bruyères. 

Si nous revenons dans la concession de Braille, nous trouvons, dans 
son angle septentrional, trois sondages (B. K. L.), datant de 1837 et 1839, 
où la compagnie de Braille a découvert le terrain houiller aux profondeurs 
respectives de 30, 38 et 38 mètres. Ce terrain a été traversé sans résultat, 
sur 40 mètres de hauteur au premier, 8 mètres au second, et 62 mètres 
au troisième. 

Dans la concession de Château-l'Abbaye, la compagnie de Braille a concession 

ouvert, en 1838, la fosse Pont-Péry. Elle a atteint le terrain houiller, sous un e Fowe p^t^éry* 

banc de calcaire de 2 mètres d'épaisseur, à la profondeur de 43 mètres, et 

a été continuée jusqu'à celle de 89 mètres. Au niveau de 72 mètres, on 

y a exploité une veine de l m ,10 d'ouverture, dont m ,90 de charbon, en deux 

sillons, l'un de m ,40 au toit, l'autre de m ,50 au mur. On n'a chassé dans 

cette veine que vers le couchant, sous la direction N. 75° O.; mais, à 

13 



98 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

300 mètres environ du puits, cette direction s'est infléchie vers le sud. Le 
pendage était uniformément de 8° vers le sud-ouest. Le sillon du toit donnait 
seul du charbon pur ; celui du mur renfermait une quantité considérable 
de pyrite. Ce charbon était éminemment anthraciteux, très dur et difficile 
à brûler. Malgré cela, l'exploitation de la veine de Pont-Péry a été conti- 
nuée jusqu'en 1854, d'abord par la compagnie de Braille, puis par celle 
de Vicoigne. Les travaux se sont étendus jusqu'au tourtia, mais ils étaient 
si ruineux, à cause de la mauvaise qualité des charbons extraits, de 
l'irrégularité du gisement, de la quantité d'eau à épuiser et des affaisse- 
ments produits au jour, que l'abandon en fut autorisé, après enquête admi- 
nistrative, par décision de M. le Ministre des Travaux publics, en date du 
3 mai 1854. 

Le puits Pont-Péry, approfondi davantage, n'aurait pu trouver que du 
charbon plus sec encore; cet approfondissement était d'ailleurs peu oppor- 
tun et même dangereux, à cause de la proximité du calcaire carbonifère et 
des chances d'inondation résultant de ce voisinage. 

D'après sa position géographique, la veine de la concession de Château- 

r Abbaye paraît inférieure à celles de Bruille, c'est-à-dire située plus au 

nord ; cependant, leur intervalle, normalement à la stratification, ne doit pas 

être considérable, car les terrains s'aplatissent fort vers la limite du bassin 

h oui lier, en sorte que des couches peu éloignées ont leurs affleurements 

à une distance relativement grande. 

sondages exécutés Plusieurs sondages ont été exécutés dans la concession de Château- 

d deChto**vAb£ * l'abbaye; on n ' en compte pas moins de onze qui ont été groupés à peu de 

et aux environs, distance de la fosse Pont-Péry et au voisinage de la frontière belge. Tous 

ont été entrepris par la compagnie de Bruille, de 1837 à 1841; ils ont atteint 
le terrain houiller à des profondeurs variant de 23 à 42 mètres; les plus 
voisins du puits ont recoupé la veine qu'on y a exploitée; les autres n'ont 
donné aucun résultat, et n'ont traversé que quelques filets charbonneux. 

En dehors et au nord de la concession, on remarque encore, près de 
la frontière, un sondage de la compagnie de Bruille (1841) (A') qui a trouvé 
le terrain houiller à 31 mètres du sol, et le calcaire bleu à 37 mètres. Ce 



CHAPITRE IV. 99 

sondage a recoupé, à la base des morts-terrains, des sables qui ont donné 
des eaux jaillissantes. Plus à l'ouest, près du village de Flines, se trouve 
l'emplacement de l'ancienne fosse de ce nom, où le terrain houiller a été 
atteint, en 1749, à la profondeur de 38 mètres; un sondage exécuté plus 
récemment, à peu de distance de ladite fosse, a reconnu l'existence du 
même terrain, à la même profondeur. 

Enfin, dans la partie occidentale de la concession de Château-1' Abbaye, 
à Test et au sud-est du village de Thun, trois forages, dits du Carreau, de 
la ferme Locqueron et du Moulin, sont entrés dans le terrain houiller, aux 
profondeurs respectives de 53, 59 et 46 mètres. 

La limite septentrionale du bassin est suffisamment déterminée par Tracé 

l'ensemble des travaux que nous venons de décrire. Il convient de la tracer e * u bassin 1 
au nord du sondage A' de la concession de Bruiile, qui a successivement de ^J^!^^ e 
atteint le terrain houiller et le calcaire, et au nord de la fosse et du etBmuie. 
sondage de Flines. A partir de là, elle s'infléchit brusquement au sud, pour 
passer à l'ouest des sondages de Thun; mais, plus loin, elle reprend sa 
direction vers l'ouest, de manière à venir passer entre le sondage de la 
Bruyère qui a rencontré le calcaire, et celui du Mont des Bruyères qui a 
encore atteint le terrain houiller. 

Ce tracé laisse en dehors du* bassin une partie de^ la concession de Absence 
Château-1' Abbaye ; en revanche, il existe, au nord et au sud de cette con- du ^^^ houiiier 
cession, des parties de terrain houiller non concédées, mais il résulte 
de l'exposé qui précède qu'elles ne sont pas concessibles. En effet, les 
nombreux travaux exécutés, soit à l'intérieur des concessions de Bruiile 
et de Château-1' Abbaye, soit dans leur voisinage, n'y ont fait reconnaître que 
l'existence de quatre veines inférieures au faisceau de Vieux-Condé, savoir : 
celle de la fosse Pont-Péry, les deux des fosses de Bruiile, et une quatrième, 
recoupée par l'un des sondages placés au nord-ouest de la fosse Sophie ; 
encore est-il possible que les deux veines de Bruiile n'en forment qu'une 
seule, qui au fait été rejetée par un accident ayant produit un renfonçage 
au nord, auquel cas il n'y aurait, en réalité, que trois veines distinctes ; 
partout où des travaux ont été exécutés dans ces veines, ils ont donné des 



non concédé. 



100 BASSIN HOU1LLER DE VALENCIENNES. 

résultats désastreux, à cause de l'irrégularité et de la pauvreté du gise- 
ment, de la mauvaise qualité des charbons extraits et de l'abondance 
des eaux résultant du voisinage du calcaire carbonifère. Des compagnies 
qui voudraient tenter de nouveaux essais d'exploitation dans cette 
région seraient vouées à une ruine certaine : l'administration a donc sage- 
ment agi en se refusant constamment à concéder la bande de terrain 
houiller encore disponible qui s'étend depuis la concession de Château- 
l'Abbaye jusqu'à celle de l'Escarpelle, le long des limites nord des conces- 
sions de Vicoigne, Hasnon, Anzin et Aniche : cette bande ne renferme 
que les prolongements des veines de Braille et de Château-l'Abbaye, qui 
ont été exploités à la fosse de Marchiennes, et recoupés à de nombreux 
forages voisins de la Scarpe ; les veines du faisceau maigre de Vieux-Condé 
se développent à une plus grande distance au midi, à l'intérieur des conces- 
sions d 'Anzin et d' Aniche. 

Dans le même ordre d'idées, il n'est pas à désirer que les concessions 
de Braille et de Château-1' Abbaye soient remises en activité» Le prix de 
vente de leurs charbons ne pourrait devenir supérieur à leur prix de 
revient que si une crise houillère venait à se produire; mais, dans ce cas 
même, il serait inopportun d'y entreprendre des travaux, car les circon- 
stances éphémères qui en auraient motivé l'exécution venant à disparaître , 
il faudrait nécessairement les abandonner, après y avoir inutilement enfoui 
des capitaux qui peuvent trouver un meilleur emploi dans d'autres parties 
du bassin. 



CHAPITRE V. 



CONCESSIONS DE V1EUX-CONDÉ, ODOMEZ ET FRESNES. 



Ces trois concessions appartiennent à la compagnie d'Anzin. On y Faisceau 

_, de Vieux-Condé. 

exploite un faisceau (pi. II) connu sous le nom de faisceau de Vieux-Condé, 
dont les charbons ont ordinairement de 9 à 11 0/0 de matières volatiles. 
L'allure de ce faisceau a été reconnue par un grand nombre de fosses, qui sont 
pour la plupart abandonnées. Il est à remarquer que c'est dans la conces- 
sion de Fresnes, à la fosse Jeanne Colard, que la houille fut découverte 
pour la première fois dans le département du Nord, en 1720; les morts- ter- ^ 
rains sont faciles à traverser dans cette partie du bassin; ils y sont peu 
aquifères, assez solides, et d'une épaisseur qui atteint rarement 50 mètres. 
On conçoit qu'en raison de ces circonstances, on ait pu atteindre le terrain 
houiller en un grand nombre de points, sans frais exagérés, malgré les 
faibles moyens d'épuisement dont on disposait au siècle dernier. 

Les veines du faisceau de Vieux-Condé ont été exploitées, à l'origine, à 
des fosses assez éloignées les unes des autres, et on a été longtemps à en 
raccorder les travaux, ce qui fait qu'une même veine était connue à divers 
puits sous des noms différents. Peu à peu, les champs d'exploitation se sont 
rapprochés et ont été mis en communication ; le gisement a été exploré sur 
une étendue de plus en plus grande, en sorte qu'on connaît maintenant, 
avec assez de précision, le tracé des veines et des accidents qui les affectent. 

Les noms qui ont été attribués définitivement à ces veines sont les sui- Désignation des veines 

j i » du fêisceftu 

vants, dans leur ordre de succession du nord au sud, ou, ce qui revient au de vieux-condé. 



102 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faisceau 
de Fresnes-midi. 



Veines inférieures 

au faisceau 
de Vieux-Condé. 



Allure générale 

du faisceau 
de Vieux-Condé. 



même, de la base du faisceau à sa partie supérieure : Saint-Pierre, Elisabeth, 
Six paumes, Petite veine, Quatorze pouces, Masse, Cinq paumes du nord, Veine à 
filons, Douze paumes, Huit paumes, Escaille, Neuf paumes, Petite veine du midi, 
Rapuroir, Saint-Joseph. Nous indiquerons plus loin les noms qu'elles ont 
reçus dans les diverses régions exploitées, avant que l'étude du gisement 
ait permis de les raccorder et de les désigner partout de la même manière. 
Ces veines se chargent de plus en plus de matières volatiles, à mesure 
qu'on se rapproche de la frontière belge. La» proportion moyenne, qui 
est de 9 0/0 vers la fosse Amaury, est déjà de 11 0/0 à la fosse Général 
de Chabaud La Tour; à son entrée en Belgique aux fosses de Bernissart, 
le faisceau est assez gras pour fournir des charbons propres à la fabrication 
du' coke. 

Au midi de Saint-Joseph, on a traversé, au niveau de 329 mètres de la 
fosse Bonne-Part, les premières veines d'un autre faisceau, appelé faisceau 
de Fresnes-midi; nous y reviendrons tout à l'heure. 

Au nord de Saint-Pierre, on ne connaît que les veines qui ont été 
recoupées par les sondages d'Hergnies, entrepris à proximité de la fosse 
Sophie, et celles qu'on a exploitées aux fosses de Bruille et de Château- 
l'Abbaye, ainsi que dans la concession de Wiers (Belgique), et au nord de 
celle de Blaton. Ces veines sont pauvres, peu nombreuses, et éloignées les 
unes des autres. Au cas même où elles seraient plus épaisses et moins espa- 
cées, leur exploitation resterait encore difficile et onéreuse, à cause de la 
grande abondance des eaux. On en trouve déjà beaucoup dans les veines 
inférieures du faisceau de Vieux-Condé, et notamment dans la veine Saint- 
Pierre, dont l'exploitation est parfois entravée pour ce motif. 

Ce faisceau dessine, dans les concessions de Vieux-Condé, Odomez et 
Fresnes, un grand pli dont la ville de Condé occupe le centre. Les veines 
présentent, d'après cela, une direction très variable d'un point à un autre ; 
il existe, en outre, des plissements secondaires qui compliquent encore leur 
allure. Si on veut d'abord se rendre compte de l'allure générale du faisceau, 
on remarque qu'au voisinage de la frontière belge, les veines ont une 
direction générale de Test à l'ouest; un peu avant d'arriver à la fosse 



CHAPITRE V. 103 

Trou-Martin, elles remontent au nord-ouest ; mais, au couchant de cette 
fosse, elles reprennent bientôt leur ancienne orientation, pour s'in- 
fléchir ensuite vers le sud, en décrivant une sorte d'arc de cercle : c'est 
ainsi qu'au voisinage de la fosse Amaury, elles sont dirigées du nord au 
sud ; ensuite, elles vont s'interrompre à un grand accident, dit faille ou Faïue d'Anaury. 
cran d' Amaury, qui a la direction N. 80° 0., avec inclinaison d'environ 80° 
au nord. Cet accident consiste en deux cassures parallèles, distantes de 
100 à 120 mètres l'une de l'autre. Dans leur intervalle se trouvent des 
terrains brouillés, au milieu desquels on n'a pu que très accidentellement 
entreprendre une exploitation régulière. Chacune des cassures rejette en 
affleurement les veines du faisceau de 400 mètres environ de l'ouest à l'est, 
ce qui donne une déviation totale de 800 mètres pour l'accident tout entier. 
La faille d' Amaury correspond d'ailleurs à un renfonçage au nord : ainsi, 
dans le méridien de la fosse de Vieux-Condé, suivant lequel on l'a traversée 
par une bowette creusée au niveau de 345 mètres, on rencontre au nord 
du brouillage les mêmes veines qu'au sud ; s'il n'y avait pas eu d'affaisse- 
ment des terrains vers le nord, on aurait trouvé, dans cette région, une 
zone géologiquement inférieure à celle du midi. 

Le grand cran d' Amaury constitue l'accident de beaucoup le plus 
important du faisceau de Vieux-Condé. Les veines ont une allure toute dif- 
férente des deux côtés de cette faille ; au nord, elles présentent des plats 
réguliers, dont l'inclinaison se modifie insensiblement d'un point à un 
autre. Au sud, au contraire, elles paraissent avoir été violemment com- 
primées contre la faille ; l'effort qui les a poussées de ce côté les a repliées • 
plusieurs fois sur elles-mêmes, de manière à leur faire dessiner sur des 
plans horizontaux des traces sinueuses : ces plissements s'observent par- 
ticulièrement à la fosse du Sarteau, située à environ 500 mètres de la 
faille ; on les retrouve également dans les travaux du midi de la fosse de 
Vieux-Condé, dans ceux de la fosse d'Outre- Wez, et au sud-est de la fosse 
Bonne-Part. Nous décrirons ces plissements quand nous étudierons à part 
les travaux des différentes fosses ; pour le moment, nous nous bornerons à 
faire remarquer que les veines se présentent presque toujours en allure 



104 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

normale; leurs sinuosités ont pour effet de faire varier leur direction et 
leur inclinaison, mais on y trouve rarement le toit et le mur inversés. 

Au sud de la faille d'Amaury et dans son voisinage, la direction moyenne 
du faisceau est à peu près celle de la faille; mais, à une certaine distance, 
elle se modifie, en même temps que les plissements locaux dont nous 
venons de parler s'atténuent et disparaissent; les veines décrivent alors un 
nouvel arc de cercle ayant son centre situé vers le nord-ouest; à la fosse 
Bonne-Part, elles sont déjà orientées du nord-est au sud-ouèst, et il parait 
probable qu'elles continuent à s'infléchir au couchant, de manière à prendre 
une direction voisine de celle de l'est à l'ouest, à proximité des limites de la 
concession de Vicoigne. 

Au couchant de la fosse Bonne- Part, comme au nord de la faille 
d'Amaury, les veines ont une allure en plat qui ne parait pas se modifier 
en profondeur; il n'y a de différence avec la région du nord qu'en ce que 
l'inclinaison des terrains est moindre, ce qui fait que les veines sont 
situées à une plus grande distance en affleurement, bien que les in ter- 
valles qui les séparent normalement à la stratification restent à peu près 
les mêmes. 

C'est par analogie qu'on a reconnu que les deux groupes de veines 
séparés par la faille d'Amaury constituent deux parties d'un même fais- 
ceau. On trouve, entre les couches situées des deux côtés de la faille 
et les terrains qui les encaissent, des ressemblances telles qu'on ne peut 
plus douter de leur identité, et qu'il a été possible de déterminer une 
correspondance certaine de veine à veine. Mais on a été longtemps à 
obtenir ce résultat ; aussi les dénominations des couches ont-elles été long- 
temps différentes, à certaines fosses, de ce qu'elles sont aujourd'hui. Main- 
tenant encore, on désigne sous des noms particuliers les veines exploitées 
à la fosse Général de Chabaud La Tour, qui est la plus orientale : il est 
probable, toutefois, que ces noms spéciaux disparaîtront, car les travaux de 
la fosse Général de Chabaud La Tour sont en communication avec ceux de 
la fosse Léonard, et il n'y a pas de raison pour qu'on exploite les mêmes 
veines, à l'une et à l'autre, sous des noms distincts. 



CHAPITRE V. 105 

En dehors de la faille d'Amaury, on ne connaît, dans le faisceau de 
Vieux-Condé, que des accidents d'une importance relativement faible. 

Citons d'abord une crevasse appelée faille d'Hergnies* qui est située Faille d'Hergnies. 
entre les travaux des fosses Trou-Martin et Saint-Jean, et ceux de la fosse 
d'Hergnies. Sa direction est N. 80° 0., et elle parait verticale; on ne l'a 
jamais traversée, et, par suite, son allure n'est pas bien connue; toutefois, 
les extrémités des voies de fond situées de part et d'autre de cet accident 
ne sont distantes, en certains points, que de 20 à 30 mètres. Le brouil- 
lage compris entre les lèvres de la crevasse a donc peu d'épaisseur; il 
parait s'élargir vers le nord, et il est possible qu'à une certaine distance 
du faisceau de Vieux-Condé, il atteigne un grand développement. Si on suit 
l'affleurement d'une veine au tourtia, en se dirigeant de l'ouest vers l'est, 
on observe que, dans cette dernière direction, la faille d'Hergnies inflé- 
chit les terrains vers le sud-est. Cette faille est particulièrement intéres- 
sante en ce qu'on y trouve de nombreux débris de terrain crétacé. 

La faille d'Hergnies change légèrement de direction à mesure qu'elle 
se rapproche de celle d'Amaury; à leur intersection, les traces horizontales 
de ces deux accidents ne font plus qu'un angle d'environ 30°. Dans le pro- 
longement de la faille d'Hergnies au delà de celle d'Amaury, on trouve un 
autre cran qui a été reconnu par les travaux du couchant de la fosse de 
Vieux-Condé. 11 consiste en une zone de terrains brouillés de près de 
100 mètres de largeur, que l'on a traversée à cette fosse, dans la veine Neuf 
paumes, niveau 345 mètres, et dans la veine à filons, niveau de 407 mètres. 
Ce brouillage n'est peut-être que le prolongement du cran d'Hergnies qui, 
en ce cas, serait plus récent que celui d'Amaury. 11 ne semble pas que les « 
affleurements de ces deux accidents subissent à leur intersection une dévia- 
tion notable, ce qui provient de ce que la faille d'Hergnies, quoique 
constituée par une crevasse bien caractérisée, altère peu la continuité des 
terrains, surtout dans la partie méridionale du faisceau. 

Après avoir traversé les veines à filons et Neuf paumes, le cran du 

couchant de la fosse de Vieux-Condé subit un changement brusque de 

direction, de manière à venir passer au midi de cette fosse; là, il a une 

ik 



106 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

orientation ouest-est, sans que son épaisseur se soit beaucoup modifiée. 
Dans cette nouvelle allure, le brouillage est connu sur un développement 
de près de 1,000 mètres; au levant de la fosse, on Ta atteint par un recou- 
page partant de Neuf paumes, et dirigé vers Saint-Joseph. 

La faille d'Hergnies est le seul accident notable qui affecte le faisceau 
de Vieux-Condé, dans la région située au nord de la faille d'Àmaury; on 
distingue encore, dans cette partie du faisceau, quelques crans que M. Dor- 
moy, dans son ouvrage sur la topographie souterraine du bassin houiller 
de Valenciennes, a appelés failles de Laurent, de Trou-Martin, de Mon-Désir, 
de Sainte-Barbe et de Stanislas; nous y reviendrons quand nous aborderons 
l'étude spéciale des diverses fosses d'extraction ; mais, dès à présent, nous 
devons constater que ces accidents n'ont aucune importance, consistent 
simplement en brouillages locaux, analogues à ceux que Ton rencontre 
dans toutes les exploitations, même les plus régulières, et n'ont pas pour 
effet d'altérer la continuité du faisceau. 

Au sud de la grande faille d'Amaury, on ne connaît que quelques petits 
accidents situés dans le champ d'exploitation de la fosse Bonne-Part; nous 
en parlerons quand nous nous occuperons de cette fosse. 

En résumé, le faisceau de Vieux-Condé est divisé en deux grandes 
parties par la faille d'Amaury ; celle qui est située au nord est particulière- 
ment connue sous le nom de région de Vieux-Condé et d'Hergnies; elle se 
subdivise elle-même en deux zones séparées par la faille d'Hergnies, et 
qu'on appelle région de Vieux-Condé et région d'Hergnies; la partie du 
sud est connue sous le nom de région du Sarteau et de Fresnes. Nous allons 
successivement passer en revue ces divers gisements. 



CHAPITRE V. 



107 



I. — REGION DE VIEUX-CONDÉ ET D'HEaGNIBS. 



Le tableau ci-dessous fait connaître la composition moyenne du faisceau 
de Vieux-Condé dans cette région. 



COUPBS DBS VBJNRS. 

H. Houille. — T. Fans-toit 

M. Faux-mur. 
6. Schiste. — B. BaeaOlage. 



Si Pmiiw* 



^ 



IU.I»à«i* 



FKanTtrtTi 



T.*»* 




7a 



'A 



M.a.46 




■U.W1 



f5 




2 



n«.w 




NATURE 



DU TOIT. 



Schiate. 



Grès. 



Schiste. 



Schiate. 



Schiste. 



Gréa. 



DO MOK. 



Schiate. 



Schiate. 



Schiate. 



Schiate. 



Schiate. 



Schiate. 



* S •_ P 

SSagS 
m a-* g « 



21' 



20" 



16' 



23* 



PROPORTION P. 0/0. 



UATItBEa 

volatiles. 



10- 



9.80 



10.18 



12.30 



7.80 



COKE. 



Carbone. 



Cendres. 



88.40 



82.52 



86.37 



90.40 



COULEUR 
des 

CBItDRB. 



1.80 



7.30 



1.33 



Gria sale. 



1.80 



Région 

de Vieux-Condé 

et d'Hergniea. 

Composition 

du 

faisceau. 



1*8 



BASSIN UO0ILLE1 DE VALESC1ENSES. 



H. HssôDe. — T. 

M. Fi 

& 



lïT^ 



MATU1I 





DO TOIT ! »C MC 



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Schiste. Schiste. 



V SSSSSSSSSSSSSSSS. 



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I 

I 

Schiste. ' Schiste. 





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Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



FKOFOKTIOX F. • 0. 



MATItltl 

TO 



COEI 



il 



22" 



13.» 



21- 



10.90 



31- 



72.97 



87.15 



10.10 



30- 



Schisto. 



QEL IMJtriMi 



'//00£VZr//A 



Y/>yjr///y////s 



Schiste. 






Schiste. 



Schiste. 



13- 



8- 



l 



0.40 



87.45 



80.80 



10.10 



9.10 



87.74 



80.01 



OOCIXUE 



13.83 



1.96 



2.45 



Gris ronge. 






Gris blanc. 



0.80 



2.16 



Gris blsac. 



1.80 «mrstftto. 



CHAPITRE V. 



109 



COUPBS DBS VKWBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 
M. Faax-mar. 

S. Schiste. — B. BscsJllage. 



Y/zfjy///y//////, 



m 



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Sf JoMfb. 



S.4.SO 

s 



2" 



«.«.M 



y/s/y/yr/s/s/s/s* 



sssssssssssrsssSi 






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fHuvd+.J 



N1TURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUE. 



Schiste. 



Schiste. 



Uni 

5^ 



36- 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIKSBI 

volatiles. 



9.40 



COKE. 



Carbone. 



89.12 



Cendres 



1.48 



COULBOR 
des 

CKMDKSS. 



Gris roté. 



Dans toute la région de Vieux-Condé et d'Hergnies, les veines présen- 
tent des plats réguliers, dont la direction et l'inclinaison se modifient par 
degrés insensibles. Depuis la fosse Général de Chabaud La Tour jusqu'à 
la faille d'Hergnies, la direction générale des terrains est celle de Test à 
l'ouest, avec un peu de tendance à remonter au nord, et leur pendage se fait 
vers le sud; au delà de cet accident, cette direction se modifie, ainsi que 
nous l'avons vu, jusqu'à devenir nord-sud; en même temps, le sens de l'in- 
clinaison varie peu à peu, et, contre la faille d'Âmaury, les veines plongent 
vers l'est; elles ont donc, entre cet accident et celui d'Hergnies, la forme 
d'une sorte d'entonnoir. 



110 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Dans le méridien de la fosse Général de Chabaud La Tour, l'inclinaison 
moyenne des terrains varie de 25° à 35* au sud ; elle tend ensuite à augmen- 
ter, quand on s'éloigne vers l'ouest. Bientôt, elle atteint &0 6 et même 45°; 
c'est cette dernière que Ton observe au voisinage de la faille d'Hergnies, 
dans les travaux de la fosse Trou- Martin. De l'autre côté de cette faille, les 
terrains s'aplatissent brusquement, et n'ont plus guère qu'une inclinaison 
d'une vingtaine de degrés. On remarque aussi que cet aplatissement se 
manifeste plus spécialement au voisinage du tourtia, et dans les veines les 
plus septentrionales. On se rend facilement compte de cette particularité 
en examinant une coupe menée par la fosse Sophie, normalement à la direc- 
tion des terrains. 

La région de Vieux-Condé et d'Hergnies est d'une régularité remar- 
quable, surtout du côté du levant : c'est elle qui fournit aujourd'hui la 
totalité, pour ainsi dire, des charbons maigres extraits par la compagnie 
d'Anzin; nous verrons, en effet, que toutes les fosses situées dans la région 
du Sarteau et de Fresnes ont été successivement abandonnées ; au sud de 
la faille d'Àmaury, il n'existe, en activité, que des travaux insignifiants dans 
le voisinage de la fosse de Vieux-Condé, mais à ce puits même, presque 
toute l'extraction est fournie par les veines du nord, que l'on exploite au 
delà de la faille. Actuellement, on ne compte sur les charbons maigres que 
trois fosses en activité, savoir : Général de Chabaud La Tour, Léonard et 
Vieux-Condé. On y réalise un prix de revient des plus avantageux, ce qui 
tient à l'extrême régularité du faisceau et à l'épaisseur relativement grande 
des veines. Le gisement de Vieux-Condé constitue, avec celui des charbons 
demi-gras d'Abscon, la véritable richesse de la compagnie d'Anzin; le reste 
de ses exploitations est loin, à beaucoup près, d'avoir la même valeur. On 
conçoit, d'après cela, que la compagnie se soit toujours efforcée de déve- 
lopper la vente des houilles anthraciteuses, puisque ce sont celles qui lui 
procurent, même vendues à bas prix, les plus grands bénéfices. Actuelle- 
ment, elle possède des moyens d'action qui lui permettraient, le cas échéant, 
d'en forcer beaucoup la production; elle n'est limitée que par les besoins 
de la vente. Ses trois fosses en activité pourraient donner une extraction 



CHAPITRE V. 



lil 



journalière plus grande que celle qui leur est demandée; de plus, la com- 
pagnie tient en réserve les fosses Trou-Martin et Âmaury, actuellement en 
chômage, mais qui pourraient être reprises presque immédiatement, si 
la consommation des charbons maigres venait à se développer. Toute- 
fois, il convient d'ajouter que si la production annuelle du gisement dont 
nous nous occupons peut être augmentée, la prudence commande de le 
ménager, tant qu'on n'aura pas ouvert d'autres fosses, vers l'ouest, sur les 
charbons maigres, car, autrement, on épuiserait les ressources connues, 
en un petit nombre d'années. 

La fosse Général de Chabaud La Tour est la plus rapprochée de la fron- 
tière belge; elle est située à environ 1,800 mètres au nord-est du clocher de chato^u iw. 
de la ville de Condé, et à 800 mètres à l'est de la route de Condé à Bonse- 
cours. Elle a été entreprise en 4873, et la compagnie s'est proposé d'en 
faire une fosse à grande production ; c'est pourquoi elle y a creusé trois puits 
qui ont atteint le terrain houiller à la profondeur de 61 mètres. 

Les veines exploitées à cette fosse ont reçu des noms spéciaux; mais 
elles se confondent avec celles dont nous avons donné plus haut la liste. 
Le tableau ci-dessous fait connaître la correspondance qu'il y a lieu 
d'adopter, et au sujet de laquelle il n'existe plus maintenant aucun 
doute. 



Fosse 
Général 



NOMS DÉSIGNANT UNE MBMB VBCŒ 



A LA FOSSE OidiSAL OS CHABATO) LA TOUS. 



aux Aimas rosi 



Julienne. . 
Philippine. 
Passée. . . 
Suzanne. . 
Marie. . . 
Jacqueline. 
Edmond. . 
Olympe. . 
Charles . . 
Philippe. . 



Masse. 

Cinq paumes du nord. 
Veine à filons. 
Doue paumes. 
Huit paumes. 
Escaille. 
Neuf paumes. 
Petite reine du midi. 
Rapuroir. 
Saint-Joseph. 



112 BASSIN HOUILLES DE VALENCIENNES. 

Les houilles de la fosse Général de Chabaud La Tour étant un peu plus 

volatiles que celles des autres fosses du faisceau de Vieux-Condé, on les 

appelle habituellement, à la compagnie d'Anzin, charbons quart gras. 

* * 

Les puits sont tombés sur le terrain houiller entre les affleurements de 

Marie et de Jacqueline; on y a installé deux niveaux d'exploitation, à 
150 et à 200 mètres. Actuellement, les chassages du levant sont déjà arrivés 
à 1,000 mètres environ de la fosse, et leurs extrémités ne sont plus qu'à 
1,600 mètres de la frontière belge. Ceux du couchant sont en communi- 
cation avec les travaux de la fosse Léonard, dans les veines Masse et 
Neuf paumes. 

Dans cette région, les veines sont accidentellement dirigées du nord-est 
au sud-ouest, et leur inclinaison est d'une trentaine de degrés vers le sud- 
est. Au levant, elles forment une sorte de crochet qui les remonte un 
instant vers le nord, pour les faire redescendre un peu plus loin au sud-est, 
et leur donner ensuite une orientation définitive de l'ouest à l'est. Ces varia- 
tions dans la direction n'ont pas pour effet de modifier l'inclinaison des 
terrains, qui reste presque constante. Vers le couchant, la direction des 
veines s'infléchit peu à peu, de manière à devenir est-ouest, avec tendance 
à remonter un peu au nord aux abords de la fosse Léonard. 

Le gisement de la fosse Général de Chabaud La Tour est très beau et 
très régulier; les veines s'y développent sur de longs parcours, sans rejets 
ni rétrécissements. Malheureusement, la position même de la fosse la con- 
damne à être mise en chômage dans un avenir assez rapproché, vingt ans 
au plus. Cela tient à ce que les puits ont été placés trop au nord; ils ont déjà 
recoupé les veines les plus septentrionales du faisceau de Vieux-Condé; on 
les approfondit actuellement jusqu'à 250 mètres ; vers ce niveau, ils seront 
peu éloignés de la veine Saint-Pierre, qui est la dernière du faisceau; or 
cette veine donne beaucoup d'eau ; par conséquent, il sera impossible de 
poursuivre l'approfondissement bien au delà de 250 mètres, et de pousser des 
bowettes vers le nord. L'exploitation sera donc forcément limitée en profon- 
deur; les travaux ne pourront être étendus que du côté du midi. Quant aux 
chassages, ils ont déjà atteint leur longueur maximum; il faut donc 



CHAPITRE V. 



lia 



admettre, comme nous le disions, qu'avec l'extraction actuelle, la tranche 
exploitable par la fosse Général de Ghabaud La Tour sera complètement 
épuisée dans un petit nombre d'années. Il restera alors la ressource de 
creuser une nouvelle fosse vers le levant, plus rapprochée de la frontière 
belge, et peut-être même d'en ouvrir une seconde au sud-est des puits 
actuels, car le prolongement de la faille d'Àmaury parait se trouver 
à une distance assez grande pour qu'il soit opportun d'entreprendre ce 
travail. 

Nous ferons encore remarquer que, bien que les veines du faisceau 
paraissent atteindre leur plus grande puissance du côté de l'est, il y a une 
exception en ce qui concerne Veine à filons, qui cesse d'être exploitable à 
la fosse Général de Chabaud La Tour, alors qu'elle l'est à presque toutes les 
autres. 

Entre les fosses Général de Ghabaud La Tour et Léonard, la compagnie 
de Fres nés- midi a creusé, en 1843, la fosse du Coq-hardi, qui a atteint le 
terrain houiller à la profondeur de 43 mètres; elle a été poussée jusqu'au 
niveau de 95 mètres, et elle aurait pu servir à exploiter le faisceau de 
Vieux-Gondé, si le procès engagé entre les compagnies d'Anzin et de 
Fresnes-midi n'avait obligé cette dernière à abandonner ses travaux. 

C'est encore la même compagnie qui, en 4843, a ouvert la fosse Bois- 
du-Roi, au nord-est delà fosse Général de Chabaud La Tour, tout près de la 
frontière belge. Elle est entrée dans le terrain houiller à la profondeur de 
48 mètres, et il y a lieu de croire qu'elle était placée sur la partie septen- 
trionaje du faisceau dont nous nous occupons, lequel, au levant des fosses 
de la compagnie d'Anzin, se dirige vers celles de Bernissart, avec le gise- 
ment desquelles il doit venir se raccorder. 

A partir de la fosse Léonard et jusqu'au cran d'Amaury, le faisceau de 

Vieux-Condé a été exploité par un assez grand nombre de fosses. Avant de 

les passer en revue, nous signalerons quelques différences qui existent entre 

les noms attribués définitivement à certaines veines, et ceux qu'elles 

avaient reçus autrefois dans la région de Vieux-Condé et d'Hergnies. 

Le tableau ci-contre fait connaître ces différences : 

15 



Ancienne fosse 
du Coq-hardi. 



Ancienne fosse 
Bois-dn-Roi. 



Anciens noms 

des veines 

de la région 

de Vieux-Condé 

et d'Hergnies. 



114 



BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 



NOMS ANCIENS DBS VBINBS 

Dl L&liOIOR Dl VIIUX-COHD* BT D'bIIORIIB. 



Saint-Pierre 

Elisabeth 

Six paumes 

Pascal 

Quatorze pouces . . . 

liasse 

Cinq paumes du nord. 
Veine à filons. . • . 
Douze paumes. . . . 
Huit paumes. . • . . 

Escaille 

Neuf paumes 

Cinq paumes du midi. 

Saint-Louis 

Voisine 

Patience 



NOMS ADOPTÉS DÉFINITIVEMENT 



Saint-Pierre. 
Elisabeth . 
Six paumes. 
Petite veine. 
Quatorze pouces. 
Masse. 

Cinq paumes du nord. 
Veine à filons. 
Douze paumes. 
Huit paumes. 
Escaille . 
Neuf paumes. 
Petite veine du midi. 
Rapuroir. 

Saint-Joseph. 



Parmi ces veines, quelques-unes sont rarement exploitables, parce 
qu'elles ont une épaisseur relativement faible : telles sont Six paumes, 
Huit paumes et Petite veine du midi. D'autres subissent dans leur trajet 
des variations de composition qui les rendent exploitables à certaines fosses 
et inexploitables à d'autres. Par exemple, les veines Saint-Pierre et Elisabeth 
ont un assez bel aspect à Vieux-Condé et à Hergnies, tandis qu'elles ne sont 
qu'accidentellement exploitables dans la région de Fresnes ; en revanche, 
Petite veine n'est productive que dans cette région. Cinq paumes du nord 
et Escaille sont d'assez belles veines du côté de Vieux-Condé, et cessent 
d'être exploitables à Hergnies. 

On voit d'après cela que, malgré la grande régularité du faisceau au 
nord de la faille d'Amaury, on y observe encore des différences sensibles 
dans l'épaisseur et la puissance productive des veines • 

On remarque aussi certains changements dans les intervalles qui 
séparent deux veines successives. Ainsi, les veines appelées autrefois Voisine 
et Patience sont parfaitement distinctes dans les fosses d'Hergnies, et séparées 
par un banc stérile qui s'amincit de plus en plus vers le levant; à une cer- 
taine distance, elles se réunissent, et, aux fosses Léonard et Général de Gha- 



CHAPITRE V. 115 

baud La Tour, elles ne forment plus qu'une seule veine, qui a reçu les noms 
de Saint-Joseph et de Philippe ; elle est alors exploitable, tandis qu'elle ne 
Test plus quand elle est divisée en deux sillons éloignés l'un de l'autre. Ces 
deux sillons se réunissent également à la fosse du Sarteau. 

La fosse Léonard est située à environ 1,650 mètres à l'ouest de la fosse Fosse Léonard. 
Général de Chabaud La Tour; elle a été commencée en 1785, et est entrée 
dans le terrain houiller à la profondeur de 28 mètres, entre les affleurements 
des veines Neuf paumes et Rapuroir. Elle ne possède que deux niveaux 
d'exploitation, situés à 103 et à 161 mètres, mais on vient de l'appro- 
fondir jusqu'à 218 mètres, pour créer un nouvel étage à 211 mètres. De 
même que la fosse Général de Chabaud La Tour, celle de Léonard est située 
trop au nord, et, par suite, il est impossible de la pousser à grande profon- 
deur, parce qu'on rencontrerait bientôt les terrains aquifères de la base du 
faisceau. On exploite déjà l'aval-pendage des veines de Léonard par la fosse 
de Vieux-Condé, dont les travaux s'étendent au delà de la faille d'Àmaury. 

Cette faille a été traversée par la bowette nord de l'étage de 345 mètres 
de la fosse de Yieux-Condé, et par un recoupage situé au niveau de 
282 mètres, et partant de la veine Douze paumes. De cette façon, les tra- 
vaux pourront s'étendre à un niveau inférieur à celui du fond de la fosse 
Léonard, sans qu'il soit nécessaire de creuser un nouveau puits, et on conti- 
nuera, de même, l'exploitation des veines du nord jusqu'à leur contact avec 
la faille d'Amaury, au moyen de nouvelles galeries partant de la fosse de 
Yieux-Condé, préalablement approfondie. On peut même dire que cette 
fosse n'a d'autre raison d'être que de permettre d'exploiter le terrain houil- 
ler situé au nord de la faille, car, au midi de cet accident, elle n'a trouvé, 
comme nous le verrons bientôt, que des terrains irréguliers et d'une exploi- 
tation peu avantageuse. 

Dans le méridien de la fosse Léonard, les veines sont dirigées, à très peu 
près, de l'est à l'ouest; elles sont inclinées de 25° à 35° vers le sud. On a 
exploité par défoncement, au niveau de 161 mètres, une tranche de 
80 mètres de largeur, et c'est seulement au-dessous du niveau de 211 mè- 
tres que l'extraction se fait par la fosse de Yieux-Condé. 



116 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faille 
de Sainte-Barbe. 



Faille 
do Stanislas. 



Anciennes fosses 

creusées 

aux enrirons 

et à l'ouest 

de la fosse 

Léonard. 



Faille 
de Mon-Désir. 



Faille 
de Trou-Martin. 



Faille 
de Laurent. 



Au couchant de la fosse Léonard, on trouve un accident qui interrompt 
la continuité du faisceau, sans exercer d'influence sensible sur son allure; 
M. Dorinoy lui a donné le nom de faille de Sainte-Barbe; il consiste plutôt en 
une série d'étranglements et de petites cassures qu'en une véritable faille. 
Sa direction générale est N. 25° 0., et il plonge vers l'est avec une pente 
assez raide. Il laisse à l'est la fosse Léonard, et à l'ouest les fosses Sainte- 
Barbe et Marie-Louise. 

Parallèlement à cet accident et un peu plus à l'ouest, on en trouve un 
autre tout à fait insignifiant, que M. Dormoy a appelé faille de Sta- 
nislas. 

Le faisceau de Vieux-Condé a été exploité anciennement, aux environs 
et à l'ouest de la fosse Léonard et au nord du cran d'Amaury, par un grand 
nombre de puits, parmi lesquels nous citerons les suivants : Stanislas, 
l'Avocat, Balive, Sainte-Barbe, Marie-Louise, Mon-Désir, Trois-Arbres, Pied, 
Vieille-Machine, Neuve-Machine, Saint-Roch, Gros-Caillou, Saint-Thomas, 
Saint-Jean, Trou-Martin, Hergnies, Sophie, Laurent, Taffin et Amaury. Leurs 
travaux ont permis d'étudier avec beaucoup de précision l'allure du fais- 
ceau, que nous avons déjà décrite. Nous indiquerons maintenant les 
quelques accidents qu'on y a rencontrés, en dehors de ceux qui ont été 
précédemment cités. 

On trouve d'abord, au couchant des fosses Sainte-Barbe et Marie-Louise, 
et au levant de la fosse Mon-Désir, un cran dirigé N. 40° 0., qui rejette les 
terrains d'une quarantaine de mètres vers le nord, quand on se dirige de 
l'ouest vers l'est. Cet accident, qu'on peut appeler faille de Mon-Désir, 
plong^ vers le nord-est, et son allure n'est plas encore parfaitement connue. 
Entre les fosses Saint-Roch et du Gros-Caillou d'une part, Saint-Jean 
et Trou-Martin de l'autre, on a reconnu l'existence d'un autre cran, dit cran 
de Trou-Martin, orienté N. 30° 0. et plongeant aussi vers le nord-est; on 
y a rencontré quelques fragments de dièves. II produit un très léger rejetage 
des veines vers le sud, quand on le traverse de l'ouest à l'est. 

Enfin, citons un brouillage peu important que M. Dormoy a appelé 
faille de Laurent, et qui s'étend entre les fosses Amaury et Taffin, parallè- 



CHAPITRE V. 117 

lement à la faille d'Amaury. Cet accident ne produit, pour ainsi dire, aucune 
déviation dans la direction et le plongement des veines. 

Si on envisage maintenant l'ensemble des crans qui affectent le fais- 
ceau de Vieux-Condé, dans la région que nous étudions, on voit qu'il n'y en 
a que deux de saillants : ceux d'Amaury et d'Hergnies ; le premier est dirigé 
N. 80° 0. et plonge de 80° vers le nord ; le second est dirigé N. 30° 0. et est 
sensiblement vertical. A ces grands accidents s'en rattachent quelques 
autres, auxquels on a attribué, à une certaine époque, une importance consi- 
dérable, mais qui, en réalité, méritent à peine d'être cités. Ce sont ceux de 
Laurent, de Trou-Martin, de Mon-Désir, de Sainte-Barbe et de Stanislas. Le 
premier a la même allure que la faille d'Amaury ; tous les autres paraissent 
constituer, avec la faille d'Hergnies, un système de cassures ou de déchi- 
rures à peu près parallèles entre elles. 

L'abandon définitif de toutes les fosses comprises entre Léonard et 
Trou-Martin s'imposait comme une conséquence naturelle de leur situation. 
Placées sur l'affleurement des veines, elles ont atteint à une profondeur 
assez restreinte, et d'autant plus faible qu'elles se trouvaient plus au nord, 
les dernières couches du faisceau de Vieux-Condé; il était impossible, dès lors, 
de les approfondir davantage, à cause du danger résultant de l'abondance 
des eaux. Dans ces conditions, on s'est décidé à exploiter les parties les 
plus profondes du gisement et les plus rapprochées de la faille d'Amaury, 
par la fosse de Vieux-Condé. Cette dernière, en effet, peut être approfondie 
sans inconvénient, et ses galeries dirigées vers le nord atteindront, au delà 
de la faille, l'aval-pendage des veines à exploiter, à une distance d'autant 
moindre qu'on se trouvera à une plus grande profondeur. Toutefois, les 
travaux de la fosse de Vieux-Condé ne peuvent s'étendre indéfiniment, et il 
serait excessif de les pousser bien au delà de la fosse Trou-Martin. Il y aura 
donc peut-être lieu, plus tard, de prendre des mesures en vue d'exploiter la 
tranche inférieure que les fosses Trou-Martin et Amaury ne peuvent 
atteindre. Pour le moment, il serait prématuré d'exécuter ce travail, car il 
y a encore une certaine quantité de charbon à prendre au-dessus des 
niveaux de 345 mètres, le dernier de la fosse Trou-Martin, et de 232 mètres, 



US BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

le dernier de celle d' Amaury, et, de plus, celle-ci peut encore être approfon- 
die. C'est à cause de cela que ces deux puits ont été mis en réserve, pour 
être repris, le cas échéant, si la vente des charbons maigres venait à se 
développer. Nous dirons encore quelques mots au sujet de chacun d'eux. 
Fosse La fosse Trou-Martin, ouverte en 1803, se trouve à 1,650 mètres 

TroorM&rtin« 

environ à l'ouest de la fosse Léonard ; elle a atteint le terrain houiller au 
niveau de 38 mètres, au midi de la veine Neuf paumes, qui est la dernière 
exploitée dans la région d'Hergnies. Sa position vers le sud du faisceau a 
permis de lui donner une assez grande profondeur, d'autant plus que les 
veines y atteignent exceptionnellement l'inclinaison de 45\ Toutefois, 
l'accrochage de 345 mètres est situé sur la veine Saint-Pierre, et il serait 
d'autant plus imprudent de descendre davantage, que cette veine donne déjà, 
en ce point, une venue d'eau de 1,000 hectolitres par vingt-quatre heures. 
A cette fosse, les veines remontent vers le nord-ouest jusqu'à leur rencontre 
avec la faille d'Hergnies. Leur direction moyenne est N. 50* O., et leur pen- 
dage se fait vers le sud-ouest. Au levant, on trouve dans certaines veines 
des petits droits presque verticaux, mais qui disparaissent à une faible 

distance. 

La fosse Amaury, qui a été commencée en 1834, se trouve à 
1,500 mètres à l'ouest de Trou-Martin, entre les failles d'Hergnies et 
d' Amaury, et à une centaine de mètres seulement de cette dernière. Les 
morts-terrains y ont 39 mètres d'épaisseur, et le puits est entré dans le 
terrain houiller au sud-est de la veine Saint-Joseph, la plus méridionale du 
faisceau, ce qui est une circonstance favorable pour l'avenir de la fosse. 
Malheureusement, les terrains y sont très plats et inclinés seulement de 
20° à 25% en sorte que le dernier étage, situé à 332 mètres, se trouve déjà 
sur la veine Masse ; la veine Saint-Pierre n'est pas à une grande profon- 
deur. Cependant, il sera encore possible d'approfondir le puits, ce qui pro- 
curera des ressources d'autant plus importantes, que les veines étant peu 
inclinées, la richesse du terrain houiller, par mètre de hauteur verticale, se 
trouve notablement augmentée. Depuis la faille d'Hergnies jusqu'à celle 
d'Amaury, les veines décrivent, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, 



Anuraiy. 



CHAPITRE V. 



119 



un quart de circonférence, et, contre la faille d'Amaury, leur direction est 
celle du nord au sud. On a pénétré dans cet accident, sans toutefois le tra- 
verser, et on y a même exploité un fragment de la veine Douze paumes, 
mais ce travail a été bientôt abandonné, à cause de l'irrégularité des 
terrains. 

Toutes les fosses situées au nord de la faille d'Amaury et à l'est de 
celle d'Hergnies envoient leurs eaux à la fosse Neuve-Machine, sur laquelle 
est installée une ancienne machine d'extraction du système Newcomen. La 
profondeur du puits de Neuve-Machine, qui est de 370 mètres, est supé- 
rieure à celle de tous les travaux dont nous parlons, ce qui a permis la 

concentration de l'épuisement. La fosse de Vieux-Condé, au midi du cran 
d'Amaury, est elle-même en communication avec Neuve-Machine, par les 
galeries des étages de 282 et de 345 mètres qui traversent la faille, et, par 
suite, tous les travaux supérieurs à ce dernier niveau y déversent leurs 
eaux. Quant aux eaux du niveau de 407 mètres de la fosse de Vieux-Condé, 
on est obligé de les extraire directement par le puits, et il faut employer le 
même procédé dans les travaux situés à l'ouest de la faille d'Hergnies, 
qui sont complètement isolés du champ d'exploitation de la fosse Trou- 
Martin. 

Dans la région d'Hergnies, les sondages du Champ de forêt, de 
Bruille et d'Odomez, ont atteint le terrain houiller à des profondeurs 
variant de 35 à 38 mètres. 



Fosse 
Neuve-Machine. 



Sondages 
de la région 
d'Hergnies. 



ISO 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



IL — RÉGION DU SAHTEAU BT DE FAESNES. 



Région da Strie™ Le tableau ci-dessous donne la composition moyenne du faisceau dans 

et de Fresnes. 

Composition ceMe région. La planche XII indique la nature et l'épaisseur des bancs 

dnttsceu. intercalés entre les diverses veines. . 



COUPBS DBS YSINRS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

If. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bseaillage. 



S? Pierre 



Elisabeth 



Six 



paumes 



Coobi 



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!KaVo 



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Rîlite veine. 



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Quatorze pouces. 



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DU TOIT. 



Schiste. 



DU MUE. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



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18' 



«0- 



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Schiste. 



16- 



PROPORTION î 


». 0/0. 




COII. 


MATlèlBS 


«. ^ *m 


volatiles. 


Carbone. 


Cendres. 


■ 


■ 


a 


■ 


■ 


a 


10.60 


80.54 


2.80 


10.24 


80.16 


3.60 


10.00 


88.» 


1.80 









COULEUR 
des 



Gris ronge. 



CHAPITRE V. 



COUPES DBS VEINES. 
H. Houitla. — T. Fiut-Ioil. 

IL Fui-mur. 
S. Schiste. — B. Biciilligs. 



i *IJ 



BOPORTION P. 0/0. 



Cubons. Ci 



Cinq pu» du nord. 



3.06 tril rMftitn 



122 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS 

H. Hoofflo. « T. 

M. Pvaxmut 
S.Sehkte. — H. 



v/mmy////// 



J77' 



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24' 



*7- 



PROPORTION P. 0/0. 



ATlIlBS 
TOUUlM. 



COk: 



8.( 



1A 



2.90 



8S.93 



2.47 



3.14 



COULBUR 




Dans la région du Sarteau et de Fresnes, le faisceau de Vieux-Condé 
achève le pli dont nous avons parlé, et dont la ville de Condé occupe le 
centre; mais ses veines présentent des ondulations secondaires qui en 
compliquent le tracé, surtout au voisinage de la faille d'Amaury. 
Quand on s'éloigne de cet accident, l'allure des terrains prend plus d'uni- 
formité ; les plis qui les affectaient disparaissent, et on retrouve de grands 
plats, comme ceux qui sont connus dans la région de Vieux-Condé et 
d'Hergnies; en même temps» la direction générale du faisceau décrit un arc 
de cercle en raison duquel les terrains se trouvent avoir, à l'ouest de la 
fosse Bonne-Part, une direction nettement accusée du nord-est au sud- 
ouest, presque perpendiculaire à celle de la grande faille d'Amaury. 

Les plissements voisins de ce cran déterminent, dans les veines, des 
branches dont les inclinaisons sont différentes; celles qui présentent le 



CHAPITRE V. 123 

pendage normal sont appelées plats, et les autres droits ; en général, le 
redressement n'a pas pour effet de renverser les droits au delà de la ver- 
ticale; il n'y a d'exception à cette règle qu'à la fosse de Vieux-Condé. 
Partout ailleurs, les branches successives plongent dans des sens opposés, 
et le toit et le mur ne sont jamais inversés. 

Le plus souvent, les droits ne sont pas exploitables; cela tient surtout 
à ce qu'ils fournissent un charbon terne, mélangé d'une assez grande pro- 
portion de schiste; en même temps, on observe dans les droits une plus 
grande irrégularité que dans les plats, mais c'est surtout la mauvaise 
qualité du charbon qu'on en extrait qui s'oppose à leur exploitation. Cepen- 
dant, on a trouvé, à la fosse d'Outre-Wez, de grands droits dirigés N, 60° 0., 
dans lesquels on a pu exécuter avec avantage des travaux importants. 

Sur le trajet de la faille d'Amaury, on a anciennement creusé un assez Anciennes fosses 
grand nombre de puits qui ont atteint le terrain houiller brouillé. Nous J^JH"^ ^^ 

de ift faille aAznaory. 

citerons notamment la fosse Maison-Blanche, ouverte en 1774 par la com- 
pagnie de M ortagne, dans la concession de Braille, la fosse Macho, de la 
même compagnie (1751), située dans la concession d'Odomez, enfin les 
fosses Huvelle, du Mitan ou du Milieu, et Gaspard, dont l'emplacement se 
trouve dans la concession de Vieux-Condé, au nord de la fosse de ce nom. 

En dehors de ces fosses, les plus rapprochées au sud de la faille 
d'Amaury sont celles du Sarteau et de Vieux-Condé; la seconde seule est en 
exploitation. Quant à celle du Sarteau, qui a été ouverte en 1822, elle com- 
prend deux puits, dont l'un est depuis longtemps serre mente ; on vient de 
se décider à serrementer aussi le second. 

Pour représenter d'une manière facilement compréhensible l'allure des FoMe do g,^. 
veines à cette fosse, nous donnons d'autre part(fig. 23) un croquis des voies 
de niveau de la veine Neuf paumes. Des flèches indiquent le sens dans 
lequel plongent les diverses branches de la veine. Les plats sont orientés 
de l'est à l'ouest, et pendent au sud ; les droits sont dirigés du sud-est au 
nord-ouest, et sont inclinés vers le nord-est; on ne compte pas moins de 
deux plats et de trois droits distincts : ils sont séparés par des lignes de 
plissement qui plongent vers lest. Cette disposition se comprend facile- 



iik 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



ment au simple examen d'une coupe verticale de la fosse, menée du nord 
au sud. 

La fosse du Sarteau est située sur la rive gauche de l'Escaut, à environ 
500 mètres de la faille d'Âmaury, et à 1,150 mètres au sud de la fosse Trou- 



TRACE DES YOIES DE NIV EAU PC LA VEIHE HCUF PAUMES. 

Echelle de 



R<r. 2> 



%' 

KT 




Martin ; elle a trouvé le terrain houiller à la profondeur de 43 mètres, et 
son dernier accrochage est situé à celle de 219 mètres. On y a reconnu 
l'existence d'un certain nombre de veines, auxquelles on a donné des noms 
spéciaux, parce qu'on ignorait leur relation avec celles qu'on exploitait 
ailleurs. La correspondance des unes et des autres a été déterminée au 
moyen d'une galerie tracée dans une même veine, entre le niveau de 
290 mètres de la fosse d'Outre- Wez, et celui de 219 mètres de la fosse du 
Sarteau ; cette veine portait à la première le nom de Grande veine (nous 
verrons tout à l'heure qu'elle est identique à Masse), et à la seconde le nom 
de Veine n° 8; il a alors été facile de compléter la correspondance pour 
l'ensemble des deux gisements. 



CHAPITRE V. 



125 



Dans le tableau ci-dessous, nous faisons connaître les noms attribués 
autrefois aux veines exploitées à la fosse du Sarteau, en regard de ceux 
qu'elles ont reçus à titre définitif : 



Anciens noms 

des 

veines de la fosse 

du Sarteau. 



ANCIENS NOMS DBS VBINBS 

Dl LA VOSIS DO 8A1TIAU. 



NOMS DÉFINITIVEMENT ATTRIBUÉS 

A CBS TUNIS. 



Veine n* 8 

Veine n* 7 

Veine n» 6 

Veine n» 5 

Veine n» 4 

Veine du fond j 

Veine du pied 

Saint-Joseph 



Masse. 

Veine, à filons. 
Douze paumes. 
Huit paumes. 
EscaiUe. 
Neuf paumes. 
Petite veine du midi. 
Rapuroir. 
Saint- Joseph. 



La veine Cinq paumes du nord ne passe pas à la fosse du Sarteau; les 
veines Neuf paumes et Petite du midi s'y réunissent en une seule, qui a reçu 
le nom de Veine du fond. 

La communication entre les fosses du Sarteau et d'Outre-Wez a été 
ouverte dans un plat de la veine Masse; cette veine a été trouvée belle et 
régulière sur tout le parcours de la galerie; malheureusement, il n'a pas 
été possible de l'exploiter dans cette région par la fosse d'Outre-Wez qui 
en était trop éloignée, ni par celle du Sarteau qui n'était pas assez profonde. 
On n'a d'ailleurs remarqué entre le Sarteau et Outre-Wez aucun accident 
altérant la continuité des terrains. Il serait donc inexact de prétendre que 
le gisement du Sarteau constitue un bloc isolé dans ie bassin houiller; il se 
relie au contraire, tout naturellement, aux exploitations de la région de 
Fresnes. 

Au nord, les veines du Sarteau vont buter contre le cran d'Amaury 
qui les interrompt brusquement, et qui n'a encore été traversé qu'à la fosse 
de Vieux-Condé* 

Les travaux du Sarteau donnaient beaucoup d'eau, et l'exploitation 
des veines y était peu avantageuse, à cause de leur irrégularité; ces deux 



126 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Anciens noms 

des 

veines de la région 

de Fresnes. 



circonstances ont motivé l'abandon définitif de cette fosse. A une distance 
de 500 mètres vers le nord-ouest, le sondage des Longs-henry a pénétré dans 
le terrain houiiler à la profondeur de 44 mètres. 

Avant d'aller plus loin, nous ferons connaître les noms qui ont été 
donnés autrefois aux veines exploitées dans la région de Fresnes, en les 
rapprochant de ceux qui leur ont été attribués définitivement. Ainsi que 
nous l'avons déjà dit, on est certain maintenant que le faisceau exploité à 
Fresnes n'est autre chose que le prolongement de celui de Vieux-Condé 
et d'Hergnies. 

La concordance des couches s'établit de la manière suivante : 



NOMS ANCIENS DBS VEINES 

1 01 LA aiOION DB P&ISRII. 


NOMS ADOPTAS 
DtrjRlTlYEMBHT. 


Petit Clausin 


Saint-Pierre. 

Elisabeth. 

SU paumes. 

Petite veine. 

Quatorze pouces. 

Masse. 

Cinq paumes du nord. 

Veine à filons. 

Douze paumes. 

Huit paumes. 

E écaille. 

Neuf paumes. 

Petite Teine du midi. 

Rapuroir. 

Saint-Joseph. 

























Fosse 
de Vieux-Condé. 



La fosse de Vieux-Condé a été ouverte, en 1854, à 300 mètres environ 
de la faille d'Amaury, et à 1,150 mètres à Test de la fosse du Sarteau. Elle 
a atteint le terrain houiiler à la profondeur de 27 mètres, au midi de l'af- 
fleurement du faisceau de Vieux-Condé. Nous avons vu qu'elle sert à 
exploiter le pied des veines des fosses Vieille-Machine et Léonard, au nord 
du cran d'Amaury; au sud de cet accident, elle a trouvé des terrains qui 
présentent une succession de plats et de droits, et dont l'allure ressemble 



CHAPITRE V. 127 

beaucoup à celle des terrains du Sarteau, avec cette différence que les 
droits sont parfois renversés au delà de la verticale. Nous savons déjà que 
les travaux exécutés dans cette région sont interrompus au couchant et au 
midi par un grand brouillage, d'environ 100 mètres de largeur, situé sur 
le prolongement de la faille d'Hergnies. Ce brouillage a été traversé par la 
voie de fond de Neuf paumes, niveau de 345 mètres, et celle de Veine à 
filons, niveau de 407 mètres. Le sommet de l'exploitation de Neuf paumes, 
au delà de cet accident, est arrivé à une faible distance des travaux en 
droit du Sarteau. Il existe donc une communication presque complète 
entre les deijx fosses, et on est certain qu'elles possèdent les mêmes 
veines, qui continuent de l'une à l'autre la succession de plissements pré- 
cédemment observée. On n'y connaît pas les veines inférieures du faisceau, 
parce qu'elles vont buter à la faille d'Àmaury, à l'ouest du Sarteau ; on ne 
les voit reparaître dans les travaux existants qu'en s'éloignant de cet acci- 
dent, dans la direction du sud. 

La fosse de Vieui-Condé a son dernier accrochage au niveau de 
407 mètres; il y aura intérêt à l'approfondir, tant que ses bowettes nord 
pourront exploiter la partie du faisceau située au delà du cran d'Amaury; 
sa profondeur devra donc être, à peu de chose près, celle de l'intersection 
de la base du faisceau avec ledit accident. 

Les fosses creusées dans la région proprement dite de Fresnes ont été Anciennes fosse* 
très nombreuses ; nous citerons les suivantes : Glausin, Durfin, Sainte- région de Fresnes. 
Anne, Saint-Joseph, d'Outre-Wez, Saint-Mathias, Long-Farva, des Quatre- 
Pagnotis, Saint-Lambert, Joseph Routard, Mon-Désir, Jeanne Golard, 
Saint-Mathieu, Saint-Nicolas, Petites-Fosses, du Vivier, du Grand- Wez, 
Grève-Cœur, Dubois, Toussaint-Carlier, Saint-Louis, Saint-Rémy, Saint- 
Germain, des Rameaux, Brûlées, Saint-Pierre, Pierronne, Saint- Jean, Saint- 
Jacques, Bonne-Part; nous ne parlons, bien entendu, que de celles qui 
ont été poussées jusqu'au terrain houiller. Elles ont toutes été successive- 
ment abandonnées; la fosse Bonne-Part est restée seule en activité pendant 
longtemps, et c'est tout récemment qu'on s'est décidé à la mettre égale- 
ment en chômage, pour des motifs que nous indiquerons plus loin. 



128 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Droita d'Ootre-wes. Nous n'avons pi us à revenir sur l'allure que présente le faisceau dans 

la région où on Ta exploré et exploité. Noos rappellerons seulement que 
l'on a trouvé à la fosse d'Outre-Wez de grands droits plongeant d'environ 
45° vers le nord-est à l'affleurement, et s'aplatissant de plus en plus en 
profondeur. Ces droits appartiennent aux veines exploitées à la fosse de 
Vieux-Condé, au sud de la faille d'Amaury, et se raccordent avec les plats 
existant au midi de cette fosse, par une sorte de fond de bateau plus ou 
moins accidenté, dont l'allure n'est pas connue. Il existe également à 
Outre-Wez d'autres plats et d'autres droits moins importants. C'est l'un 
des plats situés au nord- ou est de la fosse qui a été relié avec les exploita- 
tions du Sarteau par une galerie établie dans la veine Masse. 

Vers la fosse du Grand-Wez, le faisceau a. déjà repris sa disposition 
normale en plat, qui n'est altérée que dans le voisinage du cran d'Amaury. 
Là, les veines ont dépassé la direction nord-sud, et commencent à s'infléchir 
vers le sud -ouest. Leur inclinaison est très faible et se maintient presque 
partout entre 10° et 15°. Dans les chassages du levant, on observe des allures 
normales en droit qui se rapprochent de celles que l'on connaît à Outre- 
Wez. 

rot* Bonne-Part. Nous nous arrêterons quelques instants à la fosse Bonne-Part, parce 

que le faisceau y a été mieux étudié que partout ailleurs, et que son exploi- 
tation n'y a été que très récemment suspendue. 

Cette fosse est située à 1,900 mètres environ au sud de la fosse de Vieux- 
Condé, près du chemin de fer d'Anzin à Péruwelz. Elle comprend deux 
puits qui sont entrés dans le terrain houiller, à la profondeur de 44 mètres, 
à 670 mètres au sud-est de l'affleurement de la veine Saint-Joseph. Si on 
mène par la fosse une coupe normale à la direction des veines, elle va pas- 
ser à peu de distance des fosses des Rameaux et du Vivier; les terrains tra- 
versent cette coupe sous l'orientation générale N. 30* E., et présentent à sa 
rencontre une inclinaison moyenne de 12° à 15° vers Test, qui tend à dimi- 
nuer au voisinage du tourtia. Le dernier accrochage se trouve au niveau 
de 364 mètres, et on conçoit qu'en raison de la faible pente deâ veines, elles 
aient été exploitées sur une relevée considérable avant la rencontre des 



CHAPITBE V. 129 

morts-terrains. Certains chassages ont été continués à grande dis- 
tance; nous citerons notamment celui du levant de Neuf paumes, à 
Tétage de 329 mètres, qui a été poursuivi jusqu'à proximité de la 
limite des travaux d'Outre-Wez, et ceux du couchant de Masse et de 
Veine à filons, aux niveaux de 297 et de 329 mètres, dont les extrémités 
sont arrivées jusqu'à près de 2,000 mètres de la fosse. Ces galeries ont 
permis de se rendre compte, avec une grande exactitude, des varia-' 
tions d'allure que le faisceau présente dans la région de Fresnes; elles 
se développent suivant des contours presque circulaires ayant leur 
centre vers le nord-ouest, et elles montrent par quels changements 
successifs et graduels les veines passent de l'allure tourmentée qu'elles 
ont encore à Outre-Wez, à la disposition générale en grands plats que 
l'on observe du côté du couchant. Dans le méridien des fosses Saint- 
Rémy et Saint-Germain, la direction générale des terrains est 0. 30° S., 
et elle paratt se conserver sans grande modification jusqu'à proximité de 
la concession de Yicoigne; en même temps, leur pente se fixe à environ 
25° vers le sud. 

Le champ d'exploitation de la fosse Bonne-Part ne présente qu'un petit Accident* reconnus 
nombre d'accidents dignes d'être cités. On y remarque seulement trois foeie Bonne-Pan. 
failles ou déchirures qui altèrent peu la continuité du faisceau. La plus 
méridionale, appelée par M. Dormoy faille du midi de Fresnes, affleure au Faille 

tourtia suivant une ligne droite qui, partant de la fosse Saint-Germain, se ° PetIle, ' 

dirige à peu près de l'est à l'ouest; cette faille est presque verticale. La plus 
septentrionale, à laquelle M. Dormoy a donné le nom de faille de Bonne-Part, Faille 

affleure suivant une ligne ayant la même direction est-ouest, et située à 
650 mètres environ au nord de l'affleurement de la faille du midi de Fresnes; 
son inclinaison est de 80° vers le nord. Enfin, la troisième dessine contre le 
tourtia, entre les deux précédentes, un arc de grand diamètre ayant sa 
concavité au sud et son extrémité orientale au voisinage de la fosse des 
Rameaux. Ces trois accidents ont pour effet de rejeter les terrains vers 
l'est, pour un observateur qui descend du nord vers le sud. Le rejet 
peut être évalué à 140 mètres pour le plus septentrional, à 50 mètres 

17 



130 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



v« 



de 
u 
de 



pour le suivant, et à 70 mètres pour le troisième : ils n'exercent donc 
qu'une faible influence sur l'allure générale du faisceau. En outre, leur 
effet s'atténue à mesure que Ton s'avance dans la direction du sud- 
est; au voisinage du clocher de Fresnes, il est devenu complètement 
nul. Dans les veines du faisceau de Fresnes-midi, dont nous allons 
maintenant parler, et qui sont situées immédiatement au-dessus du fais- 
ceau de Yieux-Condé, on ne trouve aucune trace du prolongement de 
toutes ces failles. 

Au niveau de 329 mètres de la fosse Bonne-Part, un recoupage 
partant de la voie de fond de Neuf paumes, et dirigé vers l'est, a tra- 
versé, au delà de la veine Saint-Joseph, une série de couches que l'on 
a appelées : Dure veine, Catnarou, Voisine, Quatre pieds, Saint-Crépin, Napo- 
léon, Louvigny, Bussy. 

Leur composition moyenne est indiquée par le tableau suivant. La 
planche XII donne la coupe des terrains encaissant ces diverses veines. 



H. HooilU». — T. 

IL Fanx-omr. 

S. Sctata. — B. 




& 



'sssmvpsssssssssss. 



V///////S////7777? 



ZZZZZZZZZZZZZZZZZ&L+.t% 



NATURB 



DU TOO. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Ml MCS. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



I 



< W .g O • 

3^ Z 



76- 



30- 



6- 



PROPORTION P. 0/0. 



MATISKK8 



10.39 



COKE. 



86.51 



3.10 



OOOLSCR 



CHAPITRE V. 



131 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faaz-toii. 

M. Faux-mar. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



Qcurtre pieds. 




a©.** 



&o.$5 



S\ Crépis 




Hapoléon. 




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Y////////////M//A*** 




KoJoàojQo 






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NATURE 



DU TOIT. 



Schiete. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



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** ♦* o 

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PROPORTION P. 0/0. 



MATlftKSS 

volatiles. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



15 



m 



13' 



11 



m 



28»,50 



11.26 



10.39 



11.18 



11.45 



COKB. 



Carbone. 



85.62 



83.93 



87.10 



86.53 



Cendres. 



3.12 



COULEUR 
des 

CXMDRHa. 



5.68 



1.72 



2.02 



Dure veine, Voisine et Saint-Crépin, ont été trouvées inexploitables ; 
dans les cinq autres, notamment dans Gamarou et dans Louvigny, on a exé- 
cuté quelques travaux; mais on les a bientôt suspendus, en même temps 
qu'on arrêtait le creusement du recoupage de reconnaissance, à cause de 
l'allure tourmentée des terrains qui, à cet endroit, présentent des crochets 
assez semblables à ceux de la fosse du Sarteau. Leur direction générale dans 



132 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

les plats est celle du nord-ouest au sud-est ; ils s'infléchissent ensuite vers 
le sud, puis vers le sud-ouest, parallèlement au faisceau de Vieux-Condé, 
avant de pénétrer dans la concession d'Escaupont. 

Le groupe de veines dont nous venons de parler constitue la partie infé- 
rieure d'un autre faisceau situé immédiatement au-dessus de celui de Vieux- 
Condé, et qu'on appelle faisceau de Fresnes-midi. Il est connu d'une 
façon beaucoup plus complète dans la concession d'Escaupont, où il pré- 
sente des plats très réguliers que l'on exploite avec avantage. Saint-Joseph, 
qui est la dernière veine du faisceau de Vieux-Condé, et Dure veine, qui est la 
première de celui de Fresnes-midi, ne sont séparées que par un intervalle 
stérile de 32 mètres d'épaisseur, compté normalement à la stratification. Il 
existe, au contraire, un intervalle de 76 mètres entre Dure veine et Camarou, 
en sorte qu'il serait plus naturel de rattacher Dure veine au faisceau de Vieux- 
Condé, Camarou commençant celui de Fresnes-midi. En réalité, les deux fais- 
ceaux ne sont pas distincts, puisqu'ils se suivent sans que l'on observe entre 
eux une zone stérile plus épaisse que la distance ordinaire de deux veines 
consécutives. Cette continuité se remarque également dans la proportion de 
matières volatiles des charbons extraits, qui ne change pas brusquement d'un 
faisceau à l'autre. En général, les veines du groupe de Fresnes-midi sont un 
peu plus grasses que celles de Vieux-Condé, mais l'écart est peu sensible. 

Si nous revenons maintenant au gisement de Bonne-Part, nous pou- 
vons résumer son état en disant qu'il est peu régulier, et d'une exploitation 
difficile dans la partie la plus voisine du cran d'Àmaury, c'est-à-dire de la 
fosse d'Outre-Wez; qu'au contraire, il se présente sous un aspect satisfai- 
sant du côté du couchant. Les veines du faisceau de Vieux-Condé ont, dans 
toute leur étendue, une puissance et une composition assez constantes, et il 
en est de même des bancs stériles qui les séparent; cependant, on constate 
une tendance générale à l'amincissement dans la région de Fresnes; c'est 
encore une circonstance défavorable à l'exploitation. Il est à remarquer, 
toutefois, que cette règle souffre des exceptions, puisque certaines couches, 
Petite veine par exemple, sont parfois exploitables à Fresnes, tandis qu'elles 
ne le sont pas à Vieux-Condé et à Hergnies. 



j 



CHAPITRE V. 133 

Les motifs qui ont porté la compagnie d'Ànzin à abandonner la fosse 
Bonne-Part sont assez nombreux. Les travaux s'étendaient sous le village 
de F r es nés, et y occasionnaient des affaissements qui obligeaient à payer 
aux propriétaires de la surface des indemnités considérables. De plus, on 
avait à extraire journellement 8,000 hectolitres d'eau, par une pompe mon- 
tée sur l'un des puits ; cette eau provenait en grande partie des anciens 
puits très nombreux creusés dans la région de F r es nés, et dont plusieurs 
ont été fermés d'une manière incomplète. Enfin, le gisement n'était d'une 
exploitation réellement avantageuse qu'à une trop grande distance au 
couchant de la fosse. 

La compagnie a donc pensé qu'il était plus sage de le rechercher par fos* l* Gnmge. 
une nouvelle fosse, dite fosse La Grange, qu'elle est en train d'ouvrir dans 
la concession de Raismes, au voisinage de son angle commun avec les con- 
cessions de Fresnes, Escaupont et Sainl-Saulve, et à 1,870 mètres de la 
fosse Thiers, sur une ligne partant de cette fosse et dirigée N. 30° O. Cette 
fosse servira à exploiter à la fois le faisceau de Vieux-Condé et celui de 
Fresnes-midi, et on se garantira du voisinage des travaux inondés de Bonne- 
Part, en réservant contre eux un massif vierge de 100 mètres d'épais- 
seur. 

Le faisceau de Fresnes-midi se prolonge, parallèlement à celui de 
la fosse de Vieux-Condé, jusqu'au cran d'Amaury; mais on a renoncé 
à l'exploiter au nord de la fosse Bonne-Part, à cause de l'irrégularité 
générale des terrains constatée par les travaux du nord d'Outre-Wez et par 
ceux du sud de la fosse de Vieux-Condé. Du moment qu'il n'est pas exploi- 
table aux abords de la fosse Bonne-Part, où l'influence de l'accident 
d'Àmaury est déjà très atténuée, il doit être impossible, à plus forte raison, 
d'en tirer un parti avantageux dans la région où l'on sait qu'il doit présenter 
des replis plus nombreux et une allure plus tourmentée. 

Au nord de l'accident d'Amaury, le faisceau de Fresnes-midi est repré- 
senté par quelques passées qui ont été reconnues, un peu à l'est de Vieux- 
Condé, parles travaux de la fosse du Milieu ou du Milan, établie en 1747 
sur l'accident môme. Ces passées, que l'on a appelées Puanle, Française et 



13ft BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

• 

Désirée, ont été trouvées inexploitables; Puante paraît correspondre à 
Dure veine, Française à Camarou, et Désirée à Voisine. 

Enfin, au nord du faisceau de Vieux-Condé, on ne connaît que les 
veines de Bruille et de Château -l'Abbaye. Elles ont été rencontrées par les 
trois sondages du nord-ouest de la fosse Sophie, et par les fosses de Bruille 
et Pont-Péry : c'est également sur leur parcours qu'ont été creusées très 
anciennement un certain nombre de fosses, parmi lesquelles nous cite- 
rons la fosse Hurbin (1741-1743), où la houille a été découverte pour 
la première fois dans la concession de Vieux-Condé, et qui, après être 
entrée dans le terrain houiller à la profondeur de 30 mètres, n'y a 
trouvé que quelques passées inexploitables; la fosse Capote, de la com- 
pagnie de Mortagne (1750-1776), et la fosse des Hayes (1766). Cette dernière 
est remarquable en ce qu'elle n'a traversé que 48 mètres de terrain houiller, 
de la profondeur de 32 mètres à celle de 80 mètres, après quoi elle a atteint 
le calcaire carbonifère. 
sondages Divers so adage s ont été exécutés dans la partie sud-ouest de la conces- 

do la concession 

deFresnes. sion de Fresnes et y sont tombés, soit sur l'affleurement du faisceau de 
' Bruille, soit sur celui du faisceau de Vieux-Condé. Le plus septentrional est 

celui du Clair-Cerisier (1840), qui a été placé sur le territoire d'Escaupont, 
près de la drève d'Escaupont; il a exploré le terrain houiller, de la pro- 
fondeur de 62 mètres à celle de 112 mètres, et n'y a trouvé qu'une passée* 
de m ,17 d'ouverture. 

Au sud-est de ce sondage, on en a entrepris trois autres, dont le plus 
ancien (1840), appelé sondage du Dérodage, a atteint le terrain houiller à la 
profondeur de 58 mètres, et a été poursuivi jusqu'à celle de 123 mètres; dans 
cet intervalle, il a traversé huit passées de m ,15, m ,25, m ,28, m ,23, m ,16, 
m ,18, m ,12, O^Ojet une veine de œ , 70; le second, dit sondage delà Taille 
à Boulçaux (1841), situé un peu au nord-ouest du précédent, n'a trouvé 
aucune trace de houille, de la profondeur de 60 mètres à celle de 84 mètres; 
quant au troisième, qui a reçu le nom de sondage de la Planquette, il a 
été placé à peu de distance au sud-est des deux autres (1840) , et, depuis le 
niveau de 68 mètres auquel il a atteint le terrain houiller, jusqu'à celui de 



CHAPITRE V. 



135 



112 mètres, il a traversé sept veines et passées de charbon, ayant les épais- 
seurs de m ,47, m ,48, m ,30, m ,23, Π,36, l m ,36 et 0V28, aux profondeurs 
respectives de 72, 76, 8ft, 86, 88, 95 et 103 mètres. 

Nous citerons encore, pour mémoire, le sondage du Champ desCarniaux 
(1839), situé sur le territoire de Fresnes au sud-ouest de la fosse Saint- 
Germain, qui a atteint le terrain houiller à la profondeur de 70 mètres, 
mais qui, n'ayant été poursuivi que jusqu'à celle de 76 mètres, n'a pas 
rencontré la houille. 

D'après leur position, comme d'après les résultats qu'ils ont obtenus, 
il parait probable que le sondage du Clair-Cerisier se trouvait sur le fais- 
ceau de Bruille; ceux du Dérodage, de la Taille à Bouleaux et delà Plan- 
quette, sur le bord septentrional du faisceau de Vieux-Condé, et celui du 
Champ des Carniaux sur son bord méridional. 

Dans tout ce qui précède, nous avons, bien entendu, laissé de côté les 
fosses assez nombreuses qui, dans les concessions que nous examinons, 
ont dû être abandonnées avant d'atteindre le terrain houiller. * 

Dans ces derniers temps, l'extraction a été poussée avec une grande 
activité dans le gisement de Vieux-Condé, et pourtant ses ressources ne 
sont pas indéfinies. Au nord de la faille d'Amaury, les veines du faisceau 
de Vieux-Condé sont interrompues par cet accident à une profondeur rela- 
tivement faible, et comme elles ont été exploitées sur tout leur parcours au 
voisinage de l'affleurement, il ne reste plus guère à en prendre que les 
parties les plus voisines de la faille. Nous avons fait remarquer, tou- 
tefois, que deux fosses pourront être avantageusement établies, l'une à 
l'est, l'autre au. sud-est de la fosse Général de Chabaud La Tour. Ces 
nouvelles fosses, de môme que celles qui sont actuellement en activité 
ou en réserve, seront affectées exclusivement à l'exploitation des veines 
du faisceau de Vieux-Condé, car nous savons qu'il ne faut pas compter 
sur les veines de Bruille, et quant à celles du faisceau de Fresnes- 
midi, elles paraissent inexploitables dans la région de Vieux-Condé et 
d'Hergnies, d'après ce que l'on en sait jusqu'à présent; en admettant, 
d'ailleurs, qu'elles y [fussent exploitables, elles sont si rapprochées de la 



Ressources 

du 

gisement 

de Vieux-Condé. 



Résumô. 



136 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

faille d'Araaury, qu'elles seraient vite épuisées jusqu'au contact de cet 
accident. 

Ces diverses considérations montrent que la région de Vieux-Condé et 
d'Hergnies, quoique renfermant encore des richesses minérales considé- 
rables, doit être ménagée, si Ton ne veut pas répuiser à bref délai. Cette 
situation est d'autant plus digne d'attention, qu'au midi du cran d'Amaury, 
les terrains présentent, jusqu'à la fosse Bonne-Part, une irrégularité qui 
s'oppose à leur exploitation. Cette allure tourmentée tient au voisinage de 
la faille qui est presque droite, puisqu'elle est inclinée de 80* vers le nord; 
on ne peut donc pas espérer une amélioration en profondeur; quant aux 
veines du faisceau de Fresnes-midi, elles n'ont pas été explorées au voisi- 
nage de la faille, mais comme elles ont été trouvées irrégulières et in ex- 
pi oi tables à Bonne-Part, elles doivent l'être, à plus forte raison, au nord 
de cette fosse. 

D'après cela, il faudra s'éloigner dans la direction du sud-ouest, pour 
continuer l'exploitation des charbons maigres; on sort ainsi de la conces- 
sion de Fresnes pour entrer dans celle de Raismes, et c'est déjà dans cette 
dernière qu'a été fixé l'emplacement de la nouvelle fosse La Grange; il 
parait heureusement choisi pour exploiter les deux faisceaux de Vieux- 
Condé et de Fresnes-midi. 

En résumé, l'exploitation des charbons maigres abandonnera bientôt 
les concessions de Vieux-Condé, Odomez et Fresnes, pour se réfugier dans 
celles de Raismes et d'Anzin. Les faisceaux de Vieux-Condé et de Fresnes- 
midi se prolongent au nord de ces deux dernières concessions, et si on en 
juge par ce qui se passe à Vicoigne où les veines, bien que plusieurs fois 
repliées sur elles-mêmes, présentent une allure régulière, on les trou- 
vera dans des conditions favorables à une bonne exploitation. Les charbons 
maigres constituent, beaucoup plus que les demi-gras et les gras, la prin- 
cipale richesse de la compagnie d'Anzin, et quand la partie méridionale 
de ses concessions aura été épuisée, il lui restera, au nord du chemin de 
fer de Somain à Valenciennes, un vaste territoire dans lequel elle pourra 
continuer ses travaux pendant une longue série d'années. 



CHAPITRE V. 137 

En terminant ce chapitre, nous ferons remarquer que la partie des 
concessions de Fresnes et de Vieux-Condé, comprise entre les périmètres 
des concessions d'Escaupont et de Thivencelles, n'a encore été l'objet 
d'aucune exploration. Cette région renferme vraisemblablement une série 
de veines supérieures à celles du faisceau de Fresnes-midi, et rien n'in- 
dique qu'elle soit inexploitable. 11 y a peut-être là une ressource pour l'ave- 
nir. Nous ferons connaître plus loin quelles sont les veines qui, dans 
l'ordre de la stratification, viennent immédiatement au-dessus de celles 
du faisceau de Fresnes-midi. 



18 



CHAPITRE VI. 



CONCESSION D'ESCÀUPONT. 



La concession d'Escaupont (pi. II), qui appartient à la compagnie de 

Thivencelles et Fresnes-midi , est de beaucoup la plus petite du bassin de 

Yalenciennes. Son étendue n'est que de 110 hectares. Néanmoins, elle ren- 
ferme un beau gisement de charbons maigres, ou plutôt quart gras, 

remarquable en certains points par sa régularité. 

Les veines qu'on y connaît se succèdent dans Tordre suivant, quand veines reconnues. 
on va du nord au sud, ou, ce qui revient au même, de bas en haut : Petite 
veine, Mathieu, Juliette, Boisset, Napoléon, Louvigny, Bussy, Sainte-Barbe, Jean 
de Dieu, Hamoir, Fleury, N* 9 ou Bouillez, N* 10, N° 11, N° 12, N° 18. 

Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne de ce faisceau : 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — E. BacaiUage. 



IVtïte wino • 



t 



N.0.1S 



'SS///////S/S//S//// 



'//////////////////* 



M.ai 



JUfttJMcm. 



//////////////////, 




NATURE 



DU TOIT. 



Grès. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



■S e a o 

B*-8f 

< « m °T8 



40' 



30 



m 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



10.84 



cou. 



Carbone. 



85.31 



Cendres. 



3.85 



COULEUR 
des 

CHNDRM. 



Blanc. 



no 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPBS DBS YBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Btcaillage. 



Babette. 




Bois «et. 




É*.*o 



ITapoléon.. 








lU.St 



firisey. 

mzzzzzztzzzzzà*** 




iu.6o 



£? Barbe. 





NATURB 



DU TOIT. 



do icoa. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 






aaBjsssBsssBSBSsaeBBjnsi 

PROPORTION P.0/0. 



14- 



2i- 



MATltftlS 

volatiles. 



Schiste. 


15» 


Schiste. 


22» 


Schiste. 


23- 


Schiste. 


30» 


Schiste. 


31» 







11.00 



12.31 



10.75 



12.67 



12.10 



12.93 



coi 



Carbone. 



78.90 



83.29 



78.85 



82.98 



83.00 



76.97 



Cendres. 



10.10 



4.40 



10.40 



4.35 



4.90 



10.10 



COULEUR 
des 

CtHDl 



Gris. 



Blanc. 



Blanc. 



Blanc. 



Gris. 



Gris, 



CHAPITRE VI. 



m 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Panx-mor. 
S. Schiste. — B. BscaiUage. 



Va 




2 




JWNP^k' 




M.*8o 



]&*9 ou Bouilles 

Va 



S.0.S0 




2 




H.:** 



N?10 



N?n 



N?12 



ff?13 



NATURE 



DÛ TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



■s* 

> m 






§i 

II 

sa 



PROPORTION P. 0/0. 



MATItft 18 

volatiles. 



35« 



22 m 



13" 



10' 



11 1 



50« 



COKB. 



Carbone. 



Cendres. 



COULEUR 
des 

OBfDBBS. 



Ces veines donnent nne proportion de matières volatiles qui varie de 
14 à 12, et môme 13 0/0. 

L'exploitation a principalement porté snr la partie dn faisceau allant de 
Mathieu à Sainte-Barbe. Petite veine n'a donné lieu qu'à des travaux très 



142 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

restreints, et au midi de Sainte-Barbe, on n'a guère ouvert que quelques 
tailles dans Jean de Dieu et Veine n° 13. 
CamtAns géoérux Le fait le pi us saillant à remarquer dans le faisceau de la concession 

d'Escaupont, c'est que le gisement parait en général s'appauvrir en pro- 
fondeur, par suite d'une diminution graduelle de l'épaisseur des veines. C'est 
ainsi que Juliette et Boisset, qui ont une très belle apparence dans les 
niveaux supérieurs, disparaissent complètement à une certaine distance de 
leurs affleurements : elles n'ont été rencontrées, ni à l'étage de 344 mètres de 
la fosse Soult, ni à 4 celui de 293 mètres de la fosse n° 2. On a cru un instant, 
pour ce motif, qu'elles ne constituaient pas deux veines distinctes, et qu'elles 
devaient être regardées comme des lambeaux de Napoléon et de Lou- 
vigny; mais, outre qu'on ne connaît pas d'accident auquel on puisse attri- 
buer un rejet aussi considérable de ces deux veines, la recherche faite au 
niveau de 329 mètres de la fosse Bonne-Part ne permet plus de douter de 
leur individualité, et de leur indépendance complète de Napoléon et de Lou- 
vigny. La veine Jean de Dieu a de même disparu à tous les niveaux infé- 
rieurs à celui de 17i mètres de la fosse Soult, en sorte que la bowette sud 
de l'étage de 250 mètres de cette fosse a recoupé Hamoir immédiatement 
après Sainte-Barbe. 
AnUniuuoo Le faisceau de la concession d'Escaupont se raccorde parfaitement avec 

des 

veines d'Escaupont celui dont l'existence a été reconnue au sud-est de la fosse Bonne-Part; il 
4e existe entre l'un et l'autre une telle ressemblance que leur identité est 

u fa»» Boa***»*, ^eontestable; il convient de l'établir comme il suit. 

Au nord de Petite veine, il existe à la fosse Soult deux passées, dont 
la plus septentrionale a été atteinte à l'extrémité d'une galerie servant de 
réservoir d'eau, dite albracq, creusée au niveau de 354 mètres; on l'a par- 
fois appelée Petite veine, seconde du nom. Ces deux passées paraissent être 
les deux sillons de la veine Saint-Joseph, qui sont parfaitement distincts à 
Hergnies, où on les connaît sous les noms de Voisine et de Patience, et qui 
viennent se rejoindre à la fosse du Sarteau. On trouve ensuite les 
tions indiquées ci-contre : 



CHAPITRE VI. 



U3 



NOMS ATTRIBUÉS A UNB MÊME VEINB 



A LA F0881 BONMB-PART. 



Dure veine. . 
Camarou. . . 
Voisine. . . , 
Quatre pieds. 
Saint-Crepin. 
Napoléon. . . 
Louvigny. . 
Bussy . . . 



DANS LA COMCSSSlOIC d' ESC A UPOHT. 



Petite veine. 

Mathieu. 

Passée. 

Juliette. 

Boisset. 

Napoléon. 

Louvigny. 

Bussy. 



La galerie de l'étage de 329 mètres de la fosse Bonne-Part ayant été 
arrêtée sur la veine Bussy, on voit que les travaux d'Escaupont s'étendent, 
du côté du midi, sur une zone de terrain houiller qui n'a pas encore été 
explorée dans retendue des concessions précédemment étudiées. 

Le faisceau d'Escaupont a été appelé faisceau de Fresnes-midi, du nom 
de la compagnie à laquelle appartient la concession dans laquelle on 
l'exploite; nous avons vu qu'il suit immédiatement celui de Vieux-Condé, et 
qu'il n'en est séparé par aucun intervalle stérile digne d'être signalé; à pro- 
prement parler, la distinction qu'on a l'habitude de faire entre eux est de 
pure convention, et il serait plus rationnel de les regarder comme constituant 
un seul groupe de veines. 

Nous savons qu'à la fosse Bonne-Part, les veines du faisceau de Fresnes- 
midi sont orientées du nord-ouest au sud-est, et présentent une irrégularité 
qui les rend inexploitables. Au voisinage de la concession d'Escaupont, 
elles décrivent en affleurement une sorte d'arc circulaire, en s'infléchissant 
d'abord au sud, puis au sud-ouest; elles pénètrent dans cette concession, par 
sa limite orientale, sous la direction 0. 30 p S., qu'elles conservent jusqu'à 
proximité du cours de l'Escaut; elles entrent ensuite dans la concession de 
Saint-Saulve, puis dans celle de Raismes, sous une orientation peu différente. 

Les terrains d'Escaupont sont toujours en plat; leur inclinaison varie 
de 15° à 30° vers le midi, ou plus exactement vers le s.ud-est. Le plus gêné* 



Allure 
des terrains 
d'Escaupont. 



m BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

ralement, les bancs s'aplatissent à mesure qu'on s'avance vers le sud, en 
sorte qu'une même veine fournit des quantités de charbon considérables, 
entre deux niveaux relativement rapprochés. 11 en est ainsi, notamment, 
pour les veines Napoléon et Louvigny, entre l'étage de 284 mètres et celui 
de 344 mètres de la fosse Soult. 

La grande régularité de ces terrains compense jusqu'à un certain point 
l'exigu i té de la concession. Il existe toutefois une zone brouillée qui s'étend 
du puits Soult au puits n° 2, et qui se propage en profondeur; mais la partie 
située au sud de cette zone est fort belle, et ne présente que des rejets peu 
importants ; elle fournit des charbons à flamme courte, assez durs et gaille- 
teux, très recherchés pour le chauffage domestique, ainsi que pour la cuis* 
son de la brique et de la chaux, et d'un prix de revient peu élevé. 
L'irrégularité des terrains ne reparaît qu'au midi de la concession, qui 
a été explorée jusqu'à sa limite sud par une galerie creusée au niveau de 
250 mètres de la fosse Soult. 
Torrent de vicq. La concession d'Escaupont est située sur le bord de la dépression houil- 

lère qu'on appelle vallée de Vicq. Le terrain houiller, qui se trouve à 
44 mètres du sol à la fosse Bonne-Part, est déjà situé à la profondeur de 
98 mètres à la fosse Soult, et de 122 mètres à la fosse n° 2; il continue à 
s'enfoncer dans la direction du sud-est, vers le clocher de Vicq. En même 
temps, on voit se développer de plus en plus, au-dessus de lui, le grès glau- 
conifère connu vulgairement sous le nom de grès vert. 11 est très aqui- 
fère, parce que la couche de dièves qui garantit les exploitations du dépar- 
tement du Nord contre les inondations s'amincit rapidement vers la frontière, 
et laisse arriver les eaux jusqu'au contact de la formation houillère. Il est 
donc prudent, toutes les fois que la présence du grès vert est constatée, de 
parer au danger résultant de son voisinage, en réservant contre lui un massif 
vierge de terrain houiller. Cette précaution n'a malheureusement pas été 
prise à la fosse Soult au début des travaux, parce qu'on ignorait alors la 
chute rapide de l'affleurement du bassin dans la direction du sud- est. Une 
bowette creusée vers le midi, au niveau de 171 mètres, s'est peu à peu 
approchée du grès vert, et a donné une quantité d'eau qui a rapidement aug- 



CHAPITRE VI. 



1^5 



mente. Un montage de reconnaissance exécuté à l'extrémité de cette galerie, 
c'est-à-dire à 230 mètres du puits, a ensuite permis de reconnaître l'existence 
du grès vert à une faible distance. Sa surface de contact avec le terrain 
houiller plofige d'environ 12° vers le sud-est. Actuellement encore, la proxi- 
mité du grès vert constitue une charge pour l'exploitation d'Escaupont, car 
la venue d'eau journalière à épuiser est d'environ 3,000 hectolitres. 

Deux fosses ont été ouvertes dans cette petite concession. 

La plus ancienne porte le nom de fosse Soult; elle a été entreprise, en 
1839, à environ 750 mètres au sud-est de la fosse Bonne-Part. Actuellement, 
. son dernier niveau est à 344 mètres, et le fond du puits à 354 mètres. La 
limite nord de la concession se trouvant à environ 170 mètres du puits, les 
travaux s'étendent surtout vers le sud; mais la dernière veine réellement 
productive est Sainte-Barbe, et il ne faut guère compter sur celles qui lui 
sont supérieures. La bowette méridionale du niveau de 250 mètres a été 
prolongée jusqu'à la limite de la concession ; celle de l'étage de 344 mètres 
a atteint la veine Sainte-Barbe à peu de distance de celte limite. Nous avons 

déjà vu que cette galerie n'a plus retrouvé les veines Juliette et Boisset, qui 
avaient été exploitées aux niveaux supérieurs. 

La fosse n° 2 date de 1845; elle se trouve à environ 330 mètres au sud- 
ouest de la précédente ; son dernier accrochage est situé à la profondeur 
de 293 mètres, et on a renoncé à l'approfondir davantage, parce que la 
fosse Soult peut suffire à exploiter la totalité du gisement d'Escaupont. 
L'allure des terrains se rapproche beaucoup de celle qu'ils présentent à 
la fosse Soult, mais les bowettes n'ont pas été poussées au delà de Sainte- 
Barbe. 

La concession d'Escaupont, en raison de ses dimensions restreintes, 
n'est pas appelée à un grand avenir, mais elle est encore loin d'être 
épuisée. Toutefois, les veines du faisceau de Fresnes-midi y sont en grande 
parties déhouillées ; en effet, Sainte-Barbe entre dans la concession de Saint- 
Saulve un peu au-dessous du niveau de 344 mètres de la fosse Soult ; les 
veines Bussy, Louvigny et Napoléon, y pénètrent à leur tour un peu plus 
bas, et comme Boisset et Juliette disparaissent en profondeur, on voit 

19 



Fosse Soult. 



Fosse n* 2. 



Avenir 
de la concession. 




U6 BASSIN HOOILLER DE VALENCIENNES. 

que dans un délai rapproché, il ne restera pins rien à prendre dans la 
zone supérieure à la veine Mathieu on Camaron. Mais il est à remarquer 
qu'au-dessous de cette veine se trouvent celles du faisceau de Vieux-Coude, 
que Ton atteindra à une profondeur abordable, et dont l'exploitation 
peut fort bien être avantageuse. Malgré cela, la concession d'Escanpont 
devrait être abandonnée à assez brève échéance, si on y développait les 
travaux outre mesure, et si on lui demandait une production supérieure à 
son extraction actuelle. 

On n'a exécuté dans la région d'Escanpont qu'un très petit nombre de 
sondages sans intérêt, aucun d'eux n'ayant été poursuivi jusqu'au terrain 
houiller. 



CHAPITRE VIL 



CONCESSIONS DE THIVENCELLES ET DE SAINT-ÀYBERT. 



Les deux concessions de Thivencelles et de Saint- Àybert (pi. JI), qui 
appartiennent à la compagnie de Thivencelles et Fresnes-midi, n'ont été 
explorées que dans leur partie la plus voisine de la ville de Condé. Presque 
partout, le terrain houiller s'y trouve à une grande profondeur, et il n'y a 
guère que vers leur limite occidentale qu'il soit facilement accessible. 

* 

La fosse Pureur a été ouverte, en 1838, dans la concession de Saint- p<w» purew. 
Aybert, près du canal de Mons à Condé, et à 1,700 mètres environ à l'est 
du clocher de cette dernière ville. Elle a atteint le grès vert à la profondeur 
de 117 mètres, et l'a traversé sur une hauteur de 21 mètres, en sorte qu'elle 
est entrée dans le terrain houiller à 138 mètres du sol. Là, elle a recoupé 
successivement quatre veines, dirigées N. 35° E., et inclinées de 25° vers le 
S. E., savoir : 

A 444 mètres Quinet, de 0»,50 d'ouverture. 

<&5 — Pureur, deO m ,80 — 

*78 — Hugon. 

*&8 — Veine à filons. 

* 

Le puits a été arrêté à la profondeur de 200 mètres* 

Au niveau de 188 mètres, on a creusé, vers le midi, une vingtaine de 

mètres de bowette, mais ce travail a été bientôt interrompu. Le puits avait 

été exécuté avec beaucoup de négligence et n'était pas vertical; la solidité 

du cuvelage laissait à désirer; le 7 janvier 1844, on était en train de le 



Sondage 
Saint-Pierre. 



Fosse 
Saint-Pierro. 



148 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

réparer, quand une pompe volante rompit ses points d'attache et fut préci- 
pitée au fond; à la suite de cet accident, la fosse Pureur fut définitivement 
abandonnée, avant d'avoir fourni des renseignements précis sur la régularité 
des terrains traversés. Toutefois, on la continua en 1859, par un sondage 
qui fut poussé de la profondeur de 200 mètres à celle de 352 mètres. Dans 
cet intervalle, il recoupa six veines ou veinules inférieures à la veine à 
Glons, savoir : 

A 233 mètres, une veinule de 0",42 d'épaisseur. 

259 — une veine de 4 B, ,40 — 

879 — une veinule de O^O — 

289 — — 0»,22 — 

306 — une veine de 0»,97 — 

349 — — 0-,80 — 

* 

La même année, un autre sondage, dit sondage Saint-Pierre, fut 
entrepris à 480 mètres environ au sud de la fosse Pureur, dans la conces- 
sion de Thivencelles; il traversa 40 mètres de grès vert, de la profondeur 
de 140 mètres à celle de 180 mètres; puis il pénétra dans le terrain houiller, 
où il rencontra successivement sept veines qui avaient les épaisseurs sui- 
vantes, comptées verticalement : 

A 490 mètres veine de 0",65 

498 — — O^.iO 

226 — — 0»60 

234 - - 0»,90 

256 — — 2-,02 

266 — — 4-, 45 

297 — ; . . — œ ,95 

Ce sondage Fut arrêté à la profondeur de 300 mètres. 

Dans son voisinage, on avait commencé, en 1844, une fosse nommée 
fosse Lenglé, qui avait été abandonnée, peu de temps après, dans les sables 
boulants. Les résultats heureux des sondages Pureur et Saint-Pierre don- 
nèrent Tidée de la continuer. Ainsi furent entrepris, en 1861, deux nou- 
veaux puits, que Ton appela puits Saint-Pierre. 

Us atteignirent le terrain houiller à la profondeur de 171 mètres, sous 
33 mètres de grès vert ; puis ils s'enfoncèrent dans des brouillages, où on 



CHAPITRE VII. 149 

» • 4 * 

se décida à ouvrir des accrochages, aux niveaux de 278 et de 309 mètres. 
Au nord, les boweltes ne furent poussées qu'à une faible distance; vers 
le sud, on les poursuivit sur un développement de 800 mètres, mais on 
ne rencontra que des lambeaux de veines inexploitables, rejetées par de 
nombreux accidents. En général, les bancs étaient peu inclinés ; à 600 mètres 
environ de la fosse, ils étaient presque plats ; dans ces conditions, il était 
superflu de continuer l'exploration, puisque les galeries restaient toujours 
dans la môme bande de terrain houiller ; d'ailleurs, si on avait continué 
le creusement de la bowette sud de l'étage de 278 mètres, on n'aurait pas 
tardé à atteindre le grès vert qui, dans celte région, descend à une grande 
profondeur. 

L'insuccès de la fosse Saint-Pierre doit être attribué à ce que, vers 
1860, les sondages fournissaient encore des renseignements incomplets 
sur la régularité des terrains traversés. On ne savait pas bien découper 
et remonter des échantillons venant du fond, en sorte qu'on était simple- 
ment édifié sur le plus ou moins de richesse en houille de la zone explo- 
rée, sans l'être sur les chances d'une exploitation future. Il est à présumer 
que si, à cette époque, l'industrie des sondages avait eu la perfection 
qu'elle possède aujourd'hui, on aurait été mis en garde contre l'irrégula- 
rité des terrains recoupés à Saint-Pierre; peut-être aurait-on hésité à y 
ouvrir une fosse. 

On se résigne difficilement à abandonner un travail dans lequel on a 
engagé des capitaux considérables; tel est probablement le motif pour 
lequel la compagnie, ayant pu augmenter son capital à la faveur de la crise 
houillère de 1873, résolut d'approfondir la fosse Saint-Pierre, au lieu d'en" 
ouvrir une autre dans une partie inexplorée de ses vastes concessions. Les 
travaux, qui avaient été suspendus pendant plusieurs années, furent repris 
en 1876, et l'un des puits fut approfondi jusqu'au niveau de 430 mètres; 
en même temps, de nouveaux accrochages furent établis à 360 et à 
420 mètres; les bowettes de ces deux étages ont encore traversé des ter- 
rains assez tourmentés; néanmoins, on constate une grande amélioration, 
surtout du côté du midi, par rapport à ce qui existe aux niveaux supérieurs. 



150 



BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES 



Six veine» et plusieurs passées ont été reconnues on exploitées. Les veines 
ont reçu les noms suivants, dans leur ordre de succession de bas en haut : 
Haubourdin, Lenglé, de Noue, Camberlin, Dubreueq, Révérony. 
Le tableau suivant en indique la composition moyenne. 




CHAPITRE VII. 



151 



Leur allure est assez capricieuse, et elles présentent, en coupe ver- 
ticale, une succession de plats séparés par des droits, qui les relèvent de 
manière à les faire rencontrer plusieurs fois par une même galerie hori- 
zontale. C'est ainsi que la veine Camberlin a été recoupée quatre fois, 
jusqu'à présent, par les bowettes du niveau de 420 mètres. Généralement, 
les plats ont, à la traversée des bowettes, l'orientation 0.30° S., mais quand 
on s'avance vers le couchant, ils tendent à prendre la direction E.-O. La 
disposition des droits n'est pas encore bien connue; on sait seulement 
qu'ils s'inclinent parfois au delà de la verticale, de manière à présenter 
l'allure renversée. 

On a exploité, au sud de la fosse, un plat des veines Lenglé, de Noue 
et Camberlin, que l'on a suivi au couchant, entre les niveaux de 360 mètres 
et de 420 mètres, jusqu'à peu de distance de la limite de la concession de 
Thivencelles. Ces trois veines se développent bien parallèlement les unes 
aux autres, avec une inclinaison d'environ 25° vers le sud* 

L'exploitation de Camberlin a rencontré, au levant, un brouillage sur 
lequel elle a été arrêtée. 

Quant à la veine Haubourdin, on ne l'a encore exploitée qu'au nord 
de la fosse, à l'étage de 420 mètres; sa voie de fond est assez sinueuse; 
néanmoins, on l'a suivie par un montage de 150 mètres de longueur, 
sans remarquer de changement dans sa puissance ; son inclinaison varie 
de 10* à 22° vers le sud ou vers l'est. 

Dans le voisinage des fosses Pureur et Saint-Pierre, on a exécuté un 
certain nombre de sondages, dont nous allons dire quelques mots. 

t Le sondage Désaubois a été ouvert, en 1845, par la compagnie de Thi- 
vencelles, sur la rive droite du canal du Hongnau, dans la concession de 
Vieux-Condé, tout près de la limite de celle de Saint- Àybert; il a trouvé 
le terrain houiller à la profondeur de 99 mètres, sous 33 mètres de grès 
vert. A celle de 128 mètres, il a recoupé une veine de houille de m ,65 
d'ouverture, et à celle de 155 mètres, une autre veine de l m ,33; on Ta 
arrêté au niveau de 167 mètres. 

Si on se rapproche du méridien des fosses Pureur et Saint-Pierre, on 



Sondages orienté* 

dans 

la région 

des fouet Pureur 

et 

Saint-Pierre, 



152 



BASSIN HOUfLLER DE VALENCIENNES. 



trouve, entre le canal du Hongnau et celui de Mons à Condé, un autre son- 
dage que Ton connaît sous le nom de sondage de Condé ; il est situé dans la 
concession de Saint-Âybert, et a été entrepris, en 1838, par la société 
condéenne. Il a traversé 31 mètres de grès vert avant d'arriver au terrain 
houiller, qu'il a atteint à la profondeur de 140 mètres; 3 mètres plus bas, 
il a trouvé une veine de BB ,50 de puissance, que Ton a appelée veine Clai- 
ron ou du Sondage. 

Enfin, nous citerons un autre sondage, dit du Marais, qui a été exécuté, 
en 1839, par la compagnie de Thivencelles, à 350 mètres environ au sud de 
la fosse Saint-Pierre, non loin de la limite de la concession de Thiven- 
celles et à son intérieur. Le terrain houiller n'y a été atteint qu'à la pro- 
fondeur de 207 mètres, sous û9 mètres de grès vert; on y a recoupé, aux 
niveaux de 215 et de 231 mètres, deux veines de m ,40 et 0™,70 d'ou- 
verture, que l'on a nommées veine Bouchetet veine Lorieux. 

La société de Thivencelles et la société condéenne ont encore entrepris 
d'autres sondages dans la région dont nous nous occupons, mais ils ont été 
arrêtés avant d'avoir atteint le terrain houiller. 

A la fosse Saint-Pierre, comme à la fosse Pureur, les charbons extraits 
sont secs et donnent une flamme assez longue, en brûlant comme du bois. 

et de* satotAytert ^ s sont ^ a ^ es et ^ eur co ^ e ne s'agglutine pas; on les recherche pour le 
et celtes du fa j«* eau chauffage des générateurs. Ils renferment une proportion de matières vola- 
tiles de 12 à 14 0/0; ils paraissent donc, comme nature, se rattacher au 
faisceau de Fresnes-mîdi, exploité dans la concession d'Escaupont; autant 
qu'on en peut juger par les relations qui semblent exister entre le gisement 
de Saint-Pierre et ceux qu'on exploite aux environs, les veines Haubourdin, 
Lenglé, de Noue, Camberlin, Dubreucq et Révérony, correspondraient* aux 
veines les plus élevées de la concession d'Escaupont, c'est-à-dire à la 
partie du faisceau de Fresnes-midi située au-dessus de Bouillez ou Veine 
n° 9. Les veines de la fosse Pureur leur sont probablement supérieures, 
bien qu'ayant été rencontrées à une certaine distance au nord, ce qui pro- 
vient de ce qu'elles ont été atteintes à une profondeur moindre, et de ce que 
les terrains ont une allure très plate et ondulée entre les deux fosses; 



Relation 

entre les veines 

de 



J 



CHAPITRE VII. 15S 

quant aux veines du sondage Pureur,il est possible qu'elles ne soient autre 
chose que Haubourdin, Lenglé, etc., prolongées. En tout cas, les veines 
Quinet, Pureur, Hugon, etc., correspondent probablement à celles qui ont 
été rencontrées par le sondage Saint-Pierre, et qui ont été exploitées avec 
si peu de succès, à cause de leur irrégularité, dans les étages supérieurs 
4e la fosse de ce nom. 

Les veines recoupées au voisinage des morts-terrains par les sondages 
Désaubois et de Condé se confondent sans doute avec quelques-unes de 
celles qui ont été atteintes à la fosse Pureur. Enfin, au sondage du Marais, 
on a dû trouver deux des veines recoupées par la bowette du midi de 
l'étage de 278 mètres de Saint-Pierre. 

Quoi qu'il en soit, on voit que les travaux des concessions de Thiven- 
celles et de Saint-Aybert démontrent l'existence d'un certain nombre de 
veines supérieures à celles du faisceau de Fresnes-midi, et il convient de 
remarquer que, de même que ce faisceau n'est séparé de celui de Vieux* 
Condé par aucun intervalle digne d'être signalé, de même il se continue 
vers le sud, ou plus exactement vers le sud-est, par une série de veines qui, 
dans l'ordre géologique, sont suivies par le faisceau demi-gras connu 
et exploité à la fosse Thiers. Il paraît clair, en effet, que les couches supé- 
rieures à Haubourdin, que l'on a explorées aux fosses Pureur et Saint- 
Pierre, sont peu éloignées de celles qui constituent le groupe le plus septen- 
trional ou, ce qui revient au même, le plus inférieur de la fosse Thiers. 
L'idée de faisceaux nécessairement séparés par de larges zones stériles 
date de l'époque où l'on exploitait des groupes de veines différents par 
des puits éloignés les uns des autres; on croyait alors que ces groupes 
devaient toujours être nettement distincts et indépendants. Quand la 
connaissance du bassin a été plus complète, on s'est aperçu que, par- 
fois, la série des veines qu'il renferme est continue, et ne présente pas de 
larges intervalles complètement dépourvus de houille. Il en est ainsi dans 
la région qui nous occupe : nous verrons plus loin qu'il n'en est pas par- 
tout de même. 

Dans la direction du S.-O., le prolongement des veines méridionales 

20 



154 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

continuation du faisceau de Fresnes-midi, ou des veines qui leur sont immédiatement 

veines méridionale» superposées, a été retrouvé à plusieurs sondages. 
de d Freïnes^ U idi Nous c iterons d'abord celui des Trois-Peupliers, situé dans la conces- 

dans ia direction sion de Saint-Saulve, à peu de distance de son sommet commun avec celles 

du 

•ud-ouest. d'Escaupont, de Fresnes et de Raismes. Il a été entrepris, en 1841, parla 

compagnie d'Anzin, et a atteint le terrain hou i lier à la profondeur de 
157 mètres. De ce niveau'à celui de 203 mètres, auquel il a été arrêté, il a 
rencontré irois veines de charbon maigre, aux profondeurs respectives de 
161, 170 et 193 mètres. Ces veines sont peut-être le prolongement de celles 
qui sont connues à Thivencelles sous les noms de Haubourdin, Lenglé,etc, 
et qui appartiennent à la partie la plus élevée du faisceau de Fresnes-midi. 

A une bien plus grande distance au S.-O., dans la concession de 
Raismes, et un peu à gauche de la route de Yalenciennes à Raisinés, la com- 
pagnie d'Anzin a exécuté, en 1842, un autre forage qui est connu sous le 
nom de sondage du Bosquet d'Aulnes. Il a été approfondi, en terrain houiller, 
du niveau de 80 mètres à celui de 200 mètres, et, dans cet intervalle, il a 
recoupé un assez grand nombre de veinules de charbon, ainsi qu'une veine 
de l m ,70 de hauteur verticale, qu'il a atteinte à la profondeur de 162",50. 

Un autre sondage, situé un peu au S.-E. du précédent, a été entrepris 
contre la route de Yalenciennes à Raismes, en 1841. On l'a appelé sondage 
du Pot d*Etain ou de l'Usine. Le terrain houiller y a été atteint à la profon- 
deur de 85 mètres, et y a été exploré jusqu'à celle de 278 mètres. Indépen- 
damment de quelques passées sans importance, la sonde y a traversé, aux 
niveaux de 103, 105 et 214 mètres, trois veines de houille présentant des 
épaisseurs verticales de m ,50, 2",40 et O^ôô. 

Ces veines, comme celles du sondage du Bosquet d'Aulnes, paraissent 
devoir être rattachées à la zone immédiatement supérieure au faisceau dé 
Fresnes-midi; elles sont supérieures à celles du sondage des Trois-Peupliers, 
et, vers le N.-E., leurs prolongements vont passer aux fosses Pureur et 
Saint-Pierre, 
influence probable Si maintenant on prolonge vers l'est le grand accident que nous avons 

du ._ 

cran d'Amaury. appelé cran d'Amaury, on trouve qu'il va passer à peu de distance de la 



CHAPITRE VII. . 155 

fosse Pureur. Or, nous savons que, dans le méridien du village de Fresnes, 
l'influence de cet accident se manifeste jusqu'à la fosse Bonne-Part, c'est-à- 
dire jusqu'à une distance d'environ 2,000 mètres au sud; il ne faut donc 
pas s'étonner de l'irrégularité des terrains de la fosse Saint-Pierre. Comme 
il n'y a pas de raison pour que cette situation se modifie en profondeur, 
nous craignons fort, malgré l'amélioration dans l'allure des terrains observée 
au niveau de 420 mètres, surtout au sud de la veine Révérony, que cette 
fosse ne donne jamais de résultats complètement satisfaisants. Aussi 
croyons-nous qu'on eût été mieux inspiré, au moment où on en a repris 
les travaux, en 1876, de creuser une nouvelle fosse, en s'éloignant du cran 
d'Âmaury vers le nord de la concession de Saint-Aybert, ou vers le sud de 
celle de Thivencelles. Dans l'une et l'autre de ces régions, on aurait recoupé, 
avec chance de succès, les veines de la fosse Thiers, qui dessinent en affleu- 
rement un pli pareil à celui que décrivent celles du faisceau de Vieux-Condé, 
et qui doivent présenter, au sud du cran d'Amaury, une succession de plats 
et de droits analogue à celle qui existe à la fosse du Sarteau et entre 
les fosses de Yieux-Condé et d'Outre- Wez. 

Malheureusement, dès qu'on se dirige vers le centre de la concession 
de Thivencelles, on constate que le terrain houiller s'enfonce rapidement 
sous les morts-terrains, et qu'en même temps il est en contact avec une 
couche de grès vert aquifère. Cette double circonstance rend très dispen- 
dieux le creusement des puits d'extraction, et elle explique pourquoi, à cet 
endroit, on n'a jamais atteint le terrain houiller par puits ou par sondages. 
L'avaleresse Bruneau, creusée en 1839, par la compagnie de Thivencelles, a 
été arrêtée après avoir traversé plus de 100 mètres de craie ; au nord de 
cette fosse, un sondage entrepris par la même compagnie, en 1838, est resté 
dans le grès vert du niveau de 238 mètres à celui de 267 mètres, et a été 
abandonné dans ce terrain. En outre, il est difficile, quand on arrive au ter- 
rain houiller, de se garantir contre les eaux du grès vert, et c'est ainsi qu'à 
la fosse Saint-Pierre, dont les travaux sont cependant peu développés, on 
remonte chaque jour environ 2,500 hectolitres d'eau, bien que le grès vert 
soit cuvelé en fonte sur toute la hauteur de l'un des puils, et ne soit à nu 



156 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES 

dans l'autre que sur une hauteur de i m ,20. La nécessité d'un épuisement 
considérable, qui augmente naturellement quand les travaux s'étendent , 
constitue une circonstance défavorable et onéreuse pour l'exploitation. 

Malgré cela, nous croyons qu'on sera amené un jour, par la force des 
choses, à se reporter vers la partie méridionale de la concession de Thi- 
vencelles, pour y exploiter les charbons demi-gras et gras de Thiers. En 
attendant, on pourra rechercher, avec chance de succès, les houilles 
demi-grasses dans la partie septentrionale de la concession de Saint-Aybert, 
où le grès vert parait moins développé et le terrain houiller plus rap- 
proché du sol, bien qu'aucun travail d'exploitation ne puisse fournir à cet 
égard d'indications précises. 



CHAPITRE VIII. 



CONCESSION DE VICOIGNE. 



On exploite, dans la concession de Vicoigne (pi. III), un faisceau de veines exploitées. 
veines anthraciteuses, qui donnent de 6 à 10 0/0 de matières volatiles et se 
succèdent dans Tordre suivant, en commençant par ia plus inférieure : Veine 
du nord, Grande veine y Saint-Louis, Saint-Noël 9 Saint-Michel, Saint-Nicolas, 
Sainte- Désirée y Sainte-Barbe, Passée, Veine du midi, Ermites, Abbaye, Burny, 
Saint-Joseph, Sainte-Victoire, Saint-Charles. 

Le tableau ci-dessous en fait connaître la composition moyenne : 



• 






COUPES DBS YBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 

S. Schiste. — B. Bscaillage. 



V0m0 du nord. 



**.•* 




&•.*• 




S? Louis. 



1.0.1* 




NATURE 



OU TOIT. 



Schiste. 



DU MUE. 



2.2 « 



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£•* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Se histe. 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBBBS 

Tolatilet. 



16' 



35' 



18' 



6.30 



6.30 



7.00 



COXB. 



Carbone. 



91.54 



89.22 



Cendres. 



2.16 



4.48 



COULEUR 
des 

CfWDBM. 



Rouge. 



158 



BASSIN HOCILLER DE VALENCIENNES. 



H. 



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CHAPITRE VIII. 



159 






COUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

H. Faux-mur. 
S. Sehitte. — B. Baoafllage. 



Ennfcte'S 






WSSS/S//S/S/S/A 



61 



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NATURE 



DU TOIT. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste, 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



EteaiHiga. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Isa 

» 8 S 

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*• o 

il 

O " 



PROPORTION P. 0/0. 



UATIBRBB 

TOlatilea. 



11» 



14' 



40' 



11' 



9.30 



9.50 



9.80 




4.56 



84.30 



6.40 



6.62 



160 



BASSIN HODILLER DE VÀLKNCIENNES. 



Allure" du faisceau. 

Dressants 

et plateure*. 



Tous les travaux sont concentrés dans l'angle S.-E. de la concession, 
qui paraît presque complètement stérile dans sa partie nord, ainsi que dans 
toute la région limitrophe de la concession d'Hasnon. 

Les veines du faisceau ont une allure assez tourmentée; il semble 
qu'elles aient été soumises à un violent effort venant du sud, ou plutôt 
du S.-O., et ayant eu pour effet de les replier plusieurs fois sur elles- 
mêmes. Au lieu d'avoir une direction constante et une inclinaison uniforme, 
elles présentent une série d'ondulations, provenant de lignes de plissements 
qui les font plonger tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre; en même 
temps, elles dessinent sur des plans horizontaux des traces dont les con- 
tours sont assez sinueux. 

Si on se borne d'abord à envisager les veines les plus inférieures, 
depuis Veine du nord jusqu'à Abbaye, on y remarque trois grandes ondu- 
lations, correspondant à autant de séries de lignes de thalweg inclinées le 
plus généralement de 12* i 15° vers l'est. La première série, c'est-à-dire la 

plus septentrionale, a une direction sen- 
R S ,% siblement E.-O. ; la seconde est dirigée 

environ N. 70* 0; enfin, la troisième est 
orientée à peu près comme la précé- 
dente. Des coupes verticales, menées 
normalement aux lignes d'ennoyage, dé- 
terminent dans chaque veine une inter- 
section qui représente cette succession de fonds de bateaux (6g. 24). Les 
deux branches qui correspondent à chacun d'eux plongent ordinairement 
l'une vers le sud, l'autre vers le nord ; la première constitue ce que l'on 
appelle à Yicoigne un plat et la seconde un droit. Dans l'une et dans l'autre, 
la veine est en allure normale, toit au toit et mur au mur; le droit ne se 
distingue du plat que par le sens de son inclinaison; cependant on 
* observe quelques exceptions à cette règle. 

Les trois séries de lignes de thalweg dont nous venons de parler ont 
donné naissance, dans chaque veine, à trois plats et à trois droits, mais ces 
six branches ne sont pas toutes rencontrées, dans une veine déterminée, 




Chapitre viii. i6i 

par une même coupe verticale dirigée du nord au sud ; cela tient à ce que 
les affleurements des divers groupes dé lignes d'ennoyage se font dans des 
méridiens différents. En outre, il y a des branches qui ne sont connues 
que dans certaines veines et qui n'existent pas dans d'autres. Ainsi, une 
coupe N.-S. passant par la fosse n° 4, rencontre le premier plat et le pre- 
mier droit de Veine du nord, Grande veine et Saint-Louis, et ces deux 
branches n'existent dans aucune autre veine, du moins dans l'étendue de 
la concession de Vicoigne ; on n'aurait chance de les rencontrer qu'en 
pénétrant vers l'est dans la concession de Raismes, car, les lignes de plisse- 
ment plongeant de ce côté, on pourrait voir affleurer sous le tourtia la 
veine Saint-Noël, qui, à Vicoigne, a été enlevée par les érosions dans la 
zone correspondant au premier droit et au premier plat. Il est probable 
qu'il faudrait s'éloigner à une assez grande distance à Test, pour atteindre 
les premières branches de Saint-Noël et des veines qui lui sont supé- 
rieures ; en effet, les lignes de thalweg qui réunissent les premiers plats 
et les premiers droits sont moins inclinées que celles qui forment la jonc- 
tion des autres branches. Si on s'éloigne au contraire vers l'ouest, on voit 
affleurer successivement au tourtia les lignes d'ennoyage de Saint-Louis et 
de Grande veine. Quant à Veine du nord, elle présente une allure particu- 
lièrement intéressante : les affleurements au tourtia de son premier droit 
et de son second plat dessinent, entre ceux des deux branches corres- 
pondantes de Grande veine, deux courbes fermées; cette circonstance 
tient à ce que la ligne saillante, suivant laquelle se réunissent ce droit et 
ce plat de Veine du nord, est assez ondulée pour venir couper quatre fois 
la surface du terrain houiller : ici, on n'observe plus, par exception, l'in- 
clinaison générale vers Test des lignes de plissement; enfin, si on dépasse 
le méridien de la fosse n» 1, on reconnaît que le premier droit de Veine 
du nord disparaît complètement, et que son premier plat vient se con- 
fondre avec le second, la branche inclinée vers le nord ayant peu à peu 
disparu. 

Le second plat est connu dans toutes les veines du faisceau, jusques et 
y compris Abbaye ; il en est de même du second droit; le troisième plat n'a 

21 



162 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

guère été exploité que dans Veine du nord» Grande veine» Saint-Louis, 
Saint-Nicolas et Sainle-Désirée ; enfin, le troisième droit n'existe» ou du 
moins n'est encore connu» que dans Veine du nord et Grande veine; 11 
plonge par exception vers le sud. 

On peut se rendre compte de l'allure assez compliquée que nous venons 
de décrire, en examinant une série de coupes verticales du gisement» diri- 
gées du nord au sud (pi. III). Nous insisterons encore sur ce fait que les 
lignes d'ennoyage n'ont pas une inclinaison uniforme» ce qui fait que, dans 
certains cas, les voies de fond établies à un même niveau peuvent donner 
un circuit complètement fermé. C'est ce que l'on a observé dans Grande 
veine, au niveau de 146 mètres de la fosse n° 4, et dans Saint-Louis, au 
niveau de 166 mètres de la fosse n° 2. 
cru Entre le groupe des veines du nord allant jusqu'à Abbaye, et la veine 

^Dhidon 6 Burny, existe un grand accident que l'on a appelé cran de Vicoigne, et dont 
d " le régime n'est pas encore bien déterminé. Il consiste en une sorte de 

gisement de Vicoigne ° * 

en deux groupes, brouillage, formant une bande stérile de 300 à 400 mètres de largeur. Les 

bowettes de la fosse n° 2 l'ont traversé à plusieurs niveaux ; les terrains ont 
conservé sur le parcours de ces galeries une inclinaison à peu près con- 
stante, depuis la veine Burny jusqu'au faisceau du nord, en sorte que les 
veines paraissent se succéder du nord au sud sans interruption ni cassure ; 
en réalité, il n'en est pas ainsi ; en effet, un recoupage de reconnaissance 
creusé au niveau de 166 mètres de la fosse n° 2, à 1,000 mètres environ à 
l'ouest de cette fosse, et dirigé vers le nord à partir de la voie de fond de 
Burny, n'est entré dans le terrain houiller du nord, au delà du brouillage 
dont nous parlons, qu'après avoir traversé une cassure bien caractérisée, 
presque verticale et plongeant vers le midi; au sud de cette espèce de 
faille, et môme à son contact, les bancs avaient conservé une inclinaison 
presque uniforme de 25° à 30° vers le sud. Enfin, la bowette méridionale du 
niveau de 122 mètres de la fosse n° 1 a pénétré dans le même accident, 
mais sans le traverser complètement; elle a trouvé à son extrémité des 
terrains brouillés dont elle a recoupé les bancs à plusieurs reprises. 

Bien que le cran de Vicoigne ne paraisse pas présenter le caractère 



CHAPITRE VIII. 163 

d'un rejet de grande importance, puisqu'on n'y connaît que la cassure ren- 
contrée par le recoupage du couchant de la fosse n° 2, il n'en joue pas 
moins un rôle considérable dans l'étude du gisement de cette concession. 
En effet, il interrompt d'une manière absolument générale le passage de 
toutes les veines du nord, y compris Abbaye. A. la fosse n° 2, par exemple, 
le troisième plat de Sainte-Désirée est arrêté par lui, et on ne rencontre 
plus, dans le brouillage qui le compose, qu'un lambeau de veine qui appar- 
tient peut-être à Saint-Nicolas. 

La bande stérile qui constitue ce grand accident a une direction géné- 
rale N. 75° 0.; elle parait disposée presque verticalement, avec tendance 
à plonger au sud; elle divise la concession en deux parties; dans celle du 
midi, il n'existe que quatre veines : Burny, Saint-Joseph, Sain te- Victoire 
et Saint-Charles, dont on ne connaît pas les relations avec les veines du 
nord. Suivant que le cran de Vicoigne constituerait un simple brouillage 
sans dérangement important des terrains, ou bien un renfonçage au nord, 
ces quatre veines succéderaient immédiatement à celles du nord, ou leur 
seraient identiques. La composition des charbons des deux groupes ne 
fournit à cet égard aucun indice; en tout cas, les veines du sud ne peu- 
vent pas être inférieures à celles du nord, car ces dernières reposent sur 
une grande épaisseur de terrain houiller stérile, au-dessous de laquelle on 
ne connaît aucun faisceau semblable au groupe compris entre Burny et 
Saint-Charles. 

On observe fréquemment, dans la partie septentrionale du bassin, des 
renfonçages au nord, occasionnés par des déchirures ayant une direction 
approchant de celle de l'est à l'ouest. La faille d'Àmaury a produit un mou- 
vement de ce genre, et les travaux de la concession de Carvin ont manifesté 
l'existence d'un accident analogue. D'autre part, la constitution à peu près 
identique de Veine du nord et de Burny concorde avec l'hypothèse d'après 
laquelle les veines du sud ne seraient autre chose que celles du nord rele- 
vées ; mais on n'observe plus aucune ressemblance entre Grande veine et 
Saint-Joseph, ni entre Saint-Louis et Sainte-Victoire : la question d'assimi- 
lation reste donc douteuse. Pour éclaircir ce point important, la compa- 



164 BASSIN HOOILLER DE VÀLENCIENNES. 

gaie vient de se décider à entreprendre, à l'extrême couchant de ses tra- 
vaux, un recoupage dirigé vers le nord, et partant de la voie de fond de 
Burny plateure, niveau de 244 mètres de la fosse n* 2. A cet endroit, il 
existe un intervalle relativement considérable entre les veines du sud et 
le cran de Vicoigne, et on peut espérer y rencontrer les veines du nord, 
au midi de la zone brouillée qui constitue cet accident. Si, au contraire, 
cette recherche ne donne aucun résultat, c'est qu'il y aura lieu, malgré les 
dissemblances que nous avons signalées, de considérer les deux groupes 
de Vicoigne comme identiques, et séparés par un cran ayant produit un 
renfonçage vers le nord. 

Les quatre veines situées au sud du cran de Vicoigne présentent une 
allure analogue à celle des veines du nord; on y connaît deux plats séparés 
par un droit : cette dernière branche est presque verticale, et on ne la 
trouve que dans les travaux du couchant de la fosse n° 2; au levant de 
cette fosse, elle vient passer dans la concession d'Anzin. Les lignes d'en- 
noyage, dont la direction est environ N. 60° 0., voht plonger vers l'est; de 
même que dans le faisceau du nord, les plissements des veines se font 
sous un angle assez aigu, de telle façon que les voies de fond se replient 
pour ainsi dire presque parallèlement à elles-mêmes, au passage d'un plat 
dans un droit ou d'un droit dans un plat . 

En résumé, on connaît six branches distinctes dans le groupe du 
nord, et trois dans les veines du sud; celles-ci ne se raccordent pas néces- 
sairement avec les autres, et doivent être considérées, quant à présent, 
comme formant une série indépendante. 

Ces neuf branches présentent, contre le tourtia, les longueurs approxi- 
matives suivantes, à l'intérieur de la concession : 

Premier plat du nord : 1,600 mètres. Direction E.-O. Inclinaison 
moyenne : 40° au sud. 

Premier droit du nord : 1,600 mètres. Direction E.-O, Inclinaison 
moyenne : 60° au nord. 

Second plat du nord : 2,600 mètres. Direction E.-O. Inclinaison 
moyenne : 30° au sud. 



Accidents 



CHAPITRE VIII. 165 

Second droit du nord : 650 mètres. Direction N. 60° 0. Inclinaison 
moyenne : 55* au nord. 

Troisième plat du nord : 500 mètres. Direction E.-O. Inclinaison 
moyenne : 35° au sud. 

Troisième droit du nord : connu sur 600 mètres; interrompu par le 
cran de Vicoigne. Direction N. 65° O. Inclinaison : 80° au sud. 

Premier plat du sud : 2,500 mètres. Direction E.-O. Inclinaison 
moyenne : 35° au sud. 

Premier droit du sud : 700 mètres. Direction N. 60° O. Presque ver- 
tical. 

Deuxième plat du sud : connu jusqu'à présent sur 600 mètres. Direc- 
tion N. 60° O. Inclinaison moyenne : 35° au sud. 

En dehors du grand cran de Vicoigne, on ne connaît, dans cette conces- 
sion, que des accidents de faible importance, occasionnant des rejets de «econdaireg. 
quelques mètres seulement, et ne produisant que de légères déviations 
dans les voies de niveau des veines qu'ils affectent. Nous nous bornerons 
à signaler l'existence, au nord de la fosse n° 3, d'une région relativement 
accidentée, où l'exploitation se fait dans des conditions moins avantageuses 
qu'ailleurs. 

A de rares exceptions près, les veines conservent une composition 
presque constante dans toute leur étendue, et les intervalles stériles qui les 
séparent ne présentent également que des variations insignifiantes. Cepen- 
dant, la veine Saint-Michel disparaît à la fosse n° 4, et la veine Sainte-Barbe 
à la fosse n° 1. Saint-Nicolas subit aussi d'un point à un autre des change- 
ments notables; on l'a exploitée à la fosse n" 1, et un peu aussi à la fosse ^ 
n° 3; mais à la fosse n°4, elle se réduit à une passée, et cesse d'être exploi- 
table. A la môme fosse, le deuxième droit de Sainte-Barbe est remplacé par 
la passée que nous avons fait figurer à la liste des veines au-dessous de Yeine 
du midi; cette passée ne ressemble pas à Sainte-Barbe, et il est probable 
qu'elle en est distincte. 

Notons encore que Saint-Michel, qui est formée d'un sillon de charbon 
de 0«"\45 avec escaillage, n'est séparée de Saint-Nicolas que par un inter- 



1&6 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

valle de 2 à 3 mètres dans la région de la fosse n* i, c'est-à-dire jusqulà 
une distance de 500 mètres de cette fosse au couchant, et de 300 mètres au 
levant. Aussi peut-on, dans certains cas, exploiter les deux veines ensemble. 
La veine Saint-Michel disparaît complètement dans la région de la fosse 
n°4. 

La concession de Vicoigne possède quatre fosses d'extraction, que nous 
allons successivement passer en revue : 
Fosse ii« i. La fosse n° 1 a été ouverte, en 1839, contre la route de Valenciennes à 

Saint-Amand, à 1,300 mètres environ de la limite sud de la concession. Elle 
a atteint le terrain houiller à la profondeur de 82 mètres, entre les affleure- 
ments des seconds plats de Grande veine et de Saint-Louis. Sa profondeur 
actuelle est de 245 mètres, mais on compte l'approfondir prochainement 
jusqu'à 295 mètres ; elle sert à exploiter les deuxième et troisième plats du 
nord, et les deuxième et troisième droits. Ses travaux du couchant sont en 
communication avec ceux de la fosse n* 2 par le grand recoupage creusé au 
niveau de 166 mètres de cette dernière, et qui s'étend, en traversant le cran 
de Vicoigne, entre le premier plat de Burny et le deuxième droit de Veine 
du nord. Une autre communication est établie entre ces deux puits par une 
grande bowette oblique qui les relie au même niveau, lequel correspond 
à celui de 150 mètres de la fosse n* 1. La bowette sud de 122 mètres de 
cette fosse a, comme nous l'avons vu, pénétré dans le grand accident. Enfin, 
au niveau de 150 mètres, on a prolongé la bowette nord vers une veine 
reconnue par un sondage exécuté, en 1868 et 1869, à 670 mètres au nord 
du puits; ce sondage, entré dans le terrain houiller à 76 mètres, avait 
recoupé à 242 mètres une veine de 0",95, inclinée au sud de 40* environ ; 
on devait l'atteindre par la bowette de 150 mètres à environ 770 mètres de 
la fosse, mais la galerie ne l'a pas rencontrée, bien qu'on Tait prolongée de 
80 mètres au delà du point où on croyait la trouver; on était alors 
dans des terrains assez irréguliers. On voit, d'après cela, que la zone stérile 
qui existe au delà de Veine du nord a une étendue horizontale considérable. 
Le dernier étage de la fosse n° 1 est situé à 230 mètres, et on y exploite 
actuellement, au sud du puits, le troisième plat de Veine du nord. Quand 



CHAPITRE VIII. 167 

l'approfondissement du puits sera terminé, on établira un nouvel étage 
d'exploitation à 280 mètres. 

La fosse n° 2 se trouve au sud-est de la précédente, à 200 mètres seule- fom d*s. 
ment delà limite sud de la concession, et à 560 mètres de son angle sud-est. 
Ouverte en 1839, elle, est entrée dans le terrain houiller à la profondeur de 
102 mètres, un peu au sud de l'affleurement du premier plat de Saint- 
Joseph. Elle a servi à exploiter le groupe des veines du sud, à partir de 
Burny ; de plus, sesbowettes septentrionales ont été atteindre les veines du 
nord au delà du grand cran, et ont permis de les exploiter au voisinage de 
cet accident. Le dernier étage d'exploitation est actuellement à 244 mètres, 
et le fond du puits à 260 mètres. On a exécuté récemment, au niveau de 
204 mètres, une galerie de reconnaissance dirigée vers le sud, à 1,350 mètres 
au couchant de la fosse, à partir du premier plat de Burny ; elle a succes- 
sivement traversé Saint-Joseph en plat, Saint-Joseph en droit, Burny en 
droit et Burny en plat. Ce second plat de Burny était assez ondulé, et a été 
rencontré deux fois par la galerie ; quant au second plat de Saint-Joseph, jl 
passe, à cet endroit, au delà de la limite, dans la concession d'Anzin. 

C'est encore du premier plat de Burny, à 1,600 mètres au couchant de 
la fosse, niveau de 244 mètres, qu'on a fait partir le grand recoupage dont 
nous avons parlé plus haut, destiné à explorer, dans cette région, la zone 
située au midi du cran de Vicoigne. 

Nous avons déjà indiqué de quelle façon la fosse n° 2 est en communi- 
cation avec la fosse n° 1 ; elle est aussi reliée directement par ses bowettes 
au champ d'exploitation de la fosse n» 3. 

La fosse n° 3 a été entreprise, en 1839, à 450 mètres environ au nord- Fosse n° 3. 
est de la fosse n° 2 ; elle est tombée sur le terrain houiller à la profondeur 
de 89 mètres, à une faible distance au nord du cran de Yicoigne. Sa profon- 
deur est dç 230 mètres, et son dernier étage est à 222 mètres; ses tra- 
vaux communiquent avec ceux des autres fosses. Elle est en chômage 
depuis longtemps, et il n'est pas probable qu'elle soit jamais reprise, car 
le grand accident la sépare des veines du midi, qui sont bien plus avantageu- 
sement exploitées par la fosse n° 2, et, quant aux veines du nord, elles peu- 



168 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

vent être prises très facilement par la fosse n* 4, dont nous allons main te- 
nant parler. Enfin, il est à remarquer qu'au nord de la fosse n*3, le gise- 
ment présente une irrégularité relative, qui diminue l'importance de 
l'extraction dans cette région. 
fosso d° 4. La fosse n a 4 est situé à 700 mètres environ au nord-est de la précé- 

dente, et à 24 mètres seulement de la limite orientale de la concession. 
Elle a été commencée en J839, et elle est arrivée sur le terrain hou i lier à la 
profondeur de 92 mètres, entre les affleurements des seconds plats de Sainte- 
Barbe et de Veine du midi. Le fond du puits est actuellement à 293 mètres 
au-dessous du sol, et son dernier accrochage à 276 mètres. Il sert surtout à 
exploiter les seconds plats du nord, qui présentent un grand développe- 
ment; ses travaux s'étendent sur toute la partie orientale de la concession 
située au nord du grand cran. On se propose de prolonger la bowette nord 
de l'étage de 181 mètres, afin d'atteindre le premier droit et le premier plat 
de Yeine du nord et de Grande veine, qui n'ont encore été exploités que 
jusqu'au niveau de 146 mètres. 
sondages exécutés La concession de Yicoigne a donné lieu à un certain nombre d'explo- 

dans la 

concession deVîcoigno rations par sondages. Nous avons déjà parlé de celui qui a été exécuté, en 

Ct Re X ncTnt^ M ' i868 et 1869, à 670 mètres au nord de la fosse n" 1. La compagnie en a 

d'eaux sulfureuses ex écuté deux autres, postérieurement à cette date, au voisinage de la limite 

de la concession de Raismes. Le premier, appelé sondage des Zémiards (1870), 
a été placé à 731 mètres au nord-est de la fosse n° 4, et à quelques 
mètres seulement de la limite; il a atteint le terrain houiller à 93 mètres, et 
a été arrêté à la profondeur de 100 mètres. A sa sortie des morts-terrains, 
il a atteint une source d'eau sulfureuse, ce que l'on a exprimé en disant qu'il 
avait rencontré le torrent. Le second, qui ne date que de 1873, a été creusé, 
entre le précédent et la fosse no 4; il n'a pas trouvé de torrent, et a été arrêté 
dans le terrain houiller, qu'il avait rencontré au niveau de 102 mètres, après 
l'avoir traversé sur 1 mètre seulement de hauteur. 

C'est la préoccupation du danger résultant de l'existence de sources 
sulfureuses vers la limite des concessions de Yicoigne et de Raismes qui a 
décidé la compagnie à faire les deux sondages dont nous venons de parler. 



CHAPITRE VIII. 169 

En 1841, la compagnie d'Anzin a également découvert le torrent à deux 
autres forages, situés un peu à Test des précédents, dans la concession de 
Raismes; le premier a exploré le terrain houiller,. de la profondeur de 
106 mètres à celle de 128 mètres, et y a trouvé une veine de m ,50 au niveau 
de 125 mètres; Vautre, situé un peu plus au nord, n'a trouvé aucun 
indice de houille, depuis la profondeur de 104 mètres jusqu'à celle de 
117 mètres, à laquelle on Ta arrêté. 

Dans la région dont il s'agit, le torrent fournit une quantité d'eau con- 
sidérable; ainsi, en 1854, au niveau de 146 mètres de la fosse n° 4, les tra- 
vaux du deuxième plat de Saint-Louis ont donné subitement une venue de 
4,000 hectolitres par 24 heures, qui a obligé à installer une machine 
d'épuisement à la fosse n° 3. On conçoit donc que la compagnie se préoc- 
cupe du voisinage de cette nappe, et entreprenne, quand elle le croit 
opportun, des travaux de reconnaissance destinés à déterminer les limites 
de la zone dans laquelle elle s'étend. 

Sur le faisceau de Vicoigne, la compagnie de Vervins a encore exécuté, 
en 1839 et 1840, entre les fosses n°» 1 et 4, un sondage qui a trouvé le ter- 
rain houiller à 74 mètres, et a été arrêté à 114 mètres, après avoir recoupé 
une veine de houille de m ,90 d'ouverture à 77 mètres, et une autre de l ra ,45, 
en cinq sillons, à 95 mètres. Un autre forage (R), entrepris en 1838 et 1839 
par la compagnie de Bruille, à l'est de la fosse n° 4 et près de la limite de la 
concession, a traversé le terrain houiller de la profondeur de 91 mètres à 
celle de 170 mètres. 11 a rencontré des veines de charbon à 93, 114, 138 
et 149 mètres. 

A la même époque, la société de l'Escaut a exécuté le sondage du 
Mont des Ermites, à 700 mètres au nord de la fosse n° 4. Entré dans le 
terrain houiller au niveau de 98 mètres, il a été continué jusqu'à celui 
de 123 mètres, et a traversé à 106 mètres une veine de 0*,98 d'épais- 
seur. 

Au nord du faisceau, nous pouvons citer le sondage du Mont de Cau- 
mont (1838-1839), entrepris par la compagnie de Vervins, et qui a exploré 
le terrain houiller de la profondeur de 84 mètres à celle de 183 mètres, en 

22 



170 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Àrenir 

do U concession 

de Vicoigne. 



n'y rencontrant que trois passées, dont la plus importante n'avait que 0*959 
d'épaisseur. A une certaine distance à l'ouest de ce sondage, et à proximité 
de la limite nord de, la concession et du chemin de fer de Yalenciennes à 
Lille, la compagnie de Bruilleen a exécuté un autre (T), en 1839 et 1840, 
dit sondage de Notre-Dame-d'Amour, qui n'a trouvé qu'un filet de charbon 
à 102 mètres, après avoir atteint le terrain houiller à 78 mètres; on l'a arrêté 
à 122 mètres du sol. 

A l'ouest du faisceau de Vicoigne, il n'y a à mentionner que deux son- 
dages assez voisins de la concession d'Hasnon, que l'on a appelés sondages 
de Bachy et du Bois de Vicoigne. Le plus méridional, a été entrepris par la 
compagnie d'Hasnon, le second par la société de l'Escaut; ils ont atteint le 
terrain houiller, l'un à 119 mètres, l'autre à 117 mètres, et ne l'ont exploré 
que sur une faible hauteur, sans résultat. 

Enfin, au voisinage de l'angle S.-E. de la concession de Vicoigne, 
deux sondages ont été entrepris en 1840, 1841 et 1842, savoir : 

1° Le sondage du Pont-du-Roi, situé concession de Raismes ; il a atteint 
le terrain houiller à la profondeur de 183 mètres, et a été arrêté à celle de 
165 mètres, après avoir recoupé quelques veinules de houille. 

2° Le sondage du Grand-Champ, situé concession d'Anzin, qui a exploré 
le terrain houiller du niveau de 106 mètres à celui de 215 mètres, et y a ren- 
contré six veines de O^ôô, 0"M> m ,50, n ,ft0, O^ftO, r%17 d'épaisseur ver- 
ticale, aux profondeurs respectives de 109, 112, 120, 128, 171, 181 mètres, 
plus un assez grand nombre de veinules. 

Ces deux sondages sont évidemment situés sur la partie du faisceau 
de Vicoigne qui s'étend au nord des concessions d'Anzin et de Raismes. 

11 parait résulter de cet ensemble de constatations qu'au-dessous de 
la veine du nord, on ne peut compter sur aucun gisement exploitable, puis- 
qu'on n'a pas retrouvé la veine découverte par le sondage exécuté à 
670 mètres de la fosse n° 1, vers laquelle on s'est dirigé par la bowette du 
niveau de 150 mètres de cette fosse. Cette veine est peut-être le prolongement 
de l'une de celles qui ont été recoupées par les sondages du nord-ouest de la 
fosse Sophie, dans la concession de Vieux-Condé. Quant au faisceau propre- 



CHAPITRE VIII. 171 

ment dit de Vicoigne, il parait identique à celui de Vieux-Condé et de 
Fresnes. Malheureusement, il n'existe pas assez de ressemblance entre les 
veines de l'un et de l'autre, pour que Ton puisse raccorder les couches entre 
elles une à une. On conçoit d'ailleurs que sur le long parcours qui existe 
entre les deux champs d'exploitation, la composition des veines puisse se 
modifier de manière à les rendre méconnaissables. 

Quant à l'avenir de la concession de Vicoigne, il ne faut pas se dissi- 
muler qu'il est très limité. Bien que les veines y présentent une allure 
d'apparence tourmentée, leur régularité est satisfaisante, et on y obtient un 
prix de revient qui ne dépasse guère celui de la concession de Vieux-Condé, 
dans laquelle le faisceau se développe avec une constance d'allure des plus 
remarquables au nord de la faille d'Àmaury, entre cet accident et la fosse 
Général de Ghabaud La Tour. Malheureusement, elles restent toujours voi- 
sines du tourtia, et elles pénètrent précisément dans les concessions d'Ànzin 
et de Raismes aux endroits où elles descendent à la plus grande profon- 
deur. Le premier droit et Je premier plat de Veine du nord, Grande veine et 
Saint-Louis, ne s'étendent pas, dans l'intérieur de la concession, à plus de 
150 mètres au-dessous de la surface de contact du bassin houiller sous les 
morts-terrains. Ce maximum est de 280 mètres environ pour le second droit 
et le second plat des veines du faisceau nord, et de 200 mètres pour leur troi- 
sième droit et leur troisième plat, en tenant compte, bien entendu, de ce 
que ces dernières branches sont interrompues par le grand cran de 
Vicoigne. Au sud de cet accident, les veines du midi ne paraissent pas des- 
cendre à plus de 200 mètres sous le tourtia. Or, les derniers accrochages 
des quatre fosses de la concession se trouvent aux distances suivantes de 
l'affleurement du terrain houiller : 

Fosse d° 4 448 métrés. 

Fosse n° t 442 — 

Fosse n° 3 433 — 

Fosse n° 4 484 — 

On a donc déhouillé déjà la plus grande partie de la tranche exploi- 
table, et il en reste assez peu de chose, parce qu'à la base du gisement, 



172 BASSIN HOUILLER DE VÀLENGIENNES. 

on ne trouve plus que les veines les plus anciennes; les lignes de plissement 
qui relèvent les couches se trouvent, en effet, à une profondeur d'autant plus 
faible qu'on s'élève davantage dans la série. 

D'autre part, les veines sont exploitées dans presque toute l'étendue 
où elles affleurent à l'intérieur de la concession ; il n'y a d'exception qu'en 
ce qui concerne le couchant de Burny, Saint-Joseph, Sainte-Victoire et 
Saint-Charles; de ce côté, il y a encore une certaine zone [inexplorée, et il 
est juste de dire que les allures connues à l'extrémité des voies de fond per- 
mettent d'espérer que ces veines pourront être suivies un certain temps 
encore en direction, avant de pénétrer définitivement dans la concession 
d'Anzin; seulement, il s'agit d'une bande qui n'a que 500 mètres de largeur, 
et qui ne s'étend qu'à une faible profondeur; enfin, il est à présumer, 
d'après ce que l'on observe dans les veines du nord, que le deuxième 
droit des veines du midi les ramènera dans la concession d'Anzin, bien 
avant qu'elles n'atteignent la limite d'Hasnon. Pour ces diverses raisons, 
et tout en reconnaissant qu'il y a dans celte région un supplément de res- 
sources qui n'est pas négligeable, nous croyons qu'il ne faut pas s'exagérer 
son importance* 

Reste la zone située au couchant de la fosse n° 2 et au sud du cran 
de Yicoigne, que l'on est en train d'explorer par le recoupage de recon- 
naissance partant du premier plat de Burny, niveau de 244 mètres: Si 
on y rencontre les veines du nord, elles fourniront à l'extraction un 
notable contingent, et reculeront de plusieurs années l'abandon de la con- 
cession. 

Au delà de la veine du nord, on ne peut plus trouver que les couches 
de Bruille et de Château-l'Abbaye, et les recherches faites dans l'éten- 
due de la concession d'Hasnon, où elles paraissent se développer du côté 
de l'ouest, semblent indiquer qu'il ne serait guère prudent de compter 
sur elles. 

D'après cela, il parait sage de maintenir l'extraction de la concession 
de Vicoigne dans des limites raisonnables, car, si on voulait la développer 
outre mesure, en exécutant des travaux onéreux, on n'arriverait qu'à hâter 



CHAPITRE VIII. 173 

l'épuisement du gtte qui, dans l'hypothèse la plus favorable et dans les con- 
ditions actuelles de l'exploitation, se produira dans un petit nombre d'an- 
nées. II est heureux que la compagnie de Yicoigne possède dans sa conces- 
sion de Nœux (Pas-de-Calais) des ressources presque illimitées, qui lui per- 
mettent d'attendre sans inquiétude l'époque où la concession de Yicoigno 
devra être définitivement abandonnée. 



CHAPITRE IX. 



CONCESSION D'HASNON. 



La concession d'Hasnon (pi. V), que possède actuellement la compagnie 
d'Ànzin, est encore une de celles qui n'ont procuré que des déceptions à 
ses exploitants successifs, et dont on peut dire qu'il est désirable que jamais 
on n'y entreprenne de nouveaux travaux. 

Des capitaux considérables y ont été enfouis en recherches qui sont 
toujours restées infructueuses. 

On n'y a pas creusé moins de trois fosses, sans compter un grand 
nombre de sondages. 

La fosse des Tertres a été ouverte, en 1838, sur l'emplacement d'un son- 
dage qui avait été exécuté l'année précédente, et avait traversé le terrain 
houiller de 101 à 115 mètres, en n'y rencontrant que des traces de 
houille. Elle s'est trouvée ainsi placée à 1,600 mètres environ au S.-O. 
du clocher d'Hasnon. Des bowettes ouvertes aux niveaux de 110 et de 
134 mètres, et poursuivies jusqu'à une assez grande distance du puits au 
nord et au sud, n'ont recoupé que trois veinules irrégulières de charbon 
anthraciteux sale, que l'on a dû renoncer à exploiter. Elles étaient diri- 
gées à peu près de l'est à l'ouest, avec pente de 45* au midi. 

La fosse des Prés-Barrés a été commencée, en 1839, à 500 mètres au 
S.-E. de celle des Tertres ; elle a atteint le terrain houiller à la profondeur 
de 100 mètres, et a été poursuivie jusqu'à celle de 135 mètres, à laquelle 
on Ta arrêtée sur le calcaire. De longues bowettes de reconnaissance y ont 
été creusées aux niveaux de 112 et de 132 mètres ; ces galeries n'ont découvert 



Fosse 
dm Tertres, - 



Fossé 
des Prés-Barres. 



176 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Fosse 
des Bouils. 



que quelques filets charbonneux, et une veine de charbon sale qui a paru 
inexploitable. Les terrains de cette fosse étaient très ondulés, et présen- 
taient une série de lignes de plissement qui les faisaient plonger tan- 
tôt au nord, tantôt au sud. La direction des strates était également très 
variable, à ce point que, malgré le voisinage des fosses des Tertres et des 
Prés-Barrés, on ne saurait dire si elles sont tombées sur les mêmes assises 
houillères, ou sur des zones complètement distinctes. 

La troisième fosse d'Hasnon, que l'on a appelée fosse des Bouils, a été 
placée, en 1840, à 400 mètres environ de l'angle S.-E. de la concession. 
Elle est entrée dans le terrain houiller à la profondeur de 116 mètres, et 
n'y a découvert, par des bowettes ouvertes au niveau de 131 mètres, que 
quelques veinules inexploitables qui, malgré leur irrégularité, ont présenté 
d'une manière assez constante la direction N. 60° 0., avec inclinaison de&5 # 
vers le S.-O. Cette fosse dut bientôt, comme les précédentes, être com- 
plètement abandonnée. 

Parmi les sondages compris à l'intérieur de la concession d'Hasnon, 
nous citerons les suivants : 
sondages ** Sondage de la Fercotte (1838-1839), situé à peu de distance de la 

situés ^ f ^« limite N# .o., à 2,700 mètres du clocher de Wandignies, et à 5,000 mètres 
concession d'Hasnon <je celui de Wallers. Il a atteint la tête du terrain houiller à la profondeur 
au mirons, de 115 mètres, et l'a traversé sur une hauteur de 50 mètres, sans y rencon- 
trer de houille. M. Lorieux a exprimé l'avis que ce forage avait atteint la 
partie la plus inférieure de la formation houillère; 

2° Sondage des Corbets (1838-1839), situé à l'intersection de la rue des 
Corbels à Hasnon, avec l'avenue allant d'Hasnon à Vicoigne. 11 a atteint le 
terrain houiller à 95 mètres, et a été arrêté au niveau de 154 mètres, après 
avoir recoupé trois passées de charbon sale à 12/j, 125 et 134 mètres; 

3* Sondages du Grand-Bray, au nombre de deux, l'un à 650 mètres, 
l'autre à 500 mètres au nord de la fosse des Bouils. Le premier, exécuté en 
1839, est entré dans le terrain houiller à 99 mètres, et a été arrêté à 
145 mètres. À la profondeur de 101 mètres, il a atteint une veine de char- 
bon mélangé de schiste, de m ,80 d'ouverture ; à 110 et à 125 mètres, il a 



CHAPITRE IX. 177 

traversé deux veinules. Le deuxième, entrepris éh 1842, est resté dans le 
terrain houiller de la profondeur de 101 mètres à celle de 130 mètres, sans 
y trouver la houille. 

La compagnie d'Hasnon, découragée par ses échecs successifs, résolut, 
en 1843, d'abandonner définitivement sa concession. Toutefois, après avoir 
consulté M. l'ingénieur en chef Blavier, elle se décida à entreprendre, à 
titre de dernière recherche, deux sondages qui furent placés, l'un au lieu 
dit les Rouges-Carrières, l'autre sur le fiord de la drèvè de Wallers, tous 
deux vers la limite sud de la concession. 

Le sondage des Rouges-Carrières a été ouvert, en 1844, au sud de la 
fosse des Tertres, sur le bord de la route de Denain à Saint-Amand. Entré 
dans le terrain houiller à la profondeur de 107 mètres, il y a été arrêté à 
celle de 172 mètres, dans les grès ; il n'a trouvé que quelques traces de 
houille à 124, 157 et 167 mètres. 

Quant au sondage de la drève de Wallers, exécuté également en 1844, 
il n'a traversé qu'un terrain houiller complètement stérile, du niveau de 
115 mètres à celui de 182 mètres. 

En présence de ces résultats presque complètement négatifs, la com- 
pagnie d'Hasnon mit sa concession en chômage au commencement de 1845. 
Depuis cette époque, elle n'a été l'objet d'aucune exploration nouvelle. La 
compagnie d'Anzin eut cependant le projet, vers Tannée 1875, d'y ouvrir 
une fosse, tout près de la limite sud, moins dans le but de s'en servir pour 
exploiter le gisement propre d'Hasnon que dans celui d'aller recouper au 
sud, dans la concession d'Anzin, le ptoloùgement des veines de Vieux- 
Condé et de Vicoigne; des terrains furent achetés, et tin trou de fosse fut 
même commencé, un peu à l'ouest du sondage de la drève de Wallers; mais 
es travaux furent suspendus presque immédiatement, et il est probable 
qu'ils ne seront jamais repris. 

Au nord de la concession d'Hasnon, il existe quelques sondages qui 
montrent que le terrain houiller s'étend dans cette direction à une certaine 
distance. C'est d'abord le sondage du Pont d'Hasnon, exécuté en 1840, au 
nord du clocher d'Hasnon, par la compagnie de Saint-Hubert, qui a atteint 

23 



178 BASSIN HOUILLBR DE VALENCIENNES. 

des bancs de phtanile du terrain houiller inférieur; puis le sondage de 
Bousignies, de la même société (1838), où M. Lorieux a reconnu des grès 
et schistes noirs appartenant à la base de la formation houillère; enfin, le 
sondage de Brillon, exécuté également par la société de Saint-Hubert (1838), 
qui a trouvé des terrains analogues à ceux du précédent. 

Ces trois sondages définissent assez exactement la limite du bassin 

d© 

u limite septentrionale houiller au nord de la concession d'Hasnon; elle suit dans cette région une 
du jmmîii direction sensiblement est-ouest, pour aller ensuite s'infléchir vers le sud, à 

au nord *. 

de u l'ouest des anciens travaux de Marchiennes, 

concottion d*Hasnoo. 

Notons encore que la compagnie de Saint-Hubert a exécuté en 1839, 
à proximité de l'angle nord-ouest et en dehors de la concession d'Hasnon, 
plusieurs sondages, dits de Buverlot et de Warlaing, dont l'un a traversé, 
au dire de M. Lorieux, des schistes noirs et des phtanites bien caractérisés, 
qu'on ne rencontre pas dans le terrain houiller riche, 
stérilité De cet ensemble de faits, il résulte que la concession d'Hasnon est 

concession d'Hasnon. située tout entière sur la bande stérile qui longe le nord du bassin ; les 

rares veines et veinules qu'on y a rencontrées paraissent assimilables aux 
veines dç Braille et de Château-l'Abbaye, bien que Ton ne puisse, à une 
pareille distance, établir entre elles une identité certaine; le terrain 
houiller ne s'y étend que jusqu'à une faible profondeur, ainsi qu'on a pu 
le reconnaître à la fosse des Prés- Barrés. L'allure du faisceau exploité à 
Vicoigne montre qu'au couchant de cette concession, il passe tout entier au 
midi et en dehors de celle d'Hasnon. On conçoit donc qu'il soit inopportun 
d'y entreprendre de nouveaux travaux, et il est à souhaiter également que 
le terrain houiller non concédé de cette partie du bassin ne soit plus l'objet 
d'autres explorations. 



CHAPITRE X. 



CONCESSIONS DE SAINT-SAULVE, RAISMES, 

ANZIN ET DENAIN. 



Le territoire des quatre concessions de Saint-Saulve, Raismes, Anzin Division 
et Denain (pi. III à VI), est divisé en deux parties par le cran de retour. deux ^j^ ré ^ iom 
Dans celle qui est située au midi de cet accident, on trouve une zone ^ le 

* cran de retour. 

intermédiaire, qui mérite un examen spécial; nous l'avons appelée région 
d'Abscon. 

Nous commencerons par étudier la région septentrionale, qui est 
située au nord du cran de retour. 



I. — REGION SEPTENTRIONALE, SITUÉE AD NORD DU CRAN DE RETOUR. 



veines 



Cette région est occupée, dans sa partie nord, par les veines maigres Faisceau de 
des faisceaux de Vieux-Condé et de Fresnes-midi. Elles y pénètrent par la ^oord* 
limite septentrionale de la concession de Raismes, et se dirigent ensuite vers du cran de retour 
Yicoigne, où elles forment des plissements qui les ramènent au sud de la 
concession d'Hasnon. Après s'être développées parallèlement à la limite 
méridionale de cette dernière, elles vont atteindre le nord de la conces- 
sion d'Aniche. 



180 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faisceau 

demi-gras d'Aoxin 

et 

faisceau 

graa de Thiera. 



Influence 
du 
cran de retour. 



Ces faisceaux n'ont pas encore été exploités dans leur loug parcours au 
nord des concessions de Raismes et d'Anzin; ils constituent, pour la com- 
pagnie, une importante réserve. Nous avons déjà dit que Ton vient d'ouvrir 
sur eux une nouvelle fosse, appelée fosse La Grange, qui est située dans la 
concession de Raismes, à proximité de son angle commun avec celles de 
Fresnes, Escaupont et Sain t-Saulve, Dans l'avenir, on pourra en creuser un 
grand nombre d'autres, tant à l'est qu'à l'ouest de la concession de Vicoigne. 

Parallèlement à ces deux faisceaux se trouvent, du côté du nord, les 
quelques veines inférieures au faisceau de Vieux-Gondé, et du côté du sud, 
celles dont l'existence a été reconnue par les travaux de la compagnie deThi- 
vencelles, et par les sondages du Bosquet d'Aulnes et de l'Usine de Raismes. 

Puis viennent les veines du faisceau demi-gras d'Anzin, qui sont 
connues et exploitées depuis la fosse Thiers jusqu'à l'intérieur de la con- 
cession d'Aniche, tout le long du cran dé retour. Oh ne connaît pas encore 
complètement la richesse en houille de la zone qui les sépare du faisceau 
de Frèsnes-midi ; tout ce que l'on peut dire, c'est que cet intervalle parait 
occupé par un certain nombre de touches, au moins à l'intérieur de la 
concession de Saint- Saulve; on ne voit de larges bandes stériles, au nord 
du faisceau demi-gras, qu'en s'avançant vers l'ouest, 

Le faisceau demi-gras d'Anzin est actuellement exploité par neuf fosses', 
savoir : Thiers, Bleuse-Borne, Saint- Louis, Dutemple, Haveluy, Lambrecht, 
d'Audiffret-Pasquier, Saint-Mark et Casimir Périer; il décrit, comme nous 
l'avons vu, une trajectoire curviligne ayant sa concavité vers le nord. A la 
fosse Thiers, il est complet, et il existe même, entre lui et le cran de retour, 
un faisceau gras; mais ce faisceau, ainsi que les veines supérieures demi- 
grasses, vient bientôt s'arrêter à cet accident, et seules, les veines infé- 
rieures du faisceau demirgras se développent parallèlement à lui, jusqu'à 
l'intérieur de la .concession d'Aniche. ; 

On conçoit que la proximité du cran de retour exerce une fâcheuse 
action sur l'allure de ces veines. 11 n'y a guère que.vers les fosses Saint- 
Mark et Casimir Périer, et dans la concession d'Aniche, qu'elles présentent 
une régularité très satisfaisante; ailleurs, elles sont sillonnées de cassures 



CHAPITRE X. 



181 



Allure générale 



Fosse Thiers. 



et dé brouillages qui en rendent l'exploitation moins avantageuse. Cette 
influence se fera naturellement moins sentir sur les veines maigres, qui se 
trouvent à une plus grande distance au nord ; aussi croyons-nous que c'est 
dans les charbons maigres que la compagnie d'Anzin cherchera et trouvera, 
dans un avenir prochain, la principale source de ses bénéfices. 

Dans la région qui nous occupe, les terrains sont en allure normale, 
et ont une pente moyenne vers le sud de 35° à 40°. Ils sont relevés vers ve i ne s et des banc* 
l'aval-pendage par de petites branches ordinairement inclinées vers le nord, qui le * séparflnt ' 
mais qui se redressent parfois jusqu'à plonger au sud en allure renversée. 
On les désigne sous le nom général de droits, quel que soit le sens de leur 
inclinaison; les plus connus de ces droits sont ceux de Raismes et de 
Grosse-Fosse; nous en parlerons plus loin avec quelques détails. Les lignes 
de plissement qui les séparent des plats situés entre eux ont une légère 
inclinaison vers Test; elles présentent parfois des crêtes et des queues dont 
la longueur ne dépasse pas 3 à 6 mètres. 

La fosse la plus orientale ouverte sur les charbons demi-gras est la 
fosse Thiers, qui est située dans la concession de Saint-Saulve, près de 
l'Escaut et de la limite de la concession de Raismes. Elle comprend 
deux puits, qui ont été commencés en 1856, et ont atteint le terrain houiller 
à la profondeur de 139 mètres. De longues bowettes ont été creusées au 
nord, et surtout au sud, aux niveaux de 200, 300 et 400 mètres; elles ont 
reconnu un nombre considérable de veines qui, malheureusement, sont pour 
la plupart peu avantageusement exploitables. En voici la nomenclature : 
N° ii du nord, N° iO du nord, N° 9 du nord, N° 8 du nord, N° 7 du nord, jV° 6 
du nord, N° 5 du nord, N* 4 du nord, IV 3 du nord, IV 2 du nord, N° i du nord, 
Sia> paumes, Georges, Décadi, Dure veine, Grande passée, Veine à filons, Grande 
veine, Petite veine, Printanière, Rosière* Boulangère, Meunière, Filonnière, Fai- 
tifre, Laitière, Chandelle, Baleine, Àrpenline, Première pouilleuse, Deuxième pouil- 
leuse, i n veine du sud, 2 e veine du sud, 3° veine du sud, 4* veine du sud, 5 e veine 
du sud, 6* veine du sud, 7 e veine du sud, 8* veine du sud, e veine du sud, 
iO* veine du sud, H* et i& veines du sud ou Hélène, i» veine du sud, 14* veine 
du sud, 15* veine du sud, i6* veine du sud. 



181 



BASSIN HODILLBR DE VALBNGIBNNES. 



Le tableau ci-dessous ftrit connaître la composition moyenne de ce 
gisement, dont la coupe complète figure à la planche XII ; 



COUVES DBS THWBS. 
H. Hovflle. — T. Favx-toit. 



Si fechisto. — B. BKtillftgs. 



K?ll du nord. 




M. 0.61 



N?10 du. nord. 



t • •« 



E 



20 



H.0.S0 



W?9 du nord. 
? 



N?8 du nord. 




Iî? 7 dà nord 



«o'.SS 




H. 0.6» 



IV? 6 du nord 




NÂTUBB 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



00 mus. 



8chiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste» 



■filf 



60- 



4S0- 



60- 



80- 



PBOPOBTIOH P. 0/e. 



MATItKBS 

tolstilss. 



Schiste. 



H.o4« 



Schiste. 



»■ 



Schiste. 



Schiste. 



13- 



14.56 



11. 20 



15.35 



COKB. 



84.14 



84.44 



73.05 



17.00 



15.00 



1.30 



4.J6 



10.70 



81.35 



ootjunnt 



Gris. 



Qris fssfs. 



3.65 



Jsniisir. 



14.00 



79.00 



7.00 



Gris. 



CHAPITRE X. 



18S 



COTJPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 
M» Fanx-niiir. 

S. Schiste. — B. BtcaillAge. 



If? S du nord 




N»Sf 



N°V dki nord 



To.a 

ft*.aS 



mtmr/amt 



% 



m*- 



H o.eS 



.©>* 



2V? S. du nord. 




*.«6o 



HV 2 dn nord 




N?l danord 



î.o. 



O.i* 




Ho6# 



'/////////////////////s 



So.5* 




ILoiS 



M.» V» 



NATURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 






DU MUB. 



Schiste. 



Schiste. 



gj-slf 



PROPORTION P. 0/0. 



MATItBBS 

volatiles. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



{Schiste. 



Schiste* 



Schiste. 



Schiste. 



38- 



15« 



7- 



17' 



76" 



30- 



17.00 



14.00 



14.00 



14.00 



15.00 



14.00 



cou. 



Carbone. 



78.00 



Cendres. 



79.05 



77.00 



83.20 



83.90 



80.30 



COULEUR 



CBHD1BS. 



5.00 



6.05 



9.00 



2.80 



1.80 



5.70 



Jaune noir. 



Jaune. 



Brun. 



Gris Jaune. 



Jaune noir. 



18b 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VBTNBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

If. Paox-nrar. 
S. 6chi*te. — B. BscaJUage. 



C eoS 



s.o iv r 



W//W////////////A 



s////////////////////, 



N.e.i 



Deçà* 



T.oeS 



l.o.»S L 



'////////////ffl^^ 



N.o.a£ 



Dore veine 



Grande paasée . 



CAO* 

E.0.16 

C.».io 
Ce**, 



'rA/x.A^/ , AA^A^xxxy,/XA< 



H.«.oS 

H.O.I» 

S H.o.3« 



Veine à filons 



T.e.10 



m 



■ o>S 



Grande vernie 



T. 0.0b 
■.0*7 



^ 



m 



H.0.61 



Petite veine ffhArée.l 



NATURB 



DU TOIT. 



DO MO*. 



B 9 



a ° 



Ml»* 

s: Mi 

81*13 



PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



27« 



8- 



16" 



12- 



8' 



8' 



MATlfcBBt 

volatiles. 



15.00 



14.00 



16.30 



15.95 



15.00 



18.50 



COKE. 



Carbone. 



83.05 



84.90 



82.50 



80.65 



81.80 



73.30 



Cendres. 



COULEUR 



1.05 



1 80 



1.20 



3.40 



3.20 



8.20 



Jaune gris 



Jtus rosgt, 



Gris blanc. 



CHAPITRE X. 



185 






COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux- mur. 
S. Schiste. — B. Bsceillage. 



!VintAiiiei*Q. 



kOticre 




Boolaiiq'ère 



©•S 



22 



*.«>*• 



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M.o.%* 




Rlonmère 

« 

FniticTO 



I o oJ 



H eli 



Laitière 



e © 






Chandelle 



I w o5 



V/TV 



wmmm*^ 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schitte. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 







gm 



21' 



13* 



26' 



34 



m 



10' 



53* 



34 



m 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



16.50 



18.35 



17.60 



19.97 



18.37 



COKE. 



Carbone. 



77.90 



79.65 



80.60 



75.93 



75.43 



Cendrea. 



5.60 



2.00 



1.80 



4.10 



6.20 



COULEUR 
des 

CSHDRB8. 



Gris. 



Jaune. 



Jaune rosé. 



Rosé. 



24 



186 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPBS DBS VBTNBS. 

H. Houille. — T. Pau-toit. 

M. Fanx-mur. 
8. Schiste. — B. Bscaillage. 



[tu 



Baleine. 



vmmmm 



«.©.a 



Arpentine 



■ ow» 



■.eJft 



Première pouilleuse 



£,••1 



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2 M.o.tv 
- H.». il 



jïuiutmtuzanzu n.o.«« 



S «.;• 



mr/////w////// 




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Mo.* 



1*T C veine du sud 



c ••s 




2? veine du sud 

looft 



'////////////////////é 




3? veine du sud 



I.O.Oi 



Y////////////////////, 

w///////////m^^^^ 



Bo.il 



NATURB 



DU TOIT. 



Grès. 



DU MUR. 



Schiste. 



M T 

* • ^ ° 

S • « •* 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



20« 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÉBBB 

volatiles. 



18' 



8-,50 



50 1 



0*" 



54- 



23- 



14.19 



19. *0 



20.82 



22.07 



20.01 



10.51 



coki. 



Carbone. 



81.88 



74.36 



75.79 



70.54 



74.93 



76.34 



Cendre*. 



3.93 



6.44 



COULEUR 



CBTDRSS. 



3.39 



7.39 



5.06 



4.15 



CHAPITRE X. 



187 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BtcaJUage. 



S.o.«8 
S.o.eS 



-veine dn sud 



7a 



S.©4c 



S.*, a* 




6* "reine dn sud. 




H.«4» 



Z e . veine du. sud . 



S.o.eS V"'!"^" '!" 9 "^ M ~ " 

H.O.SS 



^ 



8? veine dn *nd 



S. 0.09 
■.0.1S 



V///////////////////J 



«^^^^^ 



9 e veine dn sud 



S-O.i? 



^^^^^^ 



V//////////////////A 



10 e veine du and 



to.o* 




^ 



M.o.i» 

H.A.JI 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 




PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 


Schiste. 


Schiste.) 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 







5 m 



12' 



27' 



35' 



10' 



MATIÈRES 


COI 


volatiles. 


Carbone. 


19.20 


77.32 


10.27 


77.47 


19.42 


76.92 


19.28 


78.10 


18.45 


76.05 


20.20 


75.94 


19.00 


78.40 



Cendres. 



3.48 



3.26 



3.66 



2.62 



5.50 



3.86 



2.60 



COULEUR 
des 

CXNDRBS. 



•» . 



188 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUraS DBS VBINBS. 

H. Bouille. — T. Faux-toit 

II. Fam-mur. 
S. Schiste. — B. Bseaillage. 



11* et 12* veines du sud ou Hélène 






.«.•o 




13? veine du sud 




No.vi 



H e veine du. sud 



Co.«6 



B.ojto 



'//////r////////////i 



*.•.»! 



g "••.*• 



\tf veine an sud 

l-o.to 

V*.OB 




16° veine du sud. 

t. 0.06 es 



C.e.07 

a.o.So 




^ 



S. 0*0 



NATURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Soi 



a 
S ° 

!i 

5j 



16' 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



14' 



PROPORTION P. 0/0. 




MATIKRBt 

volatiles. 



28' 



10- 



20.88 



21.57 



21.10 



21.11 



21.40 



Carbone. 



74.56 



|73.09 



75.00 



77.03 



76.26 



Cendres. 



COULEUR 
des 

CSIfDKBS. 



4.56 



4.44 



3.90 



1.86 



2.34 



Toutes ces veines ont été traversées par les bowettes de l'étage de 
300 mètres, qui ont exploré une bande de plus de 2 kilomètres de largeur 
horizontale, du nord-ouest au sud-est. De la veine Bouillez, ou n° 9 du 
faisceau de Fresn es-midi, à la veine n° 11 du nord du faisceau de Thiers, il 
n'y a qu'un intervalle horizontal de quelques centaiues de mètres, dans 
lequel doit se faire le passage des veines supérieures de Fresnes-midi, et 



CHAPITRE X. 189 

celui des veines du Bosquet d'Aulnes et du sondage de l'Usine de Raismes. 
On prolonge actuellement la bowette nord du niveau de 3C0 mètres de 
Thiers, au delà de la 11 e veine du nord, et on compte s'éloigner jusqu'à 
environ 1,800 mètres du puits, de manière à pénétrer dans le faisceau de 
Fresnes-midi, et à rejoindre par Tune de ses veines la nouvelle fosse 
La Grange. Quand ce travail sera terminé, on possédera une coupe com- 
plète du terrain houiller, depuis ses veines les plus inférieures jusqu'au 
cran de retour, et l'étude de la constitution de cette partie du bassin aura 
fait un grand pas; mais, dès à présent, on peut considérer comme démontré 
qu'il n'existe pas d'intervalle stérile important, dans le méridien de Thiers, 
entre les veines de celte fosse et celles de la concession de Thivencelles. 

La bowette sud de l'étage de 300 mètres, qui est la plus longue de la 
fosse Thiers, a été arrêtée à 100 mètres environ au delà de 16 6 veine du sud. 
Il reste encore à peu près 1,000 mètres à explorer pour atteindre le cran 
de retour, qui ne doit pas être loin de la limite sud-est de la concession 
de Saint-Saulve. 

L'ensemble des veines de la fosse Thiers peut être réparti en trois 
groupes, assez nettement distincts. Le premier est constitué par les 11 veines 
du nord, qui renferment en moyenne 14 à 15 0/0 de matières volatiles; il 
est séparé du suivant par un intervalle d'environ 76 mètres, compté norma- 
lement à la stratification. Le second groupe s'étend depuis Six paumes au 
nord, jusqu'aux deux pouilleuses au sud; il fournit des charbons ayant 
environ 16 à 18 0/0 de matières volatiles. Enfin vient le troisième faisceau, 
qui est formé par les veines du sud, et produit des charbons donnant en 
moyenne 19 à 22 0/0 de matières volatiles, c'est-à-dire se rapprochant 
des charbons gras. La dislance du deuxième faisceau au troisième est assez 
faible, 50 mètres environ, mais elle devient considérable, si on néglige 
les passées qui existent entre Meunière, dernière veine exploitable du 
second faisceau, et 1" veine du sud, qui forme le commencement du troi- 
sième. 

11 ne faudrait pas juger de la richesse du gisement de la fosse Thiers 
par le nombre des veines qui le composent. Celles qui sont avantageuse- 



/ 



190 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

ment exploitables sont malheureusement peu nombreuses. Dans le groupe 
du nord, les veines n" 5, 6 et 8 sont absolument improductives, à cause de 
leur irrégularité, et il n'y a que les veines n 01 1 et 2 qui soient réellement 
belles. Le groupe intermédiaire ne préseute, comme veines couramment 
exploitables, que Rosière, Boulangère et Meunière; elles forment, à vrai dire, 
presque toute la richesse de la fosse, et, si elles n'existaient pas, il faudrait 
l'abandonner. Quant au faisceau du sud, il ne comprend, en réalité, que 
15 veines, car celles qui ont été désignées par les n 0A 11 et 12 n'en forment 
qu'une seule, que la bowette a recoupée plusieurs fois, à cause d'un plisse- 
ment du terrain, et que Ton appelle souvent Hélène. Sur ces 15 veines, 
8 ne sont pas exploitables (n°* 5, 6, 7, 9, 1*, 14, 15, 16), et les autres 
ne le sont presque pas, ou du moins ne le sont qu'à certains endroits. 11 est 
réellement regrettable de trouver aussi peu de ressources dans une zone 
de terrain qui mesure plus d'un kilomètre d'épaisseur, normalement à la 
stratification. La pauvreté du gisement tient d'ailleurs, à la fois, à l'irrégu- 
larité des terrains et à la faible épaisseur des couches. 

Les veines de la fosse Thiers sont presque partout en plat, avec un 
pendage moyen de 40° au sud ; certains chassages ont une longueur déme- 
surée, et s'étendent jusqu'à près de 2,000 mètres des bowettes. Il en résulte 
des frais de roulage très élevés, et une déperdition du travail de l'ouvrier, à 
qui on impose une véritable fatigue pour se rendre à son chantier. Les néces- 
sités d'une grande production dans un gisement aussi médiocre obligent à 
* 

se développer ainsi, et on peut se demander s'il ne serait pas plus avanta- 
geux de réduire l'extraction, pour obtenir un prix de revient meilleur. 

Il y a quelque temps, on avait essayé de diminuer cet inconvénient, en 
établissant dans la bowette méridionale et dans les voies de fond du niveau 
de 300 mètres 'une traction mécanique par corde- tête et corde-queue, avec 
machine au fond; mais ce mode de roulage, qui avait été installé à grands 
frais, était si coûteux qu'on n'a pas tardé à l'abandonner, pour revenir à 
l'emploi des chevaux. 

A la rencontre des bowettes, les veines ont une direction moyenne 
O. 40° S., qui se conserve assez bien dans presque toute l'étendue des Ira- 



CHAPITRE X. 



191 



vaux. A l'est, elles tendent plutôt à se rapprocher de l'orientation ouest- 
est, tandis qu'au couchant, elles s'infléchissent plutôt vers le sud. Les veines 
du nord sont celles qui présentent le plus d'ondulations et d'accidents de 
détail ; c'est ainsi que la bowette nord du niveau de 300 mètres a recoupé 
à trois reprises la 9 e veine du nord, qui forme successivement deux plats 
réunis par un petit droit. De même, la bowette sud de l'étage de 200 mètres 
n'a pas rencontré moins de cinq fois la veine n° 1 du nord, sous des incli- 
naisons variables. 

En dehors des rejets insignifiants que l'on trouve dans toutes les exploi- 
tations, et sur. lesquels il est inutile de s'arrêter, on remarque, à la fosse 
Thiers, deux accidents dignes d'être cités, qui sont situés tous les deux du 
côté du levant, et affectent particulièrement le groupe de veines compris 
entre Six paumes et Meunière. Le plus oriental est situé à environ 1,200 mè- 
tres de la bowette sud de 300 mètres, l'autre à 900 mètres seulement de 
cette bowette. Ils ramènent l'un et l'autre les veines vers le nord, quand 
on les traverse en allant au levant; le rejet qu'ils produisent est d'environ 
75 mètres pour le premier, et 125 mètres pour le second, le tout compté 
suivant l'horizontale. Ces deux crans sont parallèles, et dirigés à peu près 
nord-sud, avec plongement de 50° à Test; ils n'altèrent pas la direction des 
terrains. 

Si on examine une coupe verticale de la fosse Thiers, normale à la 
direction des couches, on remarque que la surface de contact du terrain 
houiller contre les morts-terrains plonge assez rapidement vers le sud-est. 
Cela tient à ce que la fosse est située sur le bord de la vallée houillère que 
l'on appelle torrent de Vicq. Si on avait prolongé la bowette sud du niveau 
de 200 mètres, elle aurait fini par atteindre le grès vert 

La fosse Thiers pourra être approfondie en quelque sorte indéfiniment; 
il est regrettable seulement que les veines qui fournissent la plus grande 
partie de sou extraction soient situées au midi des puits, car elles s'en éloi- 
gneront de plus en plus, à mesure qu'on s'enfoncera davantage. 

On a reconnu, A cette fosse, l'existence d'un puits naturel rempli de 
craie à cornus, de grès vert et de dièves; on l'a nommé, pour cette raison, 



Accident* connus 
à U fosse Thiert. 



Puiti naturel 
de U fotse Thiert. 



Région des fo«ses 

Bleu»e- Borne 
et S&lnt-Louii. 



192 BASSIN HOU1LLFR DE VALENC1ENNES. 

cran à dièves. 11 a été atteint par les voies de fond du levant de Meunière et 

de Boulangère, à iOO mètres environ de la bowette sud de 300 mètres. 

Ces voies l'ont traversé sur 
des largeurs de 37 et 28 
mètres ; au-dessus d'elles, 
l'exploitation a été inter- 
rompue sur 50 mètres de 
hauteur dans Meunière, et 
50 mètres dans Boulangère. 
Les travaux de Rosière ont 
été arrêtés avant d'arriver 
a l'accident. Ses dimensions 
ne sont pas encore complète- 
ment connues ; néanmoins, 
les figures 25 et 26 font con- 
naître assez exactement son 
allure, eu plan et en coupe 
' verticale. L'axe du puits 

parait, à peu de chose près, normal a la stratification des terrains. 

On ne tardera sans doute pas k l'atteindre au niveau de Ô00 mètres, parles 

tailles de la veine Printanière. 

Fig.26. 
Coupe verticale 







De,la fosse Thiers, te fais- 
ceau des charbons demi-gras 
descend au sud-ouest vers les 
fosses Bleuse-Borne et Saint- 
Louis, par lesquelles on l'ex- 
ploite encore, et vers les fosses 
du Moulin et de la Gave, qui ont 
servi à l'exploiter autrefois. 

Dans cette région, il 
composition suivante : Passée, Veine n'30. Veine n*29. Veine n*28, Veine n°21. 
Veine n° 26, Veine n° 25, Veine n' 24, Veine n" 23, Veine n" 22, Veine n" 2t ou 




CHAPITRE X. 193 

Veine du nord. Veine des mineurs. Chérie, Sainte-Barbe, Patronne, Notre, flot- 
teletj Six paumes, Georges, Décadi, Dure veine, Grande passée, Veine à filons, 
Grande veine, Petite veine, Printanière, Rosière, Boulangère, Meunière, Filonnière, 
plus les diverses passées connues ensuite à la fosse Thiers jusqu'à la 
i* pouilleuse. 

Le tableau suivant donne la composition moyenne du faisceau dont il 
s'agit. 



COUPES DBS VBINRS. 

B. Houille. — T. Faux-toit. 

If. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscafflage. 



Fa*ré+. 



in* n?30. 



Cota 

Co-o3 



7//////////////////, 



2JH.o*« 



Veine n?29. 



T.o-3o 






Veine n?26. 



La-io 



^ 



i 



H.©. Si 



Veine n?27 



T.0.0S 



m.o.o* 




NATURE 



DO TOIT. 



Schiste. 



DU MUE. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



s Nil 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



25' 



PROPORTION P. 0/0. 



IfATIBRBS 

volatiles. 



20' 



15- 



29' 



COKB. 



Carbone. 



li.57 



13.20 



14.60 



14.00 



Cendres. 



80.49 



80.06 



80.40 



80.42 



COULEUR 
des 

CBKDBBS. 



7.94 



6.74 



Vosffo orage. 



5.00 



5.58 



Marron» 



25 



U>4 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



OOUFHSDBS TBDIB8. 
H. Hoeflls. — T. Pau-toit. 



S. 8chJtto. — B. BacaflUc«. 



t •*• 



I 



11? 26. 



'//////////////////m 



y////////////////////é 



M. «.M 



NATURB 



DO TOIT. 



Schiste. 



Veine n?25 




■.•JSà*** 



Veine fi?î% 



t..*.»* 




^ 



^ 



v//////////////////* 



H.oJS 
H.omo 



Schiste. 



DO MUB. 



Schiste. 



C.O.OI 



Veine n?23 . 

M.o.i» 



SSWSS#S/SW»M"< 



Veine n?22. 




to« 



H.o.3* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 




15- 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Veine n° 21 on Veine du nord. 




H.o>* 



Veine des mineure JPa*r*J 



S.*.** 



W//////////////A *~* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. Schiste. 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatils». 



10- 



38« 



30- 



5- 



14- 



34' 



15.70 



14.50 



14.30 



13.85 



14.40 



18.00 



13.90 



cou. 



78.00 



79.45 



79.15 



82.03 



75.00 



83.50 



6.30 



COULBU& 
4«s 



6.25 



7.00 



2.97 



6.40 



Rongeàtre. 



Roussàtre. 



Gris noir. 



4.30 



Blanc 



CHAPITRE X. 



195 



OOUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

If. Fnnx-mnr. 
S. Schiste. — B. Bacaillage. 



Chérie faa*rée.l 



M.*J« 



S^ Barbe (fà+n*.) 



C.o-m* 




f 'A * ••>• 



faronne £?Wrt*y 



.0.01 B 



1 



'/////////////////M 



Ho. «5 



Noire. (Jh**é*J 



£ «.os 

l.O.*0 



Y////////////////////, 



H.o.od 



Roitelet . iPtxMcJ 

t.o.oi 




N.owSs 



paumes 



f93t9JIllJ13>lllJ>JUJ , H.O.tO 
*•••'* -.J.J.JJ...-.J.. ....... 



S.O.ftO 



GeopMi 



</////f//S/S/*///A///. 



y////////////m^^^^^ 






NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



sa .*§ 

a • ► •« 

s •* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



12' 



20' 



8< 



12' 



PROPORTION P. 0/0. 



If ATIBBtS 

volatiles. 



11' 



15 1 



10- 



16.80 



13.80 



14.00 



13.50 



13.80 



13.20 



001 



Carbone. 



78.20 



80.40 



Cendrée. 



84.10 



85.30 



81.30 



84.00 



5.20 



5.80 



1.90 



1.20 



4.90 



2.80 



COULEUR 
des 



Ronge. 



Gris noir. 



Hong* jaufttr*. 



Roigt soir. 



Gris. 



Blanc. 



196 



BASSIN HOUILLER DE VALENG1ENNES. 



SBa^ESBl 



OOUFBS DBS VEINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

If. Fiux-mur. 
S. Schiste. — B. 



NA.TURB 



Décadi. 



s.**s 




DO TOIT. DU MU*. 



Schiste. 



K • a 

* a «: *£ o 




5-8 js|- 



PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 



Dore veine 




Schiste. 



Grand* 



passée 




Schiste. 



Schiste. 



Veine à filons 






Grande -veine 



Ce »© 



C .o.«d 









o>© 



Petite terne. 




lUAft 



C.OAB 



/////////////////////// 



H>*.»S 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



13' 



17- 



19' 



13- 



7- 



40" 



MAT1ÉRBS 

▼oUtfles. 



15.53 



15.36 



14.08 



14.22 



14.00 



16.00 



15.00 



cou. 



Carbone. 



81.47 



82.37 



81.16 



84.15 



83.00 



80.80 



Cendres. 



COULEUR 
des 



3.00 



2.27 



Gris 

roussàtre. 



Roussàtre. 



3.86 



Gris 

roussàtre. 



1.63 



Roussàtre. 



3.00 



Gris. 



3.20 



Gris Jaune. 






CHAPITRE X. 



197 



COUPES DBS VETUES. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bacaillage. 



Rosière. 




/////////////////////s 



N.©.eV 
H.p.io 

N.e*ao 



S. 



Boulan<rère 



V///////////////7///A 



H.e.ao 
M.aJo 



Meunière 



Lo.ii 



S.o.36 

S.0.0+ 




C«.Oi 
£.o.o3 






Rloxnrière 



W/////////A///////A 
Y////////////////////, 



H.o.11 



H.o.<8 
H.oso 
H.o-3© 



Paitiêre . 



Co.o3 




^ 



N.0.3& 



Co.o5 



Laitière. 




Y/////////////////////, 



H.*ao 



Chandelle . 

(Fourré*. ) 



NiTURB 



MJ TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DO MUR. 



S 

O 



*a 

o > 

3 d 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



S*' 



si 

il 



PROPORTION P. 0/0. 



MATlISIl 

▼olatiles. 



18* 



6" 



15- 



16' 



Schiste. 



Schiste. 



30' 



OOKI. 



Carbone. 



16.20 



18.95 



17.00 



16.20 



16.tW 



81.20 



74.45 



Cendres. 



79.67 



17.29 



81.10 



74.40 



81.14 



2.60 



6.60 



i 



COULEUR 
des 



Roossàtre. 



3.33 



2.70 



9.00 



Gris. 



Gris jaune. 



1.57 



198 



BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 



CO0PB8 DBS VBINB6. 

H. HouilU. — T. P«nx-toiL 
M. F«x-mur. 

S. 8dii*U. — B. BteaflUge. 



Baleine . 

(Fùjvée.) 



Arpeniiae 



Première pouflleuae. 



NJLTURB 



DU TOIT. 



DU MU». 




PROPORTION P. 0/0. 



MATlÉftBS 

ToUtilet. 



cou. 



Carbon*. 



Cendrai. 



COULEUR 
4m 



Le groupe compris entre Veine n° 30 et Veine du nord ou n° 21 
correspond aux veines n* 1 à 9, du nord de Thiers. Notamment, la veine 
n°2i, de Saint-Louis et de Bleuse-Borne, parait identique à la veine du 
nord n* 1, de Thiers. 11 convient, toutefois, de remarquer que le groupe 
dont nous parlons est représenté par £0 veines d'un côté, et par 9 seule- 
ment de l'autre. Cela tient à ce que l'une des veines de Bleuse-Borne vient 
s'amincir du côté de Thiers, de manière à s'y réduire à une passée com- 
plètement négligeable. 

Le faisceau gras de la fosse Thiers ne passe plus à Bleuse-Borne, 
parce qu'il vient s'interrompre au cran de retour, avant d'arriver à 
cette fosse. Le gisement reconnu présente donc un nombre moins grand 
de couches à l'ouest qu'à l'est; en revanche, les veines y sont géné- 
ralement plus belles et plus régulières. Ainsi, les veines du nord, qui 
ne sont presque pas exploitables à Thiers, le sont à Bleuse-Borne et 
à Saint-Louis. On exploite également avec avantage, à ces deux fosses, 
Six paumes, Georges, Décadi, Dure veine, Veine à filons, Grande veine, 
Boulangère, Meunière et Filonnière. Il a été possible, en outre, d'entre- 



CHAPITRE X. 



199 



prendre, à certaines places, des travaux dans Grande passée, Petite veine, 
Printanière et Rosière. 

Entre Veine du nord et Six paumes, on trouve, aux fosses dont nous 
nous occupons, quelques passées inconnues à Thiers. En revanche, la série 
. des passées supérieures à Filonnière y parait incomplète : elle ne comprend 
guère que Chandelle, Baleine, Àrpentine et 1* pouilleuse ; Faitière et Lai- 
tière y sont presque inconnues, ou du moins ne consistent qu'en des 
filets charbonneux ordinairement peu épais. Quelques travaux ont été exé- 
cutés de ce côté dans ces passées, au voisinage de leurs affleurements, par 
l'ancienne fosse Saint-Jean. 

Les travaux du groupe de Bleuse-Borne et de Saint-Louis, et ceux de 
Thiers, ont été mis en communication par la veine Meunière, entre les étages 
de 300 mètres à Thiers, et de 340 mètres à Bleuse-Borne. On a été ainsi 
amené à modifier les assimilations de veines qui avaient été admises comme 
résultant de leurs caractères de ressemblance. La veine Meunière avait été 
appelée à tort Filonnière à la fosse Thiers, et d'autres erreurs avaient encore 
été commises, ainsi que l'indique le tableau suivant, qui fait connaître les 
noms que l'on donnait précédemment à certaines veines de cette dernière 
fosse., et ceux qui leur ont été substitués, lorsqu'on s'est raccordé avec les 
travaux d'Anzin. 



ANCIENS NOUS 

ADOPTÉS A LA F088E THIBftt. 


NOMS ADOPTÉS DÉFINITIVEMENT. 




Printanière. 

Rosière. 

Passée. 

Passée. 

Boulangère. 

Meunière. 

Filonnière. 




Deux passées séparées par un banc de schiste. . 



lies anciens plans de la compagnie attribuent parfois à la même veine 
les deux noms qu'elle a successivement reçus, ce qui n'est pas sans amener 



200 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

une certaine confusion ; mais les corrections nécessaires ont été apportées 
aux tableaux ci-dessus. Cet exemple montre combien il faut être pru- 
dent dans les hypothèses que Ton fait pour raccorder entre eux des fais- 
ceaux, et surtout des veines connues en des points éloignés. Dans l'espèce, 
les hommes du métier les plus expérimentes n'ont pas été capables de . 
reconnaître exactement, à Thiers, une série de veines qu'ils exploitaient à 
quelques centaines de mètres delà, et c'est seulement quand une communi- 
cation a été établie entre les deux groupes de travaux, que la continuité des 
couches a pu être indiquée avec certitude. Quel degré de probabilité peut-on 
attacher, d'après cela, à des assimilations que l'on fait à de grandes distances, 
et qui ne résultent que de caractères douteux et d'appréciations discutables? 

En définitive, le faisceau des charbons demi-gras se présente sous un 
plus bel aspect, quand on se rapproche d'Ànzin. La veine Meunière est à 
peu près la seule qui soit en général plus avantageusement exploitable à 
Thiers qu'à Anzin. 

L'allure ordinaire des veines demi-grasses d'Anzin est le plat incliné de 

30° à A0°. Cependant, vers la fosse Saint-Louis, on voit naître l'un des droits 

Droit de RaUmes. dont nous avons parlé plus haut et qu'on appelle droit de Raismes. 11 

détermine dans chaque couche deux plats, appelés l'un plat du nord, l'autre 
plat du midi. On a exploité le droit de Raismes aux étages de 330 et de 
390 mètres de la fosse Saint-Louis, ainsi que par la bowette nord de l'étage 
de A2â mètres de la fosse du Chaufour, qui a été poussée jusqu'au delà du 
cran de retour, dans la zone des charbons demi-gras. Ce droit a une direc- 
tion sensiblement est-ouest, et il est presque vertical, avec tendance à 
plonger au nord. Il a son maximum de développement, dans la région 
où on l'a exploité, à la fosse Saint-Louis; là, il mesure une longueur d'en- 
viron 160 mètres, comptée suivant sa ligne de plus grande pente. 

Le plat du midi n'est presque pas exploité dans la région d'Anzin : il 
n'y est connu qu'à une trop grande profondeur. Quant à celui du nord, il 
vient de la fosse Thiers dans la direction O. 45° S., puis.il s'infléchit de 
manière à venir se remettre parallèle au cran de retour, suivant une orien- 
tation moyenne 0. 15° S. On y remarque un accident qui est connu sur une 



CHAPITRE X. 201 

grande longueur, et qu'on appelle cran de Bleuse-Borne ; c'est une sorte de cran 

cassure dirigée à peu près de l'est à l'ouest, avec une inclinaison de 80° à 85° 
vers le sud. Son affleurement au tourtia passe à environ 120 mètres au sud 
de la fosse Bleuse-Borne, 80 mètres au nord de la fosse du Moulin, 
400 mètres au nord de la fosse Saint-Louis, et 200 mètres au nord de la fosse 
de la Cave ; vis-à-vis de la fosse Bleuse-Borne, il produit un affaissement 
des terrains, au midi, d'environ 75 mètres suivant la verticale ; mais il s'at- 
ténue de plus en plus vers la fosse de la Cave, et là, il ne produit plus qu'un 
rejet insignifiant. 

Citons encore un autre accident, appelé cran de la Cave, presque parai- cran de ia cave. 
lèle au précédent, et plongeant comme lui de 80° à 85° vers le sud. Il 
passe, en affleurement, à 170 mètres environ au midi de la fosse de la 
Cave, et produit un renfonçage au sud d'une cinquantaine de mètres. 

La fosse Bleuse-Borne est très ancienne, puisqu'elle date de 1783; Fosse Bieuse-Borne. 
elle est située dans l'angle sud formé par l'intersection des lignes de Valen- 
ciennes à Douai, et d'Anzin à Péruwelz, contre la route de Yalenciennes à 
Condé ; elle a rencontré le terrain houiller à la profondeur de 85 mètres, 
un peu au sud de l'affleurement de Grande veine, et a été approfondie 
jusqu'au niveau de 410 mètres. Au levant, ses travaux ont été mis en com- 
munication avec ceux de la fosse Thiers, par la veine Meunière; au cou- 
chant, ils se continuent par ceux de la fosse Saint-Louis ; on exploite par 
Bleuse-Borne tout le faisceau demi-gras, depuis Veine n° 30 jusqu'à Filon- 
nière. 

L'emplacement de cette fosse a été heureusement choisi, en raison de 
cette double circonstance qu'elle est placée vers le centre du faisceau demi- 
gras, et qu'elle est éloignée de plus de 800 mètres du cran de retour; cette 
distance laisse une grande marge à son exploitation vers le sud ; en même 
temps, sa position permettra de s'en servir pour aller chercher au^ nord 
les veines inférieures à Veine n° 30. Enfin, le gisement des charbons demi- 
gras se présente, dans son voisinage, sous un aspect de régularité et de 
richesse assez satisfaisant. 

Le puits de Bleuse-Borne a été garni, à l'origine, dans la traversée des 

26 



202 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

morts-terrains, par un cuvelage en bois rectangulaire, de faible section. Le 
mauvais état de ce cuvelage, sa forme défectueuse, ses dimensions insuffi- 
santes, ont donné un instant l'idée d'abandonner la fosse, et d'en creuser 
une autre dans le voisinage; mais la position favorable du puits a décidé 
la compagnie à remplacer l'ancien cuvelage rectangulaire par un autre de 
forme circulaire et d'assez grand diamètre. Cette réparation importante 
permettra à la fosse Bleuse-Borne de devenir le siège d'une grande extrac* 

lion. 
Fosse saint-Louis. La fosse Saint-Louis a été ouverte en 1821, à 700 mètres environ au 

sud-ouest de la précédente; elle a atteint le terrain bouiller à la profondeur 
de 78 mètres, à 240 mètres environ au sud de l'affleurement de Filonnière; 
on y a exploité le grand plat du nord et le droit de Raismes. Elle commu- 
nique du côté de l'est avec les travaux de Bleuse-Borne, et son champ 
d'exploitation s'étend, à l'ouest, au-dessous de la fosse de la Cave, dont le 
dernier étage se trouve au niveau de 266 mètres, et qui ne sera plus appro- 
fondie. Son emplacement lui assure un certain avenir, bien qu'il soit moins 
favorable que celui de Bleuse-Borne, à cause de sa plus grande proximité 
du cran de retour, qui n'en est éloigné en affleurement que d'environ 
450 mètres. Ses travaux ne pourront pas être poussés à une grande dis- 
tance au midi ; de ce côté, la fosse Saint-Louis a été mise en communica- 
tion avec celle du Chaufour par la bowelte nord creusée à cette dernière 
au niveau de 424 mètres ; cette galerie a traversé, entre le cran de retour et 
la veine Filonnière, un intervalle de près de 300 mètres en terrains brouil- 
lés, qui réduit considérablement le champ d'exploitation de la fosse 
Saint-Louis ; néanmoins, cette fosse est appelée à exploiter avec avantage le 
faisceau demi-gras qui s'en rapproche de plus en plus en profondeur, et il 
convient aussi de noter que, eu égard à l'inclinaison du cran de retour vers 
le midi, les travaux pourront s'avancer d'autant plus loin dans cette direc- 
tion qu'on s'enfoncera davantage. Actuellement, le dernier étage de Saint- 
Louis est situé au niveau de 445 mètres; on pourra en ouvrir plusieurs 
autres au-dessous. 

Nous citerons seulement pour mémoire les fosses du Moulin et de la 



CHAPITRE X. 203 

Cave qui ont été abandonnées, la première au niveau de 330 mètres, la Anciennes fosses 

seconde à celui de 266 mètres, et qui ont servi à exploiter la tête des Moulin et de la cave. 

veines que la fosse Saint-Louis doit prendre en profondeur. La fosse du 

Moulin a longtemps servi à l'épuisement; maintenant, les eaux du groupe 

des fosses d'Anzin se rendent par la galerie de l'étage de 424 mètres 

du Chaufour à la fosse Tinchon, où se trouve installée une machine 

d'exhaure. 

Si on continue à suivre le faisceau demi-gras, en longeant le cran de fouo Dutempie! 
retour, on arrive à la fosse Dutempie. Elle a été ouverte sur les charbons 
gras, à environ 500 mètres au sud de l'accident; mais elle a atteint le fais- 
ceau demi-gras, après avoir traversé la faille, par les bowettes nord de ses 
niveaux de 259 et 316 mètres. Le gisement qu'elle a rencontré est extrême- 
ment bouleversé par une série de crans à peu près parallèles, compris 
entre la faille de Bleuse-Borne et le cran de retour. Ces accidents sont 
dirigés à peu près de l'est à l'ouest, et disloquent le droit de Raismes 
dont le prolongement se dirige vers Dutempie ; ils plongent d'environ 70° 
à 80°, et produisent une série de renfoncements vers le sud, c'est-à-dire 
vers la faille de retour. Entre ces divers crans, les terrains sont assez droits 
et brisés par d'autres cassures peu inclinées, plongeant vers l'est, qui leur 
donnent un aspect des plus irréguliers. 

Les veines demi-grasses connues à la fossé Dutempie ont reçu les n°* 1 
à 16, dans l'ordre suivant, dans lequel on les a rencontrées en venant du 
cran de retour, mais elles ne sont, en réalité, qu'au nombre de 15, à cause 
de l'identité qui existe entre la 2* et la 3°. Le tableau suivant donne la com- 
position moyenne de ce faisceau. 



20b 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Fanx-toit. 

If. Faux-mur. 
S. Schitt). — B. Becaiuage. 



16? 



Co.iS 




S.o.*5[ 
o.e* 



15? 



>*0%3%S**5s0*$* 



fS'SS'&SSSSSfSSSÇ. 



Ho. sa 

H.o.5 
H.a.S. 



I»? 



veine 



C.«.o8 



C.0.1S 




ft.**S 



13 e veine. 



v/////////////Ar////A 



Nau 



12 e 



teme 



H.O.W 




\j 



n? 







i 



IU.S, 



10 e 



veine. 




N.o>5 



«\©>i 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DO MUE. 



Wïû 



PROPORTION P. 0/0. 









Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



MATIBKBS 

▼«Utiles. 



26' 



9' 



11 1 



11 1 



24' 



58' 



14.53 



14.78 



17.73 



13.90 



14.60 



13.30 



15.76 



COEI. 



Carbone. 



83.81 



83.1* 



76.67 



70.07 



81.80 



80.00 



Cendre*. 



COULEUR 



1.66 



3.10 



5.60 



7.03 






Gris foncé. 



3.60 



Gris. 



6.80 



79.51 4.70 



Roux terne- 






CHAPITRE X. 



205 



COUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BscaiUage. 



9? veine. 



W////////MW//Â 

y///////////////////// 



»? veine. 



N.o.10 



ft.*tt 
B.O.J9 




'zzzzazzùœmzzm »..•.*• 



H.«*. 



te: 



7 e veine 



//////////////////////M 






. 6* veine 




5 e veina 



[î 




SA 



■>? veine* 



*.*•• 



//////////////////M 



7////////////////////I 



H. 
M.o.sft 



3 e et 2 e . veines. 



C*os 




L»o8 



., r ,i,..iiiiiuijfi* 



H-oJo 

fîmiiumiiruittti iujo 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DO MUB. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



~i 



.— g 



a s Ml 
si 1 !! 



a* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



? 



25« 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



< 15.20 



16.22 



17.05 



18.50 



14.85 



18.55 



19.00 



21.00 



COKE. 



Carbone. 



82.07 



81.71 



79.50 



Cendres. 



70.70 



80.21 



77.97 



73.00 



73.00 



1.83 



2.04 



2.85 



4.80 



4.01 



3.48 



8.00 



6.00 



COULBUR 
des 

CSKDBSS* 



Roux. 



Ronge bruo. 



206 



BASSIN HOUILLER E>E VALENGIENNES. 



La qualité des charbons de ces veines se rapproche de celle des char- 
bons des veines du sud de Saint-Louis, et on a supposé pour cela, pendant 
quelque temps, que les prolongements de ces dernières allaient passer à 
Duteraple ; plus tard, les tracés des voies de fond ont montré que le faisceau 
deDutempIe doit être plutôt assimilé aux veines du nord de Saint-Louis. 
Dans cette hypothèse, la correspondance de veine à veine devrait s'établir, 
vraisemblablement, de la manière suivante : 



VEINES DE DUTEMPLE. 


VEINES DE 6A.INT-LOUIS. 




Passée. 
Veine n* 30. 

? 

? 
Veine n # 26. 
Veine n° 25. 
Veine n° 24. 
Veine du nord. 



















Quant aux veines n M 8 à 1 de Du temple, elles correspondent aux 
veines les plus septentrionales de la partie du faisceau de Saint-Louis com- 
prise entre Six paumes et Filonnière. 

La grande irrégularité des terrains où passent les veines demi-grasses 
de Dutemple rend le plus grand nombre d'entre elles à peu près inexploi- 
tables*; les cassures qui les affectent les brisent sans les appauvrir, mais il 
n'a encore été possible d'ouvrir des travaux un peu étendus que dans les 
veines n M 9 à 14. Le faisceau, qui est presque parallèle au cran de retour 
vers le méridien de la fosse, s'infléchit au nord-est du côté du levant, où il 
a été le plus exploité. 

Entre les fosses Dutemple et Saint-Louis, le plat qui est connu à cette 
dernière sous le nom de plat du midi est limité à sa partie inférieure par 
un second droit, situé au sud de celui de Ratsmes, et que l'on appelle droit 



CHAPITRE X. 



207 



de Grosse-Fosse, du nom de la fosse à laquelle on Ta d'abord rencontré* Droit 

Cette fosse est située sur les charbons gras, au sud du cran de retour, mais 

sa bowette nord, du niveau de 464 mètres, a traversé cet accident à environ 

100 mètres du puits, et c'est alors qu'elle a immédiatement rencontré le 

droit dont nous parlons. Son étendue, suivant sa ligne déplus grande pente, 

est d'une centaine de mètres, et il est généralement en allure renversée, 

avec peine de 70° à 80° vers le sud. Quelquefois, cependant, il s'incline au 

nord ; il est alors presque vertical. 

En continuant à s'éloigner dans la direction de l'ouest, on ne connaît 
plus le faisceau demi-gras qu'à la fosse d'Haveluy. 

Les relations de veines, déjà difficiles à déterminer entre Dutemple et 
Saint-Louis, deviennent encore plus douteuses entre Dutemple et Haveluy, 
qui sont à une distance de plus de 5 kilomètres. 

Le faisceau reconnu et exploité à cette dernière fosse comprend les Faisceau <rHa?eiuy. 
veines suivantes, du nord au sud : Charles, Lambrecht, Adolphine, Deuxième 
veine, Première veine, Charlotte, Edmond. 

Sa composition moyenne est indiquée par le tableau ci-dessous : 



COUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
6. Schiste. — B. Bscaillage. 



Charles 




H.0.70 



LamVrecLt 



;w//////////////// 



6.0J0 




H.oJ« 



R.0.60 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



"s 

3 S" 2 

a* 



a- 2 
as 

*5 

o • 



PROPORTION P. 0/0. 



MATISBKS 

volatiles. 



480' 



80' 



11.81 



17.40 



cou. 



Carbone. 



86.25 



81.00 



Cendres. 



1.94 



1.60 



COULEUR] 
des 

CENDRES. 



208 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

If. Faux-mur. 
6. Schiste. — B. Btcaillage. 



Adolphine 




H.O.0S * o-ft 



L.O.M 




H.oj6» 



Première veine 

C.«.o6 




o3o 



Charlotte. tôuusW 

t»e.ofr 

R.O.S* 




Edmond. frWcW 



r////////r///r////A 



H.o.s-> 



t.o^t 




NATURE 



S 



DO TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DO MUR. 



s*g 



Schiste. 



Schiste. 



i 

«a 
■a 

t 



H 
Q 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



160' 



27' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBKKS 

▼oUtilot. 



63 1 



110' 



18.00 



COKI. 



Carbone. 



80.10 



Cendrss. 



COULEUR 
d«s 



1.90 



20.37 



20.42 



75.87 



77.65 



3.76 



1.93 



RoDgeitre 



La veine Charles, qui est la plus septentrionale, et dont l'exploitation 
a dû être abandonnée à cause de la mauvaise qualité de son charbon, se 
distingue de toutes les autres par sa proportion de matières volatiles, qui 
n'est que de 12 0/0 environ, tandis qu'à partir de Lambrecht, elle dépasse 
17 0/0. De plus, il existe entre Charles et Lambrecht un intervalle stérile 



CHAPITRE X. 209 

d'qnviron 480 mètres en travers-bancs et 900 mètres en bowettes, dans 
lequel on n'a trouvé qu'une veinule que l'on a appelée Petite veine. 

Le gisement d'Haveluy comprend donc un faisceau formé de six veines 
relativement assez rapprochées les unes des autres, et d'une septième veine, 
isolée des précédentes par une large bande de terrain houiller sans houille, 
et d'une nature toute différente. 

Deux hypothèses peuvent être faites sur la liaison à établir entre le 
faisceau demi-gras d'Ànzin et celui d'Haveluy. Si on ne s'en rapportait 
qu'au caractère tiré de la qualité des charbons, on serait tenté d'assimiler 
les veines d'Haveluy aux veines supérieures du faisceau de Saint-Louis, 
comprises entre Six paumes et Filonnière; mais alors, il faudrait admettre 
que toutes les veines du groupe septentrional, à partir de Veine du nord, 
disparaîtraient complètement du côté de l'ouest, de manière à laisser, au 
nord du groupe méridional, la large zone stérile comprise entre Lambrecht 
et Charles. Une autre hypothèse consiste à assimiler les veines du faisceau 
d'Haveluy, depuis Lambrecht, aux veines du nord du faisceau d'Ànzin ; en 
ce cas, il se serait produit, dans le long parcours de ces veines jusqu'à 
Haveluy, un changement de nature qui aurait eu pour conséquence une 
amélioration dans la qualité de leurs charbons, en même temps qu'une 
augmentation de leur teneur en matières volatiles ; quant aux veines com- 
prises entre Six paumes et Filonnière, elles seraient venues s'interrompre 
au cran de retour, avant d'atteindre la fosse d'Haveluy. 

Nous avons vu que les travaux de la fosse Thiers et ceux de la con- 
cession de ThivencelJes permettent de croire qu'au nord de la con- 
cession de Saint-Saulve, les veines de Fresnes-midi et les veines demi- 
grasses qui leur sont superposées se succèdent, sans être séparées par une 
large bande stérile ; il ne parait plus en être de même du côté de l'ouest, et 
il semble, au contraire, si on admet la seconde hypothèse que nous venons 
d'indiquer, que le faisceau demi-gras se détache nettement du reste du bas- 
sin par la formation d'un massif épais dépourvu de veines, et compris entre 
Lambrecht et Charles. Faut-il attribuer cette circonstance à ce que les 

veines comprises entre les travaux de Fresnes-midi et ceux du nord de 

27 



210 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIEN NES. 



Fosse d'Haveluy. 



Cran d'Hayeluy. 



Thiers, veines qui ne sont encore qu'imparfaitement reconnues, ne consis- 
teraient qu'en passées qui arriveraient à disparaître vers l'ouest, ou à ce 
que le banc stérile dont il s'agit se développerait graduellement dans cette 
direction? C'est ce que les travaux ultérieurs pourront seuls indiquer. 

Quoi qu'il en soit, la bande improductive située au nord de Lambrecht 
parait se continuer à une grande distance vers l'ouest, et c'est elle sans 
doute qui a été reconnue, à l'intérieur de la concession d'Aniche, par une 
recherche faite au nord de la fosse Traisnel. 

Au nord de cette bande, la veine Charles se rattache peut-être à l'une 
des veines du groupe découvert au sondage du Bosquet d'Aulnes et à celui 
de l'Usine de Raismes. 

La fosse d'Haveluy a été ouverte en 1866, et elle a atteint le terrain 
houiller, à la profondeur de 71 mètres, au nord de l'affleurement de la veine 
Charlotte ; elle comprend deux puits ; son dernier accrochage est actuelle- 
ment au niveau de 374 mètres. Les terrains y sont généralement en plat, 
avec inclinaison de 40° à &5° vers le sud. Parfois, ils sont relevés par de 
petits droits tout à fait locaux. On remarque surtout ce genre d'allure au 
nord des puits. Dans les parties en plat, la direction des bancs est voisine 
de celle de l'est à l'ouest. 

Les couches de houille manquent de régularité et subissent des appau- 
vrissements locaux, probablement à cause du voisinage du cran de retour, 
qui passe, en affleurement, à 300 mètres seulement au sud de la fosse. Parmi 
les crans qui disloquent le gisement, le plus important a reçu le nom de 
cran d'Haveluy. 11 traverse le puits à la profondeur de 190 mètres, et pré- 
sente une direction N. 75° 0., avec pente de Û5° au sud. Malgré le sens de 
son plongeaient, ce sont les terrains du midi qui ont monté sur lui de 
200 mètres environ, suivant sa ligne de plus grande pente : autrement 
dit, il constitue ce que l'on appelle, dans le langage des mineurs, une faille 
à l'envers ; nous pensons qu'il convient de considérer cet accident comme 
une sorte de droit brisé. 

Du côté du nord, les explorations n'ont été poussées, en bowette, qu'à 
100 mètres au delà de la veine Charles, à l'étage de 304 mètres ; mais, à 



CHAPITRE X. 



211 



l'extrémité de la galerie, on a continué la recherche en beurtia, sans obtenir 
de résultat; au sud, les bowettes des étages de 220 et de 30ft mètres ont 
atteint le cran de retour à 150 mètres de la veine Edmond, puis ont 
été poursuivies au delà de cet accident, sur une longueur de 600 mètres, 
dans des terrains complètement bouleversés. Peut-être a-t-on traversé la 
faille d'Abscon dans cet intervalle; la grande irrégularité des terrains 
masque complètement son passage. Les veines Charlotte et Edmond, voisines 
de cette région brouillée, sont encore plus irrégulières que les autres et 
ne sont que très accidentellement exploitables. 

La fosse Lambrecht a été commencée en 1879, à 2,400 mètres à l'ouest Fosse Lambrecht. 
de la fosse d'Haveiuy ; elle a atteint le terrain houiller à la profondeur de 
82 mètres, et va être approfondie jusqu'à celle de 270 mètres; on y a ouvert 
deux accrochages aux niveaux de 150 et de 200 mètres. 

On y a recoupé un faisceau de veines qui se succèdent dans l'ordre 
suivant, du nord au sud : Nouvelle veine, Lambrecht, Veine de m ,48, Adolphine, 
Veine à Fescaillage ou Escaille, Veine de m ,50, Veine de m ,6li. 

La composition moyenne de ce faisceau est donnée par le tableau suivant : 



OOUPBS DBS VRTNBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BscaiUage. 



Nouvelle veine 




Lanibrecli . 



tu 

C.e.io 
S.o4o 



Coj0 




H.oJo 



H.o 9 3 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



DU MUS. 



Schiste. 



M <~* 

MM 



B 



*ga 

_ !» m 



3 



-111 



40' 



PROPORTION P. 0/0. 



M ATIBRB8 

ToUtiles. 



16.83 



COKI. 



Carbone. 



77.72 



Cendres. 




5.40 



Gris. 






212 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

if. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BscaAUge. 



NÀ.TURB 



Veine de cPH8. 



Adolphine . 



E.o.ia 




Peine à l'esoaillage on Escaille. 



m 

£.©** j 



S 



H, 



Veine de oW>o. 






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M. 

N 



Veine de off 



S*o.fo 



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H.*.«e 



©.de» 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MU». 



M 
B 

6 

o 

ai 

■ 
o 



B ^ ai •* 



S s 



.2» 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



400' 



27' 



PROPORTION P. 0/O. 



MATIBKES 

YoiaUles. 



27 « 



29- 



Schiste. 



48.90 



17.20 



OOKI. 



Carbone. 



76.14 



74.66 



19.56 



Gendres. 



5.60 



COULBUB 
des 



8.14 



76.14 



Blanc 



4.30 



Gris. 



On peut affirmer que les veines Lambrecht et Adolphine sont iden- 
tiques à celles qui sont exploitées sous les mêmes noms à Haveluy; Veine 
de m ,48, qui est à peu près inexploitable, ne se retrouve pas à cette 
dernière fosse, vers laquelle elle vient sans doute se perdre. Quant aux 



CHAPITRE X. 213 

veines à l'escaillage, de 0",50 et de m ,64, elles vont sans doute s'amin- 
cir vers l'est, pour y disparaître ou s'y réduire à des filets de charbon 
d'une épaisseur insignifiante. Dans tous les cas, il semble probable 
qu'aucune d'entre elles ne correspond à Deuxième veine d'Haveluy, qui 
sera recoupée par les galeries de Lambrecht à une plus grande distance 
au sud, à moins qu'elle ne soit interrompue auparavant par le cran de 
retour. 

En réalité, on ne compte encore, à la fosse Lambrecht, que deux veines 
qui paraissent devoir être généralement exploitables : Lambrecht et Adol- 
phine; les autres sont beaucoup moins belles. La régularité même des ter- 
rains laisse encore à désirer: ils sont assez tourmentés, brouillés par places, 
et rejetés par de petits dressants, qui donnent au gisement un aspect 
capricieux. Dans Àdolphine et Veine de m ,6/t, on remarque de nombreux 
étranglements, surtout du côté du couchant. 

Si l'hypothèse que nous avons faite du passage du cran de retour à 
270 mètres de la fosse Belle-Yue, au niveau de 120 mètres, est exacte, 
cet accident doit se trouver, en affleurement, à 800 ou 900 mètres de la fosse 
Lambrecht. C'est probablement à ce voisinage que l'irrégularité des terrains 
doit être attribuée ; on s'en rend facilement compte en examinant les 
plans des travaux : les contours des voies de fond sont sinueux, et les 
galeries subissent de brusques changements de direction, par suite des 
replis des veines dans lesquelles elles sont situées, ou des accidents qui 
les rejettent. 

Une autre fosse, nommée fosse d'Audiffret-Pasquier, a été ouverte en fom 

d'Audiffret-Pasquier. 

1881, à une distance d'environ 2,000 mètres, comptée à partir de la fosse 
Lambrecht sur une ligne droite menée dans la direction O. 18° S. Elle est 
arrivée au terrain houiller à la profondeur de 96 mètres, et a été conti- 
nuée jusqu'à celle de 296 mètres. Des accrochages ont été préparés aux 
niveaux de 166 et de 216 mètres; on compte en établir un autre à celui 
de 286 mètres. Les bowettes de cette fosse n'ont encore qu'une faible lon- 
gueur; on dirige celles du sud vers l'ancienne fosse d'Ëscaudain, située 
au delà du cran de retour, qui pourra servir à l'aérage des travaux. 



214 



BASSIN HOOILLERDE VALENCIENNES. 



Les veines successivement recoupées ont été les suivantes, dans leur 
ordre de superposition de bas en haut : 5 e veine, 4 a veine, 3? veine, 2* veine, 
Grande passée, f re veine du nord, f" veine du sud. Ces veines ne sont 
pas encore complètement reconnues; il semble probable, toutefois, que 
5 e veine -est assimilable à Adolphine, d'Haveluy, et 4 3* veine du nord, 
d'Àbscon. 

Le tableau suivant fournit quelques renseignements sur la composi- 
tion moyenne de ce faisceau : 



COUPBS DBS VHINES. 

H. Howlls. — T. Fans-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Batailla**. 



'/.'.■•/s- 









l ■ , - 



veine . 



Grande 
t. 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



du mm. 



Schiste. 



Schiste. 



6 S »*f 9 
■2* £.2 

S > S|3 



35- 



4- 



19- 



PROPOBTIONP. 0/0. 



f ATiftass 
Tolatflaa. 



15.00 



17.25 



COKB. 



75.25 



79.25 



9.75 



3.50 



COULBUl 



CHAPITRE X. 



215 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Escaillage. 



1 er * veine du nord. 

< InsaplanëeJ 

1*** verae <hi sud. 

' ' Ineœploréej 



NATURE 



DU TOIT. 



DU MUR. 



s s 

► a 

s: 



a S 
S 8 

o • 






PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



GOKI. 



Carbone. 



Cendres. 



» 



COULEUR] 
des 

CHRDRC*. 



Les veines de la fosse d'Audi fifre t-Pasquier paraissent plus rapprochées 
les unes des autres que leurs correspondantes de la fosse Saint-Mark. 
Quant à la puissance des couches, elle est à peu près la même d'un côté et 
de l'autre. 

Jusqu'à présent, les terrains de cette fosse ne se montrentpas très régu- 
liers; cependant, on peut espérer que, sous ce rapport, ils ressembleront 
plutôt à ceux des environs d'Abscon qu'à ceux de la fosse d'Haveluy. 

A la fosse d'Audiffret-Pasquier, comme à Lambrecht et à Haveluy, il 
ne faut guère compter pousser l'exploitation au nord de la veine Lambrecht, 
car nous savons qu'il existe, au delà, un massif puissant de terrains stériles ; 
au sud, le cran de retour est un autre obstacle à l'extension des travaux. 
Somme toute, on peut compter sur une zone d'environ un kilomètre d'épais- 
seur horizontale, ce qui est suffisant, pourvu qu'on se trouve en terrains 
réguliers. A ce point de vue, l'aspect du gisement des charbons demi-gras 
parait s'améliorer, à mesure qu'on se rapproche de la concession d'A niche; 
il est déjà meilleur à d' Audi fifre t-Pasquier et à Lambrecht qu'à Haveluy, 
et il devient tout à fait satisfaisant à Saint-Mark et à Casimir Périer; il 
convient cependant de noter que, même à ces deux dernières fosses, on 
observe une certaine irrégularité quand on s'approche du cran de retour. 

A l'ouest de la fosse d'Audiflfret-Pasquier, le faisceau demi-gras n'a plus 



216 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



été rencontré, avant d'entrer dans la concession d'Âniche, que par les tra- 
GisemoDt demi-gras vaux des fosses Saint-Mark et Casimir Périer ; la première a été ouverte sur 

des fosses Saint-Mark . _ . 

et Casimir Périer. ' a zone des charbons gras, mais ses galeries ont traversé le cran de retour, 

et ne servent plus qu'à exploiter les veines demi-grasses. 

Voici la série des couches que l'on a reconnues à ces deux fosses, en 

allant du nord au sud : Passée , 4 e veine du nord, 3* veine du nord, Petite veine du 

nord, 2 e veine du nord, Grande passée, i "• veine du nord, 1 n veine du sud, Gabriel le. 

% Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne de ce 

faisceau : 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T Pant-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



(Passe*) 



k* veine du nord 



Saoft 



S .«t© « t oo 



Co io 



rrr»r^T»r*r 



T 1 »•• P » 



H.04S 
Haï» 




Hoj6j 



3 ? veine dn nord. 



W..S 



■n ii iiiiriimiiiiii » HA«f 



V'i'iiin 



• • '■■■' 



(/-- + «*./*.* *jj*s J. J. S^ 



H. o.ço 
à 0.60 



Petite veme du nord 

H a.tS 






NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



DU MUB. 



« c -: « 

o 



§5^ 



a 
o 



It a* 9 — 

■«•as 

8* ~f 



Grès. 



58- 



Schiste. 



SchUte. 



Schiste. 



Schiste, 



*6- 



PROP0RT1ON P. 0/0. 



HiTlItll 

volatiles. 



44.46 



18.55 



COK! 



Carbone. 



82. ÎO 



75.90 



tt- 



16.57 



Cendres. 



3.34 



COULEUR 



5.46 



79.61 



3.82 



Rose. 



Blanc. 



CHAPITRE X. 



217 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
6. Schiste. — B. Bscaillage. 



2 e veine du nord. 

i o «o 



L.o-oè 




H.o-60 



Grande passée 



T e.«o 



L0.1& 



^ 



■■• 



I e1 * veine dix nord 



r****/0*s*/******S**S* 




F 2 ** veine en. nid. 



T. o.3o 
L.0.10 

I.0.07 



Y//y////s/sy///////. 




GabrieUe . 



Ws 



lo-ie 




NATURB 



DU TOIT. 



Grès. 



DU MUR. 



Schiste. 



à 



m 

T. O 

S S > ««g 

8ï s a8 
3-S-ë - 



20 



ID 



Grès. 



Grès. 



M.o.&S*pj6o 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



33' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIRRRS 

Yolatiles. 



15.35 



16.18 



83' 



105- 



Schiste. 



15.28 



17.22 



19.60 



COKB. 



Carbone. 



82.45 



80.19 



82.92 



«0.45 



76.85 



Cendres. 



2.20 



COULEUR 
des 

CBNDRRS. 



Gris jaune 



3.63 



1.80 



2.33 



Gris rosé. 



Rougeàtre, 



Rougeàtre. 



3.55 



Gris Jaune 



Ces veines sont généralement belles, comme régularité et comme 
puissance; il n'en faut excepter que Petite veine du nord et Grande passée, 
qui sont d'une composition peu avantageuse. Gabrielle et Première veine du 
sud disparaissent quand elles viennent buter contre le cran de retour, par 
suite des ondulations des terrains ; elles sont irrégulières dans les parties 
où elles se rapprochent le plus de cet accident, notamment dans les ni- 
veaux inférieurs. 

28 



218 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faille 
de Casimir Périer. 



Fosse Saint-Mark. 



La direction générale du faisceau demi-gras, dans la région d'Abscon, 
est à peu près parallèle à la faille de retour; mais elle varie d'un point à 
un autre dans des limites assez larges ; il en résulte que les voies de fond 
décrivent des contours sinueux, qui tantôt les éloignent, tantôt les 
rapprochent de cet accident. Quant à l'inclinaison des terrains, elle est à 
peu près uniforme, et varie en général de 30° à 35° vers le sud. 

11 parait absolument démontré que la 4 e veine du nord, d'Abscon, est 
identique à Lambrecht, des fosses Lambrecht et d'Haveluy. On suit, d'une 
fosse à l'autre, la transformation qui modifie la coupe de cette veine. 

De même, Adolphine se confond avec 3 a veine du nord. Pour les autres 
veines, les assimilations sont moins nettes, et on ne saurait dire, par 
exemple, si Veine de œ ,64, de la fosse Lambrecht, correspond à 2 a veine du 
nord ou à Petite veine du nord, de Saint-Mark; dans le premier cas, Petite 
veine du nord, d'Abscon, serait représentée, à Lambrecht, par Veine de m ,50. 

Dans le faisceau d'Abscon, il n'y a qu'un accident important à signa- 
ler : c'est un rejet qui est situé au couchant de la fosse Casimir Périer, à 
peu de distance de là limite d'Aniche. 11 est dirigé à peu près N. 22° Ë., et 
plonge vers le levant, avec une pente de 60°. Horizontalement, il ramène 
les veines de 70 à 80 mètres vers le sud, quand on se dirige vers le couchant. 

La fosse Saint-Mark a été ouverte en 1830, à 250 mètres au sud de 
l'affleurement du cran de retour, et a trouvé le terrain hou il 1er à la pro- 
fondeur de 105 mètres ; ses galeries, des niveaux de 176, 248 et 312 mètres, . 
ont servi à exploiter le faisceau demi-gras, au nord de l'accident. Celui-ci 
a été traversé par le puits, au-dessous de l'étage de 312 mètres. Du côté du 
midi, de longues bowettes de reconnaissance ont été exécutées, notamment 
au niveau de 248 mètres, et ont exploré une zone de plus de 1,000 mètres 
de largeur, au midi du cran de retour; à une certaine distance au delà de 
cette faille, elles ont atteint des terrains brouillés, correspondant peut être 
au passage de la faille d'Abscon, quoiqu'il soit également possible que cet 
accident soit situé à une plus grande distance au midi. 

Les chassages de la fosse Saint-Mark s'étendent jusqu'à plus de 
1,200 mètres des bowettes, du côté du levant, et communiquent, au cou- 



CHAPITRE X. 



219 



chant, avec ceux de la fosse Casimir Périer. Son champ d'exploitation est 
limité au nord par la zone stérile dont nous avons signalé l'existence, et 
au midi par le massif de terrains brouillés reconnu par la bowette de 
248 mètres; il comprend, non seulement la région des charbons demi-gras, 
au nord du cran de retour, mais encore celle des charbons gras qui est 
comprise e titre cette faille et la faille d'Abscon. L'exploitation de cette fosse 
est encore assurée pour longtemps, car, en même temps que les veines 
plongent vers le midi, le cran de retour s'éloigne aussi, en profondeur, 
dans la même direction, de sorte que la bande à exploiter conserve une 
épaisseur à peu près constante. Le puits est d'ailleurs très bien placé pour 
en tirer parti, puisqu'il vient à peine de traverser le cran de retour, et que 
les veines du faisceau demi-gras s'en rapprocheront de plus en plus, à 
mesure qu'on les exploitera plus bas. Malheureusement, son diamètre n'est 
que de 2 m ,60, de sorte qu'il faudra en ouvrir un autre, dans le voisinage, 
pour atteindre les parties les plus profondes du gisement. 

La fosse Casimir Périer a été ouverte en 1856. à 280 mètres au nord 
de l'affleurement du cran de retour. Elle a rencontré le terrain houiller à 
114 mètres, et a son dernier étage à 417 mètres. Sa bowette sud, du niveau 
de 184 mètres, a pénétré dans la région des charbons gras d'Abscon, qu'elle 
a trouvée irrégulière. Il est à croire que, de ce côté, on ne peut guère 
compter que sur les veines demi-grasses; les chassages doivent s'arrêter, 
au couchant, à la limite de la concession d'Aniche, et vont communiquer, 
au levant, avec ceux de Saint-Mark. La fosse Casimir Périer est dans des 
conditions moins favorables que cette dernière, parce qu'il lui manque l'ap- 
point des charbons gras d'Abscon, et qu'elle est située un peu trop au nord du 
faisceau demi-gras. Bientôt, le puits pénétrera dans la zone stérile du nord. 

La fosse la Pensée, située à 260 mètres au sud de l'affleurement du Fosse la Pensée. 
cran de retour, a un peu exploité, autrefois, le pied des veines demi-grasses, 
près de cet accident, à ses niveaux de 283 et de 337 mètres. Elle est aujour- 
d'hui abandonnée, et ne sert plus qu'à l'épuisement et à l'aérage des fosses 
du groupe d'Abscon. 

Plusieurs sondages ont été entrepris dans la région que nous étudions; 



Fosse 
Casimir Périer. 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Travaux 
de recherche 
situés 
aa nord du cran 
de retour. 



nous avons déjà fait connaître les résultats de quelques-uns d'entre eux ; 
nous dirons encore un mot des autres, ou du moins des plus importants de 
ceux qui ont pénétré jusqu'au terrain houiller. 

Prés de l'Escaut, et à peu de distance de la fosse Thiers, la compagnie 
d'Anzin a exécuté deux forages, que l'on a appelés sondages du Banc du 
Dur et de l'Espérance. Le premier, situé un peu au nord-ouest de la fosse 
Thiers, dans la concession de Raismes, a atteint les schistes houillers à la 
profondeur de 136 mètres, et s'y est à peine enfoncé de quelques centi- 
mètres; l'autre, situé au nord-est de la fosse, dans la concession de Saint- 
Saulve, mais tout près de sa limite, a trouvé le terrain houiller au niveau 
de 152 mètres, sous une forte épaisseur de grès vert, et l'a exploré sur 
22 mètres de hauteur, en n'y rencontrant qu'une petite passée de 0" > ,15 
d'ouverture. Ces deux sondages étaient placés sur le faisceau demi-gras que 
la fosse Thiers a ultérieurement exploité. 

Au nord de la concession de Raismes, nous n'avons plus à citer que 
le forage du Grand-Rond, exécuté, en 1841, sur le passage du faisceau maigre 
de Vieux-Condé ; il est entré dans le terrain houiller à 83 mètres du sol* 
et a été arrêté au niveau de 128 mètres, après avoir traversé une veine 
maigre de m ,65 d'ouverture. 

Yers le midi de cette concession et un peu au nord de la fosse du Moulin, 
la compagnie d'Anzin a creusé, en 1842 et 1843, le forage dit de la Bleuse- 
Borne, qui a servi à explorer le terrain houiller, dans la zone des charbons 
demi-gras, depuis le niveau de 85 mètres où il a été atteint, jusqu'à celui de 
218 mètres. Le registre de ce sondage indique qu'il a recoupé 18 veinules, 
et seulement deux veines de charbon de m ,85 et de m ,/t5 d'ouverture; 
mais on sait combien les moyens de constatation fournis par les sondages 
étaient imparfaits à cette époque, et il convient d'autant plus, dans l'espèce, 
d'accepter avec circonspection les résultats indiqués par les archives, que, 
géographiquement, le forage dont il s'agit était situé sur le faisceau demi- 
gras d'Anzin, dans lequel les veines se succèdent à de faibles intervalles. 

Tout près de la limite de la concession d'Anzin, nous citerons encore, 
pour mémoire, la fosse de Raismes, qui a atteint, paraît-il, le terrain houiller 



CHAPITRE X. 221 

à la profondeur de 90 mètres, et a servi à exploiter le droit de Raismes. 

Un peu à l'ouest de la fosse d'Haveluy, entre le clocher de Wallers et 
le cran de retour, on remarque une série de quatre sondages, disposés 
suivant une ligne presque droite, dirigée du nord au sud. Le plus septen- 
trional, appelé deuxième sondage de Wallers (1815), a trouvé le terrain 
houiller à la profondeur de 74 mètres, et ne Ta exploré que sur une hauteur 
de 4 mètres, dans laquelle il a rencontré une veinule de charbon et d'escail- 
lagede ra ,25; le second, désigné sous le nom de premier forage de Wallers 
(1839;, est entré dans le terrain houiller à la profondeur de 71 mètres, et s'y 
est enfoncé de 18 mètres : on y a trouvé une passée et une veine de m ,90 
de charbon d'une nature assez maigre; le troisième, dit cinquième forage 
d'Haveluy (1839), a été ouvert à peu de distance au nord-ouest de cette 
fosse : il a atteint le terrain houiller, comme le précédent, au niveau de 
71 mètres, et y a trouvé, entre ce niveau et celui de 83 mètres auquel on 
l'a arrêté, une veine de charbon et d'escaillage de 2 mètres de hauteur 
verticale, qui pourrait bien être la veine Lambrecht; enfin, le quatrième, 
appelé deuxième forage d'Haveluy (1831), est tombé à très peu de distance au 
nord du cran de retour ; on l'a continué en terrain houiller de la profondeur 
de 68 mètres à celle de 73 mètres, et, dans cet intervalle, il a recoupé une 
veine de charbon terreux de l m ,80 d'ouverture, mesurée suivant la verticale. 

A proximité du clocher d'Hélesmes, le premier sondage d'Hélesmes a 
atteint le terrain houiller à la profondeur de 80 mètres. 

Vers la limite occidentale de la concession d'Anzin, et près de la 
bifurcation des chemins de fer de Valenciennes à Douai et de Somain à 
Orchies, la compagnie d'Anzin a exécuté, en 1873 et 1871, deux sondages 
qui ont donné des résultats très nets. Le premier, situé au nord du clocher 
de Fenain, a pénétré dans le terrain houiller à 115 mètres du sol, et a été 
arrêté à la profondeur de 143 mètres. Au niveau de 123 mètres, il a traversé 
une passée d'escaillage, et, au fond, il a atteint une veine de charbon qui a 
donné 15,45 0/0 de matières volatiles. Le second, situé au sud-est du précé- 
dent et un peu à l'ouest du clocher d'Erré, est arrivé au terrain houiller 
à la profondeur de 113 mètres, et a été arrêté à celle de 181 mètres, après 



222 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

avoir rencontré une seule veine de charbon, située immédiatement au-des- 
sous du tour lia, et qui a donné à l'analyse 150/0 de matières volatiles; 
au-dessous de cette veine, la sonde n'a plus traversé que des terrains d'une 
très grande irrégularité. 

Ces deux derniers sondages semblent indiquer que, vers le méridien du 
village de Fenain, la proportion de matières volatiles des charbons se 
maintient à peu près constante à une grande distance au nord-du cran de 
retour; les sondages de Fenain et d'Erré paraissent, d'ailleurs, être situés à 
peu près sur le passage du prolongement des veines du faisceau de Fresnes- 
midi, et de celles qui ont été reconnues aux sondages du Bosquet d'Aulnes 
et de l'Usine de Raismes; nous avons déjà fait remarquer, à plusieurs 
reprises, que, du côlé de l'ouest, il existe, au nord du faisceau demi-gras 
d'Haveluy et d'Abscon, une large bande stérile. 

En dehors des indications fournies par les forages de Fenain et d'Erré, on 
ne saurait tirer aucune indication nouvelle des travaux de recherche, d'ailleurs 
relativement peu nombreux , dont nous venons de donner la nomenclature. 



II. — RÉGION MÉRIDIONALE, SITUÉE AU MIDI DU CRAN DE RETOUR 



Région d'Abscon. Cette région renferme, au nord, la bande qui constitue ce que nous 

avons appelé la région d'Abscon; nous en parlerons d'abord. 

Région d'Abscon. 

Elle est comprise entre le cran de retour et la faille d'Abscon, et 
s'étend depuis la fosse Dutemple, à l'est de laquelle cette faille vient 
rejoindre le cran de retour, jusqu'à la limite orientale de la concession 
d'Aniche. Sa largeur nord-sud croît de l'est à l'ouest; elle est presque nulle 
du côlé de Dutemple et parait être d'environ un kilomètre, à l'affleurement, 
vers la fosse Saint-Mark, en admettant que les bowettes sud de cette fosse 
aient traversé la faille d'Abscon, ce qui n'est pas absolument certain; dans 



CHAPITRE X. 



223 



le cas contraire, la région d'Abscon s'étendrait encore plus loin vers le midi. 

A sa sortie de la concession d'Anzin, le cran de retour vient passer 

entre le faisceau des houilles sèches et celui des houilles grasses que Ton a 

exploités dans la partie orientale de la concession d'Aniche. Quanta la faille 

d'Abscon, on ignore de quelle manière elle se comporte à l'ouest de la fosse 

i 

Saint-Mark. Il peut se faire qu'elle s arrête, avant de pénétrer dans la con- 
cession d'Aniche, contre un autre accident, par exemple contre la faille de 
Rœulx, dont il sera parlé plus loin. 

En profondeur, l'importance de la région d'Abscon diminue de plus en 
plus, ce qui tient à ce que la faille d'Abscon a une pente plus raide que le 
cran de retour, de sorte que ces deux accidents doivent nécessairement se 
rencontrer. D'après cela, la région d'Abscon présente l'aspect d'une sorte 
de coin incliné, introduit entre la zone des charbons demi-gras du nord et 
celle des charbons gras du sud. Elle paratt très tourmentée dans la presque 
totalité de son étendue : les bowettes des fosses Dutemple et d'Haveluy 
l'ont trouvée tout à fait inexploitable, et, du côté des fosses Saint-Mark et la 
Pensée, on n'a pu l'exploiter que sur une faible largeur, contre le cran de 
retour ; en face de la fosse Casimir Périer, elle redevient trop irrégulière 
pour qu'on puisse en tirer parti. 

En résumé, la région d'Abscon n'est susceptible d'une exploitation 
régulière que dans une bande d'environ 300 mètres de largeur horizontale, 
appliquée contre le cran de retour, et présentant une longueur totale d'en- 
viron deux kilomètres, comptée de part et d'autre de la fosse Saint-Mark. 
Cette bande a donné lieu anciennement à des travaux importants, qui ont 
été exécutés par les fosses Jennings, Saint-Mark et la Pensée. Au couchant, 
la région d'Abscon ne parait plus exploitable, et au levant, elle se présente 
également sous un aspect défavorable, ainsi qu'on a pu le constater par les 
travaux des fosses Elise et d'Escaudain. 

Les veines du faisceau gras d'Abscon sont en allure renversée. Elles se 
présentent dans Tordre suivant, du sud au nord: Casimir* Scipion, Sorel- 
Hocquart, d'Heursel, Ernestine, Petit Ferdinand, Grand Ferdinand. Elles donnent 
environ 24 0/0 de matières volatiles. 



Veines 

du 

faisceau d'Abscon. 



224 



BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 



Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne de ce 
faisceau : 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Fsax-mur. 
6. Schiste. — B. BscailUge. 



Casimir . 



E.0.1S 




Scipion. 



E.** 



Y//////////////////A 



H.0.60 



ooi*el«Hocoiijrpi . 






s.< 






M.«>o 



H .©.5© 



«THenrseî. 






H .0.70 



Eroestine. 






I.O.M 



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H.0.70 



Petit Ferdinand. 



Grand 



\j,*,\v».\\v/;mj7ja 



£.•.«0 



> / TU • • J 't >r/ r r, ' j 



lu. 



i</im^(ii 



H.O.M 



M.o.3* 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



s S «• a 

• Sis 

si: si 



i 



«« 

£ 



=5* 



43' 



40' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

ToUtiles. 



25- 



39- 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



90- 



8- 



94.10 



94.00 



COKI. 



Carbone. 



79.70 



72.90 



93.80 



Cendres. 



3.90 



3.80 



COULEUR 
des 






74.20 




2.00 



CHAPITRE X. 225 

Les travaux ont surtout porté sur d'Heursel, Sorel-Hocquart et Scipion. 
Entre Sorel-Hocquart et Scipion, il existe, interstratifié dans le terrain 
houiller,un petit banc calcaire de 0", 15 d'épaisseur, que l'on a suivi aux fos- 
ses la Pensée, Saint-Mark et Jennings, sur une longeur d'environ deux kilo- 
mètres. Il est constitué par un calcaire gris bleuâtre, avec veines blanches. 
C'est un des rares exemples à citer de l'existence de bancs calcareux dans 
le terrain houiller. 

Grand Ferdinand et Petit Ferdinand sont séparées par un banc de 
schiste^ d'une épaisseur variable ; on les a exploitées ensemble et isolé- 
ment. De même, Sorel-Hocquart est barrée par un banc de schiste qui a 
obligé parfois à négliger l'un de ses sillons; il en est ainsi du côté de 
l'ouest, où l'intervalle des deux sillons atteint l m ,50 à 2 mètres. 

Du côté de Test, les distances des veines diminuent graduellement. 
Dans la même direction, les couches du faisceau disparaissent successivement 
contre la faille d'Abscon. A la fosse d'Escaudain, qui est la plus orientale 
de celles de la région d'Abscon, en en exceptant l'ancienne fosse Belle- Vue, 
les veines reconnues n'ont pu être raccordées avec celles des fosses de 
l'ouest, et on les a désignées par les n M 1 à 7. 

Jusqu'à présent, les veines de la région d'Abscon n'ont encore été Aiiure des veines 
exploitées, dans l'étendue de la concession d'Anzin, qu'en allure renversée. 
Leurs dressants sont inclinés au sud d'environ 45° à la fosse Saint-Mark, et 
55* à la fosse Elise; il semble donc que les terrains se redressent quand on 
se dirige vers l'est. 11 y a lieu de croire qu'à peu de distance au-dessous de 
la fosse Saint-Mark, le faisceau reviendra rapidement en plat; s'il en est réel- 
lement ainsi, on pourra peut-être y ouvrir une nouvelle exploitation quand 
cette fosse aura été approfondie. Malheureusement, il semble aussi que 
les veines tendent à s'amincir en profondeur, et c'est ainsi qu'à l'étage de 
337 mètres de la fosse la Pensée, on les a trouvées moins épaisses, en même 
temps que les terrains encaissants étaient plus irréguliers. Cet ensemble 
de circonstances défavorables porte à croire qu'en profondeur, les veines 
grasses d'Abscon ne pourront donner lieu qu'à des travaux restreints 
en plat, s'étendant à peu de distance à l'est et à l'ouest de la fosse Saint- 

29 



226 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Mark, et allant buter contre le cran de retour. Quand ce plat aura été dé- 
houillé, la région dont il s'agit devra être définitivement abandonnée, car 
on ne peut guère compter plus bas sur d'autres ressources. 

En direction, les veines grasses d'Abscon effectuent des ondulations 
analogues à celles des veines demi-grasses situées au nord, tout en conser- 
vant une direction générale parallèle au cran de retour. On n'y connaît 
pas d'accidents saillants; il faut noter seulement qu'aux fosses Elise et 
d'Escaudain, les couches présentent des étranglements qui les rendent 
presque complètement inexploitables. 

Les veines grasses étant renversées, Grand Ferdinand se trouve être 
celle qui occupe le rang le plus élevé dans leur ordre de superposition. 
Quant à l'importance du rejet occasionné par la faille d'Abscon, il serait 
difficile de l'évaluer exactement, car cet accident est encore peu connu et 
manque de netteté. L'opinion la plus généralement accréditée, est que les 
couches exploitées au nord, de la faille d'Abscon sont identiques à celles 
qui ont été recoupées en affleurement, au sud du bassin, par les fosses de 
Saint-Waast et de Lourches. Elles ont à peu près la même teneur en ma- 
tières volatiles, et présentent avec elles certains caractères de ressemblance. 
Mais si l'on peut, d'une façon générale, rattacher géologiquement les deux 
groupes, on ne saurait établir avec .quelque certitude une correspondance, 
veine par veine, de l'un à l'autre. Il parait probable seulement que le 
groupe d'Abscon occupe, dans la série houillère, la même place que la partie 
du faisceau de Saint-Waast comprise entre Grande Veine et Voisine. 

A l'est de la fosse d'Escaudain, le faisceau gras d'Abscon a encore été 
exploré par la fosse Belle-Vue, quia atteint le terrain houiller à la profondeur 
de 78 mètres. Elle n'a recoupé que quelques passées ou veines irrégulières, 
qui ont été explorées sans résultat aux niveaux de 120, 140 et 160 mètres. 

La région d'Abscon est depuis longtemps en chômage ; mais nous 

avons vu qu'on pourra y reprendre les travaux quand la fosse Saint-Mark 

tortà^jH aura été approfondie. Nous citerons encore deux sondages qui y ont pé- 

** nétré, au levant de la fosse Belle-Vue. Le plus éloigné dans cette di- 

rection, appelé troisième forage d'Haveluy (1834), a trouvé le terrain 



CHAPITRE X. 



227 



houiller à la profondeur de 69 mètres, et y a pénétré de 15 mètres, sans y 
rencontrer la houille. Le second, connu sous le nom de premier soudage 
d'Haveluy (1834), n'a également trouvé qu'une petite veinule, entre le 
niveau de 77 mètres, auquel il a atteint le terrain houiller, et celui de 
$7 mètres, auquel on l'a arrêté. 



Région des charbons gras d'Ànzin, Saint-Waast et Denain. 

Nous arrivons maintenant à l'étude de la partie du territoire des 
concessions de Saint-Saulve, Raismes, Anzin et Denain, qui est située au 
midi, non seulement du cran de retour, mais encore de la faille d'Abscon. 

On y exploite des charbons gras dont la teneur en matières volatiles 
varie de 22 à 34 et 35 0/0; ici, les veines les plus riches en gaz sont situées 
au nord, et il faut descendre jusqu'à la limite méridionale du bassin pour 
trouver les charbons à 22 0/0. Ce sont toujours les veines les moins grasses 
qui existent vers le bord du bassin houiller, et à mesure qu'on s'avance 
vers le centre, en partant soitde la limite nord, soit de la limite sud, on voit 
la proportion de matières volatiles augmenter graduellement : le raccord 
devrait se faire quelque part vers le centre du bassin; nous savons que le 
cran de retour l'empêche de se produire. 

L'allure des couches est très différente au sud du cran de retour de ce 
qu'elle est au nord. Les pressions auxquelles le bassin a été soumis du 
côté du midi ont replié plusieurs fois les veines sur elles-mêmes, et les ont 
divisées en une succession deplateures et de dressants, alternativement en 
allure normale et en allure renversée. On observe souvent aux ennoyages 
des crêtes et des queues qui s'étendent ordinairement à quelques mètres 
seulement des crochons. 

Si les lignes d'ennoyage étaient horizontales, les droits et les plats 
auraient la même direction ; mais, le plus souvent, il n'en est pas ainsi ; du 
côté de Saint-Waast et d'Anzin notamment, où les plats plongent habituelle- 
ment au sud et font des angles assez aigus avec les droits, les crochons ont urifc 
inclinaison bien accusée de 10 e à 15° vers l'ouest; il en résulte que les droits 



Région 

située au sud 

de 

la faille d'Abscon. 



Allure générale 

des 

terrains. 



Fur. 27 




228 BASSIN HODILLEB DE VÀLENCIENNES. 

sont en général orientés do nord-est an sud-ouest, tandis que les plate qui sont 
situés entre eux s'infléchissent d'abord vers le snd, pour revenir ensuite dans 
la direction du nord-ouest au sud-est, ou même dans celle de l'ouest à Test 

(fig. 27). Bien entendu, on ne saurait assigner de 
limites précises à ces ondulations, qui varient dans 
de larges proportions d'un point à un autre : on ne 
peut indiquer que des moyennes. Vers Denain et 
Lourches, on n'observe plus la même inclinaison 
constante des crocbons; tantôt ils plongent d'un 
côté, et tantôt de l'autre, en sorte que les affleure* 
ments des veines au tourtia ne dessinent plus les 
mêmes contours que du côté de l'est ; tout se passe 
à peu près comme si lesennoyages étaient horizon- 
taux; cependant, à la fosse de Rœulx, on constate que les crocbons plongent 
en général vers l'est. En même temps, on remarque que les droits et les 
plats forment des angles moins aigus qu'à Saint-Waastet Anzin; les voies de 
fond des veines cessent alors de se replier brusquement sur elles-mêmes et 
dessinent des lignes à contours plus continus. 

11 existe des différences notables, d'un point à un autre, dans l'incli- 
naison des droits et des plats. Les dressants plongent constamment vers le 
sud ou vers le sud-est; quant aux plats, ils présentent moins d'uniformité à 
ce point de vue. Dans les fosses des environs d' Anzin, ils ont presque toujours 
leur pied au sud, avec une pente qui est généralement faible, et assez variable. 
Mais si on s'éloigne vers l'ouest du côté de la fosse d'Hérin, on voit changer 
le sens de leur inclinaison. Sou- 
vent alors, il arrive que dans un h*. 28 ^g 
même plat le pendage se fait tantôt 
dans un sens, tantôt dans l'autre, 
comme le représentent les figures 
98 et 29. La première allure est 
connue à la fosse Davy ; la seconde 
est plus fréquente vers la fosse d'Hérin. Il arrive enfin, dans certains cas, 




c^-^n 




CHAPITRE X. 229 

qu'un plat est divisé en plusieurs parties par de petits dressants locaux qui 

disparaissent à une certaine distance; on a alors, en coupe verticale, l'aspect 

représenté par la figure 30. On voit, d'après cela, que les plissements dont 

nous parlons ne répondent à aucune règle fixe, 

et il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner la / Fïg.30 

planche IV. Si on laisse de côté la règle générale 

de l'inclinaison des crochonsvers l'ouest aux fosses 

des environs d'Anzin et de Saint- Waast, et de leur 

quasi-horizontalité vers Denain etLourches, on ne 

trouve rien de bien net dans la disposition des diverses branches. On peut 

cependant les suivre à une grande distance, pour peu que l'on fasse 

abstraction des accidents de détail et des plissements d'ordre secondaire 

qui les affectent. 

Uneopinion autrefois très répandue était que, dansle méridien de Denain, 
le bassin avait conservé, vers son centre, sa forme primitive, les veines pré- 
sentant deux versants, l'un septentrional plongeant au sud, l'autre méridio- 
nal, incliné vers le nord. Maintenant, on sait parfaitement que les conditions 
du gisement des charbons gras sont, à Denain, les mêmes que partout ailleurs. 
Seulement, de ce côté, les plats plongent successivement vers le nord et vers 

le sud, et il arrive parfois qu'un plat situé 
Fiy3i. près du tourtia, et présentant cette double 

^ — } inclinaison, offre en coupe verticale la forme 
d'un véritable fond de bateau; mais cette 
apparence est trompeuse, et si le plat n'était 
interrompu au tourtia du côté du nord, ou 
ne venait buter de ce côté contre un acci- 
dent, on le verrait se continuer en profon- 
deur par un dressant, ainsi que l'indique la 
figure 31 ; on a même exploité déjà, à Denain, les dressants de certaines 
veines dont on ne connaissait autrefois que des plateures qui présentaient 
au voisinage du tourtia l'allure en fond de bateau que nous venons d'indi- 
9Uer. Cette allure provient aussi, dans certains cas, de la succession d'un 




230 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



droit et d'un plat, interrompus tons deux au tourtia ou contre un accident. 
Le faisceau des charbons gras de la compagnie d'Anzin présente deux 
groupes de travaux bien distincts, séparés par un intervalle encore vierge, 
compris entre les méridiens d'Hérin et de Denain; le premier est celui 
d'Anzin et de Saint- Waast, le second celui de Denain. Nous nous occupe- 
rons successivement de l'un et de l'autre. 



Groupe d'Anzin et Saint-Waast. 



Groupe d'Anzin 

et 

Saint-Waast. 

Veines exploitée*. 



Il comprend un faisceau de veines qui fournissent le plus souvent de 
22 à 30 0/0 de matières volatiles, et qui se présentent dans l'ordre suivant, 
du sud au nord, ou, ce qui revient au même, de bas en haut : Pleureuse, 
Grande veine du midi, Petite veine du midi, Quatorze pouces, Grande veine, 
Moyenne veine, Petite veine, Tout rond, Maugreteut, Voisine et Carachaux, Taffin, 
Hyacinthe, Joseph, Aglaée, Virginie, Juliette. 

Le tableau qui suit indique la composition moyenne de ce faisceau : 



COUPES DBS VEINES. 
H. Houille. — T. Faax-4oit. 

M. Faux-aar. 

S. Schiste. — R. Bacaillage. 



NATURE 



DC TOIT. 



DU 



t.o*«* 



9 



C*4>&fe 



'H.O.JS 

-* 



O * * c H 
z.js m c « 

< «""• T. 



PROPORTIOH P. 0/0. 



MlTlklIS 

Yolatfla*. 



Schiate., Schiste.' 35- 

i 



Gronde veine <fm 



"■ 

t^Jt*^^ 



^3"** 



W*h*«Mfc^««k**.A* 






Petite 



lt*3S 



Schiste. 



Schiste. 



96.76 



SchUte. Schiste.; 45- 



26.05 



cou. 



«.72 




3.S8 



7S.il 



LIS 



CHAPITRE X. 



231 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

li. Fanx-mar. 
S. Schiste. — B. BscaiUage. 



Quatorze pouces JEovrtè) 



H.oaS 



Grande veine . 



E.o.iS 




Ho.yo 



Moyenne veine . 



T.©*©? 




H.0.70 



Petite veine. 



C.0.16 




Tout rond ; 



Katiçrpetout . 



too! 



mÊÊm 



H.o.io 

H.o.So 

H.0.1S 




H.o>o 



S-o.So 



'œmmamt 




NATURE 



DU TOIT. 



DU MUS. 



M 

E O 



g .9*3.2 



Ma 



S" 
&5 



Schiste. 


Schiste. 


Schiste.. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste.) 


Grès. 


Grès. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 


Schiste. 



45 



m 



48' 



28- 



50* 



30 



m 



40 



m 



PROPORTION P. 0/0. 



77' 



UATIfiBIS 


coi 


voUtilea. 


Carbone. 


» 


» 


21.94 


76.79 


23.20 


74.00 


27.76 


• 

69.90 


• 


» 


26.00 


73.20 


26.00 
29.20 


69.40 
68.00 



Cendres. 



1.27 



2.80 



2.34 



0.80 



4.60 
2.80 



COULBUR 
des 

CSUDKSa. 



Rougeàtre. 



Jaue-blaic. 



Janis-blaic. 



Jaune. 



Gris-blanc. 
Rouge-gris. 



232 



BASSIN HOUILLEB DE VALENCIENNES. 



coures 

, — T 

M. tax-i 



S. 



£.»•«£ 



Taffra. 

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Schiste. 



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PBOPOBTIOX P. <>/•. 



XATlktlt 



10- 



Carboae. 



«7.00 



«7.80 



31.00 



73.00 



07.10 



65.00 



4.10 



3.10 



0.10 



3.00 



3.40 



Parmi les passées qui se Urouyent entre ces veines, il est bon de citer 
celles que Ton a exploitées à la fosse du Verger sons les noms de Verne à 
Cescaille et de Roi couronné; elles sont situées, la première an-dessous» la 



CHAPITRE X. 233 

seconde au-dessus du groupe de Voisine et Carachaux, auquel on a autre- 
fois attribué, à Anzin, le nom de Maugretout, ainsi que nous le verrons tout 
à l'heure. 

Au midi de Pleureuse, on ne connaît que deux petites veines qui ont été veines 

situées &u midi 

atteintes autrefois par les fosses de la Citadelle et Bon-Air, et qui paraissent du frisceau d'Anzin 
correspondre à celles que Ton a recoupées dans la concession de Mariy, aux et SaintrWaa8t * 
fosses Petit et de Saint-Saulve. De ces veines à Pleureuse, il existe un inter- 
valle assez considérable, qu'on peut évaluer à 150 ou 200 mètres. A en croire 
certains renseignements puisés aux archives, on aurait rencontré le calcaire 
formant la limite sud du bassin à une cinquantaine de mètres au sud de la 
fosse Bon-Air, par une galerie creusée au niveau de 85 mètres ; mais ce fait 
est douteux, et la rencontre du terrain houiller au sondage du Paradis et à 
la fosse de Saint-Saulve, située dans la concession de Marly, semble indi- 
quer qu'il, convient de reporter cette limite à une certaine distance vers le 
sud, en se rapprochant de la fosse du Postillon. 

Au levant, les veines du faisceau gras d'Anzin vont s'interrompre au 
cran de retour; vers le couchant, elles s'éloignent peu à peu de cet accident, 

« 

en formant la succession de droits et de plats dont nous avons parlé; le 
faisceau comprend donc un nombre de veines de plus en plus grand, à me- 
sure qu'on passe d'un méridien à un autre plus occidental. C'est pour cela 
qu'aux abords de Denain, on peut exploiter, comme nous le verrons plus 
loin, non seulement les veines ci-dessus dénommées, mais encore un certain 
nombre d'autres veines qui leur sont supérieures. 

Dans toute l'étendue des travaux d'Anzin et Saint- Waast, les veines 
sont toujours situées à peu près à la même distance, et ont une composition 
à peu près constante. 11 y a cependant quelques exceptions, comme pour 
Tout rond qui est parfois inexploitable, et pour le groupe de Voisine et Cara- 
chaux qui, exploitable aux fosses du Chaufour, Grosse-Fosse et du Verger, 
Test beaucoup moins à Dutemple, par suite de l'écartement des filons de 
charbons qui le composent. Au-dessus de la veine Maugretout, il existe, à 
Saint- Waast, une passée que l'on appelle Petit Maugretout, et qui en est sou- 
vent assez voisine pour pouvoir être exploitée avec elle ; il en est ainsi à Réus- 

30 



\ 



234 



BASSIN HOUILLER DE YALE NGIENNES. 



site et à Hérin, tandis qu'à Tinchôn leur intervalle est de plus de 5 mètres. 

Anciennes *j: A l'origine, les fosses des environs d'Anzin n'étaient pas en communica- 

des veines exploitées tion avec celles de Saint- Waast, et alors la correspondance des veines n'était 

à Ansin. p 0S exactement connue d'un groupe à l'autre. On donnait à certaines veines 

d'Anzin des noms qui appartenaient à d'autres veines du groupe de Saint- 
Waast. En un mot, il s'est produit là une erreur analogue à celle que nous 
avons citée à propos du raccordement des veines de la fosse T hier s avec 
celles des fosses Bleuse-Borne et Saint-Louis. 

Le tableau suivant indique comment on désignait une même veine des 
deux côtés : 



ANCIENNE NOMENCLATURE DBS VEINES 




Grande veine 

Moyenne veine. . . . 

Petite veine 

Tout rond 

Maugretout. . . . • . 
Voisine et Carachaux. 

Deux passées 

Taffin 

Hyacinthe. 

Joseph 

Aglaée 

Virginie 

Juliette 



è • 



4 • 



Grande veine. 

Moyenne veine. 

Petite veine. 

Passée. 

Tout rond. 

Maugretout. 

Voisine et Carachaux. 

Passée. 

A Ànzin, ces veinas sont interrompues par le cran 
de retour. 



Torrent d*Anzin. 



Ce sont les dénominations de Saint-Waast qui ont prévalu; mais, sur 
les anciens plans, on retrouve parfois les appellations de l'ancienne nomen- 
clature d'Anzin, aujourd'hui abandonnée. 

Les fosses situées à l'ouest de Saint-Waast étaient recouvertes, autrefois, 
par le grand lac souterrain connu sous le nom de torrent d'Anzin, et on se 
garantissait contre l'invasion de ses eaux en réservant contre lui des massifs 
de terrain houiller, d'une quarantaine de mètres de hauteur. Le torrent ayant 
été partiellement asséché par les diverses fosses d'exhaure de la compagnie, 



CHAPITRE X. 235 

ses bords se sont rétrécis, et on a pu reprendre après coup les massifs pré- 
cédemment abandonnés. On a opéré de cette manière aux fosses Tinchon, 
Demézières et Sentinelle ; à ces deux dernières, les tailles ont été prolon- 
gées jusqu'aux sables du torrent, qui ont été trouvés complètement asséchés. 

Si on fait abstraction des accidents de détail qui modifient l'aspect des Droiu et uu 
veine», on peut dire qu'elles présentent, dans la zone que nous décrivons, M P loit ^ à An « n 
huit branches parfaitement distinctes. Par suite de l'inclinaison vers l'ouest 
des lignes d'ennoyages, elles s'enfoncent toutes dans cette direction. On 
leur a donné des noms qui servent, dans le pays, à les distinguer les unes 
des autres. 

La première, qui est la plus inférieure, est connue sous le nom de 
plat du Marais. C'est un plat qui vient, en affleurement, s'appliquer contre 
le cran de retour, avec la direction nord-sud, dans l'intervalle compris entre 
les fosses du Ghaufour et du Marais. On l'a exploité autrefois à ces deux 
fosses, vers lesquelles il est maintenant complètement épuisé. On le repren- 
dra plus tard par la fosse Du temple. A la fosse d'Hérin, il doit se trouver 
vers la profondeur de 1,000 mètres; son inclinaison varie de 10° à 15°. 

Ensuite, vient le droit du Marais, qui a été exploité aux fosses du Marais 
et du Chaufour, et qui est surmonté par le plat de l'Écluse. Ce dernier 
est lui-même suivi par le droit du Chaufour, dont il va être question. 

II est à remarquer que le droit du Marais et le plat de l'Écluse sont 
des branches peu étendues, et en quelque sorte locales. Quand on s'éloigne 
dans la direction de l'ouest, le plat de l'Écluse diminue peu à peu et dispa- 
raît; en même temps, le droit du Marais vient se confondre avec celui du 
Chaufour ; quand il en est ainsi, on appelle de ce dernier nom la branche 
renversée qui se trouve immédiatement au-dessus du plat du Marais. 

Le droit du Chaufour a un développement d'environ 500 mètres, mais 
il tend à diminuer du côté de l'ouest. Sa pente varie de &5° à 70°; généra- 
lement, il est plus raide à sa partie supérieure qu'à sa base. Anciennement, 
on l'a exploité aux fosses du Marais, du Chaufour, du Verger, Grosse-Fosse et 
Tinchon; en ce moment, on commence à l'entamer à la fosse Réussite dans la 
veine Voisine; prochainement, on l'exploitera par la fosse Dutemple, et plus 



236 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

tard, par celle d'Hérin, où il sera atteint vers la profondeur de 800 mètres. 

Au-dessus de ce droit, se trouve le plat de Saint-Pierre, dont l'inclinai- 
son est d'environ 10° à 15° comme à celui du Cbaufour ; son développement 
est d'environ 600 mètres. On y a pénétré autrefois aux fosses du Cbaufour, 
Saint-Joseph, Tinchon, Saint-Pierre; on l'exploite actuellement & la fosse 
Réussite, niveau de 516 mètres, mais on ne Ta pas encore atteint & Hérin. 

Il est surmonté par un droit, appelé droit d'Ernest ou de Tinchon, qui 
a été d'abord exploité aux fosses du Cbaufour, Saint-Joseph, Tinchon, Ernest 
et Dutemple, et qui fournit une grande partie de l'extraction actuelle 
des fosses Réussite et d'Hérin. Sa longueur, suivant sa ligne de plus grande 
pente, est d'environ 650 mètres, et son inclinaison moyenne est de 45°. 

Plus haut, on trouve le plat appelé plat de Paulfne et Demézières, 
du nom des deux fosses où on l'a d'abord exploité. Il a fourni longtemps 
une grande partie de l'extraction de la fosse Davy, et, maintenant encore, 
on l'exploite à celle d'Hérin. Il se prolonge vers Denain, où il parait se 
continuer par le grand plat de Denain, dont le développement est de plus 
de 1,400 mètres; du côté de Saint-Waast, sa longueur suivant sa pente 
n'est guère que de 600 mètres; le sens de son plongement est assez 
variable, et il présente souvent des inclinaisons opposées dans le même 
méridien, à l'inverse de ce qui se passe dans les autres plats ci-dessus cités. 

Enfin, au-dessus de ce plat, on ne connaît plus qu'un droit, qu'on 
appelle droit de Vedette; il a été exploité anciennement aux fosses Vedette, 
Lomprez, Sentinelle, Davy et Ernest, et on l'exploite encore au midi de 
celle d'Hérin. Il affleure au tourtia dans toute la région de Saint-Waast 
et Hérin, et, par suite, il y est incomplet. Dans les fosses de Saint-Waast, 
il présente une inclinaison moyenne de 45° à 50* vers le sud. 

Au bas de la série que nous venons de passer en revue, on ne connaît 
rien au delà du plat du Marais, parce que du côté de l'est ce plat est inter- 
rompu par le cran de retour, et qu'au couchant il va plonger à une pro- 
fondeur trop grande pour que l'on sache ce qui se trouve au-dessous. Il 
faudra que les travaux descendent à une grande distance du sol pour que 
Ton soit fixé à cet égard. 



CHAPITRE X. 



237 



On ne connaît pas d'accidents importants dans la zone des charbons 
gras d'Anzin et Saint- Waast; les veines sont souvent déplacées, dans leurs 
diverses branches, par des petits plissements locaux qui n'altèrent pas leur 
continuité; de plus, on y rencontre des crans et rejets analogues à ceux qui 
existent dans toutes les exploitations. En fait de Tailles relativement impor- 
tantes, nous citerons celle que Ton connaît à la fosse Réussite, vers Tinter- 
section du droit d'Ernest avec le plat de Saint-Pierre; elle suit à peu près 
l'ennoyage de ces deux branches, et présente une inclinaison de 15° à 20°. 
Son effet est d'abaisser le droit d'une trentaine de mètres, suivant sa ligne 
de plus grande pente. Nous signalerons encore la faille de Davy, située 
entre le droit de Vedette et le plat de Pauline ; elle plonge d'environ 45° vers 
le sud, et affaisse le droit de 100 mètres environ ; elle a de la tendance à 
disparaître quand on se dirige vers Hérin; là, elle se réduit à une sorte de 
petit droit brisé, intercalé dans le plat de Pauline, et qui s'efface lui-même 
à une plus grande distance à l'ouest. 

Vers l'est, les veines du groupe qui nous occupe ne s'étendent qu'à une 
faible profondeur, par suite de l'inclinaison des ennoyages qui fait successi- 
vement affleurer de ce côté leurs diverses branches; les fosses établies dans 
cette zone remontant d'ailleurs au siècle dernier, on conçoit qu'elles aient 
épuisé complètement la partie du gisement qu'elles étaient destinées à exploi- 
ter. Actuellement, les seules fosses en activité sont à une assez grande dis- 
tance d'Anzin, du côté de l'ouest; elles sont au nombre de trois : Réussite, Du- 
temple et Hérin; une quatrième, la fosse Davy, a été exploitée jusqu'en 1883. 

Au levant des fosses Réussite et Dutemple, qui sont les plus orientales 
de ce groupe, le faisceau a été exploité autrefois au moyen d'un grand 
nombre de puits, parmi lesquels nous citerons ceux du Marais, de l'Écluse, 
Patience, de la Rivièrette, Beau-Jardin, Poirier, du Pavé, du Chaufour, 
Lacroix, du Mitan, Saint-Jean, des Jardins, de la Barrière, Mouton-Noir, 
du Verger, du Comble, Saint-Joseph, Pied, Saint-Cristophe, Grosse-Fosse, 
du Mambour, du Bois, Tinchon, Saint-Pierre, Lomprez, Henri, Saint- 
Charles, de la Citadelle, Régie, Sentinelle et Bon-Air. En s'éloignant 
plus à l'ouest, on trouve encore plusieurs puits abandonnés, notamment 



Accidents 

connus à Aroin 

et 

StintrWaut. 



Anciennes fosse* 

de la région d'Aniin 

et SsintpWaasU 



F0M6 du Chaufour. 



238 BASSIN HOUJLLER DE VALENCIENNES. 

ceux de Demézières, Ernest, Vedette et Pauline. L'abandon des fosses du 
Cbaufour et Tinchon ne remonte qu'à un petit nombre d'années; les autres 
sont depuis longtemps en chômage. 

La fosse du Chaufour remonte à 1762; elle a rencontré le terrain 
houiller au niveau de 40 mètres, et a été successivement approfondie jusqu'à 
640 mètres ; son dernier accrochage a été placé à la profondeur de 650 mètres. 
On y a exploité, dans presque toutes les veines, les plats du Marais et de 
l'Écluse, ainsi que les droits du Marais et du Chaufour, qui se prolongent à 
l'est jusqu'à la fosse du Marais; on a, en outre, opéré une certaine extraction 
sur les veines méridionales, dans le plat de Saint-Pierre et le droit d'Ernest. 
A la fosse du Chaufour, le plat de l'Écluse atteint, dans Grande et Petite veine 
du midi, un développement d'environ 150 mètres; il n'a qu'une faible 
étendue dans Voisine, Maugretout et Tout rond. Du côté du couchant, les 
branches ci-dessus désignées ont été prises par les fosses du Verger et Saint- 
Joseph; à ces dernières, le plat de Saint-Pierre et le droit d'Ernest ont pu 
être exploités dans presque toute l'étendue du faisceau, parce quelles veines 
supérieures, inconnues suivant le méridien du Chaufour dans les branches 
dont nous parlons, viennent successivement prendre naissance contre le cran 
de retour quand on s'éloigne vers le couchant. C'est à la fosse du Chaufour 
qu'a été ouverte, au niveau de 424 mètres, la longue bowette qui a pénétré, 
au nord du cran de retour, dans la région des charbons demi-gras. Cette 
fosse a été abandonnée en 1878, et serre m entée en 1884. 
taio îinçhon. ^a ^ osse Tinchon a été ouverte en 1755, et a rencontré le terrain houiller 

au niveau de 72 mètres. Elle a atteint la profondeur de 540 mètres, et son 
dernier accrochage a été placé à 532 mètres. Son exploitation a porté sur 
le droit du Chaufour, le plat de Saint-Pierre et le droit d'Ernest. Ces deux 
dernières branches étaient assez régulières, mais il n'en a pas été de même 
du droit du Chaufour, que l'on a trouvé très ondulé et souvent sillonné de 
crans ou de petits plats locaux. On a abandonné définitivement la fosse 
Tinchon en 1874- Au sud d'elle, la fosse Saint-Pierre a exploité, dans les 
veines les plus méridionales, notamment dans Grande veine et Moyenne 
veine, le plat de Saint- Pierre et le droit d'Ernest; enfin, au nord-est, le droit 



CHAPITRE X. 239 

du Ghaufour a été atteint et exploité, encore assez irrégulier, par Grosse- 
Fosse, dont la bowette nord de l'étage de 464 mètres a traversé le cran de 
retour, et a recoupé ensuite le droit demi-gras connu sous le nom de droit 
de Grosse-Fosse. 

La fosse Réussite a été creusée eu 1824 ; elle est située à un kilomètre Fosse Réussite, 
environ au sud-ouest de Tinchon, et a atteint le terrain houiller à la pro- 
fondeur de 76 mètres. En ce moment, son dernier étage est situé au niveau 
de 516 mètres. Ses travaux ont porté successivement sur le droit d'Ernest, 
le plat de Saint-Pierre et le droit du Chaufour : ce dernier est à peine 
entamé; le plat de Saint-Pierre a été trouvé disloqué par d'assez nombreuses 
cassures. Suivant le méridien de Réussite, on voit affleurer, du côté du midi, 
le plat de Pauline et le droit de Vedette, dans la partie du faisceau comprise 
entre Grande veine du midi et Moyenne veine; ces branches ont été 
exploitées, dans cette région, par plusieurs anciennes fosses situées au sud 
de Réussite, et spécialement par Demézières, Pauline, Vedette, Lomprez et 
Saint- Charles. À 360 mètres au sud-ouest de Réussite, la fosse Ernest a 
exploité en grand le droit qui porte son nom. Si on examine une coupe 
nord-sud passant par Réussite, on voit que plus on s'enfonce, plus les 
diverses branches se rapprochent du cran de retour; au voisinage de cet 
accident, elles seront exploitées, à grande profondeur, par la fosse Dutemple, 
dont remplacement est très favorable pour cet objet. La fosse Réussite doit 
donc être abandonnée à son tour dans un avenir assez rapproché. 

Un essai de traction mécanique par chaîne flottante a été tenté à cette 
fosse, dans Grande veine (plat de Saint-Pierre), à l'étage de 516 mètres. 
Une machine à vapeur, placée à ce niveau, servait à relever les charbons de 
cette veine que l'on exploitait en descenderie. Les générateurs étaient instal- 
lés au bas du puits Ernest. Ce traînage mécanique a été récemment supprimé. 

La fosse Dutemple, située à 620 mètres au nord de la précédente, a été Fosse Dutemple. 
ouverte en 1764 ; elle est entrée dans le terrain houiller au niveau de 
79 mètres ; elle est destinée à être poussée à une grande profondeur, 
car on doit s'en servir pour exploiter les branches inférieures du faisceau 
gras qui, à cet endroit, se trouvent déjà très loin dans le sol. On vient de 



240 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

l'approfondir jusqu'à 702 mètres, et de préparer de nouveaux accrochages 
à 600 et à 680 mètres ; mais son dernier étage en activité n'est encore 
qu'à 508 mètres. Dans les charbons gras, on y a exploité le droit du 
Chaufour, le plat de Saint-Pierre et le droit d'Ernest ; et, au nord, ses 
bowettes des niveaux de 259 et 316 mètres ont pénétré dans la région des 
charbons demi-gras, après avoir successivement traversé la faille d'Abscon 
et le cran de retour. L'exploitation de ces deux régions ne s'annonce pas, 
quant à présent, d'une manière favorable. Le droit du Chaufour, dans 
lequel on se trouve au niveau de 508 mètres, parait irrégulier, et il en est 
de même de la zone explorée dans les charbons demi-gras. Il est possible 
que les conditions du gisement s'améliorent à une profondeur plus grande, 
mais le contraire est à craindre, car il n'y a pas de raison pour que l'in- 
fluence des grands accidents qui ont disloqué cette partie du bassin 
houiller s'atténue dans les niveaux inférieurs. 

FoneDavy. La fosse Davy a été placée à 1,060 mètres environ au sud-ouest de 

Réussite; elle a été ouverte en 1843, et a rencontré le terrain houiller à la 
profondeur de 86 mètres. Son exploitation a été concentrée dans le droit 
de Vedette, le plat de Pauline et le droit d'Ernest. Le plat de Pauline y pré- 
sente une allure assez tourmentée, mais les denx droits y ont belle appa- 
rence. Bien que son dernier étage ne se trouve qu'à 278 mètres, la fosse a 
été abandonnée en 1883 ; son gisement sera exploité, en profondeur, par 
les fosses Dutemple et d'Hérin. 

Foue d'Hérin. La fosse d'Hérin est la plus occidentale du groupe dont nous nous 

occupons. Elle a été ouverte en 1854, à 1,200 mètres à l'ouest de la fosse 
Davy. Elle a atteint le terrain houiller à la profondeur de 76 mètres, et son 
dernier étage est actuellement à 410 mètres. Ses travaux s'étendent sur le droit 
de Vedette, le plat de Pauline et le droit d'Ernest. Il faut aller jusqu'à plus 
d'un kilomètre au sud de la fosse pour rencontrer le droit de Vedette, dans 
les veines les plus méridionales du faisceau. Néanmoins, cette fosse doit 
être considérée comme bien placée, car les crochons qui forment la jonc- 
tion du droit de Vedette et du plat de Pauline se trouvent à une profondeur 
relativement faible, et au-dessous d'eux les travaux n'auront plus à s'étendre 



CHAPITRE X. 



241 



aussi loin vers le sud. Le plat de Pauline est assez ondulé et disloqué à 
Hérin; dans sa partie la plus rapprochée du droit d'Ernest, il plonge de 45° 
vers le nord ; cette allure se remarque spécialement depuis Voisine et Ca- 
rachaux jusqu'à Juliette. Les bowettes nord prolongées trouveront, au delà 
de cette dernière veine et avant d'arriver au cran de retour, les premières 
couches du faisceau que nous allons étudier sous le nom de faisceau de 
Denain ; la fosse est d'ailleurs très bien placée pour exploiter, au sud du 
cran de retour, les branches inférieures au droit d'Ernest, à commencer 
par le plat de Saint-Pierre, que l'on vient d'atteindre. 

Depuis la fosse d'Hérin jusqu'aux travaux de Denain, auxquels nous arri- 
vons, il existe un intervalle encore vierge de 4 kilomètres, qui constitue 
principale réserve de charbons gras de la compagnie d'Anzin. 



Groupe de Denain. 

Déjà, en face de la fosse d'Hérin, les veines grasses du faisceau d'Anzin 
et Saint- Waast dont nous avons donné la nomenclature, s'éloignent 
assez du cran de retour pour que l'on soit certain de rencontrer plus tard 
vers le nord, au delà de Juliette, des couches d'âge plus récent et plus 
riches en matières volatiles. A mesure qu'il s'avance vers Denain, ce fais- 
ceau s'écarte de plus en plus du cran de retour et de la faille d'Abscou, 
et l'on voit prendre naissance, au-dessus de lui, tout un faisceau nouveau, 
inconnu à Saint- Waast, et qui est désigné sous le nom de faisceau de 
Denain. 

Il résulte de là que dans la région de Denain on exploite deux groupes 
de veines : 1° celles qui constituent le prolongement du faisceau de Saint- 
Waast; 2° un groupe supérieur, qui fournit des charbons dont la propor- 
tion de matières volatiles atteint 32 et même 35 0/0. 

Les veines du faisceau de Saint- Waast ne sont pas toutes désignées 

sous les mêmes noms à Saint-Waast et à Denain. Le tableau ci-dessous 

indique les noms sous lesquels une même veine est connue des deux 

côtés. 

3t 



Groupe de Denain. 

Veines 

en eiploitation. 



Correspondance 

des veines 

de Saint-Wsast 

et de Denain. 



242 



BASSIN HOUILLEfi DE VALENCIENNES. 



DÉSIGNATION DBS VEINES DO FAISCEAU DB SAINT-WAAST 


A DBMAIIt. 


A tAlKT-WlifT. 


Grande veine du midi 


Grande veine du midi. 

Petite veine du midi. 

Quatorze ponces. 

Grande veine. 

Moyenne veine. 

Petite veine. 

Tout rond. 

Maugretout. 

Voisine et Carachaux. 

Taffin. 

Hyacinthe. 

Joseph. 

Aglaée. 

Virginie. 

Juliette. 


Petite veine du midi 

















Le tableau suivant donne la composition moyenne de ce faisceau dans 
la région de Denain (pi. XII) : 






COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Fsux-toit. 

M. Faut-mur. 
S. Schiste. — B. Bacaillage. 



Grande veine du midi 



1.0.10 

(••.•I 

t.* il 



///////////////////A 

r*m + Am*m— *~mmm~m**~mM.- 



H.o.»4 
H.eJS 



Petite -reine du midi 



W&>& 






NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUB. 



Schiste, 



Schiste. 



M 

* S 

M* 

I s 

S 3 

3*« 



a o 
S'* 3 



IV 



25- 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBBB8 

Tolatiles. 



24.20 



25.80 



cou. 



Carbone. 



72.40 



60.70 



Cendres. 



3.40 



4.50 



COULEUR 

des 

cancan. 



CHAPITRE X. 



ïki 



COUPES DBS VEINES, 

H. Honnie. — T. Pans-toit. 

11. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BMAiUage. 



Passée 



C.O.SO 




H. o.)$ 
à 0.40 



&.0.10 t. 




W////////IALUéUH H ,0 . .0 



H.e.60 



Hqyeime veine. 



c.0.10 




H. 0.86 



Tourette. 



S.o.3S 



& 



H.o.3d 
H. 0.39 



Tout rond . 



c.0-06 

S.o.ao 



immimmM 



m 



m 



o.»t 



H.o.VS 



Ma 



u 



gretout, 



E.o »o 



H.oiS 



Voisine. 



Co.o3 




NATURB 



OU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



do non. 



Grès. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



"S-S-Sa 






Schiste. 



27' 



33> 



32' 



26' 



Si' 



43- 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBBSS 

▼oUtilet. 



130" 



23.60 



25.00 



28.20 



23.60 



28.00 



20.40 



COKI. 



Carbon*. 



74.00 



72.60 



66.55 



Ceodret. 



74.20 



67.40 



68.57 



2.40 



2.40 



5.25 



2.20 



4.60 



COULEUR 

des 

CSIfDBBS. 



Jaune. 



Gris. 



Rougeatre. 



5.03 



Rouge. 



2kk 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faisceau 

proprement dit 

do Oenain. 



COUFBS DBS VBTNBS. 

H. Houille. — T. Psut-toit. 

11. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



NATUEB 



DU TOIT. 



Edouard. 



S.o.Vo 




S2 



Z 



H.o3o 



H.0.60 



Peiii Edouard. 



H.o-Jo 






Schiste . 



Schiste. 



DO MUS. 




PROPORTION P. 0/0. 



MATIÉBSS 

volatiles. 



Schiste. 



Schiste. 



20" 



115' 



30.00 



cou. 



Carbone. 



60.35 



Cendres. 



3.05 



COULEUR 
des 



Gris-jaune 



Quant au faisceau proprement dit de Denain, il comprend les veines 
suivantes» du sud au nord, ou, ce qui est la même chose, de bas en haut : 
Lebret, Zoé, Petite Zoé, Toussaint, Jennings, Renard, Camille, Gailleteuse, Edmond, 
Paul, Président, Eugénie, Périery Mark, Octavie, Joséphine, Casimir, Marie- 
Louise, Marie. 

Le tableau ci-après donne la composition moyenne de ce second fais- 
ceau (pi. XII) : 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — t. Psux-toit. 

M. Panx-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



Lerbret. 



;::: hh 



S.o.so 



Y /7///7/< 



**'S"**ssssssssssss 



Zoé. 

jmufiri 



N.e.io 
H.o.3o 
Ho 10 

H.o.iS 



5 o.6o 






H.ooO 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



DO MUB. 



Schiste. 



Schiste. 



H 

Sis' 
3*3.3 

Q 



-2 



\v 



Schiste. I il' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATItttBS 

rolatUet. 



COKI. 



Carbone. 



29.25 



30.16 



67.35 



65.12 



Cendres. 



3.40 



4.72 



COULEUR 
des 

CIRDBSSJ. 



Gris. 



Rsngt-asir: 



CHAPITRE X. 



2ft5 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

11. Faux-mur. 
8. Schiste. — B. BscaiUage. 



fc-* 



Petite Zoé . 



//s//r//////////////, 



H.o.io 



S.0.60 



^H.o3oio3 



c. .0 07 

S.o.ia 

S.o.3} 
S.o 10 
M.o 10 



Toussaint. 



^yyyy/yyy/yy'yy'yyyx/y/i 






'••/'••yyyyvyy>vyy r ^/yx*v 



Jennin<rs • 



Ho, a 
H.o.ta 
H.o.aa 



H.o.io 



i.oio 



1» 



l.oVc 



Renard. 



H.e-ia 



/yyxxyyyavyyyy^yyyyy 



C amille//W ^ 



E.o.ao 



23 



H.0.0S 
H.o.3S 



Gailleteuse • 






H.e.ao 
H.o.it 
H.o 09 



S.e.ib 



Edmond. 



'mr//0%w////A 



H.o.aS 



u»**M,>i>i»»»»k H.0.10 



NATURE 



OU TOT. 



SchUte. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



DO MUE. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste 



Mil! 

3-8.20* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



46' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBBSS 

volatiles. 



i3' 



13' 



23' 



67' 



23« 



75- 



28.40 



32.35 



28.60 



32.00 



28.50 



32.08 



cou. 



Carbone. 



68.00 



60.77 



66.17 



64.70 



60.80 



64.53 



Cendres. 



2.70 



6.88 



5.23 



3.30 



1.70 



3.39 



COULEUR 
dot 



Jaune. 



Rosé. 



Jaune. 



Violet. 



Rovgsjaue. 



Roussàtre. 



246 



BASSIN HOOILLER DE VALENCIENNES. 




COUPES DBS TBINBS. 

H. HouiBo. — T. Faux-toit 

II. Fans-mur. 
S. Schiste. — B. Bseaillags. 



PacQ. 




NATURB 



DO TOIT. 



Schiste. 



S.0.0* 



IVésideni . 



'S/////////////////, 




Eugénie 



E.o.ao 




DU MO«. 



Schiste. 



J^BFICP - 



N.o.iê 




Mark 



"/SSSS/S/SJt/SSSJ!SJ!*S. , 



C.a«j 



muZtuœmp^* 



Octavie« 

Vjsyss/ss/ss,/s/s///A ^ ^ 



Joséphine. 



t.O.11 

Co.io 



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H.aVt 



Schiste. 



Schiste. 



k a 



t*ffl 



a • ï 



• H Si 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIttBS 
TOUtUM. 



31.00 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



12- 



Schiste. 



Schiste. 



31.50 



23' 



25- 



12- 



33.70 



32.00 



31.50 



32.00 



coci. 



Carbon*. 



06.70 



02.0) 



61.00 



61.70 



66.40 



64.40 



2.30 



2.60 



4.40 



3.30 



2.10 



p. 60 



COULBTJR 



Jaune. 



Jaune. 



Jaune, 



Blanc. 



CHAPITRE X. 



247 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



Casimir. 



£-0.09 



m 



H.o.+o4atS 



Marie-Louise . 




H 0.60 



Marie. 



m 



1 



H.o.*5 



NATURB 



DO TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Grès. 



Ko p 
ai • ► 5« 



Û2 o 






40' 



11 



16" 



PROPORTION P. 0/0. 



MATISBB8 

volatile». 



33.40 



29.00 



COKI. 



Carbone. 



04.80 



69.90 



Cendres. 



COULEUR 
des 

CBMDRSS. 



1.80 



1.10 



Blamc-janne, 



Jaune. 



Au-dessus, se trouvent quelques veines qui ont été récemment recou- 
pées à la fosse Renard, et dont nous parlerons plus loin. 

Toutes ces couches ont une composition sensiblement uniforme dans 
les travaux des fosses de Denain, et se succèdent à des intervalles presque 
constants. Celles du faisceau méridional présentent, en général, à Denain, 
un aspect analogue à celui qu'elles ont à Saint-Waast. Cependant, Edouard, 
de Denain, qui se rapproche parfois assez de Petit Edouard pour pou- 
voir être exploitée avec elle, est généralement plus belle que Taffin, qui est 
sa correspondante de Saint-Waast. L'inverse a lieu pour Voisine, qui est tout 
à fait isolée de Carachaux, ainsi que pour les passées qui tiennent la place 
des veines Joseph, Aglaée, Virginie et Juliette, de Saint-Waast. La passée 
désignée à Saint-Waast sous le nom de Petit Maugretout est située, à 
Denain, à une assez grande distance de Maugretout, qui doit être exploitée 
séparément. 

indépendamment des dénominations ci-dessus indiquées, et qui ten- 



Dénominations 

particulières 

de certaines veines, 

dans la 
région de Denain. 



248 



BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 



dent de plus en plus à se généraliser, on en a employé et on en emploie 
encore d'autres qu'il est bon de connaître, parce qu'elles figurent à certains 
plans, et qu'elles sont encore usuelles à certaines fosses. 

Par exemple, Lebret, Zoé et Petite Zoé, sont parfois appelées i ", 2 e et 
d* veines, à la fosse Turenne. 

Aux fosses l'Enclos et Lebret, qui sont les plus méridionales du groupe 
de Denain, on a exploité à peu près exclusivement le faisceau de Saint- 
Waast, et, au début, les veines qui le constituent ont été désignées par les 
n°" 1 à 11. Bien que cette nomenclature ne soit plus usitée, il n'est pas inu- 
tile de faire connaître sa correspondance avec celle de Saint- Waast, et celle 
qui est employée maintenant à Denain. C'est ce qu'indique le tableau sui- 
vant : 



A DEMAIN. 



DÉSIGNATION D'UNI UfilIB VBINB 



Grande veine du midi 
Petite veine du midi . 

Passée 

Grande veine. . . . 

Passée 

Moyenne veine . . . 

Tourette 

Tout rond 

Maugretout 

Voisine et ane passée 



A l'incloi it a librit 
(ancienne nomenclature). 



N« 11. 
N<» 10. 
K<» 9. 
N° 8. 
N° 7. 
N« G. 
N° l>. 
No 4. 
No 3. 
No 2. 
No 1. 



A eAIXT-WAAST. 



Grande veine da midi. 
Petite veine du midi. 
Quatorze pouces. 
Grande veine. 
Passée. 

Moyenne veine. 
Petite veine. 
Tout rond. 
Maugretout. 

Voisine et Carachaux. 



Faisceau 
de la fosse de Rœulx. 



Enfin, à la fosse de Rœulx, on se sert encore de noms spéciaux pour 
le plus grand nombre des veines de la série qu'on y exploite, laquelle 
chevauche sur les faisceaux de Saint-Waast et de Denain. 

Le tableau ci-après donne la composition moyenne du faisceau de 
veines exploité à Rœulx. 



CHAPITRE X. 



2W 



COUPES DBS VBJNBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

11. Faut-mur. 
S. Schiste E, Bscaillage. 



Petite veine 



Ce. os 



H.o.S3 



Quatorze pouce* 



C.o eS 



VS///S///SSS//S//S// 



•sssss/sssssssssssssm 



H.o.i5 
H.o iS 



10? veine du sud . 



C.0.01 




9 e veine du sud . 

mzm. 



w? 



O.S5 



8? veine du sud . 

e.e.o3f32 



E.0.1S 
£.o.oa 




H.0.S7 



7? veine du sud . 



£.0.01 

S.o.to 



y///////////////////, 



W/////////////////A 



H. 0.10 
H.o- 10 

H.afto 



6? veine du sud. 



£.0.10 




NATURE 



DU TOIT. 



DU MCR. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



H 
B 
K 

S 

O 

* 

M 
O 

B 

s 



o 
©S 

s| 

•s* 

• ««• 



8 ° 
S .s 

§1 

11 



PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



27m 



10«* 



39» 



7m 



27« 



î 



IfATIBRBB 

volatiles. 



24.50 



28.00 



23.10 



27.00 



25.10 



27.60 



COKI. 



Carbone. 



71.50 



70.50 



73.05 



00.50 



72.10 



60.80 



Cendrée. 



COULEUR 
des 

CENDRES. 



4.00 



1.50 



3.85 



3.30 



2.80 



2.60 



Jaune. 



32 



250 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Fanx-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



S? veine du sud. 

E5 



E.o>i 




H.o.J« 



H.o.3; 



4?? veine du sud. 



S.o.iS 



H.o.So 
H-oJo 



3? veine du sud. 



c.0.06 



^vyyyyvwvyv»^^ 



S.eJe 
E.0.0 







zzetH 



H.OjO 



.OjOf 

.0.10 



2? veine du sud. 

Va 



C.0.06 




H.o.36 



I e ?* veine du sud. 




I*? 6 veine du nord. 

E.0.10 




g H.o.S, 



H.0.1S 
^H.o.3o 



2? veine du nord. 

C.0.11 
C.»o5 

N.o.35 



w/#//y/////////A 



H.o.3C 
H.o.aV 



NATURB 



DU TOIT. 



OU MUR. 



M 



>* • H S^= 




« ni 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRE* 

volatiles. 



48» 



25» 



15» 



i0« 



20» 



COKB. 



27.00 



28.80 



27.80 



27.58 



29.30 



Carbone. 



70.80 



67.20 



70.20 



67.36 



65.20 



Cendres. 



COULEUR 
des 

CSHDBJM. 



2.20 



Blanc. 



4.00 



Gris-blanc. 



2.00 



Blanc. 



5.06 



Rongeâtes. 



5.50 



Jaune. 



CHAPITRE X. 



251 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



EicLcJdiKPd • 



t. 0.06 




H. 0.90 



Leuret . 



l^^^'SSSSSSSSS/SSSSSSSSA 


m 






555^ 


WMM 










Zoé. 


T>o.i& 




tf~ 


m 


WMM. 


M.o.iS 





ri.cis 

H.o.Vo 



M.o>7 



Petite Zoé . 

V#/SM/M/7ZZZ\ H.c.s 



S.oj6o 



v//////////////m h.o. m 



«Jeroriiio* a < 



C.O.H 




H.c. 



S.0.0* 

S. 0.01 
S. 0.01 



Renard • 



V/////////////////// 
■/////////////////////. 



H.0.16 

H.o.tOk 

H.0.16 

H.Q.IO 



NATURE 



DD TOIT, 



Schiste. 



DU MUB. 



Schiste. 



Schiste . 



Schiste. 



Schiste. 



M 

B S 

s "a 

p -m 

m o*a 

O «8 • 

o 



a o 
Sa 

S 5 



Schiste. 



Schiste, 



PROPORTION P. 0/0. 



MATI&RB8 

volatiles. 



Schiste. 


5» 


Schiste. 


12» 


Schiste. 


42m 


Schiste. 


17» 


Schiste. 


» 



30.00 



28.28 



31.28 



32.10 



33.00 



0011. 



Carbone. Cendres, 



67.80 



69.55 



66.49 



62.40 



62.40 



2.20 



COULEUR 
des 

CKNDRSS. 



Jwwe-ronge. 



2.17 



2.23 



Rougeàtre. 



Roussatre. 



5.50 



4.60 



Rouge. 



ai 



La veine Toussaint, exploitée à De nain, se transforme en passée à la 
fosse de Rœulx. D'autre part, il y a peut-être identité entre 6 e et 5 6 veines 
du sud, qui seraient deux parties d'une même veine, rejetée par un acci- 
dent. 



252 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Correspondance 

des veines 

de 

la fosse de Roeulx 

avec 

celles des faisceaux 

de Saint-Waast 

et Denain. 



Nous faisons encore connaître ci-dessous, aussi exactement qu'il est 
possible de le faire, la correspondance des veines de la fosse de Rœulx 
avec celles des deux faisceaux de Saint-Waast et Denain. 



DÉSIGNATION D'UNE MÊME VBINB 



A RŒULX. 



? 
? 
? 
î 

10" veine du sud. . . 
9" et 8 e veines du sud. 

Passée 

7 e veine du sud. . . . 
6 e veine du sud. . . . 
5 e veine du sud. . • . 
4 e veine du sud. . . . 
3* veine du sud. . . . 
î* veine du sud. . . . 
1™ veine du sud. . . 
1" veine du nord. . . 
S* veine du nord]. . . 

Edouard . 

Passée 

Lebret 

Zoé 

Petite Zoé 

Passée 

Jennings 

Renard 



A DBNAIN. 



Grande veine du midi. 
Petite veine du midi. • 

Passée 

Grande veine 

Moyenne veine. .... 

Tonrette 

Tout rond 

Maugretout 

? 

? 

? 

? 

9 

• 

Passée 

Edouard 

Petit Edouard 

Lebret 

Zoé 

Petite Zoé 

Toussaint 

Jennings 

Renard 



A SAINT-WAAST. 



Grande veine du midi. 
Petite veine du midi. 
Quatorze ponces. 
Grande veine. 
Moyenne veine . 
Petite veine. 
Tout rond. 
Maugretout. 



Passée. 

Taffin. 

Hyacinthe. 



Ce tableau indique qu'il n'y a pas continuité complète de toutes les 
couches d'une . zone à une autre. Quelques-unes sont connues à Rœulx 
comme à Denain et à Saint-Waast; d'autres n'existent que de l'un des côtés, 
et disparaissent ensuite; enfin, certaines assimilations restent encore dou- 
teuses. 

Les deux faisceaux de Saint-Waast et de Denain sont encore exploi- 
tés dans la concession de Douchy. Nous ferons connaître ultérieurement 
de quelle façon il convient de relier le gisement de Douchy à celui que la 
compagnie d'Anzin exploite dans ses concessions de Denain et d'Anzin. 



CHAPITRE X. 253 

De même qu'à Saint-Waast, les couches présentent, à Denain, une 
succession de droits et de plats, séparés par des crachons ou lignes d'en- 
noyage ; il n'y a de différence qu'en ce que ces lignes, au lieu d'avoir 
un plonge ment très accusé vers l'ouest, se rapprochent plutôt de l'hori- 
zontale. Quant aux plats, et notamment au grand plat de Denain, on y 
remarque des changements de direction et d'inclinaison d'un point à un 
autre ; c'est pour cela qu'on voit dans ce plat, au nord-ouest de la fosse 
Renard, une allure en fond de bateau qui a fait croire, autrefois, qu'on se 
trouvait, à cet endroit, au centre du bassin complet. 

Les branches principales exploitées à Denain sont au nombre de Droite et P uts 

exploités à Denain. 

trois : 

La plus inférieure, appelée droit de Bayard, n'est peut-être que 
le prolongement de celui qui est connu à Saint-Waast sous le nom de 
droit d'Ernest. Il a été exploité autrefois à la fosse Bayard, et il l'est 
encore maintenant à la fosse Turenne, dans 1", 2 e et 3 e veines, qui équi- 
valent à Lebret, Zoé et Petite Zoé. Il est incliné d'environ 45° au sud. 
et son développement en profondeur est inconnu, car on n'a pas encore 
atteint son crochon inférieur; il est souvent barré par des plats acces- 
soires. 

Immédiatement au-dessus, vient le grand plat de Denain, qui parait 
former la continuation de celui de Pauline, de Saint-Waast; c'est lui qui cons- 
titue le fond de bateau de la fosse Renard. Il fournit la plus grande partie 
de l'extraction du groupe de Denain; son développement est considérable, 
et on peut l'évaluer au moins à 1,400 mètres. Il a été, ou il est encore 
exploité aux fosses Ernestine, Malhilde, Bayard, l'Enclos, Jean-Bart, Turenne, 
Villars, Napoléon, Casimir, d'Orléans. Le sens de son plongement est 
variable, mais, le plus souvent, il a son pied au nord. On y remarque quel- 
ques petits droits accessoires qui le divisent en plusieurs branches, et qui 
tendent à disparaître dans la direction de l'est. En même temps, l'étendue 
du plat de Denain diminue graduellement et se réduit à environ 600 mètres, 
longueur comptée suivant sa ligne de plus grande pente. 

Enfin, il existe au-dessus de ce plat un dernier droit, que l'on 



254 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Faille de Rœulx. 



Faille de Turenne. 



Faille de Renard. 



Antres accidents 

de 

la région de Denain. 



appelle droit de l'Enclos. Il a été anciennement exploité aux fosses l'Enclos, 
d'Orléans, Lebret, et l'est encore à celles de Rœulx et Renard. On l'exploi- 
tera de nouveau à la fosse l'Enclos, qui vient d'être approfondie à cet effet. 

Le droit de l'Enclos forme peut-être la continuation de celui 
qui est connu, à Saint-Waast, sous le nom de droit de Vedette. 

Un des principaux accidents connus dans la région de Denain, au sud 
de la faille d'Àbscon, est la faille de Rœulx. Elle a été complètement explo- 
rée à 1,000 mètres au couchant de la fosse de Rœulx; de là, elle vient 
passer à 600 mètres environ au nord de ce puits; elle diminue d'impor- 
tance à mesure qu'on s'avance vers Denain. À 700 mètres au levant de la 
fosse, son effet est presque nul. À l'ouest, elle dévie horizontalement les 
veines d'une centaine de mètres. Sa direction est O. 10° N., et elle plonge 
de 80° vers le sud. 

Nous citerons encore la faille de Turenne, dont la direction est N. 75° 
O., et le plongement de 20° à 25° vers le sud-ouest. C'est une faille à l'envers 
qui refoule les terrains du midi de 150 mètres environ sur ceux du nord. 

À la fosse Renard, on a récemment trouvé un autre accident qui 
interrompt les veines à leur approche du tourtia. Il a été découvert à l'étage 
de 116 mètres; son orientation n'est pas encore nettement déterminée; on 
sait seulement qu'il a son pied au nord-ouest ; mais il doit remonter ensuite 
dans cette direction, sans quoi il aurait été rencontré par les travaux des 
étages inférieurs. Les terrains du nord paraissent avoir glissé de 
200 mètres environ, suivant sa ligne de plus grande pente. 

À la fosse l'Enclos, un peu au-dessus du niveau de 311 mètres, on con- 
naît encore un cran dirigé sensiblement nord-sud, et plongeant de 18° à 20* 
vers le couchant; on se rend compte de la déviation qu'il produit en exa- 
minant la coupe de la fosse l'Enclos. 

Enfin, à la fosse de Rœulx, le gisement des charbons gras est sillonné 
par plusieurs accidents dont l'allure est encore peu connue. Ces lignes de 
cassure sont à peu près parallèles entre elles, et orientées du sud-est au 
nord-ouest; leur plongement ordinaire est de 70° à 80° vers le sud-ouest. 
Plusieurs d'entre elles constituent le prolongement d'accidents connus 



CHAPITRE X. 



255 



dans la concession de Douchy, et notamment des deux principaux d'entre 
eux, qui sont les crans de Saint-Mathieu et de l'Éclaireur. 

« 

De nombreuses fosses ont été ouvertes sur le faisceau de Denain ; nous 
citerons entre au très les fosses Bayard, Napoléon, Mathilde, Turenne, Ernes- 
Une, Chabaud La Tour, Casimir, Joseph Périer, Renard, Villars, Jean-Bart, 
d'Orléans, l'Enclos, Lebret et de Rœulx. Le plus grand nombre d'entre 
elles ont été successivement abandonnées. Il n'en reste plus que quatre en 
activité : Turenne, Renard, l'Enclos et Rœulx. 

La fosse Turenne, ouverte en 1828, a atteint le terrain houiller à la 
profondeur de 69 mètres. Son dernier accrochage se trouve à l'étage de 
166 mètres, par lequel on a commencé à exploiter le droit de Bayard dans 
l re , 2 e et 3 e veines, c'est-à-dire dans Lebret, Zoé et Petite Zoé. Un peu au- 
dessus de ce niveau, le puits a été recoupé par la faille de Turenne, 
qui vient à peu près passer à l'ennoyage du droit de Bayard et du grand 
plat de Denain. Ce plat a été l'objet de travaux importants aux étages supé- 
rieurs de la fosse; il s'y trouve un peu disloqué par un système de cassures 
parallèles qui viennent s'interrompre à la faille. La fosse Turenne doit être 
prochainement abandonnée. 

Les fosses Ernestine, Bayard, Mathilde, Napoléon et Casimir, ont éga- 
lement exploité le grand plat de Denain, dans la région de la fosse Turenne. 
Le droit de Bayard a aussi été exploiter de ce côté, par la fosse de ce nom. 
La fosse Renard, qui comprend deux puits, est la plus importante 
du groupe de Denain. Elle a été ouverte en 1836, et a rencontré le 
terrain houiller au niveau de 74 mètres. Ses travaux portent presque 
exclusivement sur le grand plat de Denain; cependant, au midi et aux 
étages supérieurs, surtout vers l'ancien champ d'exploitation de la 
fosse d'Orléans, on y a atteint le droit de l'Enclos. Le dernier étage 
de la fosse Renard se trouve à 476 mètres; mais on se prépare à en 
établir un autre 70 mètres plus bas. Le grand plat de Denain pré- 
sente à cette fosse quelques ondulations, spécialement dans les veines 
inférieures à Renard; on y remarque deux petits droits qui altèrent sa 
continuité. Dans la veine Edouard, l'un de ces droits est tellement ren- 



Anciennes fosses 

de 

la région de Denain. 



Fosse Turenne. 



Fosse Renard. 



256 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

versé qu'il a son inclinaison vers le nord. Mais, si l'on se borne à considérer 
les veines supérieures comprises entre Président et Marie-Louise, on ne 
trouve plus ces plissements secondaires, et le grand plat de Denain se dé- 
veloppe d'une manière continue au-dessous du droit de l'Enclos, l'ensemble 
de ces deux branches dessinant l'allure en fond de bateau dont nous avons 
parlé. Si l'on parcourt une voie de fond du plat de Denain ou, ce qui re- 
vient au même, l'affleurement d'une veine au tourtia, on voit que son tracé 
qui, du côté du couchant, est sensiblement dirigé de l'ouest à Test, avec 
une certaine tendance à s'infléchir vers le sud, remonte peu à peu vers le 
nord-est, puis décrit une sorte d'arc de cercle pour se diriger vers le nord, 
et ensuite vers le nord-ouest. La faille d'Abscon, qui est située à 1,300 mè- 
tres environ au nord de la fosse Renard, vient former la limite septentrio- 
nale de cette cuvette, en interrompant les couches de terrain qui la consti- 
tuent. Nous avons déjà expliqué que cette apparence de fond de bateau est 
accidentelle, et n'empêche pas que le plat de Denain ne soit suivi par un 
autre droit, qui est le droit de Bayard, de même qu'il est précédé par celui 
de l'Endos. 
Fkbctta sapèriMr Jusque dans ces derniers temps, les veines les plus supérieures con- 

de Renard. m # 

nues à Denain étaient Marie-Louise et Marie, et la partie du fond de bateau 
constitué par le grand plat de Denain qui se trouve au-dessus de ces veines 
était restée inexplorée. Cette exploration a été faite récemment par un 
beurtia en travers-bancs incliné à 65% et partant de la voie de fond du plat 
de Marie-Louise couchant, niveau de 234 mètres, i environ 1,600 mètres 
de la fosse Renard. Ce beurtia a rencontré successivement six veines, savoir : 

l-reieeà XJ mètres de Mam-Lmùn. 

t" mue à. 49* 50 — 

3* Teine à î^fiù — 

4* veine o* Henri à 90 mètres — 

5« veioe à 401 — — 

6« Teioe à III — — 

Le tableau suivant donne la composition moyenne de ce faisceau. (Voir 
aussi pi* XII.) 



CHAPITRE X. 



257 



COUPBS DUS VBINBS. 

H. Houille. - T. Faux-toit 

M. Ptox-mur. 
S. Schiito. — B. Bscaillage. 



l^Vei 



euie. 



£.0.0+ 

S.o.oS 
S.o.aSl 



tSSSSSSSSSSSSSSSSS. 






WWMaMMM 



H.0.1S 
0.1a 

4M* 

H.o.sS 



2* 



▼eme 



S.o.ot 

lS:3 



W/y/yy/ysss//////, 

'ssssssfsssssyssssf. 

'SSSSSSSSSSSSSSSSSSa 



N.0.06 

M.o.,3 
H.o.«7 
H.o.i4 
M.Ô..3 



3? 



reine. 



s.0.06 



My//////A07/////. 



y//////////////////, 



H.o.ta 
H.o.a6 



4« c veinc ou. Henri. 



H.0.7S 



$->.*$ 




5* 



veine 




6? 



▼eme. 




NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



5 2 ~e 

B 11 11 



22»,50 



18» 



22«,50 



12' 



9m 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBRBS 

volatiles. 1 



29.60 



32.00 



30.80 



32.80 



33.30 



32.60 



COKE. 



Carbone. 



64.40 



63.85 



67.20 



65.20 



64.20 



64.00 



Cendres. 



6.00 



4.15 



2.00 



2.00 



2.50 



2.50 



COULBUR 
des 

CBNDRIB. 



Un chassage d'une centaine de mètres, exécuté dans la deuxième veine, 
Ta trouvée assez régulière. Au nord, ces six veines vont buter à la faille 



33 



258 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

d'Abscon, et elles dessinent chacune un pelit fond de bateau emboîté dans 
celui de Marie-Louise. On se propose d'ouvrir un puits spécial, vers le 
centre de ce fond de bateau, pour servir à la circulation des ouvriers et à 
l'aérage des travaux d'exploitation, qui seront entrepris par les fosses 
Renard et de Rœulx. 

En attendant, et pour atteindre le faisceau d'une manière plus com- 
mode, on a repris le creusement de la bowette de l'étage de *116 mètres, 
que l'on a continuée vers le nord-ouest. C'est cette galerie qui a trouvé 
l'accident de Renard dont nous avons parlé plus haut; elle a ensuite recoupé 
de nouveau la veine Marie-Louise au delà de cet accident, plus les trois 
premières veines. On prépare des travaux dans la quatrième au moyen 
d'un petit beurtia. 

Les ressources de la fosse Renard sont considérables, car elle n'a pas 
encore atteint en profondeur les veines du midi, qui lui fourniront un fort 
appoint. 

À proximité de la fosse Renard, les fosses Lebret, d'Orléans, Villars, 
Jean-Bart et Joseph Périer, ont exploité, soit le plat de Denain et ses petits 
plats intermédiaires, soit encore le droit de l'Enclos. 
Fo»»e rEncio». La fosse l'Enclos, qui date de 1853, est la plus méridionale de celles 

que la compagnie d'Anzin a ouvertes dans la région de Denain; elle est 
située à environ 1,450 mètres au sud- est de la fosse Renard, et a atteint 
le terrain houiller à la profondeur de 64 mètres. Son dernier étage d'ex- 
ploitation a été établi au niveau de 374 mètres. Au sud du puits, on a 
exploité en grand le droit de l'Enclos, dans la partie du faisceau com- 
prise entre Grande veine du midi et Voisine. C'est entre les étages de 
251 et de 314 mètres que l'on a trouvé ce droit, déchiré par l'accident 
appelé cran de l'Enclos. Il affecte toute la zone inférieure à Voisine; mais 
son action n'est plus sensible dans Edouard, qui est supérieure à cette 
dernière veine. Dans Voisine, on remarque deux droits locaux d'un déve- 
loppement d'environ 150 mètres; il y en a également deux dans Edouard, 
mais l'un d'entre eux disparaît dans Lebret, Zoé, Petite-Zoé, et les veines 
supérieures. 



CHAPITRE X. 259 

A l'étage de 170 mètres, la bowette sud a rencontré, à 542 mètres du 
puits, deux bancs calcaires ayant chacun m 9 70 d'épaisseur. 

La fosse l'Enclos vient d'être approfondie jusqu'à 575 mètres, c'est-à- 
dire jusqu'à 15 mètres au-dessous du grand plat, de Grande veine ; on y a 
préparé de nouveaux accrochages, aux niveaux de 460 et 515 mètres. 

La fosse de Rœulx a été ouverte, en 1854, à 3,800 mètres environ à Fosse de Rœoix. 
l'ouest de la fosse l'Enclos; elle est entrée dans le terrain houiller à la pro- 
fondeur de 80 mètres, presque à l'affleurement de Première veine du 
sud. Toutes les veines qu'elle exploite sont en allure renversée et appar- 
tiennent à la branche connue sous le nom de droit de l'Enclos. Elles 
sont dirigées du sud-est au nord-ouest, et ont leur pied au sud-ouest; 
leur inclinaison est assez variable : en général, elle augmente à mesure 
qu'on s'avance vers les veines inférieures du faisceau. On peut admettre 
comme limites extrêmes 20° et 60°. D'un côté, les chassages vont s'arrê- 
ter à la limite de la concession de Douchy; de l'autre, ils se prolongent 
jusqu'au grand accident appelé faille de Rœulx, que quelques-uns d'entre 
eux ont même traversé. Indépendamment de cette faille, on distingue dans 
le champ d'exploitation de la fosse un système de cassures presque verti- 
cales, ayant une direction peu différente de celle des veines, et qui pénè- 
trent vers le sud-est dans la concession de Douchy. Nous avons déjà dit 
que les prolongements de deux d'entre elles constituent les accidents con- 
nus dans cette concession sous les noms de. crans de Saint-Mathieu et 
de l'Éclaireur. Toutes ces déchirures donnent au gisement de Rœulx un 
aspect compliqué, et le rendent peu avantageusement exploitable. On espère 
que ces conditions se modifieront en profondeur quand la fosse viendra 
traverser le grand plat de Denain. Ce plat a déjà été atteint par les chas- 
sages du couchant. De plus, la bowette nord du niveau de 220 mètres 
parait l'avoir rencontré dans des veines que l'on a appelées provisoirement 
l r % 2% 3 e et 4° veines, et qu'on ne relie pas encore à celles qui sont exploi- 
tées à l'est. 

La vaste étendue de territoire qui se trouve au midi du cran de retour 
et de la faille d'Abscon a été explorée par d'assez nombreux sondages. Les 



260 BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 

Tnwu» <u reelMrcha unft sont situés à proximité de fosses d'extraction qui ont été ultérieurement 
,ltu ^ lo u œldl ouvertes, et présentent par cela même un intérêt assez faible; les autres 
r*iii« d'Abfcoo. donnent, au contraire, des renseignements utiles sur la richesse du terrain 

houiller dans les parties où il n'est pas encore exploité et sur la distance 
à laquelle il s'étend vers le sud. Nous ne nous occuperons naturellement 
que de ceux qui sont entrés dans la formation houillère, et nous laisserons 
de côté les sondages et les fosses qui ont dû être abandonnés dans les morts- 
terrains. 

Entre les fosses Tinchon et Dutemple, quatre sondages, exécutés 
en 1814 (1", 2% 3 6 et 4 6 de Saint-Waast), ont atteint le terrain houiller aux 
profondeurs respectives de 66, 67, 66 et 65 mètres; on ne les a ensuite 
approfondis que de quelques mètres; l'un d'eux a rencontré une passée de 
ra ,25 d'ouverture. Un cinquième sondage, ouvert un peu au sud de la fosse 
Dutemple, a quitté les morts-terrains au niveau de 61 mètres, et les a 
explorés sans résultat sur quelques mètres de hauteur. Enfin, deux autres 
forages, placés à proximité des fosses Ernest et Demézières, ont trouvé le 
terrain houiller, l'un au niveau de 67 mètres, l'autre à celui de 63 mètres; 
pas plus que les précédents, ils n'ont fourni de renseignements sur la 
richesse de cette partie du bassin, parce qu'on ne les a pas poussés à une 
profondeur suffisante. 

Au midi de la fosse Sentinelle, nous devons citer trois forages datant 
de 1818 et 1819, qui ont exploré la bande houillère située à la limite sud 
du bassin. Us sont connus sous le nom de sondages du Vignoble. Le plus 
septentrional, situé contre la chaussée de Valenciennes à Bouchain, est 
entré dans les grès et schistes houillers à la profondeur de 62 mètres, et a 
été arrêté à celle de 69 mètres. Le suivant a trouvé le terrain houiller au 
niveau de 54 mètres et l'a exploré jusqu'à celui de 65 mètres; enfin, le plus 
méridional a traversé ce terrain sur 7 mètres seulement, de 34 à 41 mètres. 
Aucun d'eux n'a rencontré la houille. Le dernier est connu parfois sous le 
nom de sondage du Paradis ; il a été placé au pied de la montagne de ce 
nom, à peu de distance de la ferme d'Urtebise. Nous l'avons déjà cité, 
comme permettant de tracer approximativement la limite méridionale du 



r 



CHAPITRE X. 261 

bassin, au sud-ouest de la ville de Valenciennes. Au nord du premier de ces 
trois forages, il en existe un autre qui a atteint le terrain houiJler à la pro- 
fondeur de 71 mètres. 

Contre la chaussée de Valenciennes à Bouchai n, la compagnie d'Anzin 
a encore exécuté deux sondages. Le premier (1814) , appelé sondage de Trith 
ou d'Urtebise, n'a fait que toucher le terrain houiller, dans lequel il n'est 
entré que de & mètres, de 75 à 79 mètres ; le second (1824), appelé sondage 
du Pont de Rouvignies, a atteint ce terrain au niveau de 55 mètres, et y a 
été continué sans résultat jusqu'à 64 mètres. 

Ce dernier sondage est situé sur la région encore vierge qui est com- 
prise entra les exploitations de Saint-Waastet Hérin, et celles du groupe de 
Denain . Cette région a été explorée, un peu à l'est du méridien de Wavre- 
chain, par d'autres travaux. 

Citons d'abord, en remontant vers le nord, le sondage du Chemin des 
Prêtres, placé sur le territoire de Wavrechain. 11 est entré dans le terrain 
houiller à la profondeur de 79 mètres, après avoir traversé 13 mètres de 
torrent, et a été poursuivi jusqu'à celle de 142 mètres. Il a rencontré suc- 
cessivement 5 passées charbonneuses et, au niveau de 139 mètres, une veine 
de 0",07 d'escaillage et m ,44 de houille. Bns'éloignant encore vers le nord, 
un peu au delà du chemin de fer de Somain à Péruwelz, on trouve un autre 
sondage qui a atteint le terrain houiller au niveau de 68 mètres, mais n'y 
a été enfoncé que de 4 mètres. Son emplacement est situé à proximité et un 
peu au sud-ouest des deux sondages et de la fosse d'Oisy. 

Cette fosse a été commencée en 1777, mais comme elle était tombée sur 
le torrent, on a dû l'abandonner deux ans plus tard, sans avoir pu la con- 
duire jusqu'au terrain houiller. Le premier sondage d'Oisy se trouve à 15 mè- 
tres au sud-ouest de la fosse; il a pénétré dans la formation houillère au ni- 
veau de 72 mètres, et on l'a arrêté à celui de 77 mètres, sans qu'il eût recoupé 
autre chose qu'une petite passée de quelques centimètres. Le second forage 
d'Oisy, situé à 85 mètres au couchant de la fosse, n'a pas donné de résultats 
plus concluants; il n'a pénétré que de 5 mètres dans le terrain houiller à 
partir du niveau de 66 mètres et n'y a trouvé aucune trace de houille. 



262 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Dana retendue couverte par les exploitations de Denain, nous avons 
encore à citer quelques sondages. Il y en a d'abord cinq qui sont éche- 
lonnés le long et un peu au midi de la faille d'Abscon. Le premier 
(4* d'Hâve lu y) est resté dans le terrain houiller du niveau de 67 mètres à 
celui de 83 mètres, et n'y a trouvé qu'une passée de (^,20. Le second 
(16 e de Denain, 1841) a atteint le terrain houiller au niveau de 75 mètres; 
sur une hauteur de 13 mètres parcourue dans ce terrain, il a recoupé deux 
veinules et deux petites veines de charbon très pur de m ,40 d'épaisseur 
verticale chacune; les bancs étaient inclinés de 40°; avant d'entrer dans le 
terrain houiller, ce sondage avait traversé 7 m ,30 de torrent. Le troisième 
sondage de la même série (6 e de Denain) est situé un peu a,u nord de 
la fosse Bayard. 11 s'est enfoncé dans le terrain houiller de la profondeur 
de 73 mètres à celle de 81 mètres, et y a trouvé successivement une 
passée de O^SO, une veine de m ,60, et une autre passée de m ,A0. Le 
quatrième (5 e de Denain), placé un peu au nord de la fosse Napoléon, n'a 
pénétré dans le terrain houiller que de 13 mètres, de 72 à 85 mètres; 
il n'a rencontré que deux filets charbonneux ; enfin, le cinquième (7 e de 
Denain), qui se trouve à une assez faible distance au sud-est de la fosse 
d'Escaudain, contre le chemin de fer, n'a donné aucun résultat : il est vrai 
qu'il n'a exploré le terrain houiller que du niveau de 79 mètres à celui de 
88 mètres, c'est-à-dire sur 9 mètres seulement de hauteur. 

Près de la fosse Turenne, un sondage (2 e de Denain, 1827) a atteint le 
terrain houiller à 72 mètres, et l'a exploré jusqu'à 83 mètres : il a ren- 
contré sur cette faible hauteur une veine de l ra ,25 d'ouverture; un autre 
sondage, exécuté l'année suivante à proximité de la fosse Er nés Une (3° de 
Denain), a été enfoncé dans le terrain houiller de 69 à 79 mètres, mais n'a 
recoupé qu'une veinule de m ,34. En s' éloignant encore vers Test, on arrive 
à deux forages (ft* et 15 e de Denain), datant le premier de 1828, le second 
de 1841 ; ils ont atteint le terrain houiller aux profondeurs respectives de 
66 et 65 mètres, et ont été arrêtés à celles de 84 et 72 mètres, sans avoir 
rencontré la houille. 

Dans les environs des fosses Yillars et Jean-Bart, on trouve encore 



CHAPITRE X. 263 

deux sondages exécutés en 1829 (11 e et 12 e de De nain) ; ils ont atteint le 
terrain houiller, l'un à 63 mètres, l'autre à 58 mètres, et ont été conti- 
nués, le premier jusqu'à 80 mètres, le second jusqu'à 63 mètres; le premier 
seul a recoupé une petite veine de m ,&5 d'épaisseur verticale. 

Dans la concession de De nain, nous avons encore à citer six sondages 
situés à proximité de l'Escaut, en amont de celui du Pont de Rouvignies, 
dont nous avons parlé plus haut. C'est, d'abord, celui du Pont de Denain 
(1853), qui est entré dans le terrain houiller à la profondeur de 71 mètres, 
après avoir traversé 11 mètres de torrent : il a été poursuivi jusqu'au niveau 
de 124 mètres, et a successivement recoupé sept passées charbonneuses et 
trois veines de O^CO, l ro ,35, et O°,60 d'ouverture, situées à 90, 96 et 
113 mètres. Puis vient un autre forage (9 e de Denain), placé à peu de dis- 
tance du précédent, qui n'a rencontré que des traces insignifiantes de houille 
entre les niveaux de 62 et de 79 mètres. Â l'ouest de la fosse l'Enclos, on 
en trouve deux autres, entrepris à 4 mètres de distance, l'un en 1828, 
l'autre en 1829 (8 e et J0* de Denain); le premier a traversé le terrain 
houiller de 62 à 79 mètres, et n'a donné aucun résultat; l'autre l'a exploré 
de 6/1. à 72 mètres et a rencontré- dans cet intervalle une veine de houille de 
m ,50. Entre ces deux sondages et la fosse l'Enclos, est situé le sondage de 
l'Enclos, où le terrain houiller a été atteint à 61 mètres du sol. De ce niveau à 
celui de 210 mètres , auquel on l'a arrêté, il n'a rencontré qu'un banc de 0*,80 
de noireux tendre et de charbon. Cet insuccès relatif provient probable- 
ment de ce qu'à cet endroit les terrains présentent des dressants très éten- 
dus dans lesquels des trous de sonde verticaux n'explorent qu'une bande 
d'une puissance relativement faible, si on l'évalue normalement à la strati- 
fication. Enfin, le 14 e sondage de Denain (1831), situé à l'ouest du 8* et du 
10% a exploré le terrain houiller de 67 à 75 mètres, et n'y a trouvé que deux 
filets de charbon intercalés dans des querelles. 

Ces travaux sont les seuls qui soient de nature à éclairer sur la 
richesse en houille de la région des charbons gras d'Anzin ; on voit, d'ail- 
leurs, que les indications qu'on en peut tirer ne présentent guère de pré- 
cision. 



264 BASSIN HOUJLLER DE VALENCIENNES. 

conclusion Nous terminerons ce chapitre en indiquant sommairement les chances 

de c« chapitre, ^avenir que présente l'exploitation des concessions de Saint-Saulve, Rais- 
inés, Anzin et Denain. 

Au nord dn cran de retour, et vers le bord septentrional du bassin, 
le faisceau maigre de Vieux-Condé se développe depuis la limite sud de la 
concession de Fresnes, jusqu'à la limite orientale de celle d'Aniche. Dans 
ce long parcours, il n'est connu qu'à Vicoigne, où, malgré ses replis assez 
nombreux, il présente une grande régularité. On peut donc espérer qu'on 
se trouvera dans des conditions satisfaisantes d'exploitation dans l'angle 
nord de la concession de Raismes et dans celle d' Anzin. La compagnie 
sera amenée ultérieurement à ouvrir sur cette bande de terrain houiller de 
nombreuses fosses qui serviront à exploiter, non seulement les veines 
maigres de Vieux-Condé, mais encore celles de Fresnes-midi, et en général 
toutes celles qui précèdent le faisceau demi-gras. 

Quant à ce dernier faisceau, qui suit sans interruption le groupe des 
charbons maigres dans le voisinage de la fosse Thiers, mais qui en est 
séparé par un assez large intervalle stérile quand on s'éloigne vers l'ouest, 
il parait assez irrégulier dans presque toute son étendue. La fosse Thiers, 
qui avait donné au début les plus belles espérances, fournit un prix de 
revient voisii* du prix de vente dès que celui-ci laisse un peu à désirer, 
et il en est de même de la fosse d' Ha velu y. La situation, pour être 
meilleure aux fosses Saint-Louis et Bleuse-Borne, n'est pas encore absolu- 
ment satisfaisante, et il n'y a guère que dans le gisement d'Abscon que les 
veines demi-grasses se présentent sous un très bel aspect. Aux fosses d'Au- 
di ffret-Pasquier et Lambrecht, les apparences ne sont pas aussi favorables, 
bien que l'irrégularité des terrains soit moindre qu'à Haveluy. Le nombre 
des points où le faisceau demi-gras a été exploré est déjà assez nombreux 
pour qu'on puisse le regarder comme presque complètement connu, et il ne 
semble pas qu'il soit avantageux, quant à présent, d'y ouvrir de nouvelles 
fosses qui donneraient les mêmes résultats que celles actuellement en activité. 
11 y aura avantage, pendant longtemps encore, à exploiter la région com- 
prise entre la fosse d'Audiffret-Pasquier et la limite d'Aniche ; il reste à y 



CHAPITRE X. 265 

prendre d'assez grandes quantités de charbon demi-gras que Ton extraira 

avec bénéfice. 

Enfin, on trouve encore au nord du cran de retour le faisceau gras de 
Thiers. À en juger par son aspect à cette fosse, il est prudent de ne pas 
compter sur lui, à moins qu'il ne s'améliore en se rapprochant de la con- 
cession de Thivencelles. Une fosse creusée à proximité du clocher de Vicq 
permettrait de s'en assurer ; mais il est possible que son fonçage présente de 
sérieuses difficultés, parce qu'on se trouve, à cet endroit, vers le thalweg 
de la dépression houillère dans laquelle s'est déposé le torrent de Vicq. 

Entre le cran de retour et la faille d'Abscon, on ne connaît, comme 
nous l'avons vu, qu'une petite bande exploitable, qui sera déhouillée par 
la fosse Saint-Mark, 

Reste le gisement proprement dit des charbons gras, qui s'étend depuis 
Anzin jusqu'à la fosse de Rœulx. Du côté de l'est et jusqu'à la fosse Tin- 
chon, il doit être regardé comme presque complètement épuisé. De la fosse 
Tinchon à celle d'Hérin, il" n'a été exploité que jusqu'à une profondeur 
relativement faible, et ses branches inférieures sont encore intactes; mal- 
heureusement, elles paraissent peu régulières, et la reconnaissance actuel- 
lement en cours d'exécution à la fosse Dutemple fournit des indices peu 
favorables. Au couchant de la fosse d'Hérin, se trouve un intervalle où il 
y a place pour plusieurs nouveaux puits; au delà, on arrive au gisement de 
Denain ; là, comme à Saint-Waast et à Anzin, le prix de revient des char- 
bons est trop élevé, quoiqu'il existe dans le grand plat de Denain des 
parties assez belles; enfin, à la fosse de Rœulx, on retombe dans des ter- 
rains bouleversés, où l'exploitation est onéreuse. 

De la fosse de Rœulx aux concessions d'Aniche et d'Azincourt, il y a une 
distance d'environ quatre kilomètres. Nous ne pensons pas qu'on ait chance 
de tirer un parti avantageux de cette région. L'irrégularité constatée à Rœulx 
s'aggrave en effet au voisinage des concessions d'Aniche et d'Azincourt, à 
la limite desquelles les travaux entrepris sur les charbons gras ont dû être 
successivement abandonnés; vers le nord, on arrive bien vite à la zone bou- 
leversée dans laquelle la faille d'Abscon se fraye un passage; enfin, au sud, 

34 



266 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

on atteint rapidement le bord dn bassin houiller, qui remonte d'autant plus 
vers le nord qu'on s'éloigne davantage du côté de l'ouest. Cet ensemble de 
circonstances défavorables empêchera sans doute la compagnie de risquer 
des capitaux considérables dans cette région particulièrement accidentée. 

Le caractère général des terrains sur lesquels s'étendent les conces- 
sions appartenant à la compagnie d'Anzin est d'être assez irréguliers et de 
ne renfermer que des veines minces. Il n'y a d'exception générale à cette 
règle que dans les charbons maigres. C'est dans ces charbons que la com- 
pagnie trouvera plus tard ses plus grands bénéfices ; elle pourra les exploiter, 
quand elle le voudra, par un grand nombre de puits, et les difficultés de la 
vente, seules, en limiteront la production ; mais ces difficultés tendent à 
diminuer de jour en jour, en raison de la tendance qu'ont maintenant les 
industriels à utiliser les charbons de toutes qualités, pourvu que leurs prix 
de vente soient peu élevés. Quant aux charbons demi-gras et gras, ils se 
présentent, surtout les derniers, dans des conditions telles, qu'on ne sau- 
rait engager la compagnie à y développer ses travaux : il existe de la place 
pour ouvrir encore un grand nombre de puits sur ces charbons, mais la 
prudence commande de rester, quant :\ présent, dans le statu quo, et de 
n'engager de nouvelles dépenses qu'avec circonspection. Rappelons, toute- 
fois, que le faisceau demi-gras est très beau dans les fosses du groupe 
d'Abscon ; c'est un appoint de grande valeur qui fournira à la compagnie, 
pendant un assez grand nombre d'années, d'importantes ressources. 

En résumé, la compagnie d'Anzin doit tendre, avec le temps, à reporter 
ses efforts sur les charbons maigres; là, elle obtient des prix de revient qui 
défient la concurrence, et, môme en présence des compagnies du Pas-de- 
Calais, elle conserve une excellente situation. 



CHAPITRE XI. 



CONCESSION DE DOUCHY. 



Le gisement de la concession de Douchy (pi. VI) est particulièrement 
intéressant, en ce qu'il permet de raccorder le faisceau exploité dans les 
fosses des environs de Denain, avec celui qui' a été reconnu, du côté de 
l'ouest, à la fosse de Rœulx. 

Presque toutes les veines qui le composent présentent un champ d'ex- Étendue 
ploitation peu étendu, limité d'un côté à la concession de Denain, de l'autre champ d'exploitation 
à celle d'Anzin. Les périmètres de ces deux concessions déterminent une de Douchy ' 
sorte d'angle rentrant, dont le sommet se trouve à distance à peu près égale 
des fosses de Rœulx et Lebret. Les veines pénètrent dans la concession de 
Douchy par l'un des côtés de cet angle, et en sortent par l'autre. Seules, 
les plus méridionales descendent au sud du vieux clocher de Lourches, et, 
se développant parallèlement à celles de la fosse l'Enclos et à la limite sud 
de la concession de Denain, viennent passer à la fosse de Douchy, récem- 
ment ouverte à l'est de la fosse la Naville. Malgré cette circonstance, le 
champ d'exploitation de Douchy est de faible étendue et ne couvre guère 
qu'une superficie d'environ deux kilomètres carrés, tandis que la conces* 
sion en compte 34. Il est borné au midi par une large bande stérile dont 
l'existence a été reconnue par la fosse Désirée. 

Malgré les dimensions restreintes de la partie exploitable de la con- 
cession, on n'y compte pas moins de huit fosses, qui portent les noms de 
Sainte-Barbe, l'Éclaireur, Saint-Mathieu, Beauvois, Gantois, Désirée, la 
Naville, et Douchy ou N° 8. Elles datent toutes, sauf la dernière, de l'époque 



du ; 



M* 



•Aâ?i5 HOCILLEt DE VâLEJCIESJES. 



Tftp06fl ttpwntteê* 



à laquelle on conférait comme avantageux de multiplier la puits, 
ne s'en écarter qn'i bible distance. Si les choses étaient à refaire, on se 
bornerait Traisemblablement i ouvrir trois puits an pins, qui «Braient 
largement i exploiter la totalité dn gisement. 

La tendance est dn reste de réduire le nombre des Cosses servant i 
l'extraction. Déjà Désirée, Sainte-Barbe et Gantois, qni sont pommes de 
foyers d'aérage, ont été mises en chômage. Bientôt, ce sera le tonr de Bean- 
vois* Enfin, plus tard, lorsque la fosse de Douchy sera arrivée à une pro- 
fondeur suffisante, on pourra peut-être abandonner le puits de la N'avilie 
et n'exploiter la concession que par trois fosses : l'Éclaireur, Saint-Mathieu 
et Douchy. 

Nous verrons plus loin que le faisceau de la concession de Douchy, que 
Ton désigne souvent sous le nom de faisceau de Lourches, comprend les 
veines inférieures du groupe de Denain et la totalité de celles du faisceau 
de Saint- Waast. Elles ont reçu des noms différents de ceux qui sont en usage 
à la compagnie d'Anzin, et se présentent dans Tordre suivant, quand on 
va du sud au nord : Louise, Union, Anxinoise, Adélaïde, Jumelles, Sans nom, 
Sophie, Grande passée, Aimée, Lilloise, Parisienne, Valenciemurise, Solférino, 
Magenta, Puebla, Mexico, Passée du nord, Joseph, Constant. 

tableau ci-dessous donne la composition moyenne de ce faisceau. 






COUPS* DBH VBINRS. 

H* IloaltU. — T. FMU^toft. 

M. Pftax-nar. 
*. HchtoU. - B. BtcatlUgt. 



Loui 



1*6 



t : ♦• C 







Uni 



ion. 




©.Jfc 



NATUBB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUS. 



Schiste. 



Grès. 



mm 

u 



CJ2 



S.-5* 



J5«a 

"'3 

gs 

o • 



40- 



30» 



PROPORTION P. 0/0. 



lATlfcftBS 

▼olatitos. 



25.06 



26.15 



COES. 



Carbone. 



68.04 



60.25 



Cendres. 



6.00 



4.60 



COULEUR 
des 



Rose. 



Roage. 



CHAPITRE XI. 



269 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

IL Faux-mur. 
S. Schiste. — H. BscailUge. 



Anzinoise . 




H.0.S0 



Adélaïde . 




H^6o 



M o-ao 



Jumelles. 



S.o3o 




ojSo 



H. 0.70 



Sans nom. 




H.o4o 



Sophie 




'//////////////////y, 



H. 0-70 
H.o.ao 



Grande 

r 



$.040 



f < 



y/////////////////// 



R.a3o 
H.A.10 



Aimée. 



£ o.3o 




H.0A0 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 




Grès. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



20» 



42» 



26» 



PROPORTION P. 0/0. 



MATlfcRIS 

Tolatilet. 



24» 



25» 



30» 



42- 



24.18 



24.40 



24.79 



23.30 



24.77 



23.43 



26.31 



COKf. 




64.56 



70.19 



69.03 



72.70 



70.99 



72.82 



71.22 



11.26 



5.4t 



6.18 



4.00 



4.24 



3.75 



2.47 



COULEUR 
dss 

CKKDEIS. 



Gris. 



Gris. 



Blanc. 



Blanc. 



Blanc. 



Jsiie foscé. 



Ronge. 



ÎAi = :* cOZrilîl ÛZ *IL£$C1£3*L£. 



Xaçeat*. 



S.S Gm. 



P» »»<■<■ du nord. 



CHAPITRE XI. 



271 



COUPES DBS VBINES. 

H. Houille. — P. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiite. — B. BscailJage. 



Josepli . (TcuKtleJ 

H.o.Se 



Constant . 




H.0.60 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 






3 



2 * 



a 
w o 

a S 

• « 

B ° 

Js 

s? 

o " 
55 « 



18« 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBRB8 

YoUtiles. 



25.44 



COKE. 



Carbone. 



70.06 






Cendres. 



4.50 



COULBUR 
dit 

CBNDRBS. 



Gris. 



Ces veines ont une composition en matières volatiles qui varie peu 
de Tune à l'autre et oscille entre 23 et 28 °/ . On peut les répartir, au 
point de vue de la qualité des charbons, en deux catégories. La première 
s'étend de Constant à Solférino : elle fournit des houilles grasses, bitu- 
mineuses, résistant bien au feu; l'autre comprend le reste du faisceau : elle 
donne des charbons d'une nature qui se rapproche de celle des flénus, assez 
secs, résistant peu au feu et distillant rapidement. Ces caractères s'accen- 
tuent d'autant plus, qu'on s'éloigne dans la direction du levant. 

Nous ferons connaître d'abord les particularités que l'on remarque dans 
quelques-unes des veines du faisceau de Lourches. 

Constant est une veine sulfureuse, dont le charbon est sujet à s'enflam- 
mer. C'est maintenant la seule veine de la concession de Douchy qui ne 
donne pas de grisou; elle est souvent barrée par un certain nombre de 
petits lits terreux qui se déplacent, se multiplient ou disparaissent, suivant 
la région dans laquelle on se trouve. 

Joseph et Passée du nord ne sont pas exploitables. 

Mexico et Puebla sont deux veines très voisines, surtout à* la fosse 
Saint-Mathieu ; on les exploite simultanément, au moyen de recoupages 



272 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

allant de l'une i l'autre ; néanmoins, leur distance n'est jamais inférieure 
à 12 mètres. 

Magenta est la couche la plus grisouteuse do faisceau de Lourches. 

Solférino a une composition assez variable; tantôt elle présente 5 ou 
6 sillons de charbon, tantôt elle n'en a plus que 2 ou 3; on n'observe 
aucune régie dans celte variation* 

Les veines Yalenciennoise et Parisienne sont inconnues aux étages 

inférieurs* 

La veine Lilloise est caractérisée par son toit de querelles. On en pro- 
fite pour y creuser le plus ordinairement les voies à chevaux, qui doivent 
être conservées et entretenues pendant longtemps. On rejoint les autres 
veines au moyen de recoupages partant de Lilloise. 

Sophie donne un charbon recherché pour la forge. 

Sans nom n'est exploitable que dans certaines parties. Cette veine ne 
passe pas à l'Éclaireur; on l'a exploitée à Beauvois; on ne la connaît pas 
à la Naville, et on Ta appelée improprement Sophie à la fosse de Douchy, 
niveau de 343 mètres. Bile a une composition assez variable; son ouverture 
varie de 0",40 à 3 mètres; elle fournit un charbon terreux que l'on emploie 
dans la verrerie. 

La veine Jumelles est formée de deux sillons de charbon, séparés par 
un banc terreux dont l'épaisseur se modifie d'un point à un autre. A la 
fosse de Rœulx, ces deux sillons sont connus sous les noms de 8 fl et 9 e veines 
du sud, et sont séparés par 7 à 8 mètres de schiste. A l'Éclaireur, 
leur distance est de 15 mètres; elle est de 5 à 6 mètres à Beauvois, de 
M ,80 & 0",50 à la Naville ; enfin, ils se touchent à Douchy; on peut donc, du 
côté du levant, les abattre ensemble, à cause de leur grand rapprochement. 
Dans la même direction, la veine Jumelles devient de plus en plus belle et 
régulière; son charbon prend plus de dureté, et ses sillons gagnent en épais- 
seur. C'est ainsi que son exploitation a dû être abandonnée au couchant 
de l'Éclaireur, et qu'elle est encore assez difficile aux fosses Beauvois et 
Saint~Mathieu, tandis qu'elle devient très avantageuse à la Naville, et sur- 
tout à la fosse de Douchy. 



CHAPITRE XI. 273 

La veine Louise n'a pu être exploitée qu'aux niveaux supérieurs ; en 
profondeur, elle devient moins avantageuse, et on a dû renoncer à y conti- 
nuer les travaux. Cependant, on se propose de l'explorer prochainement 
au niveau de h 53 mètres de l'Éclaireur. 

Les veines du faisceau de Lourches offrent une série de droits et de Droit8 et pUu 
plats, qui font que chacune d'elles est recoupée à plusieurs reprises par ex P loitéa * Douchy. 
une ligne droite menée horizontalement ou verticalement. 

A la fosse Saint-Mathieu, où la série est la plus complète, on compte 
trois droits, réunis par deux plats. Le premier droit vient affleurer presque 
immédiatement au tourtia. La ligne d'ennoyage suivant laquelle il se relie 
au plat qui le suit en profondeur, remonte vers le tourtia, à l'est comme à 
l'ouest de la fosse, et vient y affleurer avant d'avoir atteint les méridiens des 
fosses l'Éclaireur et la Naville; le premier droit de Saint-Mathieu n'existe 
donc pas à ces deux dernières fosses. Le plat avec lequel il se raccorde 
n'existe pas non plus à l'Éclaireur, mais on le trouve en contact avec le 
tourtia à la Naville ; là, il plonge de 45° environ vers le nord, tandis qu'à 
Saint-Mathieu, il est à peu près horizontal. C'est pour cela que, lorsqu'on 
l'a exploité à cette fosse, à l'étage de 100 mètres, on pouvait y transpor- 
ter le charbon au moyen de brouettes. Sa largeur, dans les parties où 
il est complet, n'est guère que de 100 mètres. La ligne d'ennoyage qui 
le limite à son extrémité a son maximum de profondeur à Saint-Mathieu ; 
du côté de l'Éclaireur, elle vient affleurer au tourtia avant d'avoir atteint 
cette fosse. Du côté opposé, elle se relève également, de manière à faire 
son affleurement entre les fosses la Naville et de Douchy. Plus bas, on 
trouve un deuxième droit, dont l'allure varie suivant le méridien dans 
lequel on le considère. Il est complet aux fosses Saint-Mathieu et la 
Naville : dans la première, il n'a guère que 320 mètres de largeur, suivant 
sa ligne de plus grande pente qui plonge de A 5° vers le sud, tandis qu'à la 
seconde, il se développe et prend une largeur de plus de 700 mètres, mais 
avec une inclinaison moins forte, variant de 20° à 30°. Ce droit affleure 
directement au tourtia à l'Éclaireur; malgré cela, sa largeur y est d'environ 
500 mètres, avec inclinaison de 40° à 50°. A sa partie inférieure, il est limité 

35 



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fc***. a x^ 'A'Sj+'iaz'a z:l rï^* a V^rJt i+tLXxvz a la trarfvsâ»ci 

l>r w/xA plat. <:\\ *>/l\ ese*£-Se T a sk br?»» très variaMe. Dans h 
v*;'m i *':*..*%, e~e •&. te i /j tL~\r*s a 1 E^Lairevr, «fe 3*» mètres à Saimt- 
Sfatf*>rrj, te &/> nr-,*x** a la >'av.\> T *t 4? 1% mètres â la fesse de 
iy/ts'A*}* Ant inx pna.1 ,r*% te ce* fo%%». il plonge ie MF vêts le sad; i 
la >at,,;^ f il e*t incliné te t-V environ et presque parali-ele an droit qmi le 
ftarmonte; enfin, a b fo***: de boothj, il a une tendance a plombera» nord. 
A v/o eitrémité, ce second platest limité par une quatrième ligne d ennoyage 
qui reste à peu pré* horizontale dans une même veine, depuis la fosse 
1 fJ/;bireor jusqu'à la fosse la Naville, mais qai s enfonce ensuite assez 
rapidement dam la direction de b fosse de Douchv. 

Cette ligne de plissement est l'origine d v nn troisième droit qui n'est 
encore connu, & la fosse de Doucby, que dans la reine Sophie, mais que l'on 
a déjà suivi sur 500 mètres de largeur suivant sa ligne de pins grande 
pente â rÉcbireur, et sur plus de 300 mètres i Saint-Mathieu et i la 
N'avilie* A l'Éclaireur, ce droit plonge de 60* environ yers le sud : son 
inclinaison est à peu près b même i b fosse de Douchy ; mais à Saint- 
Mathieu et à b Naville, elle se réduit i environ 45°. 

On voit, en résumé, que tous les pbts et les droits dont nous Tenons 
de parler se modifient dune fosse à une autre; les lignes de plissement qui 
les raccordent sont assez sinueuses, et présentent des ondulations qui les 
font incliner tantôt vers le levant, tantôt vers le couchant, mais sans jamais 
s'écarter beaucoup de l'horizontale. Il résulte de là que les droits et les 
plat* ont toujours à peu près la même direction aux diverses fosses, ou du 
inoins que cette direction varie peu dans un même méridien. Du côté du 



CHAPITRE XI. 275 

levant, la direction commune est sensiblement celle de Test à l'ouest ; mais 
quand on s'avance vers le couchant, on remarque qu'elle s'infléchit vers le 

nord-ouest de 15° à 20°. 

On peut espérer que vers la profondeur de 700 à 800 mètres, on ren- 
contrera le grand plat de Qenain. Si cette prévision se réalise, la compagnie 
se trouvera pour assez longtemps encore en possession d'un gisement 
riche. Déjà, au niveau de 541 mètres de la fosse Saint-Mathieu, on 
remarque que les terrains ont une tendance à revenir en allure nor- 
male, ce qui indique le voisinage d'un plat. 

Il existe, dans la concession de Douchy, un assez grand nombre 
d'accidents, dont les deux plus importants sont connus sous les noms de 
crans de Saint-Mathieu et de l'Éclaireur. 

Le premier consiste en une cassure dirigée N. 70° O., et plongeant cran 

de 80° vers le sud-ouest. Les terrains du midi ont subi le long de celte cassure de Saint ' Mathl0U - 
un affaissement de 20 à 25 mètres, par rapport à ceux du nord; il ne s'agit 
donc pas d'un grand rejet ; néanmoins, on lui a attribué à l'origine une 
importance assez considérable, parce qu'en raison de sa direction presque 
parallèle à celle des terrains, il faut le suivre horizontalement sur une 
certaine longueur, 100 mètres au moins, pour rentrer dans la veine qu'il a 
interrompue. Il est en outre remarquable par sa continuité; de la fosse 
Saint-Mathieu, où on l'a d'abord reconnu, il va passer au nord des fosses 
Sainte-Barbe et l'Éclaireur, puis il entre dans la concession d'Ànzin, où on 
l'a trouvé dans les travaux de la fosse de Rœulx. À l'intérieur de la con- 
cession de Douchy, cet accident délimite en affleurement un petit triangle 
d'environ 1,300 mètres de base sur 400 mètres de hauteur, à l'intérieur 
duquel est concentrée l'exploitation des veines du nord : Constant, Mexico, 
Puébla, Magenta et Solférino ; dans cette région, ces veines sont très régu- 
lières et présentent une allure toute différente de celle que l'on constate au 
midi du cran de Saint-Mathieu; elles forment un grand dressant incliné de 
50° à 60* au sud, et barré par un seul petit plat plongeant vers le nord. 

Contre le cran de Saint-Mathieu et du côté du midi, les terrains 
sont assez irréguliers ; on y remarque d'abord un grand brouillage qui 



Cran 



276 BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 

rejette les veines, sans modifier leur direction et leur pendage. Au-dessus 
de ce brouillage, on connaît une cassure presque parallèle à l'accident 
principal et que Ton suit, comme lui, jusqu'à l'intérieur de la concession 
d'Ânzin ; au-dessous, on en voit une autre que l'on désigne parfois sous 
le nom de second cran de Saint-Mathieu ; elle est inclinée de 25° au sud, 
et dirigée à peu près de l'est à l'ouest. Elle n'affecte guère que les 
veines Lilloise, Aimée, Grande-Passée et Sophie, et son influence sur 
Jumelles est déjà presque insignifiante. Elle ne s'étend que jusqu'au premier 
cran de Saint-Mathieu, qu'elle coupe suivant une ligne qui se rapproche du 
tourtia à mesure qu'on s'éloigne vers le couchant, de manière à venir 
affleurer dans les travaux de la fosse de Rœulx. 

Quant à l'accident appelé cran de l'Eclaireur, il consiste en une déchi- 
de rÊcUireur. rure dont j a direction générale est du sud-est au nord-ouest, et l'inclinaison 

de 45° vers le nord-est. On ne la connaît que dans les niveaux inférieurs, 
et elle ne parait pas se prolonger jusqu'à l'affleurement du terrain houîlier. 
Elle produit un faible dérangement dans l'allure des veines, mais nuit à 
leur régularité. Parallèlement à elle, on remarque plusieurs autres déchi- 
rures moins importantes, mais qui présentent les mêmes caractères. 
L'ensemble de ces accidents détermine une zone de terrains brouillés, qui 
se continue dans la concession d'Anzin et vient passer à 400 ou 500 mètres 
de la fosse de Rœulx. 

En dehors des accidents que nous venons de signaler, il en existe 
quelques autres, dont nous parlerons lorsque nous nous occuperons des 
fosses dans lesquelles on les a rencontrés. 
Fosse rÊdairtîur. La fosse l'Eclaireur, qui date de 1837, est la plus occidentale de la 

concession. Elle est située à proximité du chemin de fer de Somain à 
Busigny, et à 550 mètres environ de la limite de la concession d'Anzin; le 
terrain houiller y est situé à 80 mètres du sol; les terrains sont en droit 
au voisinage du tourtia, puis en plat, puis encore en droit. On n'y a 
exploité en dernier lieu que le droit inférieur, jusqu'au niveau de 
Û96 mètres. Au couchant, les travaux ne s'étendent pas jusqu'à la conces- 
sion d'Anzin; ils sont arrêtés à une série d'accidents que l'on n'a pas essayé 



CHAPITRE XI. 



277 



de traverser, parce que la zone à exploiter au-delà n'avait pas grande 
étendue. Au levant, le champ d'exploitation de l'Éclaireur communique 
avec celui de la fosse Beauvois, et au nord, il est limité par celui de la fosse 
Sainte-Barbe. On vient d'approfondir le puits jusqu'à 581 mètres, pour y 
ouvrir un nouvel étage d'exploitation à 566 métrés. On a en outre trans- 
formé les installations superficielles de la fosse. Nous avons déjà fait con- 
naître les accidents qu'on observe dans cette région : il est inutile de s'y 
arrêter davantage. 

La fosse Sainte-Barbe a été ouverte en 1837, au nord-est de la fosse Fosse sainte-Barbe. 
l'Éclaireur, et à 350 mètres seulement de la limite de la concession : elle a 
trouvé le terrain hou Hier à la profondeur de 80 mètres ; on y a exploité 
les mêmes branches de veines qu'à la fosse l'Éclaireur; de plus, on y a 
traversé le cran de Saint-Mathieu, pour exploiter derrière lui les veines du 
nord. Son dernier niveau est situé à la profondeur de 537 mètres. Elle a 
été mise en chômage, et ne servira probablement plus à l'extraction. 

La fosse Beauvois occupe, par rapport au faisceau de Lourches, une Fosse BeaoTois. 
position analogue à celle de la fosse l'Éclaireur; elle en est située 
350 mètres de distance vers l'est. Ouverte en 1835, elle a atteint le terrain 
houiller à la profondeur de 80 mètres. Au nord, ses travaux sont en com- 
munication avec ceux des fosses Sainte-Barbe et Saint-Mathieu ; au cou- 
chant, avec ceux de l'Éclaireur, et au levant, avec ceux de Gantois. C'est vers 
le méridien de la fosse Beauvois que viennent disparaître le premier droit 
et le premier plat connus à Saint-Mathieu. Son dernier niveau est à la pro- 
fondeur de 5A1 mètres, et ses travaux du midi sont en communication avec 
l'étage de 450 mètres de la fossé Désirée. Au nord, ses bowettes n'ont pas 
dépassé la veine Lilloise. La fosse Beauvois doit être abandonnée, dès que 
le nouvel étage de l'Éclaireur sera en pleine exploitation. 

La fosse Désirée est depuis longtemps inexploitée, et ne sert plus qu'à 
l'aérage. Elle a été creusée en 1839, à 330 mètres environ au sud de Beau- 
vois, et a atteint le terrain houiller à 78 mètres du sol. Bien que son dernier 
accrochage se trouve au niveau de 450 mètres, on n'y a fait que des tra- 
vaux insignifiants dans les veines Louise, Union et Anzinoise, qui sont les 



Fosse Désirée. 



278 



BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 



Fosse Saint-Mathieu « 



Fosse Gantois. 



Fosse la Nayille. 



plus méridionales du faisceau de Lourches, spécialement dans les niveaux 
supérieurs . 

À l'étage de 125 mètres, une galerie de reconnaissance, dirigée vers 
le midi, a traversé 800 mètres de terrain houille r stérile ; elle a rencontré 
sur son trajet un banc de poudingue quartzeux, et a été abandonnée avant 
d'avoir atteint la limite du bassin houiller. Le tracé exact de cette galerie 
n'est plus connu. 

La fosse Saint-Mathieu est la plus centrale de la concession de Douchy. 
Elle se trouve à environ 450 mètres à l'est de la fosse Sainte-Barbe, et à 
350 mètres au nord-est de la fosse Beauvois. On y a exploité autrefois tout 
le faisceau de Lourches, depuis Constant jusqu'à Ànzinoise; mais au-dessous 
de l'étage de 454 mètrçs, l'exploitation a été concentrée dans les veines 
du nord, depuis Constant jusqu'à Solférino, et on a réservé le reste du 
faisceau à la fosse Beauvois. La fosse Saint-Mathieu a été ouverte en 1833, 
et a atteint le terrain houiller à la profondeur de 78 mètres. Son dernier 
étage d'exploitation se trouve au niveau de 541 mètres, mais on en prépare 
un autre à 605 mètres. Ses travaux communiquent avec ceux des fosses 
Sainte-Barbe, l'Éclaireur, Beauvois, Gantois et la Naville. Nous avons pré- 
cédemment décrit les principaux accidents reconnus à cette fosse. 

La fosse Gantois a été ouverte, en 1835, à 280 mètres au sud de la 
fosse Saint-Mathieu; elle a rencontré le terrain houiller au niveau de 
82 mètres, et son dernier étage se trouve actuellement à celui de 
531 mètres. Elle n'a guère de raison d'être, car son champ d'exploitation 
va rejoindre, à une faible distance au couchant, celui de Saint-Mathieu, et 
communique, au levant, avec celui de la fosse la Naville qui n'en est dis- 
tante que de 530 mètres; aussi, son abandon définitif a-t-il été récemment 
décidé. 

La fosse la Naville est située sur la rive gauche du petit cours d'eau 
dont elle porte le nom. Elle ne date que de 1846, et elle est entrée dans le 
terrain houiller à la profondeur de 76 mètres. Son dernier accrochage n'est 
encore qu'à 478 mètres du sol, mais on est prêt à en établir un autre plus 
bas. Le gisement présente à cette fosse un aspect tout spécial» Il semble 



CHAPITRE XI. 279 

que les terrains aient subi, de haut en bas, un violent effort de compres- 
sion ayant une direction presque verticale, qui aurait fait replier les vei- 
nes plusieurs fois parallèlement à elles-mêmes au voisinage de l'affleure- 
ment. Ordinairement, les dressants et les plateures consécutifs font entre 
eux un angle assez ouvert; à la fosse la Naville, au contraire, les deux droits 
qu'on y connaît et le plat qui les unit offrent un parallélisme presque com- 
plet. L'action mécanique qui a produit cette allure singulière a eu pour 
effet de rejeter à une profondeur relativement grande les lignes dé plisse- 
ment qui servent de jonction, dans les diverses veines, entre leur droit su- 
périeur et le plat qui lui succède ; on remarque, en outre, que l'intervalle des 
couches, compté normalement à la stratification, est moindre en plat qu'en 
droit, ce qui prouve que l'effort de compression a produit son effet maxi- 
mum sur le plat, qui a été en quelque sorte laminé entre les deux droits. En 
même temps, les terrains ont été sillonnés par un assez grand nombre de 
déchirures presque parallèles, dirigées généralement N. 45° 0., et plon- 
geant de 70° à 60° au sud-ouest; elles ont été produites par l'inégalité de 
répartition de l'effort de compression sur la totalité du gisement. Leur effet 
a été d'enfoncer les terrains dans la direction du sud-ouest, et de rendre 
le grand plat de la Naville à peu près inexploitable. 

La fosse la Naville ne sera probablement plus guère approfondie ; son 
champ d'exploitation sera pris en profondeur par la fosse de Douchy. 

La fosse de Douchy a été entreprise en 1872, à 920 mètres à l'est de la Fosse de Douchy. 
fosse la Naville, et à 250 mètres seulement au sud de la limite de la con- 
cession de Denain ; on l'a creusée à niveau plein, et elle a trouvé le terrain 
houiller à la faible profondeur de 64 mètres. Elle doit servir à exploiter les 
veines les plus méridionales du faisceau de Lourches jusque vers le méri- 
dien de la fosse l'Enclos. Son dernier niveau d'exploitation est situé à la 
profondeur de 343 mètres. On y connaît un assez grand nombre de crans, 
dont l'effet ordinaire est de ramener les veines vers le nord, quand on les 
suit dans la direction de l'est. Cette circonstance est défavorable à l'avenir 
de la fosse, car il est à craindre qu'à une certaine distance au levant, tout 
le faisceau ne vienne pénétrer dans la concession de Denain. Parmi les 



Fot 32 

iu a* rrâ charbon considérables. L'exemple le 



'• i\ 



2N BASSIN HOCILLEE DE VÂLENCIENNES. 

rejets en question, le pins important est sitné i Test do pnits ; il est dirigé 
N. 45* 0., parallèlement aax crans de la XaviOe, et plonge de 70* environ 
vers le nord-est. An levant de cet accident, les terrains présentent une ré- 
gularité satisfaisante. 

On observe souvent, dans les crochons des veines dn faisceau de 

Lourches, des épanouissements de 

plus saillant que Ton en paisse don- 
ner est celui du crocbon de la veine 
Sophie, situé entre les niveaux de 
287 et de 343 métrés de la fosse de 
Douchy . On Ta exploré par deux mon- 
tages disposés l'un au-dessus de Tau* 
tre ; le premier, de 42 mètres de long 
et de 55* d'inclinaison, partant de la 
voie de fond de 343 mètres ; le second, 
de 40 mètres de long et de 54* de 
pente, aboutissant à la voie de fond 
de 287 mètres. Ces montages ont été 

■ 

I établis dans un dressant de la veine 

I j et dans une crête énorme située à 

( ! ; son crochon. Le plat aboutissant à 

1 ( A ce crochon n'a pas été exploré, 

|| mais le droit supérieur qui lui sac- 

' | ' cède au midi a été reconnu jusqu'à 

la ligne d'ennoyage, par une des- 
partant de l'étage de 287 mètres, ainsi que l'indique la figure 32. 
La crête, que nous avons représentée en coupe (fig. 33), a une puissance 
d'environ 17 mètres ; on ne saurait citer un second exemple de ce genre 
dans le département du Nord. Le charbon qui la constitue parait avoir été 
accumulé par suite d'une compression du dressant situé au-dessous d'elle, 
et peut-être aussi du plat qui y aboutît. Ce plat, ainsi que nous venons de 




\ 



\ 



Etna* d* mB***- 




Etgxp* cU.3lè3 m - 




CHAPITRE XI. 281 

le dire, n'a pas été exploré, mais la vote de fond du couchant, établie dans 
le droit, a été creusée en cran serrant, à peu de distance de la bawette, 
sur une longueur W' d'une 
cinquantaine de mètres. Dans Pi $ M 

tchelle de f~56B 

cette région, la veine n'est plus 
formée que d'un petit filet de 
havrit de 2 centimètres d'épais- 
seur; le toit et le mur sont *& #*mu».. *r**w* «*-***■ 
parfaitement réguliers. Du plan 
incliné inférieur, on a fait par- 
tir vers le couchant deux voies 
intermédiaires qui ont bientôt trouvé la veine avec le même aspect. Le dres- 
sant inférieur à la crête paraît donc appauvri, à une faible distance au-des- 
sous du crochon, et il semble que le toit et le mur, en se rapprochant, aient 
en quelque sorte lancé le charbon de la veine vers la ligne de plissement, 
en lui faisant subir un véritable laminage. La houille fournie par l'amas dont 
nous parlons, est d'ailleurs très pure. Son incinération donne seulement 
1 0/0 de cendres, et sa calcination 22 0/0 de matières volatiles. L'exploi- 
tation de cet amas a été interrompue par un incendie qui s'est déclaré 
dans les travaux, fait assez rare dans les mines du Nord* Pour le com- 
battre, on a construit des barrages hermétiques en argile, de 6 mètres 
d'épaisseur, à l'entrée A de l'air dans les premières tailles amorcées 
à partir du montage inférieur, et à sa sortie R dans la bowette de 
l'étage de 287 mètres; il est probable que les travaux ne seront pas 
repris de longtemps dans cette région. On avait du reste remarqué, 
avant l'incendie, que le charbon obtenu était très menu et facilement 
inflammable. 

On a récemment reconnu que la veine Sophie, de la fosse de Douchy, 
n'est pas celle qui est désignée sous le même nom aux autres fosses. On a, 
en effet, trouvé à 60 mètres au nord de cette veine, la véritable Sophie, que 
l'on a improprement appelée Maréchale. La fausse Sophie n'est autre chose 

que Sans nom, qui est souvent inexploitable. En d'autres termes, la 

36 



4* b*m*m 



Avenir 
6* IMjucL/. 



reine âambocn est apj>el-?e improprement Sophie a la fosse de Douchr. 
H la frai** Sortie r est connue sous le dos de Maritale. 

Au niveau le 2» mrtr*rs de la fo*«*e ie Dou.br. une bo*etie creusée 
dan* la dire ti^o ;u m: ii a trarersé une binie stérile de terrain boni lier; 
on Ta arrêta â 15i m très do puits et â 17S mètres de la reine Louise. 
Celte galerie a donné aa d~but 1.&X) hectolitres d eau par 24 heure*; cette 
renne est ensuite tombée â 1,200 hectolitres, et on a dà serrementer la 
bowelle pour Tarea^ler. 

En dehors des traraax que noas renons de décrire, on n'a guère exé- 
cuté, dans l'étendue de la concession de Douchr, que quelles sondages 
qui ont atteint le terrain houhler. Plusieurs fosses r ont été commencées, 
mais n'ont pu traverser le niveau, â cause de l'abondance des eaux. 

Ces éléments ne permettent pas de déterminer arec certitude la limite 
sud du bassin dans la région de Lourches. Cela tient â ce que la partie mé- 
ridionale de la concession n'a jamais été explorée; il est permis, toutefois, 
de croire que la longue bowelle du midi de la fosse Désirée a été aban- 
donnée dans la zone stérile qui est en contact arec les terrains anciens : 
ceux-ci se trouvent donc probablement au voisinage de l'extrémité de la 
bowelle, et on peut alors tracer arec une certaine exactitude la limite 
du bassin, en la dirigeant d'un côté vers les travaux du midi d'Azinc ourt,de 
l'autre vers la fosse du Postillon • 

Si on tient compte de la surface occupée par le terrain houille r stérile, 
on voit que la partie utilisable de la concession de Douchr est assez res- 
treinte. D'autre part, les travaux ont déjà atteint une grande profondeur, 
sauf à la fosse de Douchy. Les divers puits ont en effet les hauteurs 
suivantes : 

Saint-Mathie j 619 mètres. 

Beau vois 570 — 

GaotoU 547 — 

I/Éclairenr 581 — 

Sainte-Barbe. 561 — 

Désirée 530 — 

La Naville 534 — 

Douchy 359 — 



CHAPITRE XI. 



283 



L'avenir de la concession est, d'après cela, assez limité; la région exploi- 
table au levant de la fosse de Douchy est de peu d'étendue, et il n'y a guère 
à compter que sur le champ d'exploitation des fosses actuelles. Il ne couvre 
qu'une faible superficie, et on le déhouillera rapidement, pour peu que 
l'extraction se développe, jusqu'à la limite que les procédés actuels de l'art 
des mines permettent d'atteindre. 

L'étude du gisement de Lourches donne, comme nous l'avons déjà fait 
observer, la possibilité de raccorder les veines des faisceaux de Denain et 
Saint-Waast, avec celles de la fosse de Rœulx, qui sont exploitées sous des 
noms différents, et dont il serait difficile d'établir la correspondance, si les 
exploitations de Douchy ne formaient entre les deux groupes une sorte de 
jalon permettant d'établir leur continuité. 

On est conduit par un examen attentif des veines exploitées, tant à Saint- 
Waast et à Denain, qu'à Lourches et à Rœulx, à admettre les assimilations 
indiquées au tableau suivant. 



Continuité 

des 

faisceaux 

de Saint-Waast, 

de Denain 
et de Rœulx , 

au travers 

de la concession 

de Douchy. 



FAISCEAUX 

D* DENAIN HT SAINT-WAAST. 


FAISCEAU DE LOURCHES. 


FAISCEAU DE RŒULX. 






9 

É 
• 

• 
• 

iO* veine du sud. 

9 e et 8' veines du sud. 

Passée. 

7 e veine du sud. 

• 

? 

M 

» 

2 e veine du nord. 

Edouard. 

Passée. 

Lebret. 

Zoé. 

Petite Zoé. 

Passée. 

Jennings. 

Renard. 






Tout rond 






» 

n 

Petit Edouard 


» • 
» 
Solférino. . ► 






Puébla 


Zoé 




Petite Zoé 











2-i BASSIX H.llLLEï DE ÏALI5C:E>>£>. 

Ou conçoit qu'on poisse hésiter, parf >few â établir une correspondance 
entre des Teioes exploitées en des poûits é- vr^és, et qai, bien que se conti- 
nuant l'une 1 antre. peuvent avoir des aspects différents. 11 arrrre aussi que 
des couches, exploitables i certaines places, s~amin<ïséeut â d'antres, et si 
transforment en pa^^ées. Cest j- -ur cela qu'il est presque toujours impos- 
si! le d'arriver a identifier 1rs Teioes une à une. d'une manière complète. 
Les renseignements indiques ci-dessus présentent. maLrré Itrurs lacunes, un 
caractère de grande probabilité. II y a même des cas où il existe une cer- 
titude absolue. Ainsi, les travaux de la compagnie <f Anzio. dans Zoé et 
Lebrei. sont Tenus communiquer, par suite d'une b-^re erreur commise 
dans l'orientation des \ !ans. are*, ceux de Mexico et Pu-bla. de la compa- 
CTiie de Douibv. Ii v a eu t-«a>m«rnt •.vairaucication entre les travaux 
d'Ad*r!ai le. de Douch*. et ceux - f e 1«/* ve*ne du sui, de Ikeulx. 



CHAPITRE XII. 



CONCESSIONS DE MARLY ET DE CRESPIN. 



La concession de Crespin est restée jusque dans ces derniers temps 
complètement inexploitée, et dans celle de Marly, on n'a fait qu'une extrac- 
tion insignifiante à diverses époques. Mais, dans Tune et dans l'autre, on a 
exécuté, par fosses et par sondages, de nombreuses explorations qui ont 
servi à fixer les limites dx\ terrain houiller dans leur étendue, à déterminer 
sa richesse en houille, et à reconnaître l'allure du grand accident qui, aux 
abords de la frontière belge, a pour effet d'amener les terrains anciens 
jusqu'au centre du bassin, en séparant de sa partie septentrionale la bande 
à laquelle on a donné le nom de bassin de Dour. 

Dans la concession de Marly (pi. III), on n'a pas entrepris moins de Travaux 

sept fosses, dont quatre seulement sont arrivées jusqu'au terrain houiller; %eMart£. 8 ° n 
les trois autres, appelées fosses Hégo, Sainte-Barbe et Duchesnois, n'ont pas 
traversé le niveau. Les fosses Hégo et Sainte-Barbe étaient placées à peu de 
distance de la route de Valenciennes à Mons, entre Saint-Saulve et Onnaing, 
sur le bord du torrent de Vicq; la première (1778) a dû être abandonnée 
dans les morts-terrains à la profondeur de 57 mètres; la seconde (1839) à 
celle de 104 mètres. Quant à la fosse Duchesnois, ouverte en 1837 tout près 
de Valenciennes, à l'angle de la route de Mons et du chemin allant à Marly, 
elle n'a pas traversé le niveau, à cause de l'abondance des eaux, et son 
creusement a été interrompu à une profondeur actuellement inconnue. 

Les fosses qui ont pu être poussées jusqu'au terrain houiller ont reçu 
les noms de fosses Sainte-Marie, Sainte-Augustine ou duRoleur, Petit et de 



2*6 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Saint-Saulve. Les deux premières ont été en activité de 1770 à 1778; on 
sait, d'après M. Lorieux, que la fosse Sainte-Marie a rencontré par une 
galerie allant vers le nord, à la profondeur «le 80 à 90 mètres, nne couche 
de houille présentant une épaisseur maximum de 0*.4A et plongeant de 45* 
au sud ; cette couche a été suivie en direction, à l'est et à l'ouest, et on a 
reconnu qu'elle ne méritait pas d'être livrée à l'exploitation; une autre 
bowelle, partant de la même fosse et creusée vers le S.-O., a trouvé une 
seconde petite veine peu exploitable, orientée au N.-0..e! inclinée de45°au 
S.-O. Malgré cet insuccès relatif, on a voulu rouvrir la fosse du Roleur 
en 1837, mais on y a trouvé beaucoup d eau, et on en a suspendu l'appro- 
fondissement, en 1838, à 30 mètres du sol. La fosse Petit venait alors d'en- 
trer dans le terrain houiller, au niveau de 77 mètres. 
rotM Petit. Deux bowettcs, entreprises à cette fosse, à la profondeur de 137 mètres, 

ont été dirigées vers le nord et vers le sud. Celle du midi a été creusée 
dans un terrain mêlé de schistes et de grès, où l'on n'a trouvé que deux 
petites passées charbonneuses. Les bancs présentaient une inclinaison assez 
variable; mais, à 140 mètres du puits, on est entré dans un terrain noir, 
érnilleiix, dans lequel on ne distinguait plus de stratification. On a aban- 
donné la galerie à 200 mètres de la fosse, sans avoir atteint, comme on l'a 
supposé A tort, la grande faille du midi. 

La bowelte septentrionale a été poursuivie sur une longueur d'environ 
600 mètres, jusqu'à peu de distance de la limite de la concession de Saint- 
Saulve. Kilo a recoupé trois passées inexploitables, dans des terrains qui se 
sont d'abord présentés en droit,- puis en plat, puis encore en droit, mais 
toujours avec pied au sud. C'est seulement à 480 mètres du puits que la gale- 
rie est arrivée i\ une première veine, renfermant 20,75 0/0 de matières vola- 
tiles, que Ton a appelée Grande veine; elle avait une ouverture de i m ,10, et 
était formée do trois sillons de charbon ayant ensemble une épaisseur 
de 0'\7(). Ses parois, le toit surtout, manquaient généralement de régularité. 
Su direction qui, dans le voisinage de la bowelte, était sensiblement du sud- 
ouest au nord-est, n'a pas lardé à remonter vers l'ouest dans le chassage du 
couchant, et a bientôt atteint l'orientation est-ouest. Au levant, la voie de 



CHAPITRE XII. 287 

fond, après s'être dirigée un certain temps vers le nord, est revenue à sa 
direction primitive, presque parallèle à la limite de la concession. 

Quant à l'inclinaison de la grande veine, elle était, dans la bowette, de 
70° à 75° au sud. Mais, au couchant, les terrains se sont aplatis rapidement, 
de manière à ne plus plonger que de 35° à 40° ; au contraire, dans la chasse 
du levant, la veine, après être devenue verticale, a pris un pendage bien 
accusé vers le nord. 

On y a rencontré quelques crans, dont un au levant, ayant une 
largeur sur la chasse de 40 mètres, et un au couchant, de 20 à 25 mètres. 
Ces deux crans avaient des inclinaisons inverses, et plongeaient l'un vers 
Test, l'autre vers l'ouest. 

Au delà de la grande veine, on en a trouvé deux autres qui présen- 
taient dans la bowette une puissance en charbon de m ,ft0, mais qui se 
sont amincies au levant et au couchant, de manière à devenir bientôt inex- 
ploitables. 

L'ensemble de ces découvertes démontrait le peu d'avenir de la fosse 
Petit. D'une part, elle était évidemment située sur la bande stérile qui 
limite le bord méridional du bassin; d'autre part, le changement de 
direction des terrains du côté du couchant, et leur tendance à plonger au 
nord du côté du levant, devaient avoir pour effet de faire rapidement passer 
la grande veine dans la concession de Saint-Saulve. Cette circonstance a 
motivé l'abandon des travaux, en 1842. 

La crise houillère de 1873 ayant produit dans le public un grand engoue- 
ment pour les valeurs charbonnières, et ayant amené une véritable fièvre de 
recherches, la société de Marly se reconstitua; après avoir exécuté contre 
le chemin de Saint-Saulve à Marly, à 250 mètres environ au sud de la fosse 
Duchesnois, un sondage qui rencontra le terrain houiller à la profondeur 
de 80 mètres et recoupa ensuite une veine de houille, elle ouvrit près de 
son emplacement, en 1876, la fosse de Saint-Saulve. On y a trouvé, au nord Fosse de samt-sauive. 
du puits, à l'étage de 145 mètres, une veine formée de 2 sillons de charbon 
ayant chacun de 0",20 à m ,30 d'épaisseur, et séparés par un banc de terre 
et d'escaillage de 2 à A. mètres de puissance. Ce banc n'ayant pas permis 



288 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

d'abattre les deux sillons à la fois, on s'est borné à prendre celui du toit, 
en négligeant celui du mur, qui était plus mince et moins facile à exploiter. 

Vers le couchant, la veine s'est présentée en dressant, avec une direc- 
tion parallèle à celle de la limite de la concession de Saint-Saulve; elle 
était très irrégulière, et on a dû abandonner bientôt l'exploitation de cette 
branche. Au levant, on l'a trouvée en plat; mais elle se dirigeait perpen- 
diculairement à la limite de la concession, et son exploitation a dû, pour 
ce motif, être bientôt arrêtée. 

Un recoupage entrepris un peu au couchant de la bowette, dans la 
région où la veine était en allure renversée, a trouvé deux autres veines 
très minces, que Ton n'a pas pu exploiter. Il est permis, d'après cela, de 
croire que les terrains de la fosse de Saint-Saulve ne diffèrent pas de ceux 
de la fosse Petit. A l'une comme à l'autre, on a recoupé une veine d'une 
assez grande ouverture, suivie à faible distance de deux veinules inexploi- 
tables. L'analogie est frappante, et l'identité des deux faisceaux parait com- 
plètement démontrée, 
sondage». Le terrain houiller a encore été rencontré, dans la concession de Marly, 

à un certain nombre de sondages; quant aux terrains négatifs, on les a 
atteints en plusieurs points que nous allons successivement indiquer. 

Citons d'abord le sondage de Maing, entrepris en 1837 par la compa- 
gnie de Marly, qui a pénétré dans le calcaire à la faible profondeur de 
25 mètres. 
Fosse du Postillon. Au nord-est de ce sondage, sur la rive droite de l'Escaut et non loin 

des fortifications de Valenciennes, a été creusée, en 1778, la fosse du Pos- 
tillon, que l'on a quelquefois appelée fosse Notre-Dame. Elle a quitté les 
morts-terrains à la profondeur de 41 mètres, pour entrer dans les schistes 
et grès dévoniens; mais une galerie de 80 mètres de longueur, entreprise à 
la profondeur de 71 mètres, a, d'après M. Gère, recoupé au nord du puits 
une épaisseur de 6 œ ,85 de calcaire bleu, après avoir probablement traversé 
la grande faille du midi. La limite du terrain houiller doit être située à 
proximité de l'extrémité de cette galerie, car, un peu au nord de Saint- 
Léger, un sondage exécuté en 1819 par la compagnie d'Anzin, au bas de la 



CHAPITRE XII. 



289 



Tracé 
de 



aux environs 
de Valenciennes. 



montagne du Paradis, à Urtebise, a atteint le terrain houiller à la pro- 
fondeur de 34 mètres. Le bassin s'étend donc un peu au sud de ce forage, 
pour aller passer au nord de la fosse du Postillon, en sorte que sa limite 
méridionale est assez exactement déterminée dans celte région. 

Un autre sondage entrepris sur la place Verte, à Valenciennes, n'a pas 
donné de résultats concluants ; on a cru longtemps y avoir rencontré le 
terrain dévonien ; mais M» Gosselet a fait voir que les argiles bleues à reflets 
rougeâtres qui existent en ce point au-dessous du tourtia, doivent être rap- 
portées à l'étage du gault. 

JJn autre sondage, dit sondage de Marly, situé au sud de la fosse de 
Saint-Saulve, a trouvé le terrain dévonien à la profondeur de 48 métrés. 

Il n'existe aucune incertitude sur le passage de la limite méridionale 
du bassin à Test de Valenciennes, car, des environs de la fosse du Postillon, i a limite méridionale 
elle doit se diriger presque en ligne droite vers le sud de la fosse Petit, qui da baMm 
paratt avoir été ouverte sur les dernières assises de la formation houillère. 

Dans l'angle que forment les périmètres des concessions de Marly et de 
Crespin, à 1 ,200 mètres environ au nord du clocher d'Estreux, la compa- 
gnie Désandrouin a ouvert, en 1726, une fosse qui est restée dans les ter- 
rains rouges dévoniens. 

Presque au sommet du même angle, à l'intérieur du village d'Onnaing 
et un peu au sud de la route de Valenciennes à Mons, la compagnie de 4 
Marly a exécuté, en 1875 et 1876, un sondage qui a traversé, de la profon- 
deur de 155 mètres à celle de 176 mètres, des schistes rouges, des quartzites 
verts et des psammites appartenant au dévonien inférieur, et qui a trouvé 
en dessous de ce terrain un calcaire carbonifère gris et noir. La grande 
faille eifelienne doit passer entre ces deux formations (fig. 9); quant 
à la limite méridionale du bassin, elle doit se trouver à une faible distance 
au nord du forage dont nous parlons, puisqu'elle va passer, du côté de l'est, 
au forage de la gare d'Onnaing. 

Nous arrivons, maintenant, aux travaux de la concession de Crespin, 
qui sont particulièrement intéressants, en ce qu'ils jettent un jour complet 
sur l'allure du grand accident deQuiévrechain. Nous les examinerons dans 

37 



Travaux 

de la concession 

de Crespin. 



290. BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

l'ordre suivant lequel ils se présentent, quand on se dirige de la limite occi- 
dentale de la concession vers la frontière belge. 

Près de la gare d'Onnaing, un sondage exécuté vers 1860, est entré 

dans les schistes houillers inférieurs à la profondeur de 207 mètres, après 

avoir traversé 2 mètres de calcaire bleu ; il est resté jusqu'à celle de 

287 mètres dans des dressants inclinés d'environ 82° vers le sud. 

Fosse d'Onnaing. Un peu plus au midi, à proximité de la route de Valenciennes à Mons, 

la fosse d'Onnaing, commencée en 1875, a atteint le calcaire carbonifère 
gris bleu, incliné de 87° au sud, au niveau de 173 mètres; au-dessous de 
ce terrain, on est arrivé, à la profondeur de 422 mètres, par un forage, pra- 
tiqué au fond du puits, à des schistes noirs à phtanites qui paraissent 
appartenir au terrain houiller inférieur. Ce forage a rencontré des cassures 
absorbantes. 

Quelques autres sondages, exécutés anciennement dans cette région, 
sont restés dans les morts- terrains ou ont donné des résultats douteux. 

Un peu au nord-ouest du clocher de Quarouble, un sondage (n« 12), 
entrepris en 1843, a pénétré dans le calcaire à la profondeur de 
166 mètres. 

Le calcaire a également été rencontré à plusieurs sondages situés au 
nord du chemin de fer de Valenciennes à Quiévrain, et échelonnés entre le 
méridien de Quarouble et la frontière. 

Nous citerons, d'abord, celui que la compagnie de Crespin a placé, en 
1875, dans l'angle des lignes de Valenciennes à Quiévrain et de Saint-Amand 
à Blanc-Misseron, et qui a traversé 125 mètres de calcaire, entre les niveaux 
de 130 mètres et de 255 mètres. Dans cet intervalle, il a rencontré succes- 
sivement une crevasse absorbante, puis une autre par laquelle les eaux ont 
jailli jusqu'à O^iO au-dessus du sol. 

Puis vient le premier sondage Mathieu exécuté en 1860, à proximité 
de la bifurcation des mêmes lignes ; il a traversé le calcaire depuis la 
profondeur de 136 mètres jusqu'à celle de 196 mètres. 

Un peu plus au nord, on trouve le second sondage Mathieu (n* 16), qui 
est sorti des morts- terrains au niveau de 102 mètres, et a été approfondi 



CHAPITRE XII. .291 

jusqu'à 304 mètres, sans sortir du calcaire; il a aussi trouvé une cassure 

absorbante. 

Enûn, encore un peu plus au nord-est, à l'angle du chemin de Blanc- 
Misseron àCrespin et du chemin dit d'entre deux bois, c'est-à-dire à peu de 
distance du village de Crespin, un sondage exécuté en 1817 (n° 13), parait 
être tombé sur le calcaire au niveau de 135 mètres. 

Mais la série de travaux la plus importante à examiner est celle qui 
s'étend parallèlement à la frontière belge, depuis le village de Quiévrechain 
jusqu'à celui de Morchipont. 

Au nord de cette série, on trouve d'abord le sondage de la Chapelle de 
Quiévrechain (fig. 8), qui ne date que de 1875 et adonné les résultats suivants. 
A la profondeur de 180 mètres, il est entré dans des schistes et grès rouges 
et verts, appartenant au dévonien inférieur; puis, au niveau de 198 mètres, il 
a traversé la grande faille du midi, au-dessous de laquelle il a trouvé un cal- 
caire bleuâtre dans lequel il est resté jusqu'à 232 mètres ; enfin, il a franchi 
la faille de Boussu et a pénétré dans le terrain houiller en plat, où il a dû 
être abandonné, par suite d'un accident, à la profondeur de 275 mètres. 

Sur une même ligne est-ouest, on a ensuite exécuté, tout près de moulin 
de Quiévrechain, à quelques mètres seulement de la frontière, un autre son- 
dage qui a directement recoupé le terrain houiller sous les morts-terrains, 
à la profondeur de 167 mètres. Après avoir traversé une zone très irrégu- 
lière, il a pénétré dans des bancs solides, où il a découvert trois veines 
de houille, en plat, l'une de (y*,66 de puissance à 428 mètres, la seconde de 
m ,59 à 487 mètres,, la troisième de 1 mètre à 585 mètres. A peu de distance 
de là, vers l'ouest, de l'autre côté du chemin de Quiévrechain, un autre 
petitsondage,entreprisdans le but de déterminer l'emplacement d'une fosse, 
a trouvé sous les morts-terrains une faible épaisseur de schistes noirs, puis 
un banc calcaire dans lequel on l'a abandonné. Nous verrons dans un ins- 
tant que, si on l'avait approfondi de quelques mètres, on y aurait découvert 
le terrain houiller. 

Comme on tenait avant tout à éviter le calcaire dans le creusement du 

m 

puits que l'on se proposait d'ouvrir, à cause des eaux qu'il pouvait donner* 



292 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

on se décida à placer ce puits à proximité de l'emplacement du sondage 
du Moulin. Nous ferons connaître plus loin les résultats qu'il a donnés. 

Au midi de la chapelle de Quiévrechain, on a entrepris deux sondages 
que l'on a appelés sondages du Bureau. Le premier (n° 1), ouvert en 1835, a 
été arrêté à la profondeur de 134 mètres, dans un terrain que l'on a pris à 
tort pour du grès houiller : on était probablement encore dans le grès vert 
ou la meule. Le second (n° lu), commencé en 1851 et repris quelques 
années plus tard, a recoupé successivement les schistes et grès dévoniens à 
la profondeur de 149 mètres, et le terrain houiller à celle de 285 mètres ; 
poursuivi jusqu'à 450 mètres, il n'a traversé que quelques veinules de charbon 
et une veine de O^O d'ouverture. 

Déjà les sondages du Bureau sont situés au sud de la grande faille, 
puisqu'ils sont tombés, au-dessous des morts-terrains, sur les schistes et grès 
bariolés de l'étage gédinnien. Les mêmes roches ont été trouvées dans tous 
les travaux exécutés à une plus grande distance au midi, toutes les fois 
qu'ils ont pu atteindre les terrains anciens. 
Fo88 e C'est ainsi que la fosse Saint-Grégoire, et le sondage près duquel elle a 

saintGrégoire. ^ ^^g^ ( n o g^ ont atteint le terrain dévonien inférieur, l'une au 

niveau de 120 mètres, l'autre à celui de 118 mètres. Cette fosse a été ap- 
profondie jusqu'à 147 mètres dans des bancs schisteux gris verdâtres, diri- 
gés sensiblement est-ouest et inclinés de 50° à 60* vers le sud. Ses gale- 
ries, malgré leur peu de développement, ont donné une quantité d'eau 
relativement considérable. On n'y a trouvé que quelques lits minces de 
terre noire ressemblant à du schiste pourri, ainsi qu'une petite passée 
formée d'anthracite impur, à aspect graphiteux. On remarque parfois des 
lits de charbon de cette nature dans les terrains anciens du nord de la 
France et de la Belgique. 

Citons encore un sondage (n° 5), situé au midi de la fosse Saint-Gré- 
goire» qui a atteint, en 1836,1e terrain dévonien à la profondeur de 86 mètres. 

Nous avons laissé de côté, bien entendu, dans cette énumération, les 
travaux de recherche dans lesquels on n'a pu traverser la formation cré- 
tacée, ou qui n'ont donné que des résultats incertains. 



CHAPITRE XIÎ. 



293 



faite! 

dam la concession 

de Crespin. 



On coordonne très bien, comme nous l'avons déjà vu, toutes les décou- Explication géologique 
vertes faites dans la concession de Crespin, en admettant l'hypothèse de """ 

MM. Cornet et Briart. Nous rappellerons que ces deux géologues admet- 
tent la formation successive de trois failles, savoir : 1° la faille de Boussu, 
qui plonge au nord ; 2° le cran de retour, qui a son inclinaison au midi ; 
3° et la grande faille eifelienne, qui plonge également vers le sud. La pre- 
mière aurait eu pour effet de produire un affaissement du terrain hou il 1er de 
la partie septentrionale du bassin. Le cran de retour serait ensuite venu le 
relever, en divisant la faille de Boussu en deux tronçons ; enfin, la faille du 
midi aurait amené sur tout cet ensemble le terrain dévonien inférieur du bas* 
sin de Dinant. Si on admet en outre qu'à l'origine, le bassin houiller avait 
la forme d'un U incliné ayant son pied au sud, et que, lors de la formation 
de la faille de Boussu, il s'est formé un pli synclinal dans la partie septen- 
trionale du bassin qui s'est affaissée le long de cette faille, on s'explique 
facilement qu'il puisse exister, dans la région comprise entre la faille de 
Boussu et le cran de retour, des terrains anciens renversés sur le terrain 
houiller, et disposés, en affleurement, entre le bassin de Dour et le bassin 
principal. 

La figure 6 de la pi. X représente cette disposition en coupe verti- 
cale, telle que nous supposons qu'elle existe à l'est du méridien de 
Quiévrechain . On voit qu'entre les traces de la faille 
de Boussu et de la grande faille du midi, il existe 
un étroit affleurement houiller, au nord duquel on 
trouve les terrains anciens renversés. Le terrain 
houiller reparaît ensuite à une certaine distance au 
nord. Le sondage du Moulin de Quiévrechain, et la 
fosse qui l'avoisine, ont atteint directement le petit 
affleurement que forme l'extrémité du bassin de 
Dour. Toutefois, la fosse a traversé au-dessous des 
morts-terrains (fig. 3ft), 91 mètres de grès et de 
schistes noirs renversés à phtanites (de 169 mètres 
à 260 mètres), renfermant un banc de calcaire de 2 mètres d'épaisseur, 



Fit 


3t 




Foaae de Quiévrechain . 

• 




^. 


fi liifc» 


Fosse 


« 


1 ^ ±^ 


de Quiévrechain. 




1 WJA ^ 

1*9* 





294 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

après quoi elle est entrée dans le terrain houiller proprement dit. Il est 
permis de croire que ces grès et schistes noirs appartiennent à un lambeau 
détaché du bord du bassin à une assez grande profondeur, et qui a été 
ramené jusqu'à l'affleurement par la poussée qui a produit la grande faille 
du midi : c'est un véritable lambeau de poussée. Au-dessous de lui, le ter- 
rain houiller est en place, et ses bancs ont une assez faible inclinaison 
dans le puits. 

Le sondage pratiqué de l'autre côté du chemin de Qniévrechain a ren- 
contré les mêmes schistes noirs et le même banc de calcaire ; si on l'avait 
prolongé de quelques mètres, il serait infailliblement entré dans le terrain 
houiller riche en houille; le banc de calcaire qui vient d'être signalé ne 
présente d'ailleurs aucune singularité, car, ainsi que nous l'avons déjà dit, 
on en rencontre assez fréquemment de pareils dans le terrain houiller 
inférieur. 

La structure du bassin, telle que l'indique la figure 6 de la pi. X, est 
identique à celle que Ton observe en Belgique; l'affleurement houiller du 
sud diminue d'ailleurs de plus en plus, à mesure qu'on se rapproche de la 
frontière française. 

Le 2* sondage du Bureau, établi au sud de la grande faille, a naturel- 
lement trouvé le terrain houiller sous le dévonien inférieur du bassin de 
Dinant. Quant à celui de la Chapelle de Qniévrechain, il était situé trop à 
l'ouest pour atteindre directement le terrain houiller sous* la formation 
crétacée. Dans cette région, la faille de Boussu étant venue rejoindre la 
grande faille, il n'existe plus d'affleurement houiller, et la crête du bassin 
de Dpur s'enfonce de plus en plus vers l'ouest, avec une inclinaison qui 
parait inférieure à 10°. Alors, la faille de Boussu vient buter contre la 
faille du midi, et on peut trouver successivement, en certains points, le 
dévonien inférieur du bassin de Dinant, le calcaire du nord de la faille de 
Boussu et le terrain houiller existant sous cette faille. Le sondage de la Cha- 
pelle donne un exemple de cette superposition (Voir ci-dessus fig. 8). 

Si, maintenant, on s'éloigne vers l'ouest, on constate que la faille de 
Boussu n'affecte plus que les assises les plus profondes du bassin. Cela 



CHAPITRE XII. 



295 



étant, dans les niveaux supérieurs on ne trouve plus que les deux parties 
qui sont séparées par le cran de retour. Il peut arriver, en outre, que ce 
dernier accident soit en contact, du côté du midi, avec une bande de terrain 
houiller à houille, ce qui a lieu dans les exploitations de la compagnie 
d'Anzin, ou encore qu'il vienne buter directement contre les schistes noirs 
du terrain houiller inférieur, ou même contre le calcaire carbonifère. Au 
sondage et à la fosse d'Onnaing, ce sont les schistes à phtanites renversés 
qui doivent se trouver en contact avec le cran de retour. Ils ont été ren- 
contrés sous 2 mètres seulement de calcaire au sondage, et sous 249 mètres 
à la fosse. Le sondage de la gare fournit un des points de la limite méridio- 
nale du bassin principal. 

Dans les travaux de la compagnie d'Anzin, on trouve toujours, au sud 
du cran de retour, des charbons de nature plus volatile qu'au nord, et on 
en tire la conséquence que cet accident a produit un affaissement de la par* 
tie méridionale; d'après l'hypothèse de MM. Cornet et Briart, il aurait, en 
réalité, occasionné un relèvement du nord du bassin, ce qui revient exac- 
tement au même. 

Au sondage de la compagnie de Marly, situé au sommet de l'angle que 
font les concessions de Marly et de Crespin, on a vraisemblablement ren- 
contré le même calcaire qu'à la fosse d'Onnaing (fi g. 9) . 

Il ne nous reste plus qu'à indiquer en quelques mots l'avenir que 
peuvent avoir les concessions de Marly et de Crespin. 

Celle de Marly parait malheureusement s'étendre, en presque totalité, 
sur les terrains négatifs et sur le terrain houiller stérile. Nous avons vu 
qu'on n'y a jusqu'à présent rencontré que trois veines, dont une seule peut 
être regardée comme exploitable. Elles s'étendent depuis la fosse Petit jus- 
qu'à celle de Saint-Saulve, et se prolongent vers l'ouest, sous la ville de 
Valenciennes; elles correspondent sans doute aux petites veines des fosses 
de la Citadelle et Bon-Air. Le droit qu'elles présentent à la fosse Petit 
parait correspondre à celui que nous avons déjà appelé droit du Chau* 
four ; il se termine probablement à peu de distance à l'est du puits, car, 
de ce côté, les veines prennent leur inclinaison vers le nord et reviennent 



Avenir 
des concessions 

de Marly 
et de Crespin. 



296 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

en allure normale, ce qui semble être un indice du voisinage du plat de 
l'Écluse. A la fosse de Saint-Saulve, on a trouvé un crochon d'où émanent 
un plat situé au levant, et un droit au couchant. Le premier est peut-être 
assimilable au plat de Saint-Pierre, et le second au droit d'Ernest. Dans 
tous les cas, il n'existe nulle part, à la limite de la concession, assez de 
place pour qu'on puisse espérer y atteindre à une profondeur raisonnable 
les premières veines connues au nord du faisceau de Marly, c'est-à-dire 
Pleureuse, Grande et Petite veine du midi, du faisceau de Saint-Waast. 
D'autre part, les veines de Marly paraissent être les plus méridionales du 
bassin, et il serait chimérique de compter sur l'existence d'un faisceau 
demi-gras situé vers le midi, puisque ce faisceau n'a été rencontré nulle 
part, et que la possibilité de son existence ne peut être basée que sur des 
théories qui ne sont appuyées par aucun fait précis. Dans ces conditions, 
nous n'hésitons pas à déclarer qu'à notre avis, la concession de Marly n'a 
aucun avenir, et que le mieux à faire est de la laisser en chômage. 

Nos conclusions seront toutes différentes en ce qui concerne la conces- 
sion de Grespin. Elle comprend deux zones houillères, l'une septentrionale, 
se rattachant au bassin principal ; l'autre méridionale, formant la suite du 
bassin de Dour. La limite de la première n'est pas exactement connue ; on 
sait bien qu'elle passe au sondage de la gare ; mais son prolongement jus- 
qu'à la frontière ne peut être tracé que d'une manière incertaine, au nord 
du groupe des sondages qui ont rencontré le calcaire, et un peu plus bas 
que le clocher de Crespin, pour venir passer au midi du sondage d'Hensies, 
qui a atteint le terrain houiller à l'est de ce clocher. Cette limite est paral- 
lèle, à peu de chose près, à la ligne droite qui sépare la concession de 
Saint-Saulve de celle de Crespin, et elle ne laisse dans cette dernière qu'une 
bande houillère dont la largeur est faible aux deux extrémités, c'est-à-dire 
à Onnaing et à Crespiu, et qui disparaît peut-être complètement dans l'in- 
tervalle. Sa surface est assez limitée, et quant à. sa richesse en houille, on 
ne saurait l'évaluer avec précision ; le seul indice que l'on possède à ce 
sujet provient de la fosse et du sondage d'Onnaing, et il est peu favorable, 
puisque nous avons vu que l'on y a trouvé les schistes noirs stériles qui se 



i 



CHAPITRE XII. 297 

rattachent au terrain houiller inférieur. Pour ces diverses raisons, nous 
croyons qu'il est prudent de ne pas compter sur cette partie du gisement. 

Il en est tout autrement de l'autre partie. Il résulte, il est vrai, de 
l'allure convergente vers l'ouest, des affleurements des failles de Boussu 
et du midi, et de leur rencontre près de Quiévrechain, que la surface de 
terrain houiller non recouverte par ces failles est peu considérable à l'ouest 
de la frontière belge. Mais, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer à 
plusieurs reprises, la faille de Boussu est inclinée vers le nord, tandis que 
la faille du midi plonge vers le sud. 11 s'ensuit que si, dans un plan vertical 
dirigé du sud au nord, dans le voisinage de la frontière, on trace des lignes 
droites horizontales, ces lignes, limitées d'une part à la faille de Boussu, et 
de l'autre à la faille du midi, auront des longueurs proportionnelles à là 
profondeur à laquelle elles seront situées. 

L'inclinaison de la faille de Boussu est de 22° vers le nord au puits 
Vedette. Quant à la faille du midi, on lui a trouvé en Belgique des pentes 
variant de 25° à 40°. En admettant une moyenne de 35°, et en supposant, en 
outre, que sous la frontière, près de Quiévrechain, la largeur de l'affleu- 
rement houiller soit de 300 mètres, et sa profondeur de 170 mètres^ on 
trouve, pour les lignes horizontales menées dans le plan de coupe, les 
longueurs suivantes : 

200 mètres 447 mètre*. 

800 — 808 — 

400 — 4499 — 

500 — 4590 — 

600 — 4984 — ' 

700 — *37* — 

800 — 8763 — 

Il y a là de quoi suffire largement à alimenter une fosse, d'autant plus 
que l'arête houillère formée par l'intersection de la faille du midi et de la 
faille de Boussu ne plonge du côté de l'ouest, sous les terrains anciens, 
qu'avec une inclinaison très faible, ce qui fait que cette arête doit se 
trouver à une profondeur encore accessible au voisinage de la fosse 
d'Onnaing. 

38 



296 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

Quand on jette les yeux sur une carte minière du couchant de Mons, 
on voit que, sous les territoires des communes de Frameries et de la Bou- 
verie, l'affleurement du dernier faisceau exploité se trouve à une distance 
de plus de 1,000 mètres de l'affleurement de la faille du midi. Si, ensuite, on 
s'avance vers l'ouest, on voit l'affleurement des couches se rapprocher de 
plus en plus de la faille. Au sud de Warquignies et de Dour, il passe sous 
les roches dévoniennes, mais les travaux des charbonnages de la Grande 
veine du Bois de Saint-Ghislain, de Belle vue et de Longterne-Ferrand, dé- 
montrent que cette surperposition n'interrompt pas la continuité souter- 
raine du faisceau. 

Or, on ne voit pas de raison pour que la direction générale du terrain 
houiller subisse une modification importante à l'ouest des parties recon- 
nues par les travaux dont nous venons de parler. Il est donc permis 
d'admettre que le faisceau des couches exploitées à Dour est en contact 
avec la faille du midi, à proximité de Quiévrechain. 
Découvertes récentes La preuve matérielle de ces déductions existe d'ailleurs dans les dé- 
à u fosse couvertes qui ont été récemment faites par M. Chavatte à la fosse de la 
de Qoiévrechain. con ip a giu e de Crespin. Sa profondeur actuelle est de 402 mètres, et on y 

a ouvert des accrochages à 351 et à 393 mètres (fig. 34). Le puits a traversé, 
au-dessous du lambeau de poussée formé de terrain houiller inférieur, six 
veines de houille, savoir : 

l p A la profondeur de 267 mètres : Veine n° 1, de l m ,44 d'ouverture, 
dont m ,55 de charbon, en trois sillons; 

2* A 276 mètres : Veine n° 2, de m ,60 d'ouverture, tout charbon ; 

3° A 298 mètres : Veine n° 3, formée d'un seul sillon de charbon de 
m ,65; 

&° A 347 mètres : Veine n° 4 ou Grande veine, présentant deux sillons 
de charbon d'ensemble l m ,30, séparés par n ,60 de schiste; 

6° A 384 mètres : Veine n° 5, de O^ôO d'épaisseur, tout charbon ; 

6° Et à 393 mètres ; Veine n° 6, formée de 0»,48 de charbon et de a fil 
d'escaillage au mur. 

Ces veines sont séparées par un certain nombre de passées ; elles pré- 



w 



CHAPITRE XII. 299 

sentent une régularité satisfaisante, surtout les dernières; un chassage de 
250 mètres de long, exécuté au couchant de la veine n° 5, Fa trouvée 
d'épaisseur et d'allure uniformes. Dans cette galerie, elle avait une direc- 
tion O.30°S. et plongeait de 30° vers le nord-ouest. Un recoupage partant 
de ladite veine n° 5, à 60 mètres au couchant de la fosse, et dirigé vers 
le sud-est, a atteint la veine n° 6 à une distance de 15 mètres, avec la 
même puissance et la même composition que dans le puits. Ce recou- 
page prolongé a rencontré successivement trois autres veines, savoir : 

Veine n° 7, formée de deux lits de charbon de m ,35, séparés par un 
banc schisteux de m ,15 ; 

Veine n° 8, formée de n ,60de charbon et de m ,05 d'escaillage au mur; 

Et Veine n° 9, composée comme il suit : O^Oi de charbon, m ,10 de 
schistes carbonates très lourds, n ,10 de charbon, m ,li de schiste noir, 
m ,63 de charbon, m ,04 de schiste et 0",25 de charbon. 

Ces trois veines semblent devoir être rencontrées par le puits aux 
profondeurs respectives de 409, A 30 et 443 mètres. 

Les charbons du puits de Quiévrechain donnent à l'analyse 35 0/0 de 
matières volatiles et 3 0/0 de cendres. Les neuf veines énumérées ci-dessus 
paraissent être supérieures à celles qui constituent en Belgique le groupe 
dit de Longterne. On retrouvera, au-dessous d'elles, le faisceau de Dour. 

Rappelons encore que le sondage du Moulin de Quiévrechain, creusé 
sur l'emplacement même de la fosse, a reconnu l'existence de trois veines, 
l'une de m ,66 de puissance à 428 mètres, la seconde de m ,59 à 487 mètres, 
et la troisième de 1 mètre à 585 mètres. La première parait être la veine 
n° 8 de la fosse, et quant aux autres, elles seront recoupées plus tard, soit 
par le puits, soit par une galerie dirigée vers le midi. Il est à remarquer 
que le sondage n'a pas révélé l'existence des veines n M 1 à 7, ni de la 
veine n° 9. Ce sondage était en mauvais état, surtout au point de vue du 
tubage; les retombages étaient fréquents et en masquaient souvent les 
résultats. 

En résumé, le champ d'exploitation de la fosse de Quiévrechain est 
assez étendu et assez riche pour assurer son avenir. Il comprend un grand 



MO BASSIN HOU1LLER DE VALENCIENNES. 

nombre de veines, et la régularité des terrains semble indiquer jusqu'à pré- 
sent que leur exploitation sera avantageuse. Enfin, les bancs que Ton a 
trouvés en plat doivent, d'après l'allure qu'ils présentent à l'est, se relever 
en dressants contre la grande faille, et il est à présumer qu'eu égard à la 
largeur de la zone houillère au niveau de 500 mètres (1,590 mètres), on 
pourra les atteindre en bowette avant de rencontrer la faille du midi. 
Toutes ces circonstances constituent un ensemble d'indices très favo- 
rables. 



CHAPITRE XIII. 



CONCESSION D'ANICHE. 



La concession d'Aniche (pi. VII et VIII) se divise en deux grandes 
régions, où Ton exploite des veines entre lesquelles on ne connaît pas, 
quant à présent, de relation nettement déterminée. La première est voisine 
de la limite orientale de la concession, commune avec Anzin, la seconde de 
sa limite occidentale, commune avec l'Escarpe Ile. Nous les étudierons 
successivement et séparément. 



Division 

en 

deux régions. 



1. — RÉGION ORIENTALE, OU RÉGION d'ANICHJS. 



Elle comprend un groupe d'exploitations situées dans l'intervalle Région d'Aniche. 
compris entre la ligne de chemin de fer de Douai à Yalenciennes, les limites 
est et sud de la concession, et une ligne nord-sud passant par le clocher 
d'Ecaillon. 

Les veines connues dans cette partie de la concession forment deux 
faisceaux distincts. 

Le faisceau nord, qui a été ou est encore exploité par les fosses la 
Renaissance, Saint-Louis, Fénelon, Traisnel, l'Archevêque et Sainte-Marie, 
a été découvert en 1839. Il fournit des houilles sèches demi-grasses, don- 
nant peu de cendres. Ces charbons ne collent pas et ne fument pas, mais 
possèdent un pouvoir calorifique élevé, et sont bien flambants, quoiqu'ils 



Répartition 

des 

veines de la région 

d'Aniche 
en deux faisceaux. 



302 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



ne renferment qne de 12 à 15 0/0 de matières volatiles. Ils sont très recher- 
chés pour le chauffage des générateurs et pour la fabrication des agglo- 
mérés; malheureusement, ils sont friables et menus; ils ne donnent que 
15 à 18 0/0 de gailleterie. 

On distingue dans ce faisceau 15 veines, qui se succèdent dans Tordre 
faisceau dêmi-gns. suivant, du nord au sud : Veine du nord, Petite veine ou Dombre, Georges, Ga- 

brielle, Félix, Grande veine, Gai l le t te, Bonsecours, Marie, Sans nom, Sondage, 
Jumelle, Mardi-gras, Ferdinand y Louise. 

Le tableau ci-dessous donne la composition moyenne de ce faisceau. 



Veines 
du 




COUPBS DBS VEINES. 

H. Houille. - T. Faux-toit. 

M. Faux-mai. 
& Schiste. — B. Escsillage. 



Veine du nord. 



£oo5 



^ 



^H.o.¥t 



veine ou DoTnbre 



C«.«f 




im m "» 



Georft 




M©>5 



Gabrielle. 



Coi* 




H.0A0 



II 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUS. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Sa 
o 
«s 



R |!ii 



n 



ei 






100- 



PBOPOBTION P. 0/0. 



MATlàKSS 

volatile*. 



15' 



28- 



de 12 

à 
15 0/0 



cou. 



Carbone-. 



Cendres. 



COULEUR 






CHAPITRE XIII. 



303 



COUPES DRS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
6. Schiite. — B. Escaillage. 



Félix. 




H.O.J&. 



Grande veine. 



E.o »© 



fSSSSSSSSSSSSSJ'S/* 



.©3S 
•o.oi 
.0.0 



Gaillette. 



W/////////////A 



H.o.ift 



Bonsecours. 




Marie. 




H.o&i 



Sons nom. 



c«.«t 




M.o.5» 



Sondage. 



C.e.ia 



^ 



H.o>5 



NATURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schitte. 



Schiste. 



Grès. 



DD MUE. 



g© ^ 

" > S S '-2 
2 S § S 



spil 



£,* 



3* *• 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRKS 

Tolatilei. 



20 



m 



COK1. 



Carbone. 



20« 



25' 



il 



m 



de 42 

à 
15 0/0 



5 1 



28 



m 



8' 



Cendres. 



COULEUR 
des 

CBRDKB8. 



304 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUïBS DBS VBRŒS. 
H. HooOte. — T, Pasi-tott 

M. PaOMWir. 

8. Schiste. — B. Raeai liage. 



«Jumelle ■ 



fAlt 



Co.i© 



V///////////////A 



Mardi gra*. 



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Mo ai 



C o-oS 




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t m •• 
t.*.oi 



Ferdinand 



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fSSSSSS/SSSS/SSSSS' 



'ysSSSSSSSSSSSSSS/4 



HelS 
N«ift 



Louise. 



NATURE 



DU TOIT 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUS.* 



K H ±*Z % 










PROPORTION P. 0/0 



MATlftftlt 

ToUUles. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



M" 



35- 



coss. 



CarboM. 



de 12 

à 

15 0/0. 



407- 



/ 



COULBOR 



Veines 

do 

faisceau grès. 



Gisement 

des 

fosses Fénelon 

et 

d'Aoutt. 



Le faisceau sud est l'ancien faisceau d'Aniche, celui que la compagnie 
a exclusivement exploité depuis son origine jusqu'à la découverte du pré- 
cédent. Il fournissait des charbons renfermant de 18 à 24 0/0 de matières 
volatiles ; son exploitation est aujourd'hui complètement abandonnée. • 

Aux fosses Fénelon et d'Aoust, où il a été exploité en dernier lieu, il 
présentait les veines suivantes, du sud au nord : N* 5, N* 4, N° 3, N° 2, 
N° i, Joseph, Aglaé, Clémence, Henriette. 



CHAPITRE XIII. 



305 



COUPBS DBS YBINBS. 

H. Houille. — T. Fanx-toit 

M. Piu-mnr. 
S. Schiste. — B. Btcaillage. 



S°b. 



w?t 




H.o*o 



N?3. 



Hi 



M o>5 



TT?2. 



& 



H e&e 



B?I. 



E.o 10 



v;;///;/;;/////;a» ...» 



H.oîS 



Joseph. 



C .0.10 




H0.V0 



Aglaé 



C o 10 




H.o>e 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



S* 



- le* 

o « • 



es 

te 



S* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



PROPORTION P. 0/0. 



MA.TIÈBKS 

ToUtilef. 



17 1 



17' 



45« 



18» 



13« 



cou. 



Carbone. 



de 18 

à 
20 0/0. 



/ 



18' 



CendrM. 



COULEUR 
des 

CUIDBSS. 



39 



306 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



BBBBBB 



COUPES DBS VBINBS. 

H. HooiUo. — T. Pau-toit. 

M. Fana-mor. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



NATURE 



Clémence. 



C o>i 



WMMWM 



'// 



Henriette. 




H.0.S0 



DU TOIT. DU MO*. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



■ • > • « 



PROPORTION P. 0/0. 



MATItKBS 

ToUtUes. 



COIS. 



Carbone. 



23' 



de 18 

à 
20 0/0. 



Cendres. 



COULBUB 
des 



Gisement des fosses 



Sainte-Catherine 

et 

Saint-Mathias. 



Du côté du couchant, et suivant le méridien des anciennes fosses 
SaI ^niS^ e, Sainte-Hyacinthe, Sainte-Barbe, Sainte-Catherine et Saint-Mathias, ce fais- 
ceau a été reconnu sur une plus grande étendue; on a trouvé dans cette 
région 20 veines, qui se présentent dans Tordre suivant, du sud au nord : 

Veine du bure, Petite veine* Notre-Dame* Petit Roland* Sainte-Barbe* N° 4, iV° 7* 
N° dû* N° i3* N* i4* A'° i5* Pouilleuse, Honorine, Aglaé* i rt pouilleuse du nord, 
Petite veine* 2» pouilleuse du nord* N° i ou Veine du serrement* N° 2* Petite veine ri* 3. 
On ne possède plus que très peu de renseignements sur ce gisement; 
aussi, le tableau suivant, qui le concerne, est-il très incomplet. 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mar. 
S. Schiste. — B. BscaiUage. 



Veine an bure. 



Petit 



e veine 



NATURB 



DU TOIT. 



DU MUtt. 



S s • 

* 53 

> > ° 

° 2 

as* 2 

6. 

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u u 

«= m 
Z 



PROPORTION P. 0/0. 



UATIBRII 

volatiles. 



23' 



de 18 

* 

a 
24 0,0. 



36 



m 



COKI. 



Carbone. 



Cendres. 



COULEUR 
des 

cnDiv. 



CHAPITRE XIII. 



307 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
S. Schiite. — B. Bscaillage. 



Notre-Dame 



Petit Roland 



S V Barbe. 



N?fc. 



X?l. 



N?lO 



*?13 



N?tt. 



N?15. 



R>uiï)eu»e . 



NATURE 



DU TOIT. 



DU MDB. 



go d 

"31-51 

SJfSgfi 

B JO ^ 2S • 



16- 



13' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATlkRU 

volatiles. 



81- 



23' 



32 1 



38' 



23- 



11' 



26" 



46- 



COKB. 



Carbone. 



Cendres. 



COULEUR 

dot 
entonna. 



de 18 

à 
24 0/0. 



Honorine. 



28' 



i*jf > m 



-o :i T x. 




4e rctnzr 



ce?:rïf^e> c2-oesi>rs oe son pas I 
a^d q-e trXiS Je Terrccs p !^s l:Ic; ecire ell-es. c-a tr: 



r.V 



de passées .' 5, \* 9, %* if, eu. ; elles sc«s saisies 



va 



4; 



par 



!r: (aisceau d'AiÎDCOZTt. 

Entre !*s deux frwpes d:m ik>^s Tearos de parier. 
z:oe stérile de 30} mètres environ «Tcjalftseur b:-rii.:>n:aie. 
bouleversée, qui correspond sans doste an p-mi;-ccemenl 
ret;ur d'Anzîn. Bien que Ton n> ait pas découvert de grande cassure 



du 



«ne 
et 
de 



J 



CHAPITRE XIII. 309 

l'emplacement qu'elle occupe sur la direction générale du cran de retour, 
et la différence de nature des charbons exploités au nord et au sud, ne per- 
mettent pas de douter qu'elle ne marque le passage d'un accident impor- 
tant. Rappelons, du reste, que si le cran de retour se manifeste, du côté de la 
fosse du Chaufour, par une faille très nette, il correspond, vers le couchant, 
à une série de cassures parallèles, assez rapprochées et formant une sorte 
de brouillage; il n'est pas étonnant que cette circonstance s'accentue 
encore davantage, à son entrée dans la concession d'Aniche. 

Quoique le faisceau du nord soit le plus récemment reconnu, nous AUuro 

nous en occuperons d'abord. Il présente une grande régularité d'allure, et fal8Ceftu demi-gra*. 
n'est affecté que par des accidents locaux, rares et en général presque 
insignifiants, consistant en rejets de quelques mètres, et en rétrécissements 
de peu d'importance. Le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais offre 
peu d'exemples d'une pareille régularité. 

Cependant, il convient d'observer que les intervalles qui séparent les 
veines varient notablement d'un point à un autre, lorsqu'on les mesure 
normalement h la stratification. Cette circonstance se remarque notam- 
ment entre Yeine du nord et Georges. Les bancs qui les séparent 
changent d'épaisseur et de nature d'un point à un autre. 

Les veines Gabrielle et Félix, distantes normalement de 2 mètres dans 
les bowettes de l'Archevêque et de Saint-Louis, se réunissent à environ 
1,000 mètres au levant de Sainte-Marie. Les bancs de schiste qui séparent 
ces deux veines se réduisent alors à un faible lit d'escaillage. 

La veine Sans nom a une puissance très variable; il y a des régions où 
elle disparaît complètement ; quand il en est ainsi, son toit vient s'appliquer 
directement sur la veine Marie. Les variations d'épaisseur de Sans nom 
n'affectent jamais Marie, dont la puissance reste à peu près constante. 

Notons, enfin, que les veines Sondage et Jumelle, que Ton a trouvées 
assez rapprochées, dans les niveaux supérieurs de la fosse Saint-Louis, 
pour être exploitées ensemble, s'éloignent l'une de l'autre en profondeur. 
Ces veines sont également réunies à la fosse Casimir Périer, de la conces- 
sion d'Anzin, où elles constituent la 1" veine du nord. 



310 BASSIN HOQILLER DE VALENCIENNES. 

Le faisceau demi-gras d' A niche pénètre dans cette concession avec 
une direction sensiblement est-ouest; mais, presque immédiatement, il 
s'infléchit vers le sud-onest, suivant une orientation moyenne 0. 60* S. A 
300 métrés environ à l'ouest du méridien de la fosse Saint-Louis, cette 
direction change brusquement, pour revenir au nord-ouest ; un peu plus 
loin, elle se modifie de nouveau, et un second plissement ramène les veines, 
d'abord vers le sud-ouest, puis vers le nord-ouest. A hauteur des fosses 
Traisnel et l'Archevêque, elles ont une direction bien accusée, X. 50° 0. 
en moyenne, qu'elles conservent sur une certaine longueur; elle ne 
se modifie plus qu'à 400 mètres environ au levant du méridien de Sainte- 
Marie : à partir delà, le faisceau s'infléchit de plus en plus, d'abord vers 
le sud-ouest, puis vers le sud ; mais les cbassages du couchant de Sainte- 
Marie commencent à manifestera leurs extrémités, un retour à la direction 
est-ouest. C'est ainsi qu'au niveau de 348 mètres de cette fosse, les veines du 
nord et Georges viennent d'être retrouvées, avec cette direction, au delà 
d'une zone de terrains brouillés, que l'on a traversée en cheminant dans 
une passée voisine de Veine du nord, et qui avait été pendant quelque 
temps confondue avec elle. 

Les plissements que nous venons de décrire se retrouvent dans toutes 
les veines, qui sont en quelque sorte emboîtées les unes dans les autres, et 
participent à la même allure ; en plan, les axes ou lignes de plissement 
sont dirigés sensiblement du nord au sud. Les quelques cassures que l'on 
remarque dans le faisceau sont également orientées suivant cette direction; 
elles plongent tantôt à Test et tantôt à l'ouest. 

Les changements de direction des veines coïncident avec des variations 
d'inclinaison assez notables. Partout l'allure est normale, sauf au couchant 
de la fosse Sainte-Marie, où il se produit un renversement sous un angle 
d'environ 80% dans la région où les veines sont dirigées nord-sud. Mais ce 
fait est accidentel, et, partout ailleurs, les veines sont en plat, avec plon- 
Roment au sud variant de 15° à 65°. Le minimum de 15° est atteint à 
l'Archevêque, et le redressement se produit surtout vers Sainte-Marie, 
où vient prendre naissance le droit cité plus haut; au delà de ce 



CHAPITRE XIII. 311 

droit, dans l 'étendue duquel les veines sont assez irrégulières, elles re- 
viennent en allure normale, ainsi que nous l'avons vu, et tendent à s'apla- 
tir de plus en plus vers le couchant, en reprenant leur régularité habituelle. 
L'inclinaison moyenne peut être évaluée à 30° vers le sud : c'est celle que 
Ton constate ordinairement à la fosse la Renaissance. D'une façon générale, 
la pente varie d'une couche à une autre, lorsqu'on se transporte du nord 
vers le sud. Les veines les plus septentrionales sont les plus plates; l'in- 
clinaison devient de plus en plus grande à mesure qu'on s'avance vers le 
cran de retour. Cet aplatissement des terrains vers le nord rend les explo- 
rations de ce côté plus longues et plus dispendieuses, car, pour explorer, 
une faible épaisseur de terrains, comptée normalement à la stratification, 
il faut creuser une longueur de bowette relativement considérable. Au 
niveau de 214 mètres de la fosse Traisnel, la bowette septentrionale avait 
atteint, au 1 er janvier 1886, une longueur de 1,630 mètres au delà de la 
veine du nord, sans avoir rencontré de couche exploitable. Jusqu'à 
900 mètres environ de cette veine, les terrains sont restés assez réguliers 
et inclinés en moyenne de 30° vers le sud; la galerie a ensuite traversé une 
faille, derrière laquelle elle a trouvé des bancs irréguliers, et plongeant 
parfois vers le nord. On en continue le creusement, et on compte la pour- 
suivre aussi loin que possible. On peut évaluer à 600 mètres environ 
l'épaisseur totale des bancs houiilers traversés, jusqu'à présent, au delà de 
Veine du nord. 

Indépendamment des grands changements de direction et d'inclinaison 
qui viennent d'être cités, on remarque parfois des variations locales, qui 
donnent au faisceau une allure up peu plus compliquée. De toutes les 
veines, Marie est celle qui a été suivie sur la plus grande longueur, près 
de 5 kilomètres : la compagnie d'Aniche a fait figurer à l'Exposition uni- 
verselle de 1878 un plan en relief qui permet de se rendre facilement 
compte de ses sinuosités en direction et en profondeur. ' 

La fosse la Renaissance est située à 1,050 mètres au sud du chemin Fosse u Renaissance, 
de fer de Douai à Valenciennes, et à 500 mètres de la limite orientale de la 
concession. Ouverte en 1839, elle a atteint le terrain houiller à la profon- 



leur de IiO m-rtres, entre I-es aJIetirentenîs *!es reîaes Boosecoars et 
Marie. Ule a d^nc recoujé le faisceau da-a sa partie septentrionale. Les 
terrains y j \ >n ~-*ant Je 50" environ rers le su I. la xoae à exploiter ao nord 
•!a pairs a naturellement diminué en pr:>f>n!ear, et les travaux se sont 
dérelojpes de p!as en plos an mi i;; m.i;s„ «le ce ctté y se tronre la fosse 
Saint-Louis, rers lamelle I*s reines se rar^nxhent, en direction, par suite 
•le lear inSexioa an sul-oaest. quan-i on sVIoTjiie Ter* le couchant; il a 
donc paru p!cs avantageas d'abandonner la fosse La Renaissance, pour 
prendre par Saint-Louis Faval-penda;e des reines. Aussi, le dernier accro- 
chage exploité de la Renaissance se trouve-t-il an niveau de 222 mitres. Le 
pairs a, toutefois, été approfondi josqa'a i>j mètres, pour servir â la cir- 
culation des ouvriers et i Taérape des fosses du midi. 

La fasse Saînt-Louïs date de ISW; ou Ta éiabiie â iofl m- très an snd de 
la Renaissance. Elle a pénétré dans le terrain hoairier à la profondeur de 
156 mètres, près de FaiSeurement de la reine Ferdinand. Eu é^anl â 
Forientation des terrains dans son Toïsïna^e. ses bowettes ont été dirigées 
▼ers le nord-ouest et vers le sud-est. Sa profondeur est de 506 mètres, et 
son dernier accrochage est à o*» mètres. Le champ d'exploitation de cette 
fosse est considérable, car il s'étend «Ton o*»té jusqu'à Teîne du nord 
qu'elle exploite, ainsi que les reines qui la suivent, au-dessous de la fosse 
la Renaissance, et de l'autre jusqu'à la fosse Fénelon. Toutefois, lé faisceau 
se rapprochant en profondeur de cette dernière, Saint-Louis finira par être 
abandonnée, comme Fa été la Renaissance, et alors le pied des reines sera 
exploité par Fénelon jusqu'au cran de retour. 

La fosse Saint-Louis est remarquable par son guidage en rails d'acier 
et ses cibles ronds en acier, arec tambour cylindro-spiraloïde. Une instal- 
lation analogue est en montage à la fosse l'Archevêque. 

La fosse Fénelon a été ouverte en 1SV7; elle a été placée à 600 mètres 
an sud de Saint-Louis. Elle fournit, arec celle-ci et la fosse la Renaissance, 
une coupe complète nord-sud du faisceau demi-gras, passant à 500 mètres 
enriron de la concession d'Anzîn. Elle est destinée, comme nous renons 
de le dire, à survivre aux précédentes, et à terminer, à grande profondeur, 



CHAPITRE XIII. 313 

l'exploitation des houilles sèches d'Aniche, contre le cran de retour. Pour 
le moment, les travaux y sont suspendus, et son champ d'exploitation est 
desservi par Saint-Louis. La fosse Fénelon est tombée sur les terrains 
brouillés correspondant au passage du cran de retour; cet accident parait 
dirigé, ici comme aux fosses Saint-Mark et Casimir Pcrier, de Test à l'ouest, 
avec une légère tendance à s'infléchir au sud-ouest, vers le couchant. Les 
bowettes nord de Fénelon ont pénétré dans le faisceau demi-gras, et ses 
bowettes sud dans le faisceau gras. Mais les travaux du sud sont défini- 
tivement abandonnés ; l'exploitation portera exclusivement, dans l'avenir, 
sur les houilles sèches. Le puits vient d'être approfondi jusqu'à 506 mètres; 
on y a ouvert un niveau d'exploitation à 500 mètres, et d'autres étages 
pourront encore être établis à des niveaux inférieurs. 

La compagnie d'Aniche a développé ses travaux du faisceau demi-gras 
avec une grande prudence; elle les a graduellement étendus du nord vers 
le sud, sans rien laisser au hasard, n'ouvrant une nouvelle fosse qu'après 
s'être assurée, par les autres, de l'opportunité de sa création. On retrouve 
le même esprit de circonspection dans le mode d'extension de l'exploitation 
du côté du couchant. Ainsi, les fosses Traisnel et l'Archevêque n'ont été 
ouvertes qu'en 1848 et 1855, après que les fosses du levant eurent permis 
de reconnaître le prolongement du faisceau vers l'ouest. Ce n'est que plus 
tard encore, en 1857, que la fosse Sainte-Marie a été entreprise à une 
plus grande distance au couchant. La découverte que l'on vient de faire au 
couchant de cette fosse, où les veines du nord et Georges ont été retrou- 
vées bien régulières, va peut-être engager la compagnie à ouvrir un nou- 
veau puits de ce côté, dans le voisinage du village de Masny. 

La fosse Traisnel est située à 1,250 mètres à l'ouest du méridien de la Fosse Traisnel. 
Renaissance. Une ligne est-ouest, menée par cette fosse, va passer à dis- 
tance à peu près égale de la Renaissance et de Saint-Louis. Elle est entrée 
dans le terrain houiller à la profondeur de 123 mètres, un peu au nord de 
l'affleurement de la veine Marie. Son premier étage a été placé au niveau de 
180 mètres, mais ses chassages du couchant ont été rencontrer le tourtia 
à une certaine dislance, ce qui doit être attribué à la dépression qui existe 

ko 



314 BASSIN HOUILLER D£ VALENCIENNES. 

à la surface du terrain houiller, aux abords de la fosse Sainte-Marie. De 
même que la fosse la Renaissance, et pour le même motif, la fosse Traisnel 
a été abandonnée; l'exploitation n'y a été poursuivie que jusqu'au niveau 
de 21û mètres, mais le puits a été approfondi jusqu'à 336 mètres, pour 
servir à la circulation des ouvriers et à l'aérage de l'Archevêque. Le fais- 
ceau est exploité par cette dernière fosse, qui est située à 490 mètres au 
midi de Traisnel, et vers laquelle les veines se rapprochent, à mesure que 
les travaux s'enfoncent. 

Fotse l'Archevêque. La fosse l'Archevêque, qui est appelée à un grand avenir, a atteint le 

terrain houiller à la profondeur de 126 mètres. Son dernier accrochage 
est déjà au niveau de &00 mètres. Aux étages supérieurs, son champ 
d'exploitation est exclusivement concentré au nord du puits, qui a été placé 
à une certaine distance au midi de l'affleurement de Ferdinand. Mais cette 
situation se modifiera aux étages inférieurs, à cause de l'inclinaison des 
terrains vers le sud. Le cran de retour passant à 300 mètres environ au 
midi de la fosse, on voit que son exploitation se prolongera longtemps 
encore. 

Les fosses Traisnel et l'Archevêque fournissent une seconde coupe 
nord-sud du faisceau des houilles sèches d'Aniche. 

Fo»se Sainte-Marie. Plus à l'ouest, ce faisceau est exploité par la fosse Sainte-Marie, située 

à 1,830 mètres au couchant de l'Archevêque. Elle est restée dans les morts- 
terrains jusqu'à la profondeur inusitée de 232 mètres, qui correspond à 
une dépression du bassin dont nous avons précédemment parlé. Son empla- 
cement a été heureusement choisi, car elle est tombée à peu près sur 
l'affleurement de Jumelle, qui est une des veines méridionales du faisceau, 
en sorte que les travaux se maintiendront, en profondeur, à une faible dis- 
tance du puits. Jusqu'à présent, l'exploitation n'a pas dépassé, à cette fosse, 
le niveau de 348 mètres; sa profondeur est de 354 métrés. Entre Sans nom 
et Sondage-Jumelle, on a rencontré deux veines inconnues dans le reste 
du faisceau, que l'on a exploitées sur un assez grand développement au 
niveau de 299 mètres; on ne leur a attribué aucun nom. 

Au même niveau de 299 mètres, on a fait fonctionner, pendant plusieurs 



CHAPITRE XIII. 315 

années, dans la bowette nord et dans la voie de fond de la veine Georges, 
sur une longueur de 960 mètres, dont 600 mètres en bowette, une traction 
mécanique par corde-tête et corde-queue, avec machine à vapeur au jour; 
cette traction mécanique n'existe plus. 

Les six fosses dont nous venons de parler sont toutes en commu- 
nication ; on n'y trouve pas la moindre trace de grisou. 

Passons maintenant à l'élude du faisceau des houilles grasses d'Aniche. Allure 

Les veines qui le constituent sont caractérisées par une faible puis- 
sance, variant en général de m ,40 à m ,60, et par une grande irrégularité. 
Fréquemment, elles subissent des rétrécissements et des rejetages qui les 
rendent inexploitables. Dans son ouvrage sur les mines d'Aniche, M. Vuil- 
lemin, directeur de cette compagnie, évalue à moins de 2 mètres cubes le 
rendement en houille de 1,000 mètres cubes de terrain houiller du gisement 
dont nous nous occupons, tandis que, pour le faisceau des houilles sèches, 
ce rendement s'élève à plus de 7 mètres cubes. Cette énorme différence 
explique les difficultés contre lesquelles la compagnie a eu à lutter, depuis 
son origine jusqu'à la découverte du faisceau demi-gras, en 1839; à ce 
moment, sa situation est devenue rapidement prospère, et elle s'est encore 
améliorée, lorsque le gisement des houilles grasses de Douai a été 
découvert. 

Nous avons fait connaître la composition du faisceau gras d'Aniche 
aux fosses d'Aoust et Fénelon, et nous avons vu qu'on y a reconnu l'exis- 
tence de 9 veines, auxquelles il convient d'ajouter une passée, nommée 
Deux sillons, qui est située entre Aglaé et Joseph. Les veines n* 3, 4 et 5 
ne sont guère connues que par d'Aoust, et leur allure en chapelet les rend 
presque partout inexploitables. Quant aux six autres veines du faisceau, 
elles présentent des caractères qui autorisent à croire qu'en réalité, elles 
ne constituent que trois veines distinctes. Les plus septentrionales, Hen- 
riette, Clémence et Aglaé, sont en allure normale, tandis que les trois sui- 
vantes, Joseph, N° 1 et N° 2, sont en allure renversée; les terrains encais- 
sants sont les mêmes de part et d'autre; enfin, la composition des veines 
ne peut laisser aucun doute sur leur identité deux à deux. Ainsi, au-dessus 



316 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 




AuruH tif .J8à 



d'Aglaé, on trouve un banc caractéristique de rognons de pyrite de fer qui 
existe au-dessous de Joseph. On doit donc considérer qu'Aglaé est assimilable 
à Joseph, Clémence à N° i, Henriette à N° 2. Au lieu de six veines, on n'en 
a plus que trois, qui présentent la forme d'U inclinés s* emboîtant les uns 
dans les autres (fig. 35). On a été assez- longtemps à s'apercevoir de 

cette disposition, parce que les 
Fig. 35. veines en allure renversée pré- 

sentaient à peu près la même 
inclinaison que celles en allure 
normale, et qu'on n'avait pas 
atteint la ligne de plisse- 
ment. 

/ v ::. - 

6- Cette disposition affecte évi- 

demment tout l'ensemble du 
faisceau, c'est-à-dire que les veines n M 3, 4 et 5, et les veines en allure 
renversée qui affleurent à une plus grande distance au midi, y compris 
celles de la concession d'Azincourt, doivent effectuer leurs plis au-des- 
sous des précédentes, et à une plus grande profondeur, pour revenir en 
allure normale. Seulement, elles n'affleurent pas au nord d'Henriette, parce 
qu'elles sont interrompues, auparavant, par le cran de retour. 

Les mêmes circonstances se reproduisent du côté du couchant, dans 
le groupe des anciennes fosses d'Àniche. Bien que l'on ne possède plus 
guère de renseignements sur les travaux de ces fosses, qui sont depuis 
longtemps abandonnées, on croit savoir qu'Aglaé et Honorine se trouvent 
dans le même cas qu'Aglaé et Joseph, à Fénelon, et présentent un plissement 
analogue. D'après cela, Première pouilleuse du nord serait assimilable à 
Pouilleuse, Petite veine à N° 15, et ainsi de suite. 

Il n'est pas étonnant qu'il en soit ainsi, et le contraire même aurait 
lieu de surprendre, car il est naturel que, dans l'étendue de la concession 
d'Aniche, on retrouve, au midi du cran de retour, des plissements ana- 
logues à ceux que l'on constate dans les concessions d'Anzin, de Denain, 
de Douchy et de Raismes. 11 est d'ailleurs possible qu'après être revenues 



CHAPITRE XIII. 317 

en plat, comme nous venons de l'indiquer, les veines grasses d'Aniche . 
repassent en droit, de manière à effectuer les mêmes plissements qu'à 
Anzin, mais on n'a, jusqu'à présent, découvert aucun indice de cette allure. 
On ne sait même pas comment sont disposées les lignes de plissement 
de ces veines ; on ignore si elles sont rectil ignés ou ondulées, horizontales 
ou plongeant d'un côté ou d'un autre. Dans tous les cas, leur direction 
générale parait être de l'est à l'ouest, et coïncider avec celle des veines. 
On conçoit que, si ces lignes d'ennoyage sont sinueuses, il puisse arriver 
qu'une veine donne, en coupe horizontale, un circuit complet. C'est ainsi 
que s'expliquerait un fait connu à la fosse l'Espérance, où une voie de 
fond creusée dans la veine n° 13, au niveau de 293 mètres, s'est con- 
tournée de manière à venir se refermer, de sorte qu'on est revenu au point 
de départ. 

Malgré la présence du cran de retour au nord du faisceau gras 
d'Aniche, les veines qui le composent semblent participer, dans une cer- 
taine mesure, à l'allure générale du faisceau des houilles sèches, au moins 
dans la région de Fénelon etded'Aoust; elles s'infléchissent vers le sud- 
ouest au couchant de la fosse Fénelon, et reviennent un peu plus loin 
d'abord vers l'ouest, puis vers le nord-ouest. A une plus grande distance 
au couchant, elles ont une direction moins variable, et, à de légers plisse- 
ments près, elles sont orientées de Test à l'ouest. L'inclinaison de ces 
veines augmente à mesure qu'on s'avance vers le sud.; elle est de 40° environ 
au sud pour les plus septentrionales, et de 60° à 80° pour les plus méri- 
dionales. 

Leur exploitation a eu lieu, au voisinage de la concession d'Anzin, par 
la fosse Fénelon ; un peu plus au couchant a été ouverte, en 1836, la fosse 
d'Aoust. 

Cette fosse a été placée à 650 mètres au sud-ouest de Fénelon, et à fo§m d f Aoutt. 
980 mètres au sud-est de l'Archevêque ; elle a atteint le terrain houiller à 
la profondeur de 148 mètres, un peu au midi de l'affleurement de la veine 
Joseph. Du côté du nord, ses galeries en travers-bancs ont été poursuivies 
jusqu'au brouillage qui correspond au cran de retour, et qui n'a pas été 



31 8 BASSIN H0U1LLER DE VA LENCIENNES. 

# traversé. Au sud, ses bowettes n'ont pas dépassé la veine n° 5, et ont été 
arrêtées dans des terrains très accidentés. La même irrégularité s'est 
retrouvée dans les chassa ges du couchant. 
Anciennes rosse* Les exploitations de Fénelon et de d'Aoust sont relativement récentes: 

de la région d*Aniche. . . 

mais, dès le siècle dernier, le faisceau dont nous parlons avait été exploité 
par un assez grand nombre de fosses, sur lesquelles on ne possède plus 
que des renseignements très incomplets. En voici la liste : 



Fosse Sainte-Catherine, 


ouverte en 


4777, 


— Saiot-Mathias 


— 


4777, 


— Sainte-Thérèse 


— 


4779, 


— Saint-Laurent 


— 


4779, 


— Sainte-Barbe 


— 


4786, 


— Saint-Waast 


— 


4786, 


— Sainte-Hyacinthe 


— 


4793, 


— L'Espérance 


— 


4847. 



Les veines de la fosse Sain te- Hyacinthe paraissent correspondre à 
celles du nord de d'Aoust, tandis que celles des fosses Sainte- Catherine,, 
Sainte-Barbe et l'Espérance, sont plus méridionales, et inférieures par con- 
séquent à la veine n° 5. Les veines de Sainte-Hyacinthe sont en allure nor- 
male, et il en est de même de celles du nord de l'Espérance, tandis que 
celles du midi de cette fosse sont en allure renversée, de telle façon qu'on 
y retrouve la ligne de plissement déjà reconnue du côté du levant. C'est 
l'existence de cette ligne qui explique, ainsi que nous l'avons vu, la forme 
singulière de la voie de fond de la veine n° 13, au niveau de 293 métrés. 

En J870, on a abandonné les travaux du sud de Fénelon, et, en 1871, 
la fosse d'Aoust a été mise en chômage. Depuis cette époque, le fais- 
ceau gras d'Aniche n'est plus exploité; on admet comme démontré que son 
exploitation ne saurait être avantageuse nulle part, dans les niveaux 
supérieurs. Toutefois, on l'explorera peut-être, de nouveau, par une 
bowette partant de la fosse Fénelon, à l'étage de 500 mètres. S'il se 
présente, à cette profondeur, sous un aspect satisfaisant, on en reprendra 
l'exploitation. 



CHAPITRE XIII. 



319 



II. — RÉGION OCCIDENTALE, OU RÉGION DE DOUAI. 



Veines exploitées 

à l'ouest 
de la concession. 



Le gisement des environs de Douai est exploité par les fosses Gayant, Région de Douai. 
Bernicourt, Notre-Dame, de Dechy et Saint-René; il comprend un grand 
nombre de couches de houille grasse à courte flamme, dont la proportion 
de matières volatiles augmente, à mesure qu'on s'avance du nord vers le 
sud, et varie généralement de 18 à 28 0/0. Les charbons qu'elles fournis- 
sent sont recherchés pour la forge et la verrerie, et servent à fabriquer du 

coke. 

Les veines reconnues aux fosses Bernicourt, Notre-Dame et Gayant, 
étaient, dans ces derniers temps encore, au nombre de 34, savoir : Veine 
du nord, Olympe, Marcel, Hélène, Sébastien, Cécile, Noëlie, Modeste, Vuillemin, 
De Sessevalle, Grand Moulin, Petit Moulin, La Grève, Custozza, Chandeleur, Bernard, 
Minangoye 9 Delloye, Bernicourt, Wavrechain, De Layens, Le François, Lallier, De 
Cliatenay, Dejardin, N° 1, N* 2, N° 4, N° 5, & 6, N* 7, JV° 8, N° 9, N* 10 ou 
Claire. 

Tout récemment, on a découvert au midi de la veine Claire, à l'étage 
de 281 mètres de la fosse Notre-Dame, trois autres veines, auxquelles on a 
attribué les n°" 11, 12 et 13; nous y reviendrons tout à l'heure. 

Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne des 34 veines 
dénommées ci-dessus (pi. XII). 



su 



BASSIN HOCILLEH DE VALESCIENXES. 



COUPES DES YBTNES. 

H. Hv*..e. — T. Faax-îcrU. 

M. Fasses &r. 



»•> = = — 



PKOPGRTIGX P. 0. 



SATCIB 

s — * — 

rcwrr. km» «•'•-js TOtedM. 



COULBCR 



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Veîne dnnord. 



t*^»r 



fc e »7 ; 




Oipnpe. 




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Harcel. 



T «.et 




H-o-SI 



Hélène. 



6 8.?.' 



TZZTTT TrT i 7 t?:rrr Y { 




N.o.»3 
H.e.ie 

IU*5 



Sébastien. 




H.e 16 



Cécile. 




i«j& 




o.5o 



Schiste. 



Schiste. 67 i 1 

I 



13.20 



Schiste. 



Schiste. 102-,50 



Schiste. 



Schiste. K* 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



17« 



18' 



45' 



32«»,50 



18.00 



17.10 



17.60 



16.80 



20.80 



1G.25 



Carton*. C«airm. 



r9.9i 



79.80 



80.60 



79.10 



79.40 



76.20 



80.05 



6.89 



2.20 



Gris. 



i 



Blanc 



2.00 



Blanc 



3.00 



Blanc. 



3.80 



Blanc. 



3.00 



Blanc. 






3.70 



Brique 
réfrac taire. 



CHAPITRE XIII. 



321 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscaillage. 



Modeste. 



S.o.ia 
E.006 



V/TS//SSSSSSSSSSSA 



H-o 19 



Vmtteimii. 




C.o.aS 



De Sesserallc. 



c.0.07 



C.O-07 
€ o.a5 




wujjj-fjj/isjjjS 



H.o 09 



Grand. Moulin . 



C.o.oS 
5.0- iS 

M.O.IO 



7Z 



t. 



vJ?//Zt 




W//AW//////E& 



e.»3 
H.o.tf 

H.e.if 



Petit Moulin. 



T,o.oV 

S.oo> 

E.o.35 



Y///S/SSSS///S//// 



Y////////////////* 



H.0..8 
H<o.ao 



C0.0C 
So.35 



La 



H.O.I4 

HajS 



CllStOEZ».. 




S.o.ot 
S 0.0a 



NATURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUS. 



Schiste. 



* S 

Hi 

* s > 

gfi 



S 8 

•■s 



PROPORTION P. 0/0. 



MATISBBS 

volatiles. 



13' 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



15»,50 



23"» 



16« 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



33' 



12» 



25' 



20.30 



15.60 



16.63 



18.60 



16.40 



20.00 



14.60 



COXI. 



Carbone. 



75.60 



80.28 



76.13 



70.34 



79.46 



77.00 



83.56 



Cendres. 



4.10 



4.12 



7.24 



2.06 



4.14 



3.00 



1.84 



COULEUR 
des 

CKNDUfl. 



Gris. 



Blanc. 



Blanc. 



Blanc. 



Gris. 



Blanc. 



Gris. 



kl 



322 



BASSIN HOUILLER DE VALENC1ENNES. 



COUPES DBS VBJKBS. 

H. Houille. — T. Faax-tott. 

M. Pauz-wr. 
S. Schiste. — B. Rteafllage. 



Chandeleur. 



So.o* 




v>or^yvv r >vx/yyy>i/ , /i 



H*J3 
H.o.1% 



Bernard. 




iu>e 



MixuLaioyc, 




H^Vo 



ft.Oll 

S.aoi 
S.OueC 
S.o.o3 
S.o.oS 



Dellqye. 



'/////A7////////Z 



sssssssssssrsss/Sé 



SSSSSSSSSSSSSS/SSj 



'SS/SSSSSS//////// 

'///s/r/ss////////. 



Bcmicourt. 



H.*.!» 

H.e.iS 
H.o-«8 




Wavrecluûn. 



S.o.ift 




.0.37 



DcLayens. 






|H.«.rS 



NaTCRB 



DO MVB. 



Schiste. 



Schiste. 



x a • -• o 

2*Sb5 

■ c«5"3 « 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



proportion p. 0/0. 



lATlItlt 

Tolatilo». 



73« 



42- 



8' 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



51-,50 



19.60 



19.95 



22.50 



21.80 



27' 



47" 



6«,50 



19.75 



21.60 



19.60 



cou. 




78.20 



73.87 



73.60 



2.20 



74.40 



78.13 



75.12 



74.76 



6.88 



Blanc. 



3.90 



3.80 



2.12 



Lie devin. 



Blanc. 



Blanc. 



Gris. 



3.28 



5.64 



Brique 

réfractaire 



Blanc. 



CHAPITRE XIII. 



323 




COUPBS DBS VEINBS. 

H. Houille. — Tf Faux-toit 

If. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bacaillage. 



Le François. 



9-o.ox 




L allier. 




H.o.3i 



Ho.65 



Se.ia 



DeChatenay. 

yzzzzzzzzzzzzzzm h-o -v 

^ H.o.Jô 




Dejardin. 



C.o.ê 




H?l. 





WW//////M 


S.O.lQ 




E.o-18 






mm 


Eo n 





Ho. 33 



H.o.M 



N?2. 

tjiniffiffjrjfji* Ho. 10 



S.O.V5 



Co.ia 




.©-S© 



m^. 



To«7 



Co.So 




0.60) 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUE. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Sis 

o S 
m 2*5 

Q 



§ 



a 

u 

«a 



19-,50 



11»,50 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



4»,50 



11 »,5Q 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



3»,50 



52- 



60' 



20.20 



21.00 
20.40 



20.60 



19.60 



22.80 



23.00 



25.80 



COKB. 



Carbone. 



78.04 



74.04 
76.20 



77.00 



75.88 



74.64 



72.36 



72.54 



Cendres. 



1.76 



4.96 
3.40 



2.40 



4.52 



2.56 



4.64 



COULEUR 
des 

CEADBM. 



Blanc. 



Gris. 

Brique 

réfractaire. 



Brique 
réfractaire. 



Gris. 



Brique 
réfractaire. 



1.66 



Blanc. 



Brique. 



324 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPBS DBS VB1NBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

H. Paox-mor. 

S, Schiste. — B. Hacaillage. 



J¥?5. 



T.O* 




M.©.* 8 



N?6. 



s ©.©■ 

s © ©■ 



fT+rfrW**?*** H.#.iS 



N?7. 



C o.ii 




H o.Sc 



TT?8. 




Ho S© 



K?9. 



M.ooS 





«a •••••*• 



N?K) ou Claire. 

H.o35 



to.ib 

S «.I* 



7ZZZZZZZZZZZZZZ 




mm m* 



H.oao 



NATURE 



DU TOIT. 



Grès. 



Schiste. 



DU MUS. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



2 . s fl 3 

ïi*S3 

2 oJ o • 



PROPORTION P. 0/0. 



MATItRSS 

▼olatilea. 



13» 



4»,50 



82",50 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



152' 



90- 



25.60 



26.00 



27.00 



27.66 



29.47 



31.70 



COKI 



Carbone. 



72.40 



Cendres. 



71.20 



70.80 



71.08 



68.13 



65.73 



2.00 



2.80 



2.20 



1.26 



COULEUR 



cannas*. 






Blanc. 



Blanc 



Blanc. 



2.40 



2.57 



Brique. 



Brique 
réfrac taire 



Brique 
ré frac taire 



Depuis Olympe jusqu'à Chandeleur, ces veines fournissent un coke 
cassant et de qualité médiocre ; mais, à partir de Bernard, elles donnent 
un coke d'excellente qualité. 



CHAPITRE XIII. 325 

La proportion de matières volatiles varie souvent d'un point à un autre, 
dans une veine déterminée. En général, elle augmente quand on s'avance 
vers l'ouest Ainsi, Cécile donne 18 0/0 de matières volatiles, dans les bo- 
wettes de la fosse de Dechy, et 20,80, dans les bowettes de Gayant. Ces 
proportions sont respectivement de 16,80 et 20,30 0/0, pour la veine 
Modeste. Wavrechain donne 24 ,60 0/0, dans les bowettes de Gayant, et 
24,500/0, à la limite de la concession, commune avec l'Escar pelle. Ces pro- 
portions sont de 20,20 et de 25,20 0/0, pour la veine Le François; de 20,86 
et de 26,10 0/0, pour la veine Lallier. Dans d'autres, ces écarts sont moins 
sensibles, et même insignifiants : il en est notamment ainsi dans la veine 
Berni court. 

Cette circonstance a fait croire, un instant, que le faisceau gras de Douai 
devait être inférieur au faisceau de la fosse n° 4, de la compagnie de l'Es- 
carpelle, qui paraissait plus gazeux; on n'a été certain du contraire que 
lorsqu'on s'est approché de la limite commune aux deux concessions, car, 
alors, on a vu les veines d'Aniche devenir de plus en plus gazeuses, et 
atteindre bientôt les proportions de leurs correspondantes de rEscar pelle. 

Après être passé aux fosses Bernicourt, Gayant et Noire-Dame, le 
faisceau dont nous parlons se dirige vers les fosses de Dechy et Saint- 
René. Les couches qui le composent sont ainsi exploitées sur une grande 
étendue : la veine Bernicourt, notamment, a été très utile, il y a quelques 
années, pour établir la correspondance des veines exploitées aux différentes 
fosses, quand leurs travaux étaient moins étendns qu'aujourd'hui, et ne 
communiquaient pas entre eux. 

On suit maintenant le faisceau, veine par veine, dans sa partie nord, 
depuis la limite occidentale de la concession jusqu'au levant de la fosse 
Saint-René. Les particularités à signaler dans cette zone sont les suivantes : 

A Dechy, il existe une passée, appelée Sans nom, au midi de Cécile, et 
une autre, appelée Nouvelle veine, entre De Sessevalle et Grand Moulin. 

On trouve encore une passée, désignée sous le nom d'Ernest, à la 
fosse Saint-René, entre Custozza et Chandeleur. 

Minangoye est appelée Veine n° 16, à la fosse de Dechy. 



AUui* du IkitOMU* 



On* pan*»*/ t>waitb^p. samn**? C«ttrr_ -»sl intercalée entre Defioye 
^t fcrnîr#vir*~ aw£ <*«)** «un^amft -ît »n?ani_ 

£afr<% >* »hBii ^n#>*_ i -»?»*<£. a la frise 5am£-ilené« une autre 
ps < w»g lise ."mi » looetefe i*î«tfe -me. 

A j» :ï>**e ^onrc-dam*. Z>t 'iiaflmay je ranm a LaiLer. ci «a fini le 
ttilo* ta ï.fL 

i; r^me «aran» me <*.;»r?aine nKgrûuite sur les correspondances des 
veines jnemlionaiea. i partir le C#*ijar r LiL, aooeiee 7 a Saint-René. Teine ■* 7 ; 
e -**t p»ar .'.eia in-e *es même* ttuutiies panent ries noms d. itèrent* â 
<krvant*t a >«j<r*~u-aflM- tiiK oart. a j^At*ti Saut-René de l'autre. 

Pir exâmçie. la v*sne a" I. ie Gayinc n'est pi »is connue vers le le*»!; 
à Sotre-Dame. eue *g retiut t*?a a ane passée d'eseaillage. 

La veine a J L -le «^ayanx et .^iCfr[>ine y s'appelle u" 7 â Dethy, et Petite 

veine a Saint-Rene« 

Les veines îesu^nees aux deax premières fosses par les wT 4 et 5 pa- 
raissent ^e transformer en passées, oa se perdre avant d'arriver an dent 

antresw U est possible, u>ate&t* T «pie la veine n* à corresponde à celle qui 

est désignée, a Dech y et a Saînt-ftené, par le n* 6. 

La veine n* 7„ de Gavant ei Xotre-Itame, prend le ■" 3à Dechy, et n'est 
pins connue à Saint-René* 

11 existe, à la fasse de Dechy, nn certain nombre de Teines auxquelles 
oa a attribué lesnM, l 9 % 5, et que Ton ne retronve pas aux antres fosses. 

Les Teines n* 8. 9 et 10 f de Notre-Dame, n'ont pas été atteintes an midi 
de Gayant et de Dechy. Nous verrons pins loin ce qui existe an sud de la 
teioe a* 6 V de Saint René. 

Le faisceau gras de Douai présente une orientation générale N. 45* 0. ; 
ses reines sont assez régulières et se développent suivant une direction uni- 
forme» sans présenter de sinuosités marquées ; elles plongent en moyenne 
de &5* vers le sud-ouest. La partie du faisceau comprise entre Bernicourt 
cl Veine n* S présente cette particularité que les couches y sont très rappro- 
chas les unes des autres. L'espacement moyen des Teines est plus grand 
nu noitl» ainsi qu'au sud du faisceau. 



0/0. 



COULEUR 
dot 

CKNDRKS. 



CHAPITRE Mu. 329 

Les intervalles stériles qui séparent les co*^ 
nature à peu près constantes ; les veines elles-mèn** 
sont au nord de Veine n° i, ont une composition a**r u . 
Bernicourt, en particulier, se présente toujours avec le mt„ 
même puissance. 

Notons encore que les veines De Chatenay et Dejardin 
distinctes dans le faisceau de Douai, viennent se rejoindre ver» b 
la concession, pour constituer une veine unique, qui est exploité* - 
carpelle sous le nom de Veine n° 3. ** 

Le faisceau de Douai est sillonné par un certain nombre d'accident* 
dont la direction générale est perpendiculaire à celle des veines, et « - 
ramènent les terrains au nord, quand on s'avance vers l'ouest. Ces accident* 
ne consistent pas, comme on pourrait le croire, en cassures franches et 
nettement orientées; ce sont plutôt des brouillages d'une allure assez tour- 
mentée, ayant une direction générale du nord-est au sud-ouest, et plongeant 
vers le nord-ouest. 

Tout près de la limite de l'Escarpelle, au couchant de la fosse Gayant, 
il existe un de ces accidents qui, du côté de l'ouest, rejette les terrains de 
50 mètres en moyenne vers le nord, dans toute l'étendue explorée du fais- 
ceau. L'amplitude du rejet augmente à mesure qu'on s'avance vers le nord* 

Entre Gayant et Notre-Dame, on en trouve deux autres; le plus occiden- 
tal produit un rejet de 300 mètres environ, et il est rejoint par un petit cran 
venant de la direction du nord, qui lui est presque perpendiculaire; 
l'autre ne ramène les terrains au nord que d'environ 50 mètres. Si on les 
suit vers le nord, on remarque que leur direction se modifie peu à peu et 
fait un angle de plus en plus aigu avec celle des veines; en même temps, 
ils se redressent et deviennent presque verticaux, avec inclinaison au nord. 

Entre les fosses Notre-Dame et de Dechy, on remarque un autre acci- 
dent, moins important que les précédents comme rejet, mais plus considé-* 
rable comme puissance. Son épaisseur horizontale est d'environ 60 mètres, 
tandis qu'aux autres, elle n'est que d'une trentaine de mètres. 

La partie nord du champ d'exploitation de la fosse de Dechy est sillon-' 



»* 



326 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNBS. 

Une passée d'escaillage, nommée Cuslers, est intercalée entre Delloye 
et Beruicourt, aux fosses Notre-Dame et Gayant. 

Entre les mêmes veines, il existe, à la fosse Saint- René, une autre 
passée que Ton a appelée Plaie veine. 

A la fosse Notre-Dame, De Chatenay se réunit à Lallier, et en forme le 
sillon du toit. 

Il règne encore une certaine incertitude sur les correspondances des 
veines méridionales, à partir de Dejardin, appelée, à Saint- René, Veine n° 7 ; 
c'est pour cela que les mêmes couches portent des noms différents à 
Gayant et à Notre-Dame d'une part, à Dechy et à Saint-René de l'autre. 

Par exemple, la veine n° 4, de Gayant, n'est plus connue vers le levant; 
à Notre-Dame, elle se réduit déjà à une passée d'escaillage. 

La veine n° 2, de Gayant et Notre-Dame, s'appelle n° 7 à Dechy, et Petite 

veine à Saint-René. 

Les veines désignées aux deux premières fosses par les n°° & et 5 pa- 
raissent se transformer en passées, ou se perdre avant d'arriver aux deux 

autres. 11 est possible, toutefois, que la veine n° à corresponde à celle qui 

est désignée, à Dechy et à Saint-René, par le n° 6. 

La veine n° 7, de Gayant et Notre-Dame, prend le n° 3 à Dechy, et n'est 
plus connue à Saint-René. 

Il existe, à la fosse de Dechy, un certain nombre de veines auxquelles 
on a attribué les n" 4, 1, 2, 5, et que l'on ne retrouve pas aux autres fosses. 

Les veines n°* 8, 9 et 40, de Notre-Dame, n'ont pas été atteintes au midi 
de Gayant et de Dechy. Nous verrons plus loin ce qui existe au sud de la 
veine n* 6, de Saint-René. 
\u*r* 4* nu****. ^ e faisceau gras de Douai présente une orientation générale N. 45° 0. ; 

ses veines sont assez régulières et se développent suivant une direction uni- 
forme, sans présenter de sinuosités marquées ; elles plongent en moyenne 
de A5° vers le sud-ouest. La partie du faisceau comprise entre Bernicourt 
et Volne n° 2 présente cette particularité que les couches y sont très rappro- 
chas les unes des autres. L'espacement moyen des veines est plus grand 
&tt ttWtU ainsi qu'au sud du faisceau. 



CHAPITRE XI11. 327 

Les intervalles stériles qui séparent les couches sont d'épaisseur et de 
nature à peu près constantes ; les veines elles-mêmes, du moins celles qui 
sont au nord de Veine n° 1, ont une composition assez uniforme. La veine 
Bernicourt, en particulier, se présente toujours avec le même aspect et la 
même puissance. 

Notons encore que les veines De Ghatenay et Dejardin, qui sont 
distinctes dans le faisceau de Douai, viennent se rejoindre vers la limite de 
la concession, pour constituer une veine unique, qui est exploitée à l'Es- 
carpelle sous le nom de Veine n° 3. 

Le faisceau de Douai est sillonné par un certain nombre d'accidents, Accidents 

du 

dont la direction générale est perpendiculaire à celle des veines, et qui fais«*u de Douai, 
ramènent les terrains au nord, quand on s'avance vers l'ouest. Ces accidents 
ne consistent pas, comme on pourrait le croire, en cassures franches et 
nettement orientées; ce sont plutôt des brouillages d'une allure assez tour- 
mentée, ayant une direction générale du nord-est au sud-ouest, et plongeant 
vers le nord-ouest. 

Tout près de la limite de l'Escarpelle, au couchant de la fosse Gayant, 
il existe un de ces accidents qui, du côté de l'ouest, rejette les terrains de 
50 mètres en moyenne vers le nord, dans toute l'étendue explorée du fais- 
ceau. L'amplitude du rejet augmente à mesure qu'on s'avance vers le nord. 

Entre Gayant et Notre-Dame, on en trouve deux autres; le plus occiden- 
tal produit un rejet de 300 mètres environ, et il est rejoint par un petit cran 
venant de la direction du nord, qui lui est presque perpendiculaire; 
l'autre ne ramène les terrains au nord que d'environ 50 mètres. Si on les 
suit vers le nord, on remarque que leur direction se modifie peu à peu et 
fait un angle de plus en plus aigu avec celle des veines; en même temps» 
ils se redressent et deviennent presque verticaux, avec inclinaison au nord. 

Entre les fosses Notre-Dame et de Dechy, on remarque un autre acci- 
dent, moins important que les précédents comme rejet, mais plus considé- 
rable comme puissance. Son épaisseur horizontale est d'environ 60 mètres, 
tandis qu'aux autres, elle n'est que d'une trentaine de mètres. 

La partie nord du champ d'exploitation de la fosse de Dechy est sillon-' 



328 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

née par on assez grand nombre d'accidents, parmi lesquels on en distingue 
quatre principaux, qui produisent des rejets au nord, variant de 50 à 
80 mètres. 

Entre Dechy et Saint-René, les veines ne sont pas interrompues dans 
la partie septentrionale du faisceau; de la veine Berni court à la veine 
n 9 6, on remarque un accident qui ne produit qu'un faible rejet, mais pré- 
sente une épaisseur horizontale d'une quarantaine de mètres. Les galeries 
creusées dans ce brouillage, pour raccorder les voies de fond de Wa vrechain, 
y ont trouvé un remplissage de tourtia et de terrain crétacé, 
«éndioiui A la fosse Saint-René, les bowettes du midi ont traversé, à peu de dis- 

fe«e feistjfaoé. tance du puits et au delà de la veine n 9 6, qui correspond peut-être, comme 

nous l'avons vu, à la veine n° 4 de Gayant, une épaisseur de plus de 
200 mètres de terrains complètement brouillés; puis elles sont entrées 
dans un faisceau de veines inconnues aux autres fosses, et donnant une 
proportion de matières volatiles variant de 26 à 34 0/0. Les charbons qu'on 
en extrait sont trop gazeux pour être employés seuls à la fabrication du 
coke ; il faut les mélanger à d'autres. 

Les veines du faisceau méridional de Saint-René sont tantôt en allure 
normale, tantôt en allure renversée; dans ce dernier cas, elles ont leur 
pied au sud ; elles ont reçu les dénominations suivantes, du nord au sud : 
Marguerite, Sainte-Barbe, Louis, Éloi, Valentin, Espérance, Héhïse, Abélard, Henri, 
Urbain, Florent, Léon, Paul, Virginie, Veine du bout. 

Le tableau ci-dessous fait connaître la composition de ce faisceau, 
dont la coupe figure à la planche XII. 



CHAPITRE XIII. 



329 



COUPBS DBS YBINBS. 

H. Houille. — T. Fanx-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schifte. — B. BscaUlag*. 



tjOJOj 



Marguerite. 




K«x6S 



S 1 " Barbe. 



C a3o 



%.OJOJ 

M.o.s5 




H o.io 



&O.OI 



E oJ& 




Eloi. 




H. 0.7V 



Valentin. 



C.0.16 
S.o tft 



7ZZZZZZZZZZZZZZZZI 



T 



H. ait 
H. ait 



Espérance. 




&.&o3 




NATDRB 



DU TOIT. 



Grès. 



DU MUS. 



5>gag 



PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 



Grés. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 




52» 



21' 



14-,50 



26-,50 



05' 



78' 



2-,50 



25.90 



28.00 



27.80 



26.00 



27.60 



29.60 



33.20 



72.10 



66.80 



70.00 



70.40 



70.20 



67.80 



62.60 



2.00 



5.20 



2.20 



3.60 



2.20 



2.00 



4.20 



Blanc. 



Gris. 



Blanc. 



Brique. 



Gris. 



Brique. 



Gris. 



I 



42 



BASSIN ROUILLER DE VALENCIENNES. 



COBPKS DBS VEINHS. 

B. Hosll]*. — T. Fuu-UIL 

M. Fui-mur. 



AbcVd. 






mmmmr- 

Florent. 



' Virgin 



Veine du bout 

mmmm 



WM A"— 






PP.OP0RTTON P. 



JULBCR I 



«.M 






63.30 


5.73 


Grit. 


73.00 


0.80 


Lie de «in 


68.70 


3.80 


Grii. 


69.00 


6.00 


BUnc 


70.00 


1.30 


Brique 
r6Gr*claire. 


00.40 


3.60 


Gri». 


66.00 


4.00 


Gris. 



CHAPITRE XIII. 331 

Dans toutes ces veines, le toit se trouve du côté du nord, et le mur du 
côté du sud, à l'inverse de ce qui existe dans le faisceau septentrional. Il y 
a donc eu, au midi de Saint-René, un redressement des terrains allant jus- 
qu'au renversement, et la formation présente, dans son ensemble, l'appa- 
rence d'une selle renversée, ayant une inclinaison générale vers le sud-ouest. 

A la fosse de Dechy, la bowette méridionale du niveau de 215 mètres, 
qui est maintenant abandonnée, a traversé, au delà de la veine n° 5, 
350 mètres de terrains irréguliers et pauvres, qui paraissent former la 
continuation du brouillage existant entre les deux groupes de Saint-René. 
A la même fosse, la bowette sud de l'étage de 311 mètres a, de même, 
rencontré, au delà de la veine n° 3, une cassure suivie de terrains brouillés; 
plus loin, à 800 mètres du puits, elle a atteint une veine qui parait être 
Marguerite, et qui plonge, en allure renversée, de 60° vers le sud-ouest. 
Les travaux du couchant de Sainte-Barbe sont peu éloignés de l'extrémité 
de cette bowette. 

11 est enfin probable que le faisceau de Saint-René vient encore d'être 
atteint par la bowette sud de l'étage de 281 mètres de Notre-Dame. A la 
veine Claire, plongeant de 29° au sud-ouest, a succédé, dans cette galerie, 
une passée encaissée dans des grès, et ayant la même inclinaison ; puis, 
après avoir traversé des grès et das schistes présentant plusieurs cassures, 
la bowette a recoupé successivement, en allure renversée, les veines n" 11, 
12 et 13, plus une passée comprise entre les deux premières. La veine n°ll 
a une inclinaison de 80° au sud-ouest; elle est située à 112 mètres de 
Glaire, distance comptée horizontalement. Les veines n ' 12 et 13 plongent 
de 85° dans la même direction; elles se trouvent, l'une à 30 mètres, l'autre 
à 45 mètres de la précédente. Plus loin, les terrains deviennent verticaux, 
et arrivent même à incliner de 80° vers le nord-est. Ces veines fournissent 
des charbons renfermant de 32 à 34 0/0 de matières volatiles ; elles ont res- 
pectivement m ,40, i m ,&5 et m ,60 d'ouverture, dont m ,35, l œ ,20 et m ,58 de 
charbon « 

A la fosse Saint-René, on n'observe aucune ressemblance entre les 
veines des deux faisceaux, tandis qu'à Notre-Dame, la veine n° 12, du 



332 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

groupe méridional, parait identique à Claire, du groupe septentrional. Ces 
deux veines ont le même aspect; de plus, la voie de fond du couchant de 
Claire s'infléchit à son extrémité, comme si elle devait venir se raccorder, 
en décrivant une sorte de demi-cercle, avec celle du couchant de la veine 
n* 12. D'après cela, le faisceau septentrional, participant à la même allure, 
dessinerait un pli à angle très aigu s'embottant dans celui que Ton a reconnu 
aux fosses n" 3 et 4, de l'Escarpelle, et il y aurait identité entre les 
deux groupes de Saint- René, malgré leurs dissemblances apparentes. Il 
serait prématuré d'admettre que le plissement observé à cette fosse corres- 
pond au passage de Taxe du bassin houiller ; il est possible, en effet, qu'après 
s'être présentées en droit, les veines reviennent en plat, en se repliant de 
nouveau sur elles-mêmes, suivant l'allure que l'on remarque fréquemment 
dans les charbons demi-gras d'Anzin. 

Les terrains ayant été ployés sous un angle très aigu, on s'explique faci- 
lement l'irrégularité des bancs qui séparent les deux groupes : les charbons 
du sud sont, d'ailleurs, un peu plus gazeux que ceux du nord. 11 est possible, 
enfin, qu'il y ait eu, à Saint-René, un affaissement des branches redressées, 
produit par une faille parallèle à la direction commune des deux faisceaux. 
conglomérat A environ 1,000 mètres au sud du puits, la bowette de l'étage de 

de Roucourt. 257 mètres de Saint-René a atteint un conglomérat formé de fragments de 

calcaire et de quartzites appartenant au dévonien inférieur, de calcaire et 
de dolomie carbonifères, et de psammites du Condros (pi. XI). Ces frag- 
ments sont d'un volume très variable; en général, ils présentent des arêtes 
assez saillantes, quoique un peu usées par les frottements qu'ils ont subis; 
mais, parfois, ce sont de véritables galets roulés. L'agglomération de la masse 
est produite par un ciment calcaire qui lui a donné une grande dureté. On 
y trouve quelques débris de grès houiller et même de houille, ce qui indique 
que ce terrain est d'un âge plus récent que la formation houillère; il date 
. de l'époque permienne ou de l'époque triasique. 

Les deux puits de Roucourt, situés à 1,800 mètres au sud de Saint- 
René, ont été ouverts à 600 mètres environ à l'est d'un sondage qui avait 
découvert le terrain houiller, en 1874, à la profondeur de 165 mètres, et 



CHAPITRE XIII. 333 

avait été interrompu par un accident à celle de 481 mètres; des carottes 
de O^O et O^âO de longueur, ramenées au jour, y avaient révélé la pré- 
sence de schistes houillers à empreintes bien caractérisées, inclinés de 21°. 
Néanmoins, après avoir traversé une quinzaine de mètres de gault, 
les puits sont tombés sur le conglomérat triasique ou permien, qui a 
été atteint à la profondeur de 164 mètres. On pensa, alors, que ce con- 
glomérat ne remplissait qu'une cassure du terrain houiller, orientée sui- 
vant la direction ordinaire des accidents dans la région, c'est-à-dire du 
nord-est au sud-ouest, et, dans cette idée, on ouvrit, au niveau de 198 mè- 
tres, une galerie que Ton dirigea vers le nord-ouest, afin d'atteindre plus 
vite le bord de la cassure dans laquelle on croyait se trouver. Plus tard, on 
infléchit un peu la direction de cette galerie vers le nord, en la dirigeant 
vers un recoupage de Saint-René, partant de la voie de fond de la veine 
Sainte-Barbe, à 500 mètres environ au levant de la bowelte de 257 mètres, 
et dirigé vers le sud-ouest. 

La galerie de Roucourt n'a rencontré le terrain houiller qu'après un 
parcours de plus de 1,000 mètres; on y remarque que les galets qui font 
partie de la masse du terrain sont en général placés horizontalement, 
c'est-à-dire ont leur petit axe vertical; souvent, ils sont enveloppés d'une 
couche mince d'argile rougeâtre ou grise. Une grosse lentille de houille 
de m ,70 de diamètre, a été trouvée posée à plat, ce qui porte à croire que 
les fragments du conglomérat ont été amenés par les eaux, d'une certaine 
distance; le courant qui les a charriés venait d'ailleurs du sud, car les 
roches qui les constituent appartiennent, en majeure partie, aux terrains 
qui existent au midi du bassin. 

À 500 mètres environ de la fosse de Roucourt, on a creusé, en parlant 
de la galerie en travers-bancs, un bure vertical de 42 mètres de profon- 
deur, qui est toujours resté dans le même conglomérat ; il a recoupé, à 
31 m ,20 au-dessous de la bowetle, un petit banc schisteux très mince, 
incliné de 14° vers le sud; 5 m ,10 plus bas, c'est-à-dire vers le niveau 
de 234 mètres, il en a traversé un second, de 1 B ,65 de hauteur verti- 
cale, dirigé de l'est à l'ouest, et plongeant de 21° au midi. Ce banc 



33i BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

a été exploré par une petite galerie de li m ,60 de long, dirigée vers le 
nord. On ne saurai t dire s'il se prolonge à grande distance, avec la môme 
épaisseur, la même direction et la même inclinaison. Les schistes qui le 
composent sont tendres et chargés d'empreintes de calamités et de nevropteris; 
ils sont incontestablement houillers. Peut-être appartiennent-ils à une 
sorte de plaquette qui aurait été entraînée par les eaux au milieu de la 
masse. C'est peut-être aussi un fragment de ce genre, atteint au sondage de 
Roucourt, qui aura fait croire à la présence du terrain houiller, à 165 mètres 
du sol, dans les conditions ordinaires. Sous le banc de schistes tendres de 
l m ,65, le bure a traversé 1 B ,70 de schistes durs, renfermant des cailloux 
arrondis de calcaire. 

Le recoupage partant de la veine Sainte-Barbe, au niveau de 257 mètres 
de Saint-René, et à 500 mètres au levant de la bo we t te de ce t étage, a égale- 
ment atteint la limite de séparation du terrain houiller et du conglomérat, à 
350 mètres environ de ladite veine. Cette limite a été enfin atteinte par deux 
autres recoupages de 45 et de 178 mètres de long, creusés h partir de Veine 
du bout, à 430 et à 930 mètres au levant du premier, en sorte que le contact 
des deux terrains se trouve maintenant connu en cinq points différents. 

À la rencontre de la bowette sud de Saint-René, les deux terrains 
se rejoignent suivant un plan vertical, dirigé de l'ouest à l'est. La 
limite est orientée du nord-ouest au sud-est, à l'extrémité de la galerie de 
Roucourt; en même temps, elle plonge de 80° vers le sud-ouest; la sépara- 
tion est très nette; au nord, on trouve des schistes houillers brouillés, mais 
purs; au sud, le conglomérat calcaire, chargé d'une plus grande quantité de 
grès houiller que d'habitude. 

Au bout des trois recoupages de Saint-René, la surface de contact des 
deux terrains est encore dirigée du nord-ouest au sud-est, mais plonge de 
52° vers le sud-ouest au premier, de 60° au second, et de 78° au troisième. 

Si l'on raccorde ces divers points, on voit que la masse triasiqueou 
permienne parait limitée, contre le terrain houiller de Saint-René, par une 
surface à pente raide dirigée vers le sud ou vers le sud-ouest, et qui des- 
sine, en affleurement, une sorte d'arc de cercle, allant de la bowette méri- 



CHAPITRE XIII. 



335 



Fosse Gayant. 



dionale au premier recoupage de Saint-René, et se continuant par une 
ligne presque droite joignant les deux autres recoupages. On recherche 
encore le conglomérat par un recoupage, partant de Sainte-Barbe à 
600 mètres au couchant de la bowette de Saint-René, et dirigé vers le sud- 
ouest. La planche XI fait connaître la disposition de tous ces travaux. 

Aucun indice ne permet d'évaluer, quant à présent, l'épaisseur du 
dépôt; tout ce que l'on sait, c'est qu'il est plus moderne que la formation 
houillère, et qu'il a été amené par les eaux d'une distance qui ne peut 
pas être considérable, puisque presque tous ses fragments présentent encore 
des arêtes assez vives. Si son épaisseur n'est pas trop forte, on trouvera, 
au-dessous de lui, le terrain houiller. 

La fosse Gayant a été ouverte en 1853, à 800 mètres environ de la 
limite de la concession ; elle est sortie des morts-terrains à la profon- 
deur de 153 mètres, et ses bowettes s'étendent depuis la veine Olympe, au 
nord, jusqu'à la veine n° 7, au sud. Du côté du couchant, ses travaux vont 
jusqu'à la concession de l'Escarpelle, dans laquelle le prolongement des 
veines du faisceau est exploité par les fosses n" & et 5. Ceux du levant sont 
en communication avec les galeries de la fosse Notre-Dame. Nous avons fait 
connaître précédemment les principaux accidents qui existent tant à la 
fosse Gayant, qu'aux autres fosses du groupe de Douai. Us présentent le 
caractère général de faire remonter le terrain houiller vers le nord, pour un 
observateur qui se transporterait de l'est vers l'ouest, ou, plus exacte- 
ment, du sud-est au nord-ouest. La fosse Gayant a été récemment appro- 
fondie jusqu'à 382 mètres, ce qui a permis d'ouvrir un nouvel étage à 
374 mètres. 

A 680 mètres au nord-est de la fosse Gayant, la compagnie commença, Fosse Bemicoort 
en 1866, la fosse Bernicourt. Les eaux étant très abondantes, le creusement 
du puits fut suspendu, en 1867, à la profondeur de 28 mètres. On essaya 
de le continuer, en 1872, par le procédé Kind-Chaudron, mais des éboule - 
ments se produisirent pendant qu'on cherchait à le déblayer, et il fallut 
en commencer un autre, à côté. 

Ce dernier a atteint le terrain houiller à la profondeur de 153 mètres ; 



336 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

il est destiné à exploiter la partie septentrionale du faisceau, et à explorer 
le nord de la concession. 11 est en relation, au midi, avec les fosses Gayant 
et Notre-Dame; au nord, son champ d'exploitation s'étend jusqu'à la veine 
du nord, qui est séparée d'Olympe par un large intervalle stérile, dans 
lequel on a trouvé plusieurs amas de charbon pulvérulent. Cette dernière 
veine est affectée, ainsi que deux passées qui l'avoisinent, de plusieurs 
glissements presque horizontaux, qui la ramènent vers le sud, en profon- 
deur. Au niveau de 308 mètres, on poursuit la bowelte au-delà de Veine 
du nord, pour continuer la reconnaissance du faisceau, et atteindre le pro- 
longement des veines demi-grasses d'Aniche et de la fosse n° 1 de l'Escar- 
pelle. Ce travail se présente avec des chances sérieuses de succès, car, de 
ce côté, les terrains sont inclinés de plus de 45* vers le sud. L'intervalle 
pauvre compris entre Veine du nord et Olympe parait, d'ailleurs, corres- 
pondre à celui qui existe, à l'Escarpelle, entre Veine n* 28 et Eugène. 

Fosse Notre-Dame. La fosse Notre-Dame est située à 1,170 mètres au sud de Bernicourt; 

elle a été ouverte en 1856, et est entrée dans le terrain hou il 1er à la profon- 
deur de 468 mètres. Son dernier accrochage est situé au niveau de 341 mè- 
tres. Ses bowetles nord s'étendent jusqu'à la veine Marcel, qui parait soumise 
à l'influence des glissements horizontaux constatés à Bernicourt. Au midi, 
la bowette de l'étage de 281 mètres a dépassé la veine n° 10 ou Claire, et a 
recoupé les veines n 09 11, 12 et 13, ainsi que nous l'avons vu plus haut. 

Fosse de Dechy. La fosse de Dechy a été entreprise, en 4860, à environ 2,000 mètres 

au sud-est de Notre-Dame; le terrain houiiler y a été rencontré à 180 mè- 
tres du sol ; son dernier étage est à 311 mètres. La veine Cécile est celle qui 
est connue le plus au nord, à cette fosse. Une traction mécanique par 
corde-tête et corde-queue, avec machine au jour, a fonctionné pendant 
quelque temps à la fosse de Dechy, dans la bowette nord de 251 mètres, 
et dans la voie de fond de la veine De Sessevalle, sur une longueur 
de 1,000 mètres dans la bowette, et de 450 mètres dans la voie de fond. 
Fosse Saint-René. La fosse Saint-René a été ouverte en 1866, à 1,700 mètres environ au 

sud-est de la fosse de Dechy, et a atteint le terrain houiiler à la profondeur 
de 173 mètres. On vient d'y commencer l'installation d'un nouveau niveau 



CHAPITRE XIII. 337 

d'exploitation à 314 mètres; mais c'est à celui de 257 mètres que les tra- 
vaux ont reçu le plus grand développement. Au nord, ils s'étendent jusqu'à 
la veine Custozza, dans des terrains assez accidentés, et au sud, ils attei- 
gnent le conglomérat de Roucourt. 

Le faisceau méridional de Saint-René a été reconnu par deux galeries 
parallèles de l'étage de 257 mètres ; Tune est la bowelte sud de ce niveau, 
l'autre un recoupage partant de la veine Sainte-Barbe, à 500 mètres au 
levant de cette bowelte. Les veines qui le composent sont assez irrégulières, 
et il en est de même des terrains qui les encaissent. Elles ne se présentent pas 
en même nombre et sous le même aspect, dans la bowette et dans le recou- 
page. Toutefois, la concordance est complète jusqu'à la veine Éloi; mais déjà 
Valentin, qui existe dans la bowette, ne se retrouve plus dans le recoupage; 
cela provient peut-être de ce que cette veine n'est autre chose qu'Espé- 
rance, rejetée par un accident. Si l'on descend au midi d'Espérance, on ne 
trouve plus de relation certaine entre les veines de la bowette et celles 
du recoupage; les premières sont en plus grand nombre que les autres. 
Notons encore que les veines Héloïse et Abélard sont exceptionnellement 
gazeuses; elles donnent plus de 33 0/0 de matières volatiles et & 0/0 de 
cendres. La veine Sainte-Barbe a déjà été suivie, en direction, sur une 
longueur d'environ 3 kilomètres. 

La fosse de Roucourt, qui comprend deux puits, a été ouverte, en 1875, Fosse de Roucourt. 
à 1,800 mètres au sud de Saint-René. Nous avons fait connaître ses résultats. 
Si elle ne peut servir à exploiter le terrain houiller en profondeur, on pourra, 
du moins, l'utiliser pour l'exploitation du faisceau de Saint-René, qui passe 
à 500 mètres seulement au nord des deux puits. Leurs profondeurs sont de 
198 et 210 mètres ; on a, en outre, exploré le conglomérat, par un sondage, 
jusqu'à 263 mètres. 

Les travaux de la compagnie d'Àniche ne couvrent encore qu'une 
faible partie de sa concession. Entre les gisements des régions d'Aniche et 
de Douai, se trouve un intervalle de plusieurs kilomètres, qui est complète- 
ment inexploré. De plus, il existe, avant d'arriver à la limite nord, une bande 
de 3 à & kilomètres de largeur, dans laquelle aucune recherche n'avait été 



338 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

faite jusqu'à ce jour. C'est elle qu'on s'est proposé d'explorer par les bowettes 
nord de l'étage de 214 mètres de la fosse Traisnel, et de l'étage de 308 mètres 
de la fosse Bernicourt. 
Recherches faites Le terrain houiller s'étend même à une certaine distance au-delà de la 

an nord 

et an nord-ouest de u limite nord de la concession -d'Àniche, et son existence a été constatée, de 
L^ite^septentrionaie ce côt ^> P ar un certain nombre de fosses et de sondages, dont nous citerons 

du bassin hoailler les lu§ j mp0Ptants . 
dans cette région. * * 

Un sondage entrepris, en 1835, par la compagnie des canonniers, à 
peu de distance au nord du clocher de Marchiennes, au lieu dit le Parterre 
de l'Abbaye, a atteint le terrain houiller à la profondeur de 135 mètres, et 
la exploré sur une hauteur de 28 mètres, dans laquelle il n a traversé 
qu'une passée charbonneuse. 

Deux autres sondages, dits sondages de la Motte et de l'Abbaye, exé- 
cutés par la même société en 1836 et 1837, au sud-est du précédent, ont 
découvert le terrain houiller, le premier à la profondeur de 129 mètres, le 
second à celle de 132 mètres, mais sans rencontrer la houille; ils ont tra- 
versé l'un 36 mètres, l'autre 19 mètres de schistes siliceux, parfois très durs. 
Fosse de Marchiennw. C'est un peu au nord-ouest du dernier, sur le trajet de la ligne de che- 
min de fer de Somain à Orchies, que la compagnie des canonniers a ouvert, 
en 1838, la fosse de recherche de Marchiennes (pi. V) . Elle est entrée dans le 
terrain houiller à la profondeur de 129 mètres, et a été approfondie jusqu'à 
195 mètres. Des galeries de recherche y ont été creusées, au niveau de 1 78 mè- 
tres. La bowette nord, de 200 mètres de long, n'a donné aucun résultat. 
Quant à la bowette sud, que l'on a poursuivie sur une longueur de 450 mè- 
tres, elle a rencontré quatre veines, que l'on a bientôt reconnu n'en consti- 
tuer que deux distinctes, à cause des plissements du terrain ; leur épaisseur 
n'était guère que de 0^,60, et elles n'étaient pas exploitables. En consé- 
quence, la fosse a été abandonnée en 1850, sans que la compagnie ait pu 
obtenir une concession, son gisement n'ayant pas paru d'une valeur et 
d'une importance suffisantes. 

Dans cette région, le terrain houiller a encore été atteint, en 1838, 
près de l'angle des concessions d'Anzin et d'Aniche, par le sondage du 



CHAPITRE XIII. 339 

Bassin, exécuté par la société parisienne. Ce soudage a trouvé le terrain 
houiller à 129 mètres, et y a pénétré de 38 mètres, sans donner de résultat. 

Si on s'éloigne dans la direction du sud-ouest, on trouve, non loin de 
Vred, tout prés du cours de la Scarpe, c'est-à-dire presque contre la limite 
nord delà concession d'Aniche, le sondage de Vred, exécuté, en 1839, parla 
compagnie parisienne, qui a donné des résultats importants. Arrivé au ter- 
rain houiller à la profondeur de 134 mètres, il a d'abord traversé 45 mètres 
de schistes argileux plus ou moins compactes; au-dessous et jusqu'au 
niveau de 180 mètres, il a recoupé quelques lits de ph ta ni te de 8 à 10 centi- 
mètres d'épaisseur; enfin, il est entré dans le calcaire, à la profondeur de 
i 85 mètres. 

Ce sondage fournit un point de la limite septentrionale du bassin houil- 
ler, et montre qu'après être passée à une assez grande distance au nord de 
Marchiennes, elle s'infléchit brusquement vers le sud, pour se diriger ensuite 
vers le clocher de Vred. Au delà de ce clocher, elle se développe dans la 
direction du nord-ouest, en laissant au-dessous d'elle un certain nombre 
de sondages positifs, dont nous allons maintenant nous occuper. 

Nous trouvons d'abord, au nord du clocher de Lallaing, le sondage n° 3 
de Lallaing, exécuté, en 1876, par la compagnie de Pont-à-Raches, qui a 
atteint le terrain houiller à 152 mètres, et a été poursuivi jusqu'à 250 mè- 
tres : il n'a traversé qu'une veinule de charbon anthraciteux. 

Un peu à l'ouest, la société de Marchiennes a ouvert, en 1856, à proxi- 
mité du pont de Lallaing, le sondage d'Anhiers, qui est resté dans le ter- 
rain houiller de la profondeur de 152 à celle de 331 mètres, et a traversé 
une veine de charbon de m ,40 d'épaisseur, normalement à la stratification. 
Le sondage du Pont de Lallaing, situé près du précédent, est entré dans le 
terrain houiller au niveau de 144 mètres. 

Vient ensuite, au nord-ouest, toujours à peu de dislance de la Scarpe, 
le soudage n° 1 d'Anhiers, exécuté, en 1876, par la société de Pont-à-Raches. 
Il a atteint le lerrain houiller à 152 mètres, et on l'a poussé, sans résultat, 
jusqu'à 199 mètres* 

Deux autres sondages sont tombés sur le terrain houiller, daus le voi- 



340 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

sinage de l'angle commun aux concessions d'Aniche et de l'Escarpelle. Ce 
sont ceux du Pont -Bai lion et de Radies; le premier, entrepris par la com- 
pagnie de Marchiennes, en 1856, a traversé 207 mètres de terrain houiller, 
de 153 à 360 mètres, et a trouvé une veine de Or ,1k de puissance ; le second 
n'a pas découvert de houille, bien qu'il ait été poursuivi jusqu'à la profon- 
deur de 243 mètres, après avoir atteint le terrain houiller à 152 mètres. 

Enfin, à une plus grande distance au nord, non loin des routes de 
Douai à Orchies et à Lille, le sondage de Montécouvé, entrepris, en 1856, par 
la compagnie douaisienne, a atteint le terrain houiller à 155 mètres, et a 
été abandonné à 211 mètres, sans avoir trouvé la houille. 

Au nord de la limite définie par ces divers sondages, plusieurs se sont 
enfoncés dans le calcaire carbonifère. 

Citons d'abord les deux sondages des Trois-Pucelles, exécutés par la 
compagnie des canonniers, en 1835 et 1837, un peu à l'est du clocher de 
Bouvignies. Le premier est entré à 138 mètres dans des schistes calcareux 
qui se rattachent au calcaire carbonifère; le second a traversé, à la même 
profondeur, 14 mètres de bancs siliceux très durs, presque verticaux, 
appartenant au même étage. 

Un peu au nord-est du clocher de Flines-lès-Raches, un forage de 
la compagnie de Marchiennes a trouvé, en 1838, une alternance de bancs 
calcareux et schisto-calcareux, qu'il a traversés du niveau de 164 mètres à 
celui de 166 mètres. 

Enfin, à une assez grande distance au nord-ouest, le sondage de Mon- 

cheaux, de la compagnie de l'Escarpelle, est tombé sur le calcaire, en 1855, 

à la profondeur de 186 mètres. 

sondages situés La compagnie d'Aniche a exécuté, dans l'intérieur de sa concession, 

coDcessioTd^nLie. un certain nombre de sondages, qui ont servi à fixer les emplacements de 

ses fosses les plus récentes; ils ont naturellement trouvé tous le terrain 
houiller, et il est inutile de nous y arrêter. 

Si, maintenant, on envisage la concession d'Aniche dans son ensemble, 
on voit qu'elle se divise géologiquement en deux bandes, l'une septentrio- 
nale, l'autre méridionale, séparées par le cran de retour; la première est 



CHAPITRE XIII. 341 

de beaucoup la plus importante, et comprend la totalité des fosses actuelle- 
ment en exploitation. Au nord, elle renferme les petites veines explorées à 
la fosse de Marchiennes, et recoupées dans plusieurs des sondages dissé- 
minés sur la rive gauche de la Scarpe; ce sont probablement les mêmes 
qui ont été exploitées, du côté du levant, dans les concessions d'Hasnon, de 
Bruille et de Château-1* Abbaye. Ensuite, on trouve une région tout à fait 
inconnue, dans laquelle passent vraisemblement les faisceaux de houilles 
maigres exploités dans les concessions de Vieux-Condé, Odomez, Fresnes, 
Vicoigne et Thivencelles. Ces faisceaux ne sont plus connus à l'ouest de 
Vicoigne, mais il est probable qu'ils se prolongent dans la concession 
d'Aniche, et qu'ils entrent ensuite dans celle de l'Escar pelle, au nord de la 
fosse n° i. On les recherche, en ce moment, par la bowette nord de la fosse. 
Traisnel, au niveau de 214 mètres. Le faisceau des houilles sèches d'Aniche 
leur est immédiatement supérieur. Il vient, à l'est, de la concession d'Anzin, 
où il est exploité aux fosses Casimir Périer et Saint-Mark. Le raccordement 
des veines d'Anzin et d'Aniche se fait d'ailleurs de la manière suivante : 

li° veine du nord, d'Anzin, correspond à Georges, d'Aniche. Cette veine 
est composée, à la fosse Casimir Périer, de h sillons superposés de m ,12, 
0V20, m ,12 et m ,62 d'épaisseur, séparés par 3 lits de schiste et d'es- 
caillage; mais, au delà de l'accident du couchant de cette fosse, elle 
se réduit au sillon du mur, de m ,62 de puissance : le reste se convertit en 
noireux. C'est à peu près sous cet aspect qu'elle franchit la limite des deux 
concessions, pour prendre le nom de Georges. 

3 e veine du nord, de Casimir Périer, est identique à Grande veine, 
d'Aniche-, Petite veine du nord à Bonsecours; 2° veine du nord à Marie; 
î" veine du nord à Sondage et Jumelle réunies, et î" veine du sud à Fer- 
dinand. 

Veine du nord, d'Aniche, passe au nord du faisceau de Casimir Périer, 
et correspond sans doute à une passée que l'on a recoupée à cette fosse ; 
elle est peut-être assimilable à la nouvelle veine de la fosse Lambrecht. 

Au couchant des exploitations des environs d'Aniche, le faisceau des 
houilles sèches doit se prolonger, de manière à venir passer au nord de la 



Correspondance 

des veines d*Amin 

et 

d'Aniche. 



342 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

fosse Bernicourt, d'où on compte l'atteindre par la bowette du niveau de 
308 mètres, que Ton continue dans ce but; Veine du nord, de cette fosse, 
appartient déjà à ce faisceau. Il pénètre enfin dans la concession de 
l'Escarpelle, où on l'exploite à la fosse n° 1. 

Plus au sud, on trouve le faisceau des houilles grasses de Douai, qui 
vient probablement s'interrompre, au levant, contre le cran de retour, et 
est connu aux fosses n* 3, 5 et 4, de l'Escarpelle. Nous indiquerons plus 
loin comment s'établit la correspondance des veines exploitées par les 
deux compagnies. 

Quant au cran de retour, sa direction, dans la concession d'Anzin et 
au levant de celle d'Aniche, porte à croire qu'il se dirige vers la fosse de 
Roucourt; s'il se continue jusqu'à la limite sud du bassin, il doit l'atteindre 
à l'ouest de cette fosse. 

Au sud de cet accident, il n'existe que le faisceau gras exploité, 
depuis l'origine de la compagnie, aux anciennes fosses d'Aniche, et qui est 
maintenant complètement abandonné. Ses veines les plus méridionales 
vont passer dans la concession d'Azincourt, et on ne saurait le relier au 
faisceau gras de Douai, car il en est très éloigné et en est séparé par le 
cran de retour. On ne peut même pas raccorder les veines grasses d'Aniche 

s 

à celles de la région d'Abscon. Cette dernière est peut-être délimitée, à 
l'ouest, par un accident, tel que la faille de Rœulx, interrompant toute 
continuité entre les faisceaux. 
Avenir Quoi qu'il en soit, il résulte des considérations qui précèdent que la 

do la concession 

d'Aniche. concession d'Aniche est appelée à un grand avenir; il faudrait augmenter 

d'une douzaine, au moins, le nombre de ses fosses, pour mettre en exploita* 
tion la totalité de son gisement. On peut craindre, cependant, que le chan- 
gement de direction de l'axe du bassin, entre le méridien d'Auberchicourt 
et celui de Lewarde, ne soit marqué, dans cet intervalle, par des accidents 
importants, qui appauvriraient le milieu de Ja concession* Cette question 
ne pourra être tranchée que par des recherches exécutées à cet endroit* 



CHAPITRE XIV. 



CONCESSION D'AZINCOURT. 



Le terrain houiller de la concession d'Azincourt (pi. VII) se divise en Existence 

de 

deux parties distinctes: la première, située à l'est, a été exploitée par trois deux régions distinctes 
fosses, désignées sous les noms de fosses Saint-Edouard, Sainte-Marie et concession. 
Saint-Auguste ; la seconde, située à l'ouest, est encore exploitée par la fosse 
Saint-Roch; toutes deux fournissent des charbons gras. Elles sont séparées 
par un massif calcareux, qui forme entre elles une sorte de promon- 
toire, dont le sommet correspond approximativement à l'ancienne fosse 
d'Etrœungt, placée vers la limite, mais hors du terrain houiller. 

Dans la région orientale de la concession, que nous appellerons désor- 
mais région de Saint-Edouard 3 la limite sud du terrain houiller a été déter- 
minée, avec une assez grande exactitude, par des bowettes partant des 
fosses Saint-Auguste, Sainte-Marie et d'Etrœungt. On peut évaluer à 
150 hectares environ l'étendue de l'affleurement houiller situé dans cette 
partie de la concession. 

Au contraire, on ne saurait indiquer, même d'une manière approchée, 
l'étendue du terrain houiller qui constitue le groupe occidental, que nous 
appellerons région de Saint-Roch. Au midi de cette fosse, les bowettes ont à 
peine dépassé la veine Julienne. Celle qui a donné les indications les plus 
complètes a été creusée au niveau de 205 mètres; elle n'a traversé, au 
delà de Julienne, que deux passées d'une dizaine de centimètres en char- 
bon, et a été arrêtée, à 267 mètres du puits, sur un banc de querelles 



SU BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

très dures, qui donnaient beaucoup d'eau. On était encore, à ce moment, 
dans le terrain houiller. A 1 9 000 mètres au sud de la fosse Saint-Roch, on 
a creusé, en 4875, un sondage qui n'a pas donné de résultats concluants. 
On n'y a pas recueilli d'échantillons au-dessous du tourtia, sous prétexte 
que l'outillage était imparfait, et que ce travail faisait double emploi avec 
une galerie de reconnaissance que l'on exécutait alors au midi de la 
fosse Saint-Auguste. Ce sondage est sorti du tourtia à la profondeur 
de £55 mètres, et n'a été continué que jusqu'à celle de 165 mètres. 
Nous avons soumis au lavage des terrains broyés remontés dans cet inter- 
valle, et nous y avons trouvé une proportion de pyrite de fer et de quartz 
cristallisé supérieure à celle qu'on rencontre ordinairement dans le terrain 
houiller; les parcelles que nous avons examinées, et dont les plus grosses 
n'atteignaient pas le volume d'un grain de millet, appartenaient à un grès 
blanc très différent des grès houillers. Ajoutons en passant qu'on a trouvé 
dans ce sondage, à un niveau plus élevé, une argile plastique, marbrée de 
rouge, qui paratt être une argile du gault. Des constatations aussi incom- 
plètes que celles qui viennent d'être décrites, laissent naturellement beau- 
coup d'incertitude; néanmoins, il convient de remarquer que, dans les 
résidus du lavage, nous n'avons rencontré aucun grain de terrain parais- 
sant devoir être rapporté soit aux grès, soit aux schistes houillers. Aussi, 
sommes-nous amené à regarder ce sondage comme négatif. 

Malgré cette circonstance défavorable, il est permis de croire qu'il 
existe, au midi de Saint-Roch, une bande de terrain houiller qui n'a jamais 
été explorée. On se propose d'y ouvrir une galerie de reconnaissance au 
niveau de 345 mètres, à 600 mètres au couchant du puits, c'est-à-dire 
dans la région où les terrains ont la régularité la plus satisfaisante. Nous 
verrons, dans un instant, que cette recherche a peu de chance de succès. 

On se trouve dans une incertitude aussi grande sur la distance à 
laquelle se développe le terrain houiller du côté de l'ouest. Dans cette di- 
rection, les chassages de la fosse Saint-Roch se sont étendus jusqu'à 
1,300 mètres environ d'une ligne nord-sud passant par Taxe du puits, et 
plusieurs d'entre eux ont été abandonnés en veine exploitable. 11 n'existe 



^A 



CHAPITRE XIV. 



345 



aucun motif de croire que l'exploitation ne pourrait pas être continuée à 
une plus grande distance au couchant. Si on s'en rapportait même aux résul- 
tats connus de l'ancienne fosse d'Erchin, qui a rencontré, dit-on, deux passées 
charbonneuses, et qui est située à plus de 2,500 mètres au sud-ouest de 
Saint-Roch, il y aurait lieu de penser qu'une nouvelle fosse pourrait être 
creusée de ce côté, avec chance de succès. Un sondage exécuté, dans cette 
région permettrait sans doute de se prononcer sur ce point d'une manière 
définitive. Il résulte, dans tous les cas, de cet exposé, que l'étendue de la 
zone houillère de Saint-Roch est encore indéterminée. 



I. — RÉGION DE SAINT-EDOUARD. 



Cette région est maintenant complètement abandonnée; on y a exploité 
depuis l'origine de la concession jusque dans ces derniers temps, un fais- 
ceau de veines qui se présentent dans l'ordre suivant, quand on va du sud, 
au nord; Louise ou Auguste, N° 7, Edouard ou /V» 6, N* 5, iV° 4, N° S, IV 2, N° i, 
Pauline j Rodolphe, N° i du nord y Quévy ou l'Etoile ou N° 2 du nord, Capricieuse ou 
N° 3 du nord. 

Le tableau qui suit fait connaître la composition moyenne de ce 
faisceau. 



Région 
de Saint-Edouard. 



Veines 
qu'on y exploite. 



m 



346 



BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 



PROPORTION P. 0/0. 



COUPES DBS VHINBS, 

H. Houille. — T. Putz-toit 

M. FfttUMnar. 
S. Bchifto. — B. Btcaillage. 






\Y////?S/S/////S/A 




1*?7 



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M o.ie 



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NATURB 



DU TOIT. 



DU MU. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Mil 

© * a s 

!# 



180- 



MATIÉmSS 

▼oUtilet. 



«0.60 



32' 



*7« 



*2- 



27- 



25- 



OOKS. 



CsAone. 



77.60 



25.19 



72.28 



27.02 



66.04 



1.80 



2.53 



4.46 



5.14 



COULBUR 



tiris fisssx. 



Blanc. 



Blanc. 



Blanc. 



Blanc. 



CHAPITRE XIV. 



347 



COUPBS DBS VEQffi& 

H. Houille. — T. Faux-toit 

là*. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. KscafltSfe. 



S-o.oi 



N°2 



Y////////////////, 



Ho.iS 
Hoib 



W a l 



Coi» 



w/////////s////a * 



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R&uKne . 




H.o>o 



Rodolphe. 



$.0.02 







H.«.iS 

H.©.» 5 

^J H.0.S5 
H.O.I& 



??1 du noinl 




H.«6« 



Quévy, l'Etoile on N° 2 du nord. 



S.o-40 




Capricieuse on N° 3 du nord. 




Hj».|o 



NATURB 



DO TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. Schiste. 



DO MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



a 
o 
a 



Mil* 

"lill 

il*!* 

a -S -" 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



9» 



60' 



20» 



22' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATiftftia 
volatiles. 



10* 



18' 



COKE. 



Carbone. 



Cendres. 



COULEUR 
det 

CBNDBII. 



348 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

Les veines appelées Capricieuse et Quévy ou l'Etoile, à la fosse Saint- 
Edouard, ont reçu les noms de N° 3 et N° 2 du nord, à la fosse-Saint-Auguste. 
De même, les veines Edouard et Louise, de la première de ces fosses, ont 
été appelées N° 6 et Auguste, à la seconde. 

A Saint-Edouard, on remarque, entre Quévy et Rodolphe, un certain 
nombre de passées que Ton a désignées sous les noms de Constance, Amédée, 
Adolphe, Lamendin, Bon g amont* C'est le prolongement de Tune d'elles, proba- 
blement Amédée, qui correspond, à la fosse Saint-Auguste, à la veine n° i 
du nord. 

Au midi de la veine Louise ou Auguste, on ne connaît que quelques 
passées sans importance, dont l'une a reçu le nom d'Adolphe, déjà donné 
à l'une des passées situées entre Quévy et Rodolphe. 
Aiiure du fawceau. Ce faisceau peut, géologiquement, être divisé en trois parties; la pre- 

mière s'étendant depuis Capricieuse jusqu'à Pauline, la seconde de N° 1 à 
N° 7, et la troisième comprenant exclusivement la veine Louise. 

Dans ces trois groupes, les veines ont des directions à peu près paral- 
lèles. Elles pénètrent dans la concession d'Azincourt, au sortir de celle 
d'Anzin, sous une direction sensiblement est-ouest ; puis, du côté du cou- 
chant, et un peu avant d'arriver à hauteur de la fosse Saint-Edouard, elles 
s'infléchissent d'une quinzaine de degrés vers le sud-ouest. 

D'une façon générale, elles se présentent en allure renversée, formant 
de grands dressants, auxquels des plats doivent vraisemblablement succéder 
en profondeur ; mais on ne les a encore atteints nulle part ; c'est ainsi que 
dans l'approfondissement de la fosse Saint-Edouard, exécuté en 1877 et 
poursuivi jusqu'à la profondeur de 584 mètres, on n'a jamais rencontré 
que des terrains renversés. Toutefois, l'inclinaison des veines se rappro- 
chant souvent de la verticale, il arrive, dans certains cas, que les variations 
du pendage ont pour effet de les ramener en allure normale ; mais ce fait 
ne se présente qu'accidentellement, et dans des régions où les terrains 
sont presque droits. 

Cette particularité ne se remarque, du reste, que dans le groupe inter- 
médiaire, compris entre les veines n° 1 et n° 7. Ce groupe est précisé- 



CHAPITRE XIV. 3Ù9 

ment caractérisé par la verticalité presque complète des terrains qui en 
font partie. Si Ton suit de haut en bas, et suivant la ligne de plus grande 
pente, l'une des veines qui le composent, par exemple, la veine n° 5, 
qui a été la plus exploitée, on voit que tantôt elle plonge vers le nord, et 
tantôt vers le sud, sans jamais s'écarter beaucoup de la verticale. Près de 
son affleurement, elle plonge vers le sud d'environ 70° dans le méridien 
Saint-Auguste; puis elle se redresse de plus en plus, et vers la profondeur 
de 300 mètres, elle arrive à être tout à fait droite; plus bas, elle vient 
plonger vers le nord, se retrouvant ainsi en allure normale; mais son incli- 
naison ne descend jamais au-dessous de 70°; enfin, plus bas encore, elle 
se redresse de nouveau, pour reprendre définitivement son pendage au sud, 
en nllure renversée. Les mêmes faits se reproduisent, à de légers change- 
ments près, suivant un méridien quelconque. 

Le groupe du nord, allant de Capricieuse à Pauline, se distingue du 
précédent, en ce qu'on n'y trouve plus ces variations d'inclinaison ; ses 
veines présentent une pente presque uniforme d'environ 60° au sud. La 
plupart d'entre elles vont affleurer, pour ce motif, dans la concession * 

d'Aniche. 

Enfin, la veine Auguste ou Louise doit être considérée à part, comme 
formant à elle seule un troisième groupe, distinct des précédents. Elle en 
est, en effet, séparée par un intervalle stérile dont l'épaisseur dépasse 
quelquefois 200 mètres; de plus, elle a une inclinaison de 45° vers le 
sud, très différente de celle des veines du nord ; nous verrons plus loin 
que d'autres circonstances tendent encore à lui attribuer une situation spé- 
ciale dans le gisement d'Azincourt. 

La fosse Saint-Edouard, que l'on a encore appelée fosse d'Azincourt, Fosae saint^Edouard. 
est la plus ancienne de la concession ; elle date de 1839 et n'est située qu'à 
150 mètres de la limite nord, commune avec Aniche. Elle a été ouverte à 
130 mètres au sud-est d'un sondage exécuté en 1838, et qui avait trouvé le 
terrain houiller à la profondeur de 125 mètres; elle a rencontré ce terrain 
au niveau de 133 mètres. Ses premiers niveaux d'exploitation, jusqu'à la 
profondeur de 360 mètres, ont donné des résultats assez satisfaisants. On 



350 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

# 

y a exécuté, avec succès, des travaux importants, notamment dans les 
veines Quévy, N° 3, N* 4, N* 5 et N* 6. Ceux des veines Capricieuse et 
Quévy ont pénétré légèrement dans la concession d'Aniche,ce qui a donné 
lieu à un procès entre les deux compagnies* 

Au-dessous du niveau de 360 mètres, les terrains sont devenus plus 
irréguliers ; la situation, déjà mauvaise au niveau de 405 mètres, s'est 
encore aggravée à celui de 458 mètres'; en 1864, elle avait tellement empiré 
que la fosse fut mise en chômage. 

Treize ans après, vers la fin de 1877, on reprit son approfondissement, 
dans l'espoir de trouver des terrains réguliers à une profondeur plus 
grande, ainsi que cela s'était produit dans la concession de Liévin (Pas-de- 
Calais). Mais on s'enfonça jusqu'au niveau de 584 mètres, sans sortir des 
brouillages. A la profondeur de 517 mètres, le puits rencontra une veine 
en deux sillons, de n ,70 d'épaisseur, à laquelle on donna le nom de 
Marie; puis on recoupa successivement d'autres veines, savoir : à 
526 mètres, Emmanuel; à 529 mètres, Sevaistre ou Alfred; à 564 mètres, 
Savary ou Charles; à 584 mètres, Maille. Le puits fut arrêté à cette profon- 
deur. Dès lors, on eut grand espoir dans l'avenir de la fosse, parce que Ton 
comptait que les terrains se régulariseraient à distance; cet espoir fut mal- 
heureusement déçu, et les travaux d'exploitation qu'on y exécuta jusqu'en 
1882 ne firent que montrer l'inexploitabilité du gisement* Les bowettes 
creusées à l'étage de 517 mètres et aux étages inférieurs, que l'on s'était 
astreint à diriger perpendiculairement à la stratification des terrains, affec- 
tèrent les contours les plus étranges, se repliant capricieusement sur elles- 
mêmes, et formant parfois des circuits presque complets. La composition 
des veines a été trouvée essentiellement variable; elles se perdaient ou se 
renflaient démesurément, mais nulle part, sauf dans une région peu éten- 
due de la veine Savary, il n'a été possible d'entreprendre de véritables 
travaux d'exploitation. ' 

Nous faisons connaître aussi exactement que possible, dans le tableau 
ci-dessous, la composition moyenne du faisceau recoupé au fond delà fosse 
Saint-Edouard. 



CHAPITRE XIV. 



351 



COUPES DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Fan-toit. 

If. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bscafflage. 



Marie. 




Emmanuel 




H.©.** 



Sevaistre on Alfred. 




Savary on Charles . 



S.o.ot 




Maille. 




M.e.e» 



NA.TURB 



DU TOIT. 



Schiste. 



du mm. 



Schiste. 



Schiste. 



ES *t£ Q 

Mlii 

"lllS 



PROPORTION P. 0/0. 



MATlftftia 

YoUUlee. 



7-,50 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



3 



23.00 



OOKB. 



Carbone. 



73.00 



Candies. 



32' 



ld-,50 



Î3.00 



74.00 



4.00 



3.00 



COULBUR 
des 

CBRDKBB. 



Roigeviiau 



Blanc rosé. 



3.00 



Blanc. 



Gris 
roageàtre. 






Pour comble de malheur, la veine Savary ayant été déhouillée jusqu'à 
la maçonnerie du puits, sans qu'on y réservât un massif de garantie, le 
puits s'éboula, en 1882, vers la profondeur de 560 mètres. Après cet acci- 
dent, on le combla avec des terres de fosse, mais sans le serrementer. 

La fosse Sainte-Marie a été ouverte, en 1841, à 280 mètres environ au Fosse sainte-Mari* 
sud-est de la fosse Saint-Edouard ; elle est entrée dans le terrain houiller à 



352 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

143 mètres du sol, et n'a été approfondie que jusqu'au niveau de 240 mètres. 
Elle n'a pour ainsi dire pas servi à l'extraction, et on s'est borné à y 
installer un ventilateur, pour aérer les travaux de Saint-Edouard et de 
Saint-Auguste. 

Une bowette poussée au sud de cette fosse, à la profondeur de 
£76 mètres, a rencontré le calcaire à 312 mètres du puits. Ce calcaire avait 
une inclinaison de 53° au sud et paraissait être en stratification concor- 
dante avec le terrain houiller. On n'a pas remarqué de faille ou d'accident 
à la séparation des deux terrains. C'est un premier point où l'on a atteint le 
calcaire carbonifère qui forme la limite sud du bassin. 

La fosse Sainte-Marie a été abandonnée en 1882; on a installé 
dans ses bâtiments un lavoir à charbons, dont les déchets servent à la 
combler. 

Fosse saint-Auguste. La fosse Saint-Auguste a été ouverte, en 1846, à environ 380 mètres 

de la limite nord de la concession, et à 350 mètres de sa limite est. Le ter- 
rain houiller y a été rencontré à la profondeur de 130 mètres, dans la ré- 
gion stérile comprise entre les veines n° 7 et Louise ou Auguste. L'exploi- 
tation a eu lieu successivement à plusieurs niveaux, dont le dernier a été 
établi à 454 mètres. L'extraction, d'abord assez importante, n'a pas tardé à 
décroître avec la profondeur, à cause de l'allure de plus en plus défectueuse 
du gisement. Les travaux les plus importants ont été faits dans les trois 
veines du nord, dans les veines n 0s 3 à 6, et dans Auguste, qui a été la 
dernière exploitée, au niveau de 210 mètres. 

La bowette sud de cet étage donnant une assez grande quantité d'eau, 
on la serrementa, en 1870, à 30 mètres du puits. En 1876, on eut l'idée de 
démolir ce serrement et de continuer la bowette jusqu'à la rencontre de 
la limite du terrain houiller. A 598 mètres du puits, elle quitta la forma- 
tion houillère, pour pénétrer dans une alternance de bancs de schistes ver- 
dâlres calcarifères, et de calcaire compact d'un bleu foncé. On ne s'arrêta 
qu'après avoir pénétré de 24 m ,30 dans ces terrains. La teinte verdâtre des 
schistes ne permettait pas de les confondre avec les schistes houillers. On 
n'a remarqué ni cran ni faille entre le terrain houiller et le terrain négatif, 



CHAPITRE XIV. 353 

ni dans le voisinage. Les bancs des deux terrains paraissaient en strati- 
fication concordante, et étaient inclinés de 50° au sud (fig. 36). 
Nous donnons ci-dessous la coupe des terrains rencontrés. 



Fië.3a. 



,***t* ^IfTIVTlrrl/fr 



Les schistes calcarifères traversés dans cette bowette sont analogues à 
ceux qui. ont été rencontrés, plus à l'ouest, au sondage Saint-Ruffin, à Mon- 
checourt, et au sondage Le grand, à Gœulzin, dont nous parlerons tout à 
l'heure. Ils sont cependant plus friables, et leur clivage est irrégulier. La 
différence-qu'ils présentent avec ceux que l'on a trouvés aux fosses de Mon- 
checourt et d'Esquerchin est que, dans ces derniers, la teinte verdâtre était 
plus vive et alternait avec la teinte lie de vin ou rougeâtre. Les uns et les 
autres sont, d'ailleurs, nettement négatifs. Après l'abandon définitif de la 
bowette de l'étage de 210 mètres, on y a établi un serrement, à 80 mètres 
du puits, afin d'aveugler la venue d'eau qu'elle fournissait. 

Au commencement de l'année 1876, on décida l'abandon de la fosse 
Saint-Auguste; on y suspendit alors l'épuisement, et les niveaux inférieurs 
d'exploitation furent bientôt noyés. Quelques mois après, on revint sur cette 
détermination, et on se mit à vider les travaux inondés. L'accrochage de 
330 mètres venait d'être rendu accessible, quand un éboulement considé- 
rable se produisit et eut pour effet de remplir partiellement le puits. 
D'autres éboulements partiels étant encore survenus, on se résigna à rem- 
blayer le puits jusqu'à la profondeur de 310 mètres. Depuis cette époque, 
l'exploitation n'y a pas été reprise; le puits a été serrementé et abandonné. 

La limite méridionale du bassin houiller a encore été atteinte à la fomo «TEtrœungt. 
fosse d'Etrœungt, qui a été ouverte par la société de ce nom, en 1838. Son 

emplacement se trouve à 1,200 mètres à l'ouest de la fosse Sainte-Marie, et 

45 



Abandon 
de la région 

de 
Saint-Edouard. 



35& BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

à 290 mètres de la limite nord de la concession. Elle a été creusée à 
120 mètres au sud d'un sondage entrepris par la même société, et qui avait 
atteint le terrain hou il 1er à 122 mètres, et deux veinules de charbon à 
123 et à 128 mètres. Elle a rencontré le calcaire immédiatement sous le 
tourtia, à la profondeur de 142 mètres, et n'a pénétré dans le terrain 
hou il 1er qu'à celle de 190 mètres. Le calcaire présentait une inclinaison de 
60° au sud. Une bowette poussée vers le nord, au niveau de 165 mètres, a 
bien vite atteint le terrain houiller, puis a recoupé plusieurs veines fail- 
leuses, que l'on a explorées sans résultat sur une assez grande étendue, au 
levant et au couchant; un recoupage, entrepris du côté du levant, au sud 
de la veine la plus méridionale, a également atteint le calcaire, au sud-est 
du puits; cela indique que la limite des deux terrains s'infléchit vers le 
sud, du côté de l'est, de manière à venir passer à une assez grande dis* 
tance au midi de la fosse Sainte-Marie. Les matériaux extraits de la fosse 
d'Etrœungt ont servi à remblayer le chemin qui y aboutit; on y voit encore 
aujourd'hui de nombreux échantillons de calcaire; il est d'un bleu pâle 
veiné de blanc, et assez semblable au calcaire carbonifère de Tournai, 

La région de Saint-Edouard doit être considérée comme définitivement 
abandonnée; elle a donné lieu à une exploitation assez avantageuse aux 
accrochages les moins profonds; mais, plus bas, les terrains se sont brouillés 
et sont devenus absolument improductifs; les recherches entreprises danp 
le but de trouver des régions régulières ont été infructueuses, môme à une 
grande profondeur, et la prudence commande de ne pas les continuer. On 
doit regretter, toutefois, que la veine Louise ou Auguste n'ait pas été exploitée 
au-dessous des niveaux de 176 mètres de Sainte-Marie, et de 250 mètres 
de Saint-Auguste. Cela tient à ce que cette veine n'aurait pu être 
atteinte au midi de ces deux fosses, à des étages inférieurs, que par des 
bowettes de grande longueur, dont le creusement aurait coûté fort cher. 
On a peut-être eu raison, au point de vue du prix de revient, de ne pas 
entreprendre ces bowettes : il n'en est pas moins vrai qu'on a négligé, de 
cette manière, d'extraire une certaine quantité de charbon, qu'il ne sera 
plus possible désormais d'atteindre. 



CHAPITRE XIV. 



355 



II. — REGION DR SÀINT-ROCH. 



La fosse Saint-Roch a été ouverte, en 1858, dans la partie occidentale 
de la concession, à plus de 4,000 mètres au sud-ouest de la fosse Sainte- 
Marie, et à environ 530 mètres de la limite nord. Elle a atteint le terrain 
houiller à la profondeur de 165 mètres. 

Le faisceau qu'elle exploite comprend, du sud au nord, les veines 
suivantes : Julienne, Sans nom ou Marie, André, Deux sillons, Pyriteuse, Veine 
à forge, Eugène, Léopold ou Casimir, Joseph n* 1, Salmon, Bé thune, Joseph n° 2. 

Le tableau ci-dessous en fait connaître la composition moyenne. 



Région 

de Saint-Rocb. 

Fosse Ssint-Roch, 



Veines 
qu'on y exploite 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Fsux4oit. 

If. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Bacaillagt. 



Sans nom ou Marie. 



Julienne. 




IU.S« 



V7j 



7j H*. 
2 



ro.iS 




NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 




ir^ 



«* « 



165' 



78» 



28' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIBRBS 

TOlatitei. 



18.85 



OOEB. 



Carbon*. 



77.28 



Cendres. 



COULEUR 
des 

CSRDRKS. 



3.87 



GrlsUtiâtrt 



23.07 



66.77 



10.16 



Rougeàtre . 



H* 



•ASSIS HOUILLCft DE YALE3CIESXES. 




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Schiste. 



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Eugène, 



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Léopold oa C«u finir. 




Joseph n?l. 




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Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



21- 



45" 



28' 



44' 



10' 



©.19 



26.75 



27.17 



24.02 



>f.«7 



73.86 



70.81 



60.78 



74.58 



C.S 



2.95 



2.44 



Roajtefttre, 



Gris. 



3.05 



1.40 



Roagefttre.n 



Rouge&tre . 



CHAPITRE XIV. 



S57 






COUPES DBS VEINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. BtcaiUage. 



S.o.ii 



Bêrirane. 




tioM 

Ha.6o 



Joseph 



n 



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H«i) 



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DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



Schiste. 



5ll si 

2* SaS 

31 • ► «<a 

3* *• 



18' 



PROPORTION P. 0/0. 



MAT1BRK8 

volatiles. 



25.46 



26.00 
à 

28.00 



OOIL 



Carbone. 



68.95 



Cendres. 



5.59 



COULBUR 
des 

CBMDRM. 



Blanc. 



Rougeàtre, 



Entre Deux sillons et Pyrite use, on a exploité, à certains endroits, une 
passée que Ton appelle Petite veine. 

Toutes ces veines plongent vers le sud et sont en allure renversée. Le 
puits est tombé un peu au midi de l'affleurement de la veine Julienne, 
qu'il a traversée presque immédiatement. On remarque, entre cette veine 
et Sans nom, un intervalle stérile de 165 mètres environ d'épaisseur nor- 
male, analogue à celui qui existe, dans la région de Saint-Edouard, entre 
Louise et la veine n° 7. 

Au levant du méridien de la fosse Saint-Roc h, le faisceau qu'elle Aiiure du faisceau. 
exploite a la direction N. 65° E.; mais si l'on s'éloigne du côté du couchant, 
on constate que cette direction se rapproche peu à peu de celle de l'est à 
l'ouest, pour revenir ensuite vers le nord-ouest. 11 résulte de cette allure 
que les veines décrivent, en affleurement, une sorte d'arc de cercle dont 
le centre est à l'intérieur de la concession d'Aniche, et se rapprochent de 
cette concession, pour y pénétrer, au couchant et au levant. 

Cette circonstance réduit notablement l'étendue du champ d'exploi- 
tation de la fosse Saint-Roch, surtout en ce qui concerne les veines septen- 
trionales. Son effet est cependant mitigé par le plongement des veines vers 



358 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

le sud. Il en résulte qu'à mesure qu'elles s'enfoncent, elles s'éloignent de 
plus en plus de la concession d'Aniche; en même temps, on voit des veines 
venant de cette concession et y ayant leurs affleurements, pénétrer dans 
celle d'Azincourt. 

C'est pour ce motif que la veine Joseph n° 2, par exemple, n'a été 
atteinte, pour la première fois, qu'au niveau de 295 mètres. La bowette nord 
de cet étage ne l'aurait même rencontrée qu'au delà delà limite d'Azincourt 
et d'Aniche; mais les veines s'écartantde la concession d'Aniche lorsqu'on 
s'avance vers l'ouest, il a été possible de l'atteindre au moyen d'un recou- 
page partant de Joseph n° fc i. 

Aux étages inférieurs, l'étendue exploitable de Joseph n° 2 sera plus 
considérable qu'à celui de 295 mètres, et on trouvera peut-être, entre 
cette veine et la limite de la concession d'Aniche, d'autres veines exploitables. 

Les travaux les plus importants ont été exécutés dans Joseph n* 2, 
Joseph n° 1, Léopold, Eugène et Julienne. Les chassages des étages de 
205, 245 et 295 mètres se sont étendus, au levant jusqu'à 600 mètres, et au 
couchant jusqu'à 1,300 mètres environ des bowettes; ils ont, en général, 
été arrêtés à des rétrécissements ou à des crans de peu d'importance, qu'il 
aurait sans doute été facile de percer. 

Actuellement, le puits est approfondi jusqu'au niveau de 480 mètres; 
on a installé de nouveaux accrochages à 345 et à 395 mètres, et on se pro- 
pose d'en établir un autre à 470 mètres. Les terrains paraissent toujours 
bien réglés, et on n'observe aucun indice du retour des veines en plat. 

L'inclinaison des veines varie suivant la région où on l'observe. Du 
côté du levant, elle est en moyenne de 75° ; il y a même un endroit, 
entre les niveaux de 245 et de 295 mètres, où Julienne, après s'être 
redressée de manière à devenir verticale, vient prendre un plongement au 
nord en allure normale; mais ce fait est complètement accidentel; l'allure 
des veines est généralement renversée, et si on les suit vers le couchant, 
On Remarque qu'elles s'aplatissent de manière à ne plus plonger que de 
45° au sud; ensuite, elles se redressent de nouveau, et en même temps 
leur direction se modifie, en les ramenant vers la concession d'Aniche. 



CHAPITRE XIV. 



S59 



On ne remarque pas de grands accidents, failles ou rejets, dans le gi- 
sement de Saint-Roc h ; les intervalles des veines, normalement à la strati- 
fication, changent peu d'un point à un autre; en revanche, leur composi- 
tion est assez variable. Elles présentent fréquemment, notamment Léopold 
et Eugène, des rétrécissements qui les rendent localement inexploitables. 
11 n'y a de véritable constance dans la composition que dans Joseph n° % 
Joseph n° i et Julienne, qui sont certainement les plus belles veines de la 
concession : et même, Julienne présente encore d'assez nombreux serrages 
auxquels correspondent des renflements qui atteignent jusqu'à 3°,50 et 
4 mètres de puissance. L'effet de cette irrégularité relative est de rendre 
les charbons menus et terreux. 

Malgré cela, l'avenir de la fosse Saint-Roch paratt assuré pour 
longtemps, car son champ d'exploitation n'est limité, quant à présent, ni 
en direction ni en profondeur. 

Nous rappellerons qu'au midi de Julienne, on n'a exploré les terrains 
que sur une étendue d'environ 200 mètres, à l'étage de 205 mètres; 
deux passées seulement ont été traversées dans cet intervalle. 

A plus de 2,500 mètres au sud-ouest de la fosse Saint-Roch, la société 
d'Erchin a ouvert, en 1838, la fosse d'Erchin. On Ta arrêtée, en février 
1839, à la profondeur de 101 B ,50, après l'avoir enfoncée de 13 mètres seu- 
lement dans les dièves, et on l'a continuée, la même année, par un son- 
dage de 56 mètres de profondeur, qui a rencontré le tourtia à 144 mètres, 
puis des schistes houillers et deux passées charbonneuses. Quoique ces 
résultats n'aient pas été constatés officiellement, on peut en inférer que le 
terrain houiller s'étend à une grande distance du côté de J'ouest, dans 
l'étendue de la concession d'Azincourt. 

Toutefois, on s'est exagéré un instant l'importance de cet épanouisse- 
ment houiller, parce que l'on s'était mépris sur. les résultats de deux son- 
dages entrepris, l'un à Gœulzin, par la société Legrand (1860), l'autre au 
sud du clocher de Monchecourt, par la société Mathieu (1861). Ce dernier 
est connu sous le nom de sondage Saint-Rufiin. On croyait avoir, rencontré 
les schistes houillers, à 150 mètres de profondeur dans le premier, et à 



Foftse d'Erchin. 



Sondages 
de Gœulxin 

et 
Saint»Ruffin. 



360 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

132 mètres dans le second; mais un examen plus attentif des échantillons 
a permis de constater la teinte verdâtre de ces schistes, qui sont analogues 
à ceux que Ton a recoupés au midi de la fosse Saint-Auguste, et ne se rap- 
portent certainement pas à la formation houillère. D'ailleurs, la découverte 
des terrains négatifs à la fosse de Monchecourt et au sondage exécuté, en 
1875, au midi de la fosse Saint-Roch, exclut la possibilité de la rencontre du 
terrain houiller au sondage Saint-Ruffin. 

Fosse de Monchecourt. La fosse de Monchecourt, dont nous venons de parler, se trouve à 

1,000 mètres environ au sud du sondage de 1875. Elle a été commencée, 
en 1774, par le marquis de Traisnel, puis abandonnée, en 1777, à la pro- 
fondeur de 123 mètres. Reprise en 1837 par une société, dite de Monche- 
court, on y poussa vers le sud une bowetle de 60 mètres de long, et vers 
le nord une autre de 100 mètres, qui fut terminée par un bure vertical de 
35 mètres de hauteur. Des fouilles, exécutées sur l'emplacement de cette 
fosse, ont mis à jour une grande quantité de blocs de schistes et de grès 
verts et rouges, et quelques échantillons d'un calcaire noir à cassure ru- 
gueuse. Ces terrains sont semblables à ceux que l'on peut recueillir sur 
l'emplacement des anciennes fosses du Postillon et d'Esquerchin. 
Travaux D'autres travaux de reconnaissance, assez nombreux, ont été exécu- 

de reAe^e^exôciités ^ ^ à pi ntérieur <j e j a concession d'Azincourt, soit au midi de cette 

concession et de celle d'Àniche ; nous ferons connaître les plus impor- 
tants. 

Dans la concession même d'Azincourt, le terrain houiller a été atteint 

en un assez grand nombre de points. 

Un sondage exécuté, en 1838, par la société Carette et M inguet, contre 
.la concession d'Anzin, à 200 mètres environ au sud de la limite d'Aniche, 
a trouvé les schistes houillers à 122 mètres du sol. 

Plus au nord, et dans l'angle nord-est de la concession d'Azincourt, les 
mêmes schistes ont été atteints, la même année, par un sondage entrepris 
par la Société d'Hordain-sur-r Escaut. C'est à peu de distance de ce dernier 
qu'a été ouverte la fosse d'Hordain ou des Lillois, qui n'a jamais passé le 
niveau, et dont le matériel a servi à creuser la fosse Sainte-Marie, après 



des concessions 
dlAiinconrt 

et 
d'Aniche. 



CHAPITRE XIV. 361 

la fusion de quatre sociétés rivales qui ont obtenu collectivement la con- 
cession d'Azincourt. 

Au sud des deux sondages précédents, et près du pavé de Marchiennes, 
la société d'Hordain-sur-1'Escaut avait déjà trouvé le terrain houiller, par 
un sondage ouvert en 1837. 

De 1855 à 1858, la compagnie d'Azincourt a exécuté six sondages, 
nommés sondages Saint-Roch, Saint-Michel, Saint-Pierre, Saint-Martin, 
Saint-Mathieu et Saint-Louis, qui ont tous atteint le terrain houiller aux 
profondeurs respectives de 144, 148, 145, 174, 149 et 146 mètres. C'est 
d'après leurs indications qu'a été déterminé l'emplacement de la fosse 
Saint-Roch, qui date de 1858. Vers la même époque, la compagnie a com- 
mencé une autre fosse sur le territoire de Monchecourt. Les travaux ont 
marché lentement, et on n'a pas tardé à les abandonner définitivement. 

Quant aux fosses et sondages qui sont tombés sur les terrains négatifs, 
on peut en citer un grand nombre. 

En 1839, une société Laurent et Bernard a trouvé le calcaire à la pro- 
fondeur de 126 mètres, par un forage ouvert au nord-ouest du clocher 
d'Emerchicourt. 

Au point d'intersection des routes de Bouchain à Marchiennes et à 
Douai, et à peu de distance d'un ancien sondage de la compagnie d'Aniche, 
la société d'Hordain a entrepris, en 1839, un forage qui a traversé des 
grès et schistes verdâtres dévoniens, à la profondeur de 100 mètres; la 
même société a trouvé les terrains rouges à 86 mètres, à un autre sondage 
exécuté au sud-est de Bouchain, contre la route de Valenciennes à Cambrai. 

De 1835 à 1838, la compagnie d'Aniche a creusé la fosse de Mastaing, 
entre Aniche et Bouchain. Elle est sortie des morts-terrains à la profondeur 
de 107 mètres, et on l'a approfondie jusqu'à celle de 143 mètres. Une 
bowette poussée au sud du puits, au niveau de 137 mètres, a recoupé des 
schistes rouges. Au nord, on a traversé des grès blanchâtres très durs et 
inclinés de 60°, étrangers à la formation houillère. 

En 1837, la société de Bouchain a ouvert, au nord-ouest de cette ville, 

et h proximité d'un forage où elle croyait avoir trouvé le terrain houiller, 

46 



362 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

la fosse de Bouchain, qui pénétra de 13 mètres dans des schistes ronges et 
blancs. On* était beaucoup trop au sud pour avoir chance d'atteindre le 
bassin houiller. 

La même société a encore trouvé des schistes et des grès verts, à la pro- 
fondeur de 122 mètres, à un forage exécuté à peu de distance de la verrerie 
d'Aniche. Les mêmes terrains avaient été atteints à 133 mètres, un peu 
auparavant, à proximité du même emplacement, par un forage de la com- 
pagnie d'Aniche, appelé sondage de la verrerie Drion. 

Citons encore le forage d'Arleux, exécuté en 1838, à 2 kilomètres de 
Cantin, sur le bord du canal de la Sensée, par la société du Nord et de 
l'Aisne. Ce sondage est tombé sur le grès rouge. 

La fosse de Cantin a été ouverte par la même société, en 1839, près 
de la route de Douai et à 500 mètres du village; elle a trouvé le terrain 
dévonien à la profondeur de 165 mètres. 

Enfin, nous rappellerons que le sondage de Férin, entrepris, en 1860, 
parla société d'Azincourt, a atteint le grès rouge, au niveau de 207 mètres. 
Ce sondage a traversé, au-dessous de la craie, des argiles noirâtres appar- 
tenant au gault, que l'on a prises, un instant, pour des schistes houillers, et 
où l'on a trouvé quelques parcelles de houille. 

Nous pourrions encore citer d'autres sondages qui ont donné des 
résultats moins certains que ceux désignés ci-dessus ; mais nous ne voulons 
pas prolonger cet exposé. 
Limite méridionale H suffit, d'ailleurs, à faire comprendre comment nous avons tracé la 

limite du terrain houiller à l'ouest de la fosse d'Etrœungt. Nous l'avons fait 
dans u passer entre la fosse Saint-Roch et le sondage de 1875, qui nous parait 

région d'Azincourt. r * r 

négatif, en laissant au nord tous les sondages qui ont trouvé le terrain 
houiller; puis nous l'avons fait remonter vers le nord-ouest, en la main- 
tenant au sud de la fosse d'Erchin, et en la faisant passer entre la fosse 
de Cantin et la fosse de Roucourt. Ce tracé diminue notablement l'étendue 
de terrain houiller sur laquelle on comptait, à l'époque où les sondages 
de Gœulzin et Saint-Ruffin passaient pour positifs; cependant, il ne réduit 
pas trop la superficie houillère, car, ati sud-ouest du sondage de Roucourt, 



du 
terrain houiller 



CHAPITRE XIV. 363 

il n'existe aucun travail de recherche ayant démontré la présence du ter- 
rain houiller, et, par conséquent, il n'y a aucun motif de croire qu'il se 
développe, de ce côté, à une grande distance. 

11 nous reste à indiquer les relations que peuvent présenter les veines correspondance 
du gisement d'Azincourt, soit entre elles, soit avec celles exploitées dans d'AxinwunTntre eues 
d'autres concessions. et 

avec celles 

Il y a d'abord une assimilation à établir entre les veines Louise-Au- des 

autres concessions. 

guste, du faisceau de Saint-Edouard, et Julienne, du faisceau de Saint- 
Roch. Ces deux veines présentent des caractères communs; elles sont toutes 
deux séparées par un large intervalle stérile du reste du faisceau; elles se 
ressemblent dans leur puissance, ainsi que dans l'aspect et la composition 
de leurs charbons; enfin, on a trouvé à Saint-Auguste, à 15 mètres au nord 
de la veine Auguste, deux bancs de calcaire subordonné, d'une quaran- 
taine de centimètres d'épaisseur chacun, qui contiennent de nombreux 
fossiles et forment un horizon géologique que l'on retrouve à la fosse 
Saint- Roch, au nord de Julienne. 

Remarquons encore que la veine Louise-Auguste-Julienne diffère des 
autres veines d'Azincourt par la proportion de matières volatiles de ses 
charbons, qui n'est que de 18 à 20 0/0, au lieu de 23 à 28 0/0. Cette diffé- 
rence, ainsi que la distance qui la sépare du reste du faisceau, tend à la 
faire assimiler à l'une des veines du groupe de Marly et de la Citadelle. 

S'il en est ainsi, le faisceau d'Azincourt doit être considéré comme le 
prolongement de celui de Rœulx, Douchy et Sain t-Wa as t; en conséquence, 
une recherche entreprise au midi de Julienne a très peu de chance de 
recouper des veines exploitables, puisqu'on doit se trouver, à Azincourt 
comme à Douchy, dans la zone la plus méridionale de la partie productive 
du bassin houiller. Certaines personnes pensent encore que le faisceau de 
Douchy doit passer au midi d'Azincourt : cette hypothèse nous parait peu 
vraisemblable. 

En dehors de la continuité qui existe dans la veine Auguste-Louise- 
Julienne, on ne constate aucune ressemblance entre le reste du faisceau 
de Saint-Roch et le reste de celui de Saint-Edouard; les couches se modi- 



364 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



Avenir 

dft la concession 

d'Axincourt. 



fient et se transforment en passant de l'un à l'autre, et il n'est plus possible 
de les raccorder. II est, d'ailleurs, superflu d'établir une assimilation veine 
par veine; l'essentiel est de suivre l'ensemble des faisceaux dans leur 
continuité, et c'est ce que nous venons de faire. 

De l'ensemble des considérations exposées dans ce chapitre, il résulte 
que l'avenir de la concession d'Azincourt se trouve tout entier à l'ouest de 
la fosse Saint-Roch, et vers la fosse d'Erchin. Les recherches au midi ont 
peu de chance d'aboutir favorablement. De plus, l'existence à peu près 
certaine d'une large bande stérile au sud de Julienne, et la forte inclinaison 
de la surface séparative du terrain houiller et du calcaire, inclinaison qui, 
comme on l'a vu, varie de 50° à 60°, excluent tout espoir d'exploiter la 
houille sous les terrains négatifs. Nous rappellerons, en finissant, que, 
nulle part, on n'a constaté l'existence, dans la concession d'Azincourt, d'une 
faille ou d'une cassure à la limite du bassin houiller. Ce bassin parait donc 
complet, dans toute l'étendue où sa limite sud a été explorée. 



CHAPITRE XV. 



CONCESSION DE L'ESCARPELLE. 



Le gisement de la compagnie de l'Escarpelle (pi. IX), que Ton relie. Fosses 

maintenant, d'une manière certaine à celui d'Aniche, est exploité, au voi- cnexpo 
sinage de la limite de cette dernière concession, par trois fosses, disposées 
suivant une ligne dirigée à peu près du nord-est au sud-ouest, et qu'on 
désigne par les n" 1 (anciennement fosse Soyez), 5 et 4. A <J00 mètres envi- 
ron au nord-ouest de cette ligne, se trouve une quatrième fosse à laquelle on 
a attribué le n° 3 (ancienne fosse Dorignies), et dont les veines constituent le 
prolongement d'un certain nombre de celles qui sont exploitées aux fosses 
du levant ; enfin, la compagnie possède, au voisinage de la station de Lefo- 
rest, à la limite des départements du Nord et du Pas-de-Calais, une cinquième 
fosse portant le n° 2 (ancienne fosse Douay ou de Leforest), par laquelle on 
exploite des veines dont on n'a pas encore déterminé avec certitude la 
concordance avec celles qui existent dans le reste de la concession ; cette 
fosse n° 2 va être doublée par une autre, portant le n° 6, qui est actuel- 
lement en fonçage. 

Occupons-nous d'abord des travaux les plus voisins de la limite veines exploitées 

„. , . , . i. * i* - « - » aux fosses n * 1, 5 et 4. 

d Amené, c est-à-dire de ceux des fosses n 08 1, 5 et a. 

Les veines exploitées à ces fosses sont nombreuses; elles se succèdent 
dans Tordre suivant, à partir du nord: A r ° 4 du nord, IV 3 du nord, IV 9 2 du 
noid, N° i du nord, Paul, Grand Amédée, Petit Amédée, Ame, Aima, Léopold, ft r ou- 
velle veine, Saint-Charles, Amable-Marc, Eugène, D, C, B, A, IV 28, 7V° 27, N°26, 



3£6 



BASSI.X HOUILLER DE VàLENCIES! 



A* 5L5, .V 54, .V £5, V *?, .V ?/, V ?fl, .V /9, .V iS 3 V /7, A* /£ 9 A* i5, 
•V /4, .V H, .V /*, .V //, A* /0, A' 9, A* 8, A" 7, A» 6, A* 5. A* 5*-, IV* ; 
a 1 4, A a 4, A* 5, A' 2, A* /, i, B s C, D, E, F (?* atrie . Dans les étages supé- 
rieurs? on a donné à Nouvelle reine les noms &Ei-*uari et de Ciemeni. 

Le tableau ci-Jessous donne la composition moyenne de ce croupe de 
reines. 



C.TFE? DES VZZVK?- 

H- H-a— *. — T. Fï~x-o;i*_ 



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CHAPITRE XV. 



367 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiste. — B. Escaillage. 



¥btit Amédéc. 

777777Z 




H.0.V0 



Ame. 



H.»3oàe.&5 



Anna. 




H.o-33 



Léopold. 



C.0.10 
E.0.10 



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H.o>5 



Nouvelle veine, 
Edouard ou Clément. 



H-o.3o 




SiCharles . 




NATURE 



[du toit. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



DU MUR. 



Schiste. 



PU! 




Schiste. 



(Schiste. 



Grès. 



Grès. 



H.o.ooA».oo 



Amable* Marc . 



C.o.ift 

8.0-3 

S.O.V5 




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H-0.70 

H.o.a& 
H.o.âo 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



40 



m 



40 



m 



35 



m 



60- 



40 



m 



30 1 



PROPORTION P. 0/0. 



50 



m 



MATIRRB8 


OOl 


volatiles. 


Carbi ne. 


15.20 


82.30 


» 


» 


16.50 


82.00 


12.98 


84.37 


14.03 


83.87 


12.98 


84.37 


V 


» 




•» 



Cendres . 



2.50 



1.50 



2.G5 



,2.10 



2.65 



COULEUR 
des 

CRNDRM. 



368 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — P. Faux-toit 

IL Faux-mur. 
S. Schiste. — & Btcaillago. 



Eugène . 




D. 



H.© 35 



c. 



B 



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H.0.0& 
H.0.0& 



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W?27. 



HjO>© 




CHAPITRE XV. 



369 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
a Schiste. — B. Bscaillage. 



K?26. 



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NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



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Schiste. 



Schiste. 



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Schiste. 



Schiste. 



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Grès. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



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15* 



10' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIKBSS 

volatiles. 



15- 



25 01 



60' 



30« 



coix 



Carbone. 



1530 



18.26 



Cendres. 



COULEUR 

des 
canoBES. 



17.02 



47 



370 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPBS DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

lf. Faaz-mar. 
& Schiste. — R. Bscaiilage. 



N?19. 

(FàjvéeJ . 



lf?18. 



C.o.1 S 



C.o.to 



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N°15. 



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KATUBB 



DU TOIT. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



du Hum. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Grès. 



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Grès. 



Grès. 



33* 



16* 



11" 



41- 



11- 



PBOPOBTION P. 0/0, 



M ATIBEBS 



▼01 



17' 



6- 



17.76 



19.00 



COII. 



Carbone. 



Coud 



OOTJLBUB 



21.04 



74.41 



10.66 



4.55 



76.06 



3.37 






CHAPITRE XV. 



S71 



COUPBS DBS VBINBS. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. F aux -m ur. 
8. Schiste. — B. BscaiUage. 



W?12. 



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DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DU MUR. 



Grès. 



Grès. 



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Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



10« 



8' 



32* 



28' 



20' 



PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



20.96 



COXI. 



Carbone. 



75.34 



23.00 



25.10 



27.30 



69.90 



Cendres. 



3.70 



7.10 



70.40 



67.70 



4.50 



5.00 



COULBUR 
des 

CKKDRBS. 



Rouge. 



372 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 




N?2. 




N?î. 




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NATUEB 



DO TOIT. 



DU MUE. 



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PROPORTION P. 0/0. 



Schiste. 



Schiste. 



SebJite. 



MATIÉftlS 

ToUtiiet. 



COULEUR 



COEI. 



10- 



Carbone. 



29.00 



Schiste: 



68- 



Grès. 



06.90 



5.10 



29.00 



Schiste. 



Schiste. 



13* 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



25' 



65.90 



5.10 



29.50 



Schiste. 



15- 



67.00 



3.50 



29.10 



64.90 



6.00 



Schiste. 



20- 



30.10 



64.30 



Grès. 



Schiste. 



15- 



5.60 



CHAPITRE XV. 



37S 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Faux-mur. 
a Schiste. — K. BscailUge. 



A. 



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Schiste. 



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Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



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PROPORTION P. 0/0. 



MATiftsia 
volatiles. 



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14' 



Schiste. 



Schiste. 



20» 



COKI. 



Carbon*. 



29.00 



26.09 



66.20 



Coodres. 



4.00 



COULEUR 
des 

CXNDBKB. 



69.44 



25.08 



24.56 



61.96 



69.50 



4.47 



12.94 



5.94 



Chacune des trois fosses exploite, séparément, un certain nombre de 
ces veines. Les travaux de la fosse n° 1 s'étendent depuis N° 4 du nord jus- 
qu'à Eugène au sud; les veines D, C, B, A, qui viennent ensuite, sont assez 
irrégulières et n'ont même pas encore été explorées. La fosse n° 5 exploite 
les veines n°* 28 à 15. Enfin, la partie méridionale du faisceau, depuis le 



374 BASSIN HOUILLER DE VÀLENCIENNES. 

n° 14, est réservée à la fosse n° 4. Entre les groupes exploités par les 
fosses n" i et 5, il existe un assez large intervalle à peu près stérile, dans 
lequel passent les veines D, C, B, A (série du nord). 
Foue n« i. La fosse n° 1 a été ouverte, en 1848, à 350 mètres environ de la Scarpe, 

qui constitue la limite de la concession, et à peu près à égale dislance du ' 
clocher de Raches et des fortifications de la ville de Douai. Elle a atteint le 
terrain houiller à la profondeur de 156 mètres, un peu au sud de la veine 
Saint-Charles; son accrochage inférieur est actuellement au niveau de 
406 mètres ; les veines qu'elle exploite ont une direction générale du sud- 
est au nord-ouest, qui, toutefois, varie assez notablement à certains 
endroits. À 120 mètres environ au nord du puits, on trouve une zone de 
terrains brouillés d'une assez grande épaisseur, au delà de laquelle on n'a 
exécuté des travaux que dans quelques veines, notamment dans Petit 
Àmédée et Grand Âmédée. Du côté du sud, contre cet accident, les 
couches sont assez plates et ne plongent que de 20° vers le sud-ouest; 
mais, à mesure qu'on s'éloigne vers le midi, on voit les terrains se re- 
dresser, de telle façon que la veine Eugène, par exemple, a un plonge- 
ra en t moyen d'environ 40°. 

Au niveau de 406 mètres, on continue la bowette nord, au moyen de 
la perforation mécanique. Cette galerie, qui sera poursuivie jusqu'à 
1,200 ou 1,500 mètres du puits, est destinée à reconnaître la partie septenr 
trionale de la concession, qui est restée jusqu'à présent inexplorée. 

La bowette sud du même niveau communique, par un beurtia incliné, 
avec l'étage de 334 mètres des fosses n° a 5 et 4 . C'est dans ce beurtia qu'ont 
été rencontrées les veines D, C, B, À (série du nord). 

Les veines de la fosse n° 1 sont en allure normale et fournissent des 
charbons secs, demi-gras, renfermant généralement de 12 à 16 0/0 de 
matières volatiles. Les failles ou rejets y sont peu fréquents, mais on y 
trouve de nombreux rétrécissements qui les rendent souvent inexploita- 
bles, et font que la fosse n° 1 a été, jusqu'à présent, une des moins produc- 
tives de l'Escarpelle. Cependant, les terrains paraissent se régulariser au 
nord, ce qui est d'un bon augure pour l'avenir. 



CHAPITRE XV. 



375 



La fosse n° 5 est de création récente ; elle ne date que de 1876 ; elle 
est située à 1,600 mètres au sud- ouest de la précédente, et à environ 
750 mètres du cours de la Scarpe. Elle est entrée dans le terrain houiller à 
la profondeur de 210 mètres, vers l'affleurement de la veine n° 12. Son der- 
nier et principal accrochage est situé au niveau de 334 mètres, qui est 
commun avec la fosse n° 4. Les veines exploitées sont toujours en allure 
normale et dirigées vers le nord-ouest. Le faisceau est assez irrégulier à 
la traversée des bowettes. Au couchant, on n'a encore fait que quelques 
explorations dans les veines n M 28 et 21 ; dans cette direction, elles pré- 
sentent des lignes de plissement qui les redressent, de manière à les rendre 
parfois presque verticales. En revanche, les terrains se régularisent vers 
le levant; de ce côté, les veines présentent des plats réguliers, inclinés de 
30° à 35° vers le sud-ouest, dans lesquels l'exploitation est avantageuse. 

La fosse n° 5 fournit des charbons assez gras, propres à la fabrication du 
coke, et renfermant ordinairement de 18 à 21 0/0 de matières volatiles. Les 
couches exploitées présentent encore des étreintes qui nuisent à leur régu- 
larité, mais leur nombre et leur importance sont moindres qu'à la fosse 
n° 1. Les rejets, assez rares d'ailleurs, ont une amplitude qui ne dépasse 
pas 15 à 20 mètres, suivant la verticale; ils ont, en général, pour effet de 
modifier, soit la direction, soit l'inclinaison des terrains, de sorte que 
les veines ne sont pas nécessairement déviées parallèlement à elles-mêmes. 

À 500 mètres au levant de la fosse n° 5, un accident vient affecter la 
veine n° 15, ainsi que les veines n w 14, 13 et 12; sa direction est N. 45° O.; il 
produit une sorte de bifurcation de la veine n° 15 : le lit de schiste situé 
au-dessus du sillon du mur prend une épaisseur de 8 à 10 mètres et donne 
naissance à deux veines distinctes, que l'on appelle N 0% i5 et i5 bis. 

L'ouverture de la fosse n° 4 marque le commencement de la prospérité 
de la compagnie de^l'Escarpelle. Elle n'avait obtenu, précédemment, que des 
résultats médiocres à ses trois premières fosses (1, 2 et 3) ; au contraire, 
sa fosse n° 4 lui a permis d'exploiter un groupe de veines d'une richesse 
et d'une régularité d'allure remarquables. 

Commencée en 1865, la fosse n° 4, qui comprend deux puits, a atteint 



Fosse n° 5. 



Fosse n° 4. 



376 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

le terrain houiller à la profondeur de 232 mètres, presque à l'affleurement 
de la veine n° 8. Son creusement a occasionné de grandes difficultés, à cause 
de l'abondance des eaux; il a fallu renoncer à l'opérer par les moyens ordi- 
naires, et avoir recours au mode de fonçage à niveau plein. C'est ainsi que 
le procédé Kind-Chaudron fut employé pour la première fois dans le bassin 
de Valenciennes, après l'avoir été au puits de l'Hôpital, dans la Moselle. 

Actuellement, le dernier étage de la fosse n # 4 est situé à 334 mètres. 
Une galerie creusée à ce niveau, et dirigée N. 70° E., la met en communi- 
cation directe avec la fosse n° 5, située à une distance de 500 mètres. 

Du côté du levant, vers la limite d'Aniche, toutes les veines du fais- 
ceau sont en allure normale, très régulières et inclinées de 35° à 40 au 
sud-ouest. Leur direction générale est toujours du sud-est au nord-ouest ; 
mais, si on s'éloigne vers le couchant, on remarque qu'elles s'infléchissent 
en forme d'arc de cercle, de manière à prendre la direction est-ouest ; 
après quoi, continuant leur circuit, elles viennent faire un coude brusque, 
pour se diriger vers le sud, et même vers le sud-est. De cette disposition, 
il résulte que, dans chaque veine, la branche du couchant, après sa dévia- 
tion, ne fait plus qu'un angle d'environ 30° avec celle du levant. 

En même temps que la direction des veines se modifie vers le couchant, 
elles se redressent de plus en plus, atteignent la verticale, et même la dé- 
passent, de manière à se renverser sur elles-mêmes. D'après cela, elles 
donnent en coupe verticale la forme d'un Y incliné, ayant ses deux branches 
plongeant au sud. Les lignes de plissement sont orientées du nord-ouest 
au sud-est et s'enfoncent dans cette dernière direction. 

La coupe verticale de la fosse n° 4 représente l'allure que nous 
venons de décrire ; les bowettes, après avoir recoupé tout le faisceau 
en plat, y compris la veine D, traversent de nouveau ces veines renversées, 
mais presque verticales. L'espace compris entre les deux branches de la 
veine D est resté inexploré jusque dans ces derniers temps ; il a un assez 
grand développement du côté du levant, et on y exécute, en ce moment, un 
recoupage partant de D, qui a déjà traversé les veines E et F, et que Ton 
dirige vers les veines supérieures du faisceau. 



CHAPITRE XV. 



377 



Les veines renversées, recoupées par les bowettes du midi de la fosse 
no li au delà de la veine D, ne ressemblent par toutes à leurs correspon- 
dantes en allure normale. Jusqu'à la veine n° 6 en droit, cette ressem- 
blance est complète ; au delà, il n'en est plus de même, et l'assimilation est 
plus douteuse. Les branches renversées qui paraissent correspondre aux 
veines n" 14 et i 5 donnent un charbon caractérisé par une teinte bleue 
très prononcée. Au delà de la veine n° 15 renversée, on exploite un dres- 
sant, assimilable peut-être au plat de la veine n° 16, dont le charbon pré- 
sente la même particularité, et auquel on a donné, pour ce motif, le nom 
de Veine bleue. 

Un peu au delà de ce dressant, on a recoupé quelques lits minces de 
calcaire, intercalés dans la stratification et dépourvus de fossiles. 

Les veines de la fosse n° & se renflent à leurs lignes de plissement ; en 
même temps, leur charbon devient plus menu. 

Le gisement de cette fosse est peu accidenté; on n'y voit que des 
rejets insignifiants. Nous signalerons, notamment, quelques glissements 
presque horizontaux, qui affectent les branches nord du faisceau, mais dont 
l'amplitude ne dépasse guère 15 à 20 mètres. 

Les charbons de la fosse n° 4 sont gras et ont une teneur en matières 
volatiles qui varie généralement de 20 à 30 0/0. 

Le prolongement du faisceau de la fosse n°5 est exploité, au couchant, 
parla fosse n° 3, qui est située à peu de distance de la station de Pont-de-la- 
Deûle. Elle a été ouverte en 1856 et a atteint le terrain houiller à la pro- 
fondeur de 213 mètres. Les veines qui y ont été successivement reconnues 
et exploitées ont reçu les noms suivants, à partir du nord : Achille, A 28, 
N° 27, Virginie, Paul, haute, Pierre, Eugénie, Lucie, Sainte-Barbe, Alfred, 
Désirée, Grande veine, Passée du midi, Ernest, Isidore, Gailleteuse, Eloi, Jules. 

Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne de ce 
faisceau. 

Entre les veines Laure et Pierre, on a exploité, au niveau de 245 mètres, 
une passée appelée Magenta. 



Fosso n° 3. 

Veines 

qu'elle exploite. 



48 



37S 



HOLILLEB DE VA LEN CI EX SES. 



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3» .74 PS.» 



2.S7 



î,^ Schiste. ; Schiste, lô- 2M4 «5.19 3.47 



CHAPITRE XV. 



379 



COUPES DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. SchUto. — B. Escaillage. 



S-o-09 
c 0.0» 



Eugénie. '- 



///•///•///////>» 






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H.O i3 
H.o i& 



Lucie. 



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C-o.io 
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Alfred. 



T.o.*6 






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8.0. 2 A 






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M. 0*10 


Désirée. 


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H 3.23 



K.aSo 



H.aSo 



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H.0.80 



NATURE 



DU TOIT. 



Grès. 



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OU MUS. 



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PROPORTION P. 0/0. 



MATIÈRES 

volatiles. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Grès. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



*■ 



20' 



21' 



25 1 



9» 



20* 



25' 



cou. » 



21.70 



21.70 



21.00 



21.20 



22.40 



23.00 



Carbone. 



Cendre». 



76.70 



76.60 



75.80 



74.40 



74.60 



76.70 1.60 



1.60 



2.40 



3.00 



3.20 



COULEUR 
des 

CHRDRSS. 



2.40 



380 



BASSIN HOliLLER DE VÀLENCIENNES. 



COUTtS DES YKXES. 

H. H<MiI>. — T. Paas-toit, 

M. P*ar-«ar. 
H. flehitl*. — B. BsestlUge. 



Ernest 




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Jules. 



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PROPORTION P. 0. 



XATURB 



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OU TOTT. OC VUS» 






MATI^SSB 



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Schiste. Schiste. 21" 



I 



Schiste. Schiste. 



Schiste. Schiste. 



Grèf. : Schiste. 



Schiste. . Schiste. 



40- 



18' 



50' 



8.50 



SI. 20 



22.40 



23.00 



23.45 



76.70 



75.00 



73.20 



74.00 



72.25 



0.80 



3.80 



4.40 



2.40 ' 



4.30 



Grand cran 
do Dorlgnlep. 



Ce faisceau fournit des charbons gras, renfermant généralement de 
20 à 23 % de matières volatiles. La veine Achille est séparée des autres 
par un intervalle stérile de plus de 200 mètres, compté normalement à Ta 
stratification. 

Le puits est tombé, près de l'affleurement de la veine Sainte-Barbe, à 
peu de distance d'un accident auquel on a donné le nom de grand cran de 



CHAPITRE XV. 381 

Dorignies. Sa direction diffère peu de celle du nord au sud, et il plonge 
de 15° à 20* vers l'ouest. Il rejette les terrains de 250 mètres environ au sud, 
suivant l'horizon taie, pour un observateur qui se dirige du couchant vers 
le levant. 

A l'origine, la zone de terrain houiller située au-dessous du cran de 
Dorignies a paru devoir être complètement condamnée, et l'exploitation a 
été concentrée, du côté du couchant, au-dessus de cet accident. On a été 
ainsi amené à creuser, au niveau de 345 mètres, une bowette dirigée à peu 
près de l'est vers l'ouest. Cette galerie, que l'on a appelée bowette du cou- 
chant, est venue s'emmancher, en quelque sorte, dans la veine Lucie, dont 
la voie de fond l'a continuée. Après avoir suivi cette voie sur 80 mètres, on 
a dirigé, au nord et au sud, des recoupages qui ont traversé la totalité du 
faisceau dans sa partie régulière. Des recoupages analogues ont été creusés 
aux autres niveaux d'exploitation. 

Quand on part du puits pour s'éloigner du côté du couchant, on trouve 
les veines en plat, dirigées du sud-est au nord-ouest, et inclinées d'environ , 
40° vers le sud-ouest; mais, bientôt, elles s'infléchissent, en décrivant une 
sorte d'arc de cercle, pour se diriger vers le sud, selon l'allure déjà con- 
statée à la fosse n° 4. En même temps, elles se redressent et se rap- 
prochent de plus en plus de la verticale; mais elles ne se renversent -pas 
comme à la fosse n° 4 et restent inclinées vers l'est, de manière à présenter 
la forme d'un véritable entonnoir, les deux versants de chaque veine ayant 
des plongements inverses. Toutefois, cet entonnoir n'est pas complet, et il 
est limité du côté du levant, ainsi qu'en profondeur, par le cran de 
Dorignies. Il est possible que les veines reprennent, à une plus grande dis- 
tance au couchant, leur direction normale; mais on n'a trouvé, jusqu'à 
présent, aucun indice de ce changement d'allure. 

La fosse n° 3 a été approfondie jusqu'à 445 mètres. Après avoir tra- 
versé le cran de Dorignies, elle est entrée dans des terrains assez irrégu- 
liers, mais encore exploitables, contrairement à ce que l'on avait cru d'abord. 
L'influence de l'accident se fera, du reste, de moins en moins sentir, à 
mesure que la profondeur des travaux deviendra plus grande. 



382 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

La bande de terrain hou Hier située immédiatement au-dessous et au 
levant du grand accident de Dorignies n'est donc pas tellement irrégulière 
qu'il ne s'y trouve des parties exploitables. Pour en tirer parti, on a repris 
la bowette sud de l'étage de 345 mètres, qui était restée abandonnée à 
80 mètres du puits. Elle n'a pas tardé à recouper la veine n* 28, au nord de 
laquelle se trouve Achille, à une assez grande distance; on espère, en 
continuant la galerie, recouper prochainement les veines Virginie et Paul. 
La voie de fond de la veine n° 28, située au levant du cran de Dorignies, 
forme presque le prolongement de la voie de fond de Grande veine, située à 
l'ouest de cet accident. 

La bowette sud de 345 mètres a atteint, à 100 mètres du puits, un banc 
de calcaire noir, à grains fins et à cassure conchoide, de m ,45 d'épaisseur, 
plongeant de 35° à 45° au sud-ouest, dans lequel on a trouvé un assez grand 
nombre de fossiles, notamment le Productus carbonarius, le Spirifer bimlca- 
tus, etc. Avant d'atteindre ce banc, la galerie en avait traversé plusieurs autres, 
, de m ,05 à m ,13 d'épaisseur, dépourvus de fossiles; ces derniers étaient 
assez siliceux et faisaient difficilement effervescence aux acides. On 
affirme également que plusieurs bancs calcaires ont été recoupés dans 
l'approfondissement delà fosse n° 3, entre les niveaux de 285 et 345 mètres, 
ainsi que dans la bowette du couchant de ce dernier niveau. 

Les terrains de la fosse n° 3 sont assez réguliers, sauf au voisinage et 
au-dessous du grand cran. Les accidents qu'on y observe sont peu impor- 
tants et ne présentent rien de particulier. 

La fosse n° 3 n'est encore en communication avec aucune autre ; mais 

on se préoccupe de la relier aux travaux de la fosse n° 5, ce qui se fera, au 

niveau de 345 mètres, par Grande veine, que l'on recoupera par la bowette 

sud prolongée. Cette veine est assimilable à la veine n° 21, de la fosse n° 5. 

Fosse n* 2. La fosse n° 2 a été ouverte, en 1851, contre la ligne de chemin de fer 

de Lille à Douai, au voisinage de la station de Leforest et à peu de distance 
de la limite des départements du Nord et du Pas-de-Calais. Elle a atteint 
le terrain houiller à la profondeur de 159 mètres, presque sur l'affleurement 
d'une veine qui a reçu le nom de Denis. A 660 mètres au nord-est, on 



CHAPITRE XV. 



383 



vient d'ouvrir une nouvelle fosse, à laquelle on a attribué le n° 6 9 et qu'on 
va approfondir jusqu'à 300 mètres. 

On a reconnu à la fosse n° 2 deux faisceaux distincts, savoir : veine* de la Amen* 2. 

1° Un faisceau de veines quart grasses et demi-grasses, renfermant 
de 10 à 15 % de matières volatiles, et fournissant des charbons qui s'en- 
flamment bien et sont recherchés pour les foyers domestiques; 

2° Un faisceau de veines grasses, donnant de 20 à 22 % de matières 
volatiles. 

Les veines qui les composent se présentent dans l'ordre suivant, du 
nord au sud : 

1° Faisceau demi-gras : N* 7 du nord, N° 6 du nord, N° 5 du nord, N° 4 
du nord, N° 3 du nord, N° 2 du nord, N° i du nord, Henri, Canicule ou Louise 
ou Louis, Camarou, Denis. 

2° Faisceau gras : N° i, i\° 2, N° 3. 

Le tableau suivant fait connaître la composition moyenne de ces 
faisceaux. 







Il 



COUPES DBS VEINES. 
H. Houille. — T. Faux-toit 

M. Pâtti-mor. 
S. Schiste. — B. Escafllage. 



N*7 dunord. 



E.o.o3 




H, 0.67 



N?6 du nord., 




h.o.%6 



NATURE 



DU TOIT. 



DU MUS. « 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Nifl 

s: mi 

il ii 



PROPORTION P. 0/0. 



20' 



MATlàSBB 

volatiles. 



25' 



co 



Carbone. Cendres. 






10.09 



10.06 



81.84 



83.57 



COULEUR 



ORDRES. 



8.07 



6.37 



38i 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



COUPES DBS VB1NES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Faux-mur. 
S. Schiate. — B. Bscaillage. 



N?5 du nord. 



T.o.«o 
S.e.17 



7ZZZ2ZZZZZZZ2Z. 



V///////////////A w ° " 

H.o.S» 



H.o .18 





H. t-00 



N?2 du nord. 



S.o. 10 




N?ldunord. 



S-O.IO 




Henri. 



£.0 «o 



22 



H.o.%© 



NA.TURB 



DO TOIT. 



Schiste. 



Schsite. 



Schiste. 



DU MUR. 



as • a 

S*Sl3 

ai « ► •« 



Schiute. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Canicule , Louise ou. Louis 

S.O..& 



W 



W//////////////A *:* 



.O.60 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



PROPORTION P. 0/0. 



MATISKB8 

volatiles. 



cou. 



85» 



23' 



14» 



35» 



60» 



105" 



30» 



10.05 



9.49 



11.60 



14.00 



15.00 



Carbone. 


Cendres. 


» 


» 




* 


» 


• 



86.30 



88.31 



83.48 



80.50 



82.50 



COULEUR 
des 

CBNDSBS. 



3.65 



2.20 



4.86 



5.50 



2.50 



CHAPITRE XV. 



385 



COUPRS DBS VEINES. 

H. Houille. — T. Faux-toit. 

M. Pauz-mur. 
S. Schiste. — B. Escaillaje. 



CamArou • 



7 

y// 



Se iS 



y/////' 



'///. 



M 0.6S 



Y'yy'///Y//<'////<' t 

:<///yvyyy>////7A*«.t* 



Denis. 



S02S 



wy/S/y//y/y//A 



fC?l 



S-e.10 




5?2s 



C o-ie 




0A0 



ï*?3. 



C-o..i 




H.o-SS 



NATURE 



DU TOIT. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



DO MUK. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



>• • — • t. 
^ ► a « «« 



ai >^ç 

s H il 



Schiste. 



Schiste. 



Schiste. 



20' 



PROPORTION P. 0/0. 



UATlkRBS 

volatiles. 



20« 



25" 



13.02 



14.50 



21.80 



21.00 



COKE. 



Carbone. 



85.11 



Cendres 



1.87 



83.35 




2.15 



71.00 



7.20 



71.00 



8.00 



Ces deux faisceaux sont séparés par un grand intervalle stérile, dans 
lequel on n'a rencontré que des passées, et qui mesure une largeur d'envi- 
ron 400 mètres, comptée horizontalement. Les veines grasses n'ont jamais 
été beaucoup exploitées, à cause de leur irrégularité; elles sont dirigées 
N. 60° O., et plongent d'environ 60° au midi; on a cessé d'y travailler 
depuis une dizaine d'années. 

Quant aux veines de l'autre faisceau, elles présentent une allure 



386 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

«assez compliquée. On y remarque des plissements qui donnent à leurs voies 
de fond des contours sinueux ; il en résulte qu'une bowette peut recouper 
& plusieurs reprises la même veine ; on croyait, à l'origine, avoir affaire 
chaque foisà une nouvelle couche, mais, bientôt, on a reconnu que le nombre 
des veines distinctes devait être notablement diminué. Cette allure se 
remarque particulièrement dans Veine n° i du nord, Henri, Canicule et 
Camarou, et présente quelque analogie avec celle des veines demi-grasses 
de la compagnie d'Anzin, Ici, les branches qui tiennent lieu de dressants 
sont presque droites, mais arrivent rarement au renversement; quant aux 
branches plates, elles sont inclinées de 25° à 45° vers le sud, ou plus 
exactement vers le sud-ouest. 

Les plats sont généralement orientés N. 60° 0., et les droits presque 
O.-E. ; les voies de fond présentent donc des angles d'environ 30°. Il est 
bien entendu que ces chiffres ne représentent que des moyennes. 

Les lignes d'ennoyage plongent vers le couchant; souvent, elles pré- 
sentent des crêtes et des queues d'une longueur variant de 5 à 15 mètres, 
et disposées de préférence dans le prolongement des droits. Cette circon- 
stance peut avoir occasionné, à la fosse n* 2, la perte de certaines veines, 
et c'est peut-être une des raisons qui font que la continuité des veines du 
faisceau quart-gras et demi-gras qu'on y exploite n'est pas encore complè- 
tement déterminée. Bien qu'on n'y connaisse pas d'accidents importants, 
les couches présentent souvent des étreintes et des renflements qui font 
varier leur aspect d'un point à un autre; leur allure étant assez compli- 
quée, on s'explique qu'il existe encore une certaine incertitude sur leurs 
relations mutuelles. 

Actuellement, il y a lieu de croire que les veines Canicule, Louise et 
Louis, que l'on croyait autrefois distinctes, n'en forment en réalité qu'une 
seule qui, en raison de ses nombreux plissements, aurait été atteinte en un 
assez grand nombre de points. De même, on a exploité du côté du cou- 
chant, sous le nom de Veine Y, une veine qui correspond vraisemblablement 
a des lambeaux de Camarou ou de Denis, peut-être même de Tune et de 
l'autre. Cela étant, il y a lieu de réduire le faisceau septentrional de la fosse 



CHAPITRE XV. 



S87 



X * Jke /t * de* %àoo • 



n* 2 à il veines, savoir : les 7 veines du nord, Henri, Canicule, Camarou et 
Denis. 

Le dernier étage de la fosse n° 2 est situé à la profondeur de 
340 mètres. 

On a reconnu l'existence, à cette fosse, d'un puits naturel analogue à 
ceux que l'on connaît en assez grand nombre dans les bassins de Mons et du 
centre belge. Ce puits, creusé dans le terrain houiller, renferme un remplis- 
sage formé de débris de ce terrain et de terrain 
crétacé. On Ta atteint, en premier lieu, dans 
la vçipe n* 1 du nord, à l'étage de 300 mètres, 
par la voie de fond de ce niveau ; à 2 mètres 
au-dessus de celte voie, on a rencontré au 
point A (fig. 37), un mélange de sable fin, 
de dièves et de marnes blanches dures, le 
tout formant une masse qui occupait la place 
du charbon ; en même temps, on a eu une 
venue d'eau assez considérable, mais qui s'est 
rapidement tarie. La seconde taille de la 
même veine a rencontré les dièves et les 
marnes au point B : là, les marnes paraissent '* 
avoir été chassées, sous l'influence d'une forte 
pression, entre le toit et le mur de la veine, 
et il n'a pas été possible de se rendre compte 
de l'allure de la surface séparative du rem- 
plissage et du terrain naturel. Un peu plus au nord, dans Veine n° 2 du 
nord, un montage partant de la voie de fond de l'étage de 340 mètres a 
atteint les marnes blanches au point C, à 40 mètres environ de la voie de 
fond, c'est-à-dire à peu de distance de l'étage de 300 mètres ; les mêmes 
marnes ont été trouvées en D par la voie de fond de Veine n° 2 du 
nord, niveau de 300 mètres, à 7 mètres au levant de la bowetle. En 
ce point, on a constaté que la pénétration des marnes dans le ter- 
rain houiller se fait par une cassure nette, la surlace de contact ayaut une 




Puits naturel 
de U fof*e n* 2. 



388 BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 

direction N. &0° E. f el une inclinaison de 65° vers le sud-est. Enfin, le puits 
à marnes a encore été atteint, au point E, par les travaux de Veine n° 4 du 
nord, niveau de 200 mètres. Si on joint les points A, B, C, D, E, qui sont 
presque situés dans un même plan horizontal, on obtient une courbe 
à peu près elliptique, qui parait devoir se fermer complètement, et qui 
donne une section horizontale du puits naturel. Il y a lieu de croire que le 
grand axe de l'ellipse qui constitue la section du puits a 100 mètres de 
long, le petit axe n'ayant qu'une longueur de 30 mètres. 
sondais On a exécuté, dans l'intérieur de la concession de l'Escarpelle, des 

de la région . 

do sondages dont le plus grand nombre ont découvert le terrain hou i lier, et 

»carpc c. ont serv j 9 so j t £ obtenir la concession, soit à fixer l'emplacement des puits 

qui ont ensuite été ouverts. Quelques-uns de ces soudages sont intéressants 

en ce qu'ils permettent de tracer, avec une certaine exactitude, les limites 

du bassin sous les morts-terrains, au nord et au sud. 

umito iicptcntrionaio La limite nord est déterminée assez exactement par le sondage de 

dans ceuo'région. Montécouvé, dont nous avons déjà parlé, qui a trouvé le terrain hou i lier à 

la profondeur de 155 mètres, non loin de l'angle des routes de Douai à 
Orchies et à Lille, et par le sondage de Moncheaux, qui a atteint le 
calcaire à 186 mètres. Elle passe un peu au nord du premier, et au sud du 
second. 
Limiu méridionale. Quant à la limite sud du bassin, elle pénètre dans la concession d'Es- 

carpelle, au sortir de celle d'Aniche, suivant la direction générale du sud- 
est au nord-ouest. Elle va passer un peu au nord du sondage du Moulin 
d'Auby, entrepris par la compagnie de l'Escarpelle en 1854, et qui a 
rencontré le calcaire à la profondeur de 157 mètres ; puis elle change 
brusquement de direction, et prend l'orientation est-ouest, pour se diriger 
vers la fosse de Courcelies-lès-Lens, qui a successivement traversé le cal- 
caire et le terrain houiller, le premier à la profondeur de 138 mètres, le 

second à celle de 242 mètres. 

Au midi de cette limite, on a ouvert, à diverses époques, un assez grand 
nombre de puits et de sondages, qui ont atleint les terrains négatifs, 
calcaire ou schistes et grès dévoniens. 



CHAPITRE XV. 389 

11 ne nous reste plus qu'à indiquer la correspondance des veines 
exploitées à l'Escarpelle, soit entre elles, soit avec celles de la concession deTL^die 
d'Amche. **•**. 

II y a d'abord une liaison étroite entre les faisceaux des fosses n w 5 
et 3. Les veines n" 28 et 27 sont communes à Tune et à l'autre, La veine 
n° 21, de la première, correspond certainement à Grande veine, de la se- 
conde ; il y a, de même, identité entre NM5 et Jules. 

Hais, en dehors de ces sortes de points de repère, qui présentent un 
caractère de quasi-certitude, on ne saurait relier, une à une, quant à pré- 
sent, les veines de la fosse n* 5 à celles de la fosse n* 3. Celles qui sont 
exploitées à lune peuvent venir se transformer en passées à l'autre, et 
inversement ; l'essentiel est de savoir que les deux faisceaux sont iden- 
tiques, et de connaître quelques veines qui se prolongent certainement 
de l'un dans l'autre. 

On peut, de même, relier les exploitations de l'Escarpelle avec celles Reuuoo des ieun 

de l'Escarpelle 

d'Aniche. Les assimilations suivantes sont probables entre les veines aTC c celles d Auche. 
d'Aniche, exploitées aux fosses Bernicourt et Gayant, et celles de l'Escar- 
pelle, exploitées aux fosses n" 5 et 4. 



390 



BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 



▲MICH& 



rOIIII BBBBlCOUBT BT GATANT. 



Olympe. • . 
Cécile. . . . 
Nofilie. . . . 
Grand Moulin 
Petit Moulin. 
La Grève. . . 
Custotza. * . 
Chandeleur . 
Bernard. . . 
Minangoye. . 
Delloye . . . 
Passée. . . . 
Passée. . . . 
Bernicourt. . 
Wavrechaia . 
De Layens. . 
Le François . 
Lallier • . . 
De Cbateoay. 
Dejardin. . . 

N« 1 

N-î 

k» e 



BSCARPBLLB. 



N«28. 
M 24. 
N-21. 

NM5. 

NM4. 
NM3. 
N»12. 
KM1. 
NMO. 
W 9. 
K» 8. 
M 7. 
N* 6. 

N* 5 bis. 
Petit n« 4. 
N«4. 

W*3. 

N«2. 
D. 



rotisi «n S it 4, 



Gisement 
de la fosse n° 2. 



La bande stérile située entre Olympe et Veine du nord, à Aniche, cor- 
respond à celle qui existe, à l'Escarpelle, entre Veine n° 28 et Eugène. 

Il convient de remarquer, en passant, que certaines veines d'Aniche 
se rapprochent Tune de l'autre, à leur entrée dans la concession de 
l'Escarpelle; il y en a même qui viennent se réunir, par suite de la dimi- 
nution graduelle des intervalles qui les séparent. C'est le cas de Grand 
Moulin et Petit Moulin, de De Chatenay et Dejardin, de N° i et N° 2. 

11 est plus difficile de relier à cet ensemble le gisement de la fosse n° 2, 
qui est tout à fait isolée & une assez grande distance du côté du couchant. 
A cet égard, on ne peut encore faire que des hypothèses. 

Si Ton ne se basait que sur la volatilité des charbons, le faisceau de 
la fosse n° 2, les veines grasses exceptées, devrait être regardé comme infé- 



CHAPITRE XV. 391 

rieur à celui de la fosse n° 1 ; mais nous avons déjà vu que ce caractère 
ne peut guère être pris en considération quand il ne s'agit, comme c'est 
ici le cas, que de différences de 2 à 4 0/0 ; il existe des écarts analogues, 
et même plus considérables, entre les veines de Gayant et celles des fosses 
n" 5 et 4, dont l'identité est cependant parfaitement reconnue. Il y a donc 
un doute complet sur les situations respectives du faisceau de la fosse n 4 1 
et du faisceau nord de la fosse n° 2. L'intervalle stérile de 400 mètres com- 
pris entre les deux groupes de cette dernière correspond peut-être au pas- 
sage d'un accident important, se dirigeant du nord-ouest au sud-est, pour 
aller passer au couchant des travaux actuels des fosses n ' 3 et 4. Cet acci- 
dent aurait remonté vers le nord-ouest les veines grasses de la fosse n° 3, 
de manière à les rapprocher du faisceau demi-gras de la fosse n° 2. 

Quoi qu'il en soit, il existe, entre les travaux du nord de la fosse 
n° 1 et la limite septentrionale de la concession, une bande houillère inex- 
plorée de plus de 2,000 mètres de largeur; il est probable qu'elle est traver- 
sée par les petites veines du nord, connues à Marchiennes, à Hasnon, à 
Bruille et à Château-l'Àbbaye, ainsi que par les faisceaux maigres de Vieux- 
Condé, Odomez, Fresnes, Yicoigne et Thivencelles. Ces faisceaux seront sans 
doute atteints par la longue bowelte entreprise au nord de la fosse n° i, à 
l'étage de 406 mètres. Le faisceau de cette dernière fosse correspond à celui 
des houilles sèches d'Aniche, déjà exploité dans la concession d'Anzin, 
notamment aux fosses Saint-Mark et Casimir Périer; puis, lorsqu'on 
s'avance vers le midi, on arrive aux veines des fosses n 0- 5 et A, corres- 
pondant aux veines grasses d'Aniche, lesquelles forment un ensemble qui 
s'étend jusqu'à proximité de la limite sud-ouest de la concession. 

Quant au gisement quart-gras et demi-gras de la fosse n° 2, il forme le 
prolongement de celui de la fosse n° 1, ou lui est immédiatement inférieur . 
enfin, les veines grasses de la fosse n° 2 sont peut-être assimilables à celles 
de la fosse n° 3, remontées vers le nord-ouest. 

La limite sud du terrain houiller, après la déviation qu'elle a subie à 
hauteur du sondage du Moulin d'Auby, va traverser la limite sud-ouest de 
la concession de l'Escarpelle, à peu de distance du point où elle est coupée 



392 BASSIN HOUILLER DE VALENGIENNES. 

par la limite des départements du Nord et du Pas-de-Calais; elle pénètre 
alors dans la concession de Courcelles-lès-Lens, vers l'angle nord de laquelle 
elle détermine un petit triangle houiller, où on exploite des veines très 
gazeuses, en allure renversée. Il est à remarquer que, dans cette région, la 
surface de contact du terrain houiller et des terrains anciens est constituée 
par une faille, relativement peu inclinée, sous laquelle l'exploitation peut 
être continuée & une assez grande distance au sud, à des profondeurs acces- 
sibles. 
Avenir I*& concession de l'EscarpelIe parait appelée à un grand avenir, car elle 

n'a été explorée que sur une faible portion de son étendue, et il y reste de 
la place pour un grand nombre de fosses; en outre, plusieurs de celles 
qui sont actuellement en activité sont riches, et seront exploitées longtemps 
encore. 



de la concession. 



CHAPITRE XVI. 



RESUME. 



Il ne nous reste plus qu'à indiquer, dans ce dernier chapitre, les tracés 
que suivent, au travers du département du Nord, les différents faisceaux 
dont nous avons successivement donné la description, et à faire le dénom- 
brement approximatif des veines qui les composent, et constituent la 
richesse minérale du bassin. 

Le long de sa limite septentrionale, on trouve d'abord les veines Faisceau 
anthracite uses situées au-dessous du faisceau de Vieux-Condé, qui ont été e t TeinêHni^iêureg 
exploitées autrefois dans les concessions de Château r Abbaye, de Bruille 8ituées 

r ** au nord du bassin. 

et d'Hasnon; la plus inférieure est assez voisine du calcaire. Nous avons 

« 

vu qu'elles sont au nombre de quatre : Tune d'elles a été reconnue par la 
fosse Pont-Péry, les deux suivantes par les fosses de Bruille, et la qua- 
trième par l'un des sondages exécutés au nord-ouest de la fosse Sophie ; il 
est même possible qu'il y ait lieu de les réduire à trois, si, comme on peut 
le supposer, les veines de Bruille sont deux parties d'une même veine, 
rejetée par un accident. 

Le gisement constitué par ces trois ou quatre veines est inexploitable, 
à cause de sa pauvreté, de son irrégularité, de la mauvaise qualité de ses 
charbons, et de l'abondance des eaux occasionnée par la proximité du 
calcaire carbonifère. Il est d'ailleurs connu sur un long parcours; c'est lui 
qui a été rencontré, au nord de la ville de Gondé, par la fosse Hurbin, où 
la houille a été découverte, pour la première fois, dans la concession de 

50 



394 BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 

Vieux-Condé. A l'ouest, il va passer au sondage du Clair-Cerisier, après 
quoi il se dirige vers la concession de Yicoigne; puis il pénètre dans la 
concession d'Hasnon, où on l'a atteint par les fosses des Tertres, des Prés- 
Bar r es et des Bouils; enfin, il va passer successivement à la fosse de Mar- 
chiennes et à divers sondages situés au delà, du côté de l'ouest, notam- 
ment à Lallaing et à Raches. Il existe probablement aussi au .nord de la 
concession de l'EscarpelIe, contre le bord septentrional du bassin houiller. 
Immédiatement au-dessus de ce gisement, se trouve celui des houilles 
maigres de Vieux-Condé. Il n'est séparé du précédent que par un faible 
intervalle; nous savons, en effet, que la première veine rencontrée au mur 
de Saint-Pierre, qui termine la série dite de Vieux-Condé, a été trouvée à 
une distance de 41 mètres seulement, comptée normalement à la stratifi- 
cation, par l'un des sondages voisins de la fosse Sophie. 

De Saint-Pierre à Saint-Joseph, le faisceau de Vieux-Condé comprend 
15 veines, que l'on suit depuis la fosse Général de Chabaud La Tour jus- 
qu'au couchant de la fosse Bonne-Part. Au delà de cette dernière, elles sont 
complètement inexploitées jusqu'à Vicoigne, mais on va les atteindre par 
la fosse La Grange, qui a été placée, dans la concession de Raismes, à 
proximité de son angle commun avec celles de Fresnes, Escaupont et Saint- 
Saulve. 11 y a, selon toute vraisemblance, identité entre les veines de 
Vicoigne et celles de Vieux-Condé, et il parait certain aussi que le faisceau 
maigre tout entier continue à se développer dans la région, encore inex- 
plorée, située au nord des concessions d'Anzin, Aniche et l'EscarpelIe. Il 
existe, d'après cela, dans le département du Nord, une réserve considé- 
rable de charbons maigres. 
Faisceau Après le faisceau maigre de Vieux-Condé, vient celui de Fresnes-midi, 

qui en forme, à proprement parler, la continuation, puisqu'on n'a trouvé, 
à la fosse Bonne-Part, qu'un intervalle de 32 mètres entre Saint-Joseph, 
veine supérieure du groupe de Vieux-Condé, et Dure veine, veine inférieure 
de celui de Fresnes-midi. Ce dernier comprend J6 veines jusqu'à la veine 
n° 13, la dernière de la concession d'Escaupont. Il convient, en outre, d'y 
rattacher les veines supérieures à Veine n° 13, qui ont été atteintes par les 



de Fresnes-midi. 



CHAPITRE XVI. 395 

fosses Pureur et Saint-Pierre, par le sondage du Bosquet d'Aulnes et par 
celui de l'Usine de Raisinés. La veine Charles, qui a été rencontrée par les 
bowettes nord de la fosse d'Haveluy à une grande distance de Lambrecht, 
appartient peut-être à ce groupe* 

Le faisceau demi -gras, qui vient ensuite, est intact à la fosse 
Thiers, où il comprend âl veines, depuis N* 11 du nord jusqu'à Deuxième 
pouilleuse; il Test également aux fosses Bleuse-Borne et Saint-Louis ; 
mais, à une plus grande distance à l'ouest, ses veines supérieures vont 
s'interrompre au cran de retour, et il ne subsiste que les veines infé- 
rieures, qui se développent à peu près parallèlement à cet accident, jus- 
qu'à l'intérieur de la concession d'Aniche; dans celle concession, le faisceau 
demi-gras est exploité par les fosses du groupe d'Aniche, depuis Saint- 
Louis et la Renaissance jusqu'à Sainte-Marie. Au delà de cette dernière 
fosse, il s'écarte du cran de retour pour aller passer au nord de la fosse 
Bernicourt, ainsi qu'à la fosse n° 1, et peut-être à la fosse n* 2 de 1 Escar- 
pelle. 

Du côté de la fosse Thiers, les veines du faisceau demi-gras succèdent à 
celles du groupe inférieur, sans en être séparées par un grand espace stérile; 
mais, à la fosse d'Haveluy, il existe un intervalle de 900 mètres en bowettes 
et de 480 mètres en travers-bancs, entre la veine Lambrecht, qui est la der- 
nière du groupe demi-gras, et la veine Charles, qui parait devoir être ratta- 
chée à celui des sondages du Bosquet d'Aulnes et de l'Usine de Raismes. On 
retrouve cette large zone stérile à la fosse Traisnel, où la bowette de l'étage 
de 214 mètres n'a reconnu aucune veine exploitable, sur un parcours de 
plus de 1,600 mètres effectué au delà de Veine du nord; il est vraisemblable 
qu'elle existe encore au delà, dans la direction de l'ouest, ce que Ton 
pourra reconnaître par la bowette prolongée de l'étage de 406 mètres de 
la fosse n* 1, de l'Escarpelle. 

Entre le faisceau demi-gras et le faisceau gras, on remarque une zone r 

9K*wê aa. w*i da 

dans laquelle il n'existe que des veines généralement inexploitables. Ainsi, ' ^ moŒr . 
à la fosse Thiers, il y a une distance de plus de 200 mètres entre Meu- 
nière, qui se rattache encore au faisceau demi-gras, et 1" veine do sud, 



396 



BASSIN HOUILLEB DE VALEISCIENNES. 



Dénombromoni 
don vol nus tltub* 

au nord 
du cran do retour. 



qoi appartient au faisceau gras; dans cet intervalle, on n'a trouvé que 
quelques passées nommées Filon ni ère, Faîtière, Laitière, Chandelle, 
Baleine, Arpentine, Première et Deuxième pouilleuse* C'est la même zone 
que vienl de traverser la bowette nord du niveau de 308 mètres de la fosse 
Bernicourt, prolongée au delà de la veine Olympe; enfin, c'est elle éga- 
lement qui se trouve, aux fosses n* 1 et 5 de la compagnie de l'Escarpelle, 
entre les veines n» 28 et Eugène. 

Nous savons que, dans une grande partie du bassin, le passage du fais- 
ceau gras a été interrompu par le cran de retour, au nord de cet accident ; 
c'est pourquoi ce faisceau n'existe, dans le département du Nord, que vers 
la fosse Thiers et à proximité de la limite du Pas-de-Calais. La bowette 
méridionale de l'étage de 300 mètres de Thiers a reconnu l'existence de 
15 veines grasses ; mais l'exploration de ce faisceau n'a pas été complète, 
car. entre le point où cette galerie a été arrêtée et le prolongement pro- 
bable du cran de retour, il existe encore une bande de 1,000 mètres environ, 
dans laquelle aucune recherche n'a été faite. En revanche, le faisceau gras 
est complètement connu aux fosses de l'Escarpelle et à celles du groupe 
de Douai de la concession d'Aoiche. A l'Escarpelle, il est formé de 36 veines. 
Il en comprend 33, aux fosses Gayant, Bernicourt et Notre-Dame, depuis 
Olympe jusqu'à Claire. Au sud de Claire, il existe un certain nombre de 
veines redressées, qui ne paraissent pas distinctes des précédentes. Au 
nord d'Olympe, la veine du nord doit déjà être rattachée au faisceau 
demi-gras. 

Si Ton imagine qu'on fasse une coupe verticale du bassin au voisi- 
nage de la fosse Thiers, elle rencontrera, au nord du cran de retour, les 
couches de houille dont la désignation suit : 



1° Les 3 ou 4 veines maigres inférieures au faisceau de Vieux- 
Condé ; 

2° Les 15 veines maigres de ce faisceau; 

3° Les 10 veines du faisceau maigre de Fresnes-midi ; 

4° Les veines intermédiaires du groupe de la fosse Pureur et des son- 



CHAPITRE XVI. 397 

dagesdu Bosquet d'Aulnes et de l'Usine de Raismes; leur nombre est encore 

inconnu ; 

5° Les 31 veines du faisceau demi-gras ; 
6° Les 15 veines du faisceau gras. 

Mais, pour avoir la série complète, il convient de remarquer qu'à la 
fosse Thiers le faisceau gras n'est que partiellement exploré, tandis qu'il ne 
comprend pas moins de 36 veines dans la concession de I'£scarpeile. 

Au total, on peut évaluer à 110 environ le nombre des veines connues 
au nord du cran de retour. Seulement, elles n'existent pas toutes dans 
tous les méridiens, parce que les plus méridionales d'entre elles, ou, ce qui 
revient au même, les plus élevées dans la stratification houillère, viennent 
s'interrompre contre ce grand accident, et aussi parce que les faisceaux se 
modifient, d'un point à un autre, par l'apparition ou la disparition de 
certaines veines. C'est dans la région voisine de la Belgique qu'on en 
connaît le plus grand nombre : 90 environ. A l'intérieur de la con- 
cession d'Anzin, toute l'exploitation au nord du cran de retour est 
concentrée dans le faisceau demi-gras; le faisceau gras n'existe pas dans 
cette partie du bassin, et on n'y a pas exploré les veines maigres. A la fosse 
Du temple, par exemple, on ne connaît que 15 veines demi-grasses; leur 
nombre n'est plus que de 6 à la fosse d'Haveluy, et de 7 à la fosse Lam- 
brecbt; à la première, on exploite, en outre, la veine Charles, du groupe 
du Bosquet d'Aulnes. On se trouve dans les mêmes conditions au levant de 
la concession d'Aniche, avec un plus grand nombre de veines : il y en 
a 15. Si on s avance encore vers Douai, on abandonne les veines demi- 
grasses, et l'exploitation est concentrée dans le faisceau gras, qui est 
composé de 36 veines ; toutefois, on exploite en outre, à la fosse n° 1 de 
FEscar pelle, le groupe demi-gras, du moins sa partie méridionale, formée 
d'une quinzaine de veines. 

On peut résumer comme il suit tout ce qui précède. Le nombre des 
veines de toute nature situées au nord de la faille de retour est d'en- 
viron 110; mais elles n'existent pas toutes dans tous les méridiens; la 



3M BASSIN H'jCILLER DE VALE.NCiE.NSES. 

série ne peut être regardée comme complète, ou à peu prés, que 
y ers la frontière belge, où elle est presque entièrement connue, et 
à l'ouest do département du Nord, à partir dn milieu de la concession 
d'Aniche. Mais, de ce côté, le faisceau gras est le seul qui soit exploité 
en grand. On n'a recoupé qu'une partie du faisceau demi-gras, et on n'a 
pas encore atteint les faisceaux maigres. La superficie exploitable dimi- 
nue, d'ailleurs, d'une veine à une autre, à mesure qu'on se rapproche 
du cran de retour; cet accident les interrompt, en effet, à une distance 
de leurs affleurements d'autant plus faible qu'on s'avance davantage vers 
le midi. 



r*î««*« *"• wtoé Si, maintenant, nous nous transportons sur le bord méridional du bassin, 

M «ad 

io cnmde nu*r. nous trouvons d'abord, au contact du terrain houiller stérile, les trois veines 

des fosses Petit et de Saint-Saulve, de la concession de Marly ; elles se diri- 
gent, au couchant, vers les fosses de la Citadelle et Bon-Air, de la conces- 
sion d'Anzin; c'est peut-être le prolongement de Tune d'elles qui a reçu 
les noms de Louise, Auguste et Julienne, dans la concession d'Azincourt. 
Ensuite, viennent les 16 veines grasses du faisceau d'Anzin et Saint-Waast, 
que l'on suit depuis la fosse du Marais jusqu'à celle de Rœulx, puis 
les 25 veines du faisceau de Denain, qui ne sont connues qu'aux fosses 
du groupe de Denain et à celle de Rœulx. Cela fait en tout 44 veines 
grasses. Elles sont séparées des 110 veines maigres, demi-grasses et 
grasses, situées au nord, par les grands accidents que nous avons décrits 
sous les noms de cran de retour et de faille d'Abscon. On ne saurait 
d'ailleurs, quant à présent, établir une liaison quelconque entre les 
110 veines du nord et les 44 veines du sud. Il est possible qu'elles soient 
complètement distinctes les unes des autres, comme il peut se faire égale- 
ment qu'il y ait identité entre elles, celles du sud constituant le versant méri- 
dional d'un certain nombre de celles du nord. La lacune qui existe au milieu 
du bassin est trop grande pour que l'on puisse se prononcer à cet égard. II y 
a lieu, toutefois, d'observer que la volatilité des charbons augmente, d'une 
manière générale, quand on s'éloigne, soit du bord septentrional, soit du 
bord méridional, pour se rapprocher du milieu du bassin; seulement, il 



CHAPITRE XVI. 399 

y a entre les deux côtés cette différence, qu'au nord les dernières veines 
sont anthraciteuses, tandis qu'au sud elles ont encore environ 20 0/0 de 
matières volatiles. Nous avons vu que Ton peut expliquer cette disposi- 
tion en admettant que le marécage houiller s'est déplacé pendant la for- 
mation du bassin; les veines les plus anciennes se sont déposées à sa 
partie septentrionale seulement, puis ont été recouvertes par d'autres qui 
se sont étendues peu à peu vers le sud, de manière à venir immédiatement 
en contact, de ce côté, avec le terrain houiller stérile. Ensuite ont eu lieu 
les convulsions géologiques qui ont donné au bassin sa forme actuelle 
en U renversé, et les phénomènes d'érosion qui en ont fait disparaître 
une partie. On conçoit facilement que celle qui subsiste présente l'allure 
générale dissymétrique que nous connaissons, les charbons maigres 
déposés vers la limite nord du bassin faisant défaut sur le bord sud, mais la 
volatilité des charbons augmentant de chaque côté, à mesure que l'on se 
rapproche du centre. Sans le cran de retour, on verrait, aux environs de 
Denain et d'Àniche, certaines veines dessiner leurs deux versants, et pré- 
senter une véritable forme en fond de bateau; mais, nous avons vu que, dans 
cette région, cette allure n'a été découverte nulle part, et que toutes les fois 

qu'on* a cru l'observer, il ne s'agissait, en réalité, que de plissements locaux, 

«» 

résultant de ce que les poussées subies par la partie méridionale du bassin 
ont replié les bancs en branches successives, appelées dressants et plateures. 
A proximité de Courcelles-lès-Lens, le bassin houiller n'est plus complet, et 
va buter au midi à une faille qui interrompt la continuité des terrains et 
masque leur allure. Enfin, vers Quiévrechain, on tr uve la série d'accidents 
qui a donné naissance au bassin de Dour. On n'a donc jamais rencontré, 
jusqu'à présent, d'une manière certaine, les deux versants d'une môme 
veine; il peut se faire toutefois que, dans l'avenir, les travaux d'exploitation 
permettent de tracer le passage de ce que l'on peut appeler l'axe du bassin 
houiller. 

Entre les deux grandes région s dont nous venons de parler, se trouve Faisceau 
celle que nous avons appelée région d'Abscon; dans la concession d'Anzin, deUré s ion d ' Ab9 *>*- 
elle comprend, depuis Grand Ferdinand jusqu'à Casimir, 7 veines grasses 



Région 
de Quiévrechain. 



600 BASSIN HOUILIyER DE VALENC1ENNES. 

renfermant environ 24 0/0 de matières volatiles. Elles paraissent assimi- 
lables à celles du groupe de Lourches. 11 semble qu'au moment où s est 
produite la grande ligne de rupture dite cran de retour, qui est venue 
couper Je bassin par le milieu, un bloc de terrain s'est trouvé en retard dans 
le mouvement d'affaissement relatif de la partie méridionale le long de la 
faille, et est resté intercalé entre elle et le massif du sud. La région 
d'Abscon ne peut donc pas être considérée comme apportant à l'exploita- 
tion du bassin 1in nouvel élément de richesse. 

Quant à la petite pointe houillère dans laquelle a été creusée la fosse 
de Quiévrechain, elle présente des veines très volatiles, auxquelles on ne 
saurait exactement assigner une position dans l'échelle houillère, parce 
qu'on ne connaît pas suffisamment l'étendue du recouvrement par le terrain 
dévonien inférieur du bassin de Dinant. Il semble, toutefois, d'après la na- 
ture des charbons extraits, que ce gisement' doit être contemporain, ou à 
peu près, de celui des fosses de Denain. 

Il est facile d'évaluer la quantité de houille que l'on pourra encore 
deïoîuii^MUunt extra i re de la partie du bassin comprise dans le département du Nord. La 
dam le distance moyenne des veines exploitables y semble moindre, à l'inverse de 

département du Nord. J r j 

ce qui a lieu dans le Pas-de-Calais, dans les charbons maigres que dans les 
demi-gras, et dans ces derniers que dans les gras. Si l'on considère l'en- 
semble des faisceaux exploités, on peut évaluer cette distance à 36 mètres, 
et comme l'épaisseur moyenne des veines est de m ,60, on voit que, sur 
36 mètres de terrain houiller, il existe - ,60 de houille ; en d'autres termes, 
la houille exploitable forme le soixantième du volume de la formation 
houillère. Admettons que les procédés actuels de l'art des raines permet- 
tent d'exploiter, au-dessous des morts-terrains, une planche de 800 mètres 
de hauteur verticale : le cube de houille qu'elle renfermera correspondra à 
un dépôt horizontal de ^~ 9 ou d'environ 13 mètres de puissance ; mais 
il convient de réduire ce chiffre, pour tenir compte des parties inex- 
ploitables par suite d'étranglements, de failles et de brouillages, des 
bandes stériles qui existent sur les deux bords du bassin, et de la zone con- 
tiguë à sa limite septentrionale, dans laquelle il a moins de 800 mètres 



Estimation 



CHAPITRE XVI. 401 

d'épaisseur. Si, pour ces divers motifs, nous réduisons des 2/3 l'épaisseur 
indiquée ci-dessus, il ne restera plus que /k m ,30 de charbon, ce qui, pour 
une superficie de 52,653 hectares, égale à celle de l'affleurement houiller, 
donne un volume de plus de 2 milliards 200 millions de mètres cubes, et 
un poids de plus de 2 milliards 750 millions de tonnes. En en retranchant 
l'extraction réalisée depuis l'origine, on trouve qu'il reste encore à prendre 

plus de 2 milliards 600 millions de tonnes, qui fourniraient à la produc- 
tion de 260 années, si l'extraction actuelle venait à être triplée, c'est-à-dire à 
être portée à 10 millions de tonnes pour le département du Nord. Ce calcul, 
bien que présentant un caractère hypothétique, n'en est pas moins 
rassurant pour l'avenir des mines de ce département. Il est regret- 
table, toutefois, que les charbons provenant de ces mines soient tendres 
et ne renferment, en général, que 30 à 35 pour 100 de gailleterie, propor- 
tion qui se réduit encore quand on les manipule ou qu'on les laisse expo- 
sés à l'air. 

Nous terminerons en faisant remarquer que le bassin s'étend à une Profondeur 
profondeur bien plus grande que 800 mètres. À en juger par sa largeur 
en affleurement et par les inclinaisons qu'il présente au contact des ter- 
rains anciens, sur sa limite septentrionale et sur sa limite méridionale, il 
parait probable qu'il s'enfonce, à certains endroits, à plus de 5,000 mètres 
du sol, distance comptée verticalement. Les travaux de Vieux-Condé, de 
Fresnes et d'Escaupont ont exploré dans les charbons maigres, de la veine 
Saint-Pierre à la veine n° 13, une épaisseur de terrains d'environ 
660 mètres ; l'exploration, toujours comptée normalement à la stratifica- 
tion, s'est étendue sur une bande de plus de 1,100 mètres dans les charbons 
demi-gras et gras de Thiers ; on connaît donc complètement, au nord du 
cran de retour et à proximité de la frontière belge, une épaisseur d'environ 
1 ,800 mètres de terrain houiller. Dans la région des houilles grasses de 
Denain, les travaux ont porté sur un massif de 1,050 mètres environ de 
puissance. Enfin, dans les travaux de la compagnie d'Âniche voisins de 
Douai, on a exploré une zone de 1,800 mètres d'épaisseur en travers-bancs, 

depuis la veine du nord, qui se rattache au faisceau demi-gras, jusqu'à la 

51 



403 BASSIN HOU1LLER DE VÀLENCIENNES. 

veine Claire ; au midi de cette veine, les galeries de SainURené ont encore 
traversé environ 560 mètres de terrains redressés, avant d'atteindre le con- 
glomérat de Roucourt. Tous ces chiffres témoignent de l'énorme puissance 
du terrain bouiller du Nord. 



ERRATA 



PAGBSt Lioms: 




An liid bi: 




Lisbz : 


7 19 




de compagnies 




des compagnies 

• 


15 12 




eifilienne 




eifelienne 


17 3 




renversé 




incliné 


26 23 


3, 


& et môme 5 0/0 ; 




ft, 5 0/0, el plus ; 


30 15 




Vemeuilli 




Verneuili 


55 A et 5 




régularité 




continuité 


59 19 




& ou 5 0/0 ; 




plus de 5 0/0 ; 


65 29 




mais le 


mais, à une certaine profondeur, 


69 31 


Ajouta: Cette classification 


n'a d'ailleurs rien d'absolu, 



80 15 et 16 
80 22 



les proportions ci-dessus indiquées ne doivent être 
regardées que comme des approximations. Il existe, 
par exemple,, des houilles qualifiées maigres qui ren- 
ferment un peu plus de 12 0/0 de matières volatiles, et 
d'autres, appelées demi-grasses, qui en contiennent un 
peu plus de 20 0/0, tandis que certains charbons demi- 
gras n'atteignent pas la première de ces proportions, et 
certains charbons gras la seconde, 
cet accident le cran de retour 

dissiper dissiper ; 



m 



!| 




ERRATA. 


Pasis: 1 


i.i«HBt: 


Au LIEC DE : 


Lisez: 


80 


29 


Hveluy 


Haveluy 


84 


8 


si on 


si on y 


87 


2 


varie de 


varie ordinairement de 


87 


3 


jusqu'à 


vers 


98 


20 


être considérable 


être très considérable 


105 


23 


niveau 345 


niveau de 345 


106 


15 


altérer la 


altérer beaucoup la 


130 


12 


Dure veine 


Dure veine ou Sulfureuse 


m 


24 


rapidement vers 


rapidement au nord, vers 


1)8 


5 


situé 


située 


177 


27 


es 


les 


189 


7 


jusqu'au 


jusqu'à peu de distance du 


227 


12 


jusqu'à 


vers 


240 


19 


àenx 


deux 


241 


11 


constitue 


constitue la 


260 14 et 15 


les a explorés 


a exploré la formation houillère 


277 


17 


située 


située à 


291 


30 


houiller 


houiller proprement dit 


294 


16 


identique 


analogue 


313 


9 


l'exploitation 


aux étages actuels, l'exploitation 


349 


6 


méridien 


méridien de 


375 


23 


N. 45° O 


N. 45° E 


376 


11 


40 


40° 


378 


5 (tableau) chUte 


Schiste 


384 


2 (tafttati) Schsite 


Schiste 


389 


1 {«h marge) Correspondu 


Correspondance 


399 


24 


tr uve 


trouve 

■ 



/ 



/ 



I 

/ 



TABLE DES MATIÈRES 



Paom 

Avaht-Propos 4 

CHAPITRE I. — Limites et structuib générale du bassin houiller de Vàlenciennbs . . 5 

Situation du bassin de Valenciennes. 5 

I. Limites du terrais houiller 5 

Recouvrement du terrain houiller par les morte-terrains 5 

Tracé de la limite septentrionale du bassin 6 

• Tracé de la limite méridionale ? 

Étendue superficielle du terrain houiller 40 

Représentation des limites du bassin 44 

Étendue des territoires concédés 42 



IT. Structure générale tta bassin houiller 43 

Anomalies dans cette structure générale . 43 

Formation des bassins de Namur et de Dinant 44 

Grande faille du midi 44 

Failles secondaires 46 

Travaux de recherche au midi du bassin dans le département du Pas-de-Oalais 47 

Travaux de recherche au midi du bassin dans le département du Nord 24 

Structure particulière du bassin houiller dans le département du Nord 23 

Prolongement du bassin de Dour sur le territoire français. Travaux de recherche exécutés 

en Belgique 27 

Accidents qui ont séparé le bassin de Dour du bassin principal» 34 

Ancien relief du sol houiller. Influence des érosions 34 

Relief actuel du sol primaire • 36 



III. Résumé 



39 



4*4 



TABLE D£S MATILsES. 



1MktTT%t IT -- *>*rr»-'rftftftju.*t r Ttaa*rv av>cnxc» wt tomate ànaa» W 

A^arrt** flW^rw» 41 

T*rr*>n f*rti*ire ,,,.,,,♦ -. . il 

Terrai/» trtork . . . . it 

Pfrmfcr %ronp! 43 

fteirctao* jpm\*. . 43 

Craie tt&ftinW', ...••». • .......••.„. 43 

\rw* . . 44 

Toorta 44 

Meule ou fcrfci vert , . 45 

Osait 45 

Torrent d'Airain 46 

Terrain jurassique, trias, terrain pcrmien 49 

Jf, Terrais familier 50 

Terrain houiller inférieur . , . , 50 

Terrain houiller proprement dit 51 

ttcbisles . 51 

Or ta ...*.••••..• •••• 61 

épaisseur comparative de» schistes et des grès 51 

Variation de dureté des grès hottillers 53 

Toit et mur des reines , * 53 

(JarHcterc* du toit et du mur ,»....««........ 54 

Hauteur du terrain houiller du Nord dans la série générale bomUèrs 55 

Flore houillère 56 

Coquilles houillères . - 64 

Kaux salées du terrain houiller 61 

Kaux sulfureuses chaudes 61 

ftubstancos minérales rencontrées dans le terrain houiller 63 

Veines do houille 63 

Pyrite do fer 63 

Kor carbonate 64 

épaisseur moyenne dos veines. Changements dans leur allure 64 

Modification* dans la nature et l'épaisseur dos terrains encaissants 66 

Clarification des charbon» au point do vue chimique 68 

Clivages de In houillo 70 

Clarification des charbons au point do vuo physique 74 

Quantité do condres 72 

Mrlsmi , 73 

Lits calcttlron Intercalés dans lo terrain houiller 74 

Couche de oannel-coal 75 

III. Terrain* sumIom 75 

Terrain silurien 75 



l 



> i 



TABLE DES MATIÈRES. 407 

Tenam dévonieo mfërieur 7$ 

Terrain dévonien moyen 76 

Terrain dévonien supérieur 77 

Calcaire carbonifère 77 

CHAPITRE ni. — C ons tit u t i on nu bassin houilles. Faisceaux de vedibs qc*il eexfeeee. 

AOCIDSHTS DOJTT IL EST AFFECTE 79 

Cran de retour. 79 

Faille (TAbscon 83 

Division du terrain houiller du Nord en deux grandes régions. Répartition des veines en 

faisceaux 85 

Accidents qui existent dans le terrain honiller 87 

Allure générale des terrains au nord et au sud du cran de retour 89 

Êpanchements de charbon aux lignes de plissement. 90 

Puits naturels 91 

CHAPITRE IV. — Concessions de Beuills et de CoiTEAt-t/AvuT* 93 

Concession de Braille 93 

Fosse n # 4 93 

Fosse n* 2 ,,• 94 

Fosse n°3 94 

Position des travaux 'de Braille par rapport au faisceau de Vienx-Çondé , 94 

Sondages exécutés dans la concession de Braille et aux environs 95 

Concession de Château-TAbbave. Fosse Pont-Pérv 97 

Sondages exécutés dans la concession de Cbàteau4 'Abbaye fi aux environs. , . . . , 98 

Tracé de la limite nord du bassin dans la région de Chàteau-TÀbbaye et de BruiUe ... 99 

Absence de valeur du terrain bouiller non concédé. . , * , 9 t t t 99 

CHAPITRE Y. — Concessions de Vieux-Cohdé, Odomex et Feesnes 401 

Faisceau de Yieux-Gondé 404 

Désignation des veines du faisceau de Vieux-Condé . , * . t 404 

Faisceau de Fresnes-midi *°* 

Veines inférieures au faisceau de Vieux-Condé 402 

Allure générale du faisceau de Vieux-Condé .,,.... 402 

Faille d'Amaury *•* 

Faille dHergoies *** 



I. Béftos 4e vlev-Comslé et dVerfmies 407 

Composition du faisceau *OT 

Fosse Général de Chabaud La Tour *** 

Ancienne fosse du Coq-hardi m 

Ancienne fosse Bois-du-Roi *** 

Anciens noms des veines de b région de Vieux-^ondé et d'Hergnie* , . • 443 

Fosse Léonard " • . - • 445 



408 TABLE DES. MATIÈRES. 

Paobs 

Faille de Sainte-Barbe 446 

Faille de Stanislas 446 

Anciennes fosses creusées aux environs et à l'ouest de la fosse Léonard 446 

Faille de Mon-Désir 446 

Faille de Trou-Martin 446 

Faille de Laurent 446 

Fosse Trou-Martin 448 

Fosse Amaury 448 

Fosse Neuve-Machine 449 

Sondages de la région d'Hergnies 449 

II. BéfloB dm Sarteam et de Presses 420 

Composition du faisceau 4*0 

Allure des veines et des terrains encaissants 4M 

Anciennes fosses situées sur le trajet de la faille d' Amaury . • 423 

Fosse du Sarteau 423 

Anciens noms des veines de la fosse du Sarteau 425 

Anciens noms des veines de la région de Fresnes 426 

Fosse de Vieux-Condé 426 

Anciennes fosses de la région de Fresnes 427 

Droits d'Outre-Wez 428 

Fosse Bonne-Part 428 

Accidents reconnus à la fosse Bonne-Part 429 

Faille du midi de Fresnes 429 

Faille de Bonne-Part 429 

Veines méridionales de Bonne-Part appartenant au faisceau de Fresnes-midi 430 

Fosse La Grange 433 

Sondages de la concession de Fresnes 434 

Bessources du gisement de Vieux-Condé 435 

Résumé 436 

CHAPITRE VI. — Concession d'Escaupont 439 

Veines reconnues 439 

Caractères généraux du gisement 442 

Assimilation des veines d'Escaupont et de celles de la fosse Bonne-Part 442 

Allure des terrains d'Escaupont 443 

Torrent de Vicq 444 

Fosse Soult 445 

Fosse n° 2 445 

Avenir de la concession • 4 45 

Sondages exécutés dans la région d'Escaupont 4 46 

CHAPITRE Vil. — Concessions de Thivencblles et de Saint-Atbeit 44? 

Fosse Pureur 447 



TABLE DES MATIÈRES. 109 

Paom 

Sondage Saint-Pierre - 448 

Fosse Saint-Pierre 448 

Sondages exécutés dans la région des fosses Pureur et Saint-Pierre 454 

Relation entre les veines de Thivencelles et de Saint-Aybert et celles du faisceau de 

Fresnea-midi 452 

Continuation des veines méridionales du faisceau de Fresnos-midi dans la direction du sud- 
ouest 454 

Influence probable du cran d'Amaury 454 

CHAPITRE VIII. — Concession db V icoignb 457 

Veines exploitées 457 

Allure du faisceau. Dressants et plateures 460 

Cran de Vicoigne. Division du gisement de Vicoigne en deux groupes 462 

Accidents secondaires 465 

Fosse n<> 4 466 

Fosse n« 2 467 

Fosse n* 3 467 

Fosse n # 4 468 

Sondages exécutés dans la concession de Vicoigne et aux environs. Rencontre d'eaux sulfu- 
reuses chaudes 468 

Avenir de la concession de Vicoigne 470 

CHAPITRE IX. — Concession d'Hasnon 475 

Fosse des Tertres 475 

Fosse des Prés-Barrés 475 

Fosse des Bouils % 476 

Sondages situés à l'intérieur de la concession d'Hasnon et aux environs 476 

Tracé de la limite septentrionale du bassin au nord de la concession d'Hasnon 478 

Stérilité de la concession d'Hasnon 478 

CHAPITRE X. — Concbssions db Saint-Saulve, Raismbs, Anzin et Dbnain 479 

Division en deux grandes régions par le cran de retour 479 

I. BégiOM septeatrl<male, située mm sort *v cran de retour 479 

Faisceaux de veines à exploiter au nord du cran de retour 479 

Faisceau demi-gras d' Anzin et faisceau gras de Thiers 480 

Influence du cran de retour 480 

Allure générale des veines et des bancs qui les séparent 484 

Fosse Thiers 484 

Accidents connus à la fosse Thiers 491 

Puits naturel de la fosse Thiers 494 

Région des fosses Bleuse-Borne et Saint-Louis . . 492 

Droit de Raismes 200 

Cran de Bleuse-Borne 204 

52 



410 TABLE DES MATIÈRES. 

Crade ta Car* 2*1 

Fosse Meuse-Borne 294 

Fosse Saint-Louis Mi 

Anciennes fosses du Moulin et de k Cave 2*3 

Fosse Dutemple 203 

Droit de Grosse-Fosse 297 

Faisceau d'Ilavetuy 207 

Fosse d'Baveluy 210 

Cran <fHaveluy 240 

Fosse LambrecbL 214 

Fosse d'Audiffret-Pasquier 243 

Gisement demi-gras des fosses Saint-Mark et Casimir Périer. . . . „ f 246 

Faille de Casimir Périer 248 

Fosse Saint-Mark , 248 

Fosse Casimir Périer. 249 

Fosse la Pensée 249 

Travaux de recherche situés au nord da cran de retour.' 210 



H. B**tM n»érf4famAle, située mm midi €m cran 4e retov 222 

■éHM4âlMM 222 

Veines da faisceau d'Abscon 223 

Allure des veines du faisceau d'Abscon 225 

Sondages de la région d'Abscon 226 

■ é gl— «m fh i rfc iM gm fAulm, Oatet-WM* et If ■■ 2Î7 

Allure générale des terrains 227 

Groupe <? Anzin et SainLWaast 230 

Veines exploitées +. 230 

Veines situées au midi du faisceau d' Anzin et Saint- Waast 233 

Anciennes dénominations des veines exploitées à Anzîn 234 

Torrent d'Anzin 234 

Droits et plats exploités à Anzin et Saint- Waast 235 

Accidents connus à Anzin et Saint- Waast. 237 

Anciennes fosses de la région d'Anzin et Saint-Waast 237 

Fosse du Chaufour 238 

Fosse Tinchon 238 

Fosse Réussite . . . 239 

Fosse Dutemple 239 

Fosse Davy 240 

Fosse d'Hérin 240 

Groupe de Demain 244 

Veines en exploitation 244 

Correspondance des veines de Saint-Waast et de Denain 244 

Faisceau proprement dit de Denain. 244 

Dénominations particulières de certaines veines, dans la région de Denain 247 

Faisceau de la fosse de Rœulx 248 



TABLE DES MATIÈRES. Mi 

PaGSS 

Correspondance des veines de la fosse de Rœuli avec celles des faisceaux de Sdnt-Waasl 

et Denain 251 

Droits et plats exploités à Denain. . * • . * 153 

Faille de Rœulx 954 

Paille de Turenne 254 

Faille de Renard 154 

Antres accidents de la région de Denain • 154 

Anciennes fosses de la région de Denain 155 

Fosse Turenne 155 

Fosse Renard 155 

Faisceau supérieur de Renard 156 

Fosse l'Enclos 158 

Fosse de Rœulx 159 

Travaux de recherche situés au midi de la faille d'Abscon. 160 

Conclusion de ee chapitre 164 

• 

CHAPITRE XI. — Concession de Doucbt 167 

Étendue du champ d'exploitation de Douchy 167 

Veines exploitées 16S 

Droits et plats exploités 173 

Cran de Saint-Mathieu 175 

Cran de l'Éclaireur 176 

Fosse rÉckrireur 176 

Fosse Sainte-Barbe 177 

Fosse Beauvois 177 

Fosse Désirée 177 

Fosse Saint-Mathieu 178 

Fosse Gantois • 178 

Fosse la Naville 178 

Fosse de Douchy 179 

Crète de la veine Sophie 180 

Limite méridionale du bassin dans la région de Lourches 181 

Avenir de la concession de Douchy 181 

Continuité des faisceaux de Saint- Waast, de Denain et de Rœulx, au travers de la con- 
cession de Douchy 183 

CHAPITRE XH. — Concessions ne Mailt r de Cbbspib 185 

Travaux de la concession de Marly 285 

Fosse Petit 286 

Fosse de Saint-Saulve 187 

Sondages 2*8 

• Fosse du Postillon 288 

Tracé de la limite méridionale du bassin aux enviions de Yate&àennes 289 

Travaux de la concession de Grespin , • 189 



412 TABLE DES MATIÈRES. 

Ta 

Fosse d'Onnaing 190 

Fosse Saint-Grégoire 391 

Explication géologique des découverte» laites dans la concession de Crespin 193 

Fosse de Quiévrechain 193 

Avenir des concessions de Mariy et de Oespin 195 

Découvertes récemment faites à la fosse de Quiévrechain 198 

CHAP1TRR XIII. — Coacessioa n'Axion 304 

Division en deux régions 304 

I. Béfftem orfeatale, mi régie* d'Aaiefee. 304 

Répartition des veines de la région d'Aniche en deux faisceaux. 304 

Veines du faisceau demi-gras 301 

Veines du faisceau gras. 304 

Gisement des fosses Fénelon et d'Aoust 304 

Gisement des fosses Sainte-Hyacinthe, Sainte-Barbe, Sainte-Catherine et SaintrJfathias. . . 306 

Prolongement du cran de retour 308 

' Allure du faisceau demi-gras 309 

Fosse la Renaissance 344 

Fosse Saint-Louis 342 

Fosse Fénelon .' 34* 

Fosse Traisnel 343 

Fosse l'Archevêque 344 

Fosse Sainte-Marie . 344 

Allure du faisceau gras 345 

Fosse d'Aoust 347 

Anciennes fosses de la région d'Aniche 348 

II. Bé* losi occidentale, oa région de Douai 349 

Veines exploitées à l'ouest de la concession 349 

Allure du faisceau. 316 

Accidents du faisceau de Douai 317 

Faisceau méridional de la fosse Saint-René . 388 

Conglomérat de Roucourt • 331 

Fosse Gayant 335 

Fosse Beraicourt 335 

Fosse Notre-Dame 336 

Fosse de Dechy ' 336 

Fosse Saint-René . . . 336 

Fosse de Roucourt 337 

Recherches faites au nord et au nord-ouest de la concession d'Aniche. Limite septentrionale 

du bassin houiller dans cette région 338 

Fosse de Marchiennes 338 

Sondages situés à l'intérieur de la concession d'Aniche 340 

Correspondance des veines d'Anzin et d'Aniche 344 

Avenir de la concession d'Aniche 341 



TABLE DES MATIÈRES. 413 

Paqm 

CHAPITRE XIV. — Concession d'Ajkincouit 343 

Existence de deux régions distinctes dans la concession 343 

I. Bégtofi 4e Sal*t-É4o«ard 345 

Veines qu'on y exploite • 345 

Allure du faisceau 348 

Fosse Saint-Edouard. 349 

Fosse Sainte-Marie 354 

Fosse Saint-Auguste 352 

Fosse d'Etrœungt 353 

Abandon de la région de Saint-Edouard 354 

IL Région de ftalsrt-Boctt 355 

Fosse Saint-Roch 355 

Veines qu'on y exploite 355 

Allure du faisceau 357 

Fosse d'Erchin 359 

Sondages de Gœulzin et Saint-Ruffin 359 

Fosse de Honchecourt 360 

Travaux de recherche exécutés au midi des concessions d'Azincourt etd'Aniche .... 360 

Limite méridionale du terrain houiiler dans la région d'Azincourt . 362 

Correspondance des veines d'Azincourt entre elles et avec celles des autres concessions. . 363 

Avenir de la concession d'Azincourt 364 

CHAPITRE XV. — Concession de l'Escarpelle 365 

Fosses en exploitation 365 

Veines exploitées aux fosses n°" 4, 5 et 4 365 

Fosse n° 4 374 

Fosse n° 5 375 

Fosse n° 4 375 

Fosse n° 3. Veines qu'elle exploite 377 

Grand cran de Dorignies 380 

Fosse n° 2 . . . . 382 

Veines de la fosse n° 2 383 

Puits naturel de la fosse n° 2 387 

Sondages de la région de l'Escarpelle 388 

Limite septentrionale du bassin dans cette région 388 

Limite méridionale 388 

Correspondance des veines de l'Escarpelle entre elles 389 

Relation des veines de l'Escarpelle avec celles d'Aniche 389 

Gisement de la fosse n° 2 390 

Avenir de la concession 392 

CHAPITRE XVI. - Résumé 393 

Faisceau de Vieux-Condé et veines inférieures situées au nord du bassin. ...... 393 



fti4 TABLE DBS MATIÈRES. 

Paou 

Faisceau de Fresnes-midi 394 

Faisceau demi-gras . 4 395 

Faisceau gras situé au nord du cran de retour 395 

Dénombrement des veines situées au nord de cet accident 396 

Faisceau gras situé au sud du cran de retour 398 

Faisceau de la région d'Abscon 399 

Région de Quiévrechain 400 

Estimation de la quantité de houille existant dans le département du Nord 400 

Profondeur du bassin houiller • 404 

Errata Û03 

Table des matières 405 



NOTA. — Dans les figures représentant des plans, la direction nord-sud est parallèle AUX marges latérales, 
le nord se trouvant en haut de la feuille. 



H m I33ST2 „ r 
86 S3 



•>31 



1 




DUE DUE 



































































































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